Archives de catégorie : Textes

Que faut-il penser d’ Histoire de Dashiell Stiller ? (6)

A peine sorti de presse, l’Histoire de Dashiell Stiller déclenche les polémiques auxquelles les ouvrages de Philippe Coutheillas nous ont habitués.
Histoire de Dashiell Stiller… Roman d’aventures, autofiction, roman historique, histoire d’amour, roman à l’eau de rose, roman de l’été, bide de l’année… tout à été dit.
Mais que peut-on en penser, que FAUT-il en penser ?

Des écrivains vous répondent…

27 juin 2023 (probablement). Quelque part, mais où… ?

C’était en novembre, peut-être à Paris, peut-être ailleurs… Vichy, Vienne, Valparaiso… je ne sais plus. Comme tous les jours à cette saison imprécise, il y avait du brouillard, partout du brouillard, du brouillard dans la rue, du brouillard dans l’escalier, du brouillard dans ma tête. Je l’ai cherchée longtemps dans la bibliothèque de mon père, cette Histoire de Dashiell Stiller dont je crois me souvenir qu’il m’avait dit le plus grand bien. Mais était-ce mon père ? Était-ce bien mon père qui m’avait dit cela ou bien était-ce ce marchand de cravates de la rue des boutiques occultes ? Ou bien encore cet ami de jeunesse perdue, Francis ? Francis… que j’aurais pu connaitre, mais qui est mort avant… enfin, je crois…

Je ne sais pas, je ne sais plus…

De toute façon, je ne l’ai pas trouvé, le bouquin ! Alors arrêtez de m’emmerder avec cette Histoire de Dashiell Stiller ! Compris ?

Patrick Medrano, amnésique

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HISTOIRE DE DASHIELL STILLER – extrait du chapitre 7

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Extrait du chapitre 7 : Samuel Goldenberg

Samuel Goldenberg, dit Sammy de Pantin, est un membre important et efficace de la bande du Suédois. Ses spécialités sont le racket et le proxénétisme. Lorsque de la défaite de la France en juin 1940, il ne tarde pas à saisir les opportunités qu’offre l’occupation de Paris par une armée victorieuse qui rêve de Paris depuis toujours. Avec Casquette et Simone, Sammy monte donc une maison de passe qui devient vite l’endroit de Paris où l’on rencontre tous les soirs les officiers de la Wermacht et de la Gestapo et les hauts fonctionnaires du gouvernement de Vichy quand ils passent à Paris. Mais un matin, Sammy est arrêté chez lui comme juif polonais et, malgré ses faux papiers et ses relations allemandes, il est emmené dans un train à bestiau vers l’est. C’était le matin du 17 juillet 1942, premier jour de la rafle du Vel d’Hiv. Sammy tient son journal dont voici un extrait :

(…)

Samedi 1er décembre

Je reprends mon journal après 3 semaines sans rien écrire. Parce qu’il s’est passé des choses : ils l’ont commencée leur tuerie. On s’en doutait mais on voulait pas le croire. Maintenant des tas de gens sont morts, des centaines, peut-être des milliers. Avec Claude on se disait c’est pas possible, c’est des salauds, des ordures, mais quand même, ils vont pas faire ça. Eh ben, ils l’ont fait. Et ils continuent. Claude m’a dit « Faudra témoigner, tu promets ? ». Je lui ai promis à Claude, et quand on fait Continuer la lecture de HISTOIRE DE DASHIELL STILLER – extrait du chapitre 7

Marcel et Sacha

temps de lecture : 2 minutes 

Marcel est né en 1871 et Proust est mort en 1922.
De son côté, Sacha est né en 1885 et Guitry est mort en 1957.

Si vous prenez votre calculette, parce que le calcul mental, ce n’est pas votre truc, vous constaterez que :

  • Marcel avait 14 ans à la naissance de Sacha
  • Sacha avait 27 ans quand parurent dans Le Figaro les premiers chapitres de Du côté de chez Swann
  • Sacha avait 34 ans quand Marcel a attrapé le Goncourt avec les Jeunes filles en fleurs.
  • Et 37 quand il en est mort.

Vous savez certainement que Sacha était le fils de Lucien, lui-même considéré comme le plus grand acteur de son époque, égal masculin de Sarah Bernhardt, qui fut l’une de ses nombreuses maîtresses ( on l’appelait Divan le Terrible).
Par son père, Sacha rencontra très jeune tout ce qui comptait dans le monde parisien des arts de cette époque, monde que fréquenta également beaucoup le petit Marcel.
Vous savez, bien sûr, qu’entre 1902, date de son premier opéra-bouffe, et 1922, année de la mort de Proust, Sacha écrivit et fit jouer ou joua lui-même plus de trente pièces de théâtre.

Pendant des années, ces deux hommes vécurent au même moment dans la même ville. Ils consacrèrent tous deux Continuer la lecture de Marcel et Sacha

Que faut-il penser d’ Histoire de Dashiell Stiller ? (5)

A peine sorti de presse, l’Histoire de Dashiell Stiller déclenche les polémiques auxquelles les ouvrages de Philippe Coutheillas nous ont habitués.
Histoire de Dashiell Stiller… Roman d’aventures, autofiction, roman historique, histoire d’amour, roman à l’eau de rose, roman de l’été, bide de l’année… tout à été dit.
Mais que peut-on en penser, que FAUT-il en penser ?


Des écrivains vous répondent…

June 25th, 1955, Earl’s Hangout, 1245 Wilshire Blvd, Los Angeles, Ca.

Quand la fille est entrée dans le hall, tout d’abord, je n’y ai pas cru. Son bikini albâtre bronzé avait dû être taillé par un miniaturiste dans trois timbres-postes. Les jambes fuselées qui en sortaient étaient plus longues qu’un film suédois non sous-titré. Quant à ce qu’on pouvait voir de son corps entre le haut du slip de bikini et la naissance de son cou, je préfère ne pas commencer à en parler de peur de ne pouvoir en achever sereinement la description. Quant à ses cheveux, ses yeux, ses lèvres, je les ai à peine vus tant j’étais concentré sur la partie indescriptible mentionnée plus haut. Mais ce n’est pas à l’existence réelle de cette apparition que je ne croyais pas. Des filles comme ça, à Venice Beach ou à Malibu, il y en a à la pelle. D’accord, dans le lobby du Berverly Hills Hôtel, où je devais rencontrer un ponte de la MGM pour une banale histoire de cocufiage, le port du bikini minimaliste, c’est plutôt rare, encore que, dans la Cité des Anges, rien Continuer la lecture de Que faut-il penser d’ Histoire de Dashiell Stiller ? (5)

N’importe quoi ! (4) : Le cheveu pensif

Temps de lecture : 1 minute

Depuis ce marin, j’ai le cheveu pensif.
Je porte le nez bas et le santon grave. C’est l’étang qui veut ça, sans route. Pourtant, toute allure, je m’étais rossé les genoux, trois cimaises chacun, rasé les talons et chantourné les pouces pendant dix brisures au moins. Mais, en descendant l’écailler, je me sentais tout coupé, tout triangulaire. Quand je suis sorti dans la brouette, c’était mur. J’avais la moufle flasque et le cadran de travers. Je ne remugle pas pourquoi, mais d’un seul trou d’un seul, j’ai nettoyé un sapin. Il était plus gland que moi, mais tambour ! Je lui ai tondu ce que j’avais sur le râteau. Il n’a pas dû skier, car il a remballé sans plus rafistoler. Ça m’a fait un chien flou, vous ne couvez pas bavoir. Mais quand même, depuis, j’ai le cheveu pensif. Je dois être amérique à quelque chauve. C’est chat, je suis amérique à quelque chauve, et ça me donne le cheveu pensif.
Il va peignoir que je tasse ascension. 

Jean de Faille

HISTOIRE DE DASHIELL STILLER – extrait du chapitre 6

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Extrait du chapitre 6 : Antoine de Colmont

Antoine Bompar de Colmont, sur la photo, c’est l’homme au chapeau de paille et au costume vert. Marié à Isabelle en 1939, prisonnier en 1940, évadé en 1943, engagé dans l’Armée de Lattre au moment du débarquement de Provence, il tué à 30 ans en Allemagne, à Berchtesgaden. C’est Isabelle qui son enfance puis son bref mariage avec Antoine. Après l’occupation qu’elle a vécu à Vauvenargues près d’Aix en Provence, elle rentre seule à Paris :

 

(…)

Oui, Paris a changé tout ça.

J’y suis arrivée à la mi-octobre. Malgré la Libération, la vie à Paris était difficile. Le rationnement et le marché noir étaient encore présents et pour longtemps ; il y avait encore peu de voitures dans les rues par manque d’essence; monter dans un bus ou prendre le métro était un exploit sportif ; tous les jours, des gens étaient dénoncés comme collaborateurs et arrêtés ; tous les jours, on parlait des tentatives de prise du pouvoir du Parti Communiste. La guerre n’était pas terminée et il régnait une atmosphère étrange et lourde, un mélange de liberté et de crainte, de dénonciation et de fraternité, de joie de vivre et de règlements de comptes. Mais il y avait Saint-Germain des Prés, là où nous sommes maintenant. Je connaissais Saint-Germain, bien sûr, du temps où j’étais étudiante. Nous l’avions pas mal fréquenté, Antoine et moi, quand j’habitais avec lui la rue de Vaugirard. Mais pour nous, c’était un quartier de plaisir comme un autre, comme les Champs-Élysées et les Grands Boulevards. Mais à la Libération, en quelques mois, Saint-Germain, c’est devenu autre chose, le centre intellectuel de Paris. Tout le monde était là, à commencer par Sartre, Beauvoir, Camus, Giraudoux, Gide… Il y avait aussi Boris Vian, Sidney Bechet, Miles Davis, Juliette Gréco… Grâce à Simone, j’ai eu la chance d’approcher Continuer la lecture de HISTOIRE DE DASHIELL STILLER – extrait du chapitre 6

Que faut-il penser d’ Histoire de Dashiell Stiller ? (4)

A peine sorti de presse, l’Histoire de Dashiell Stiller déclenche les polémiques auxquelles les ouvrages de Philippe Coutheillas nous ont habitués.
Histoire de Dashiell Stiller… Roman d’aventures, autofiction, roman historique, histoire d’amour, roman à l’eau de rose, roman de l’été, bide de l’année… tout à été dit.
Mais que peut-on en penser, que FAUT-il en penser ?

Des écrivains vous répondent…

Chez Delmas, Place de la Contrescarpe, Paris, 6 pm, June 21, 1949.

Just finished reading the proof of The Dashiell Stiller Story. Would’nt have written it like that, but what an astonishing page turner ! Zelda won’t like it, but Scott will !!! Must talk to him, absolutely ! One more glass of Morgon, Monnssieure Delmas, silvoplay !

Ernest H.,un Américain à Paris

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Ma nuit du 4 août

Soixante et un an plus tard, publié une première fois il y a huit ans, voici à nouveau ma nuit du 4 août (1962)

La vieille Hudson 51 nous aura au moins amené jusqu’à Los Angeles. Nous l’avions achetée à Flagstaff deux semaines plus tôt pour la somme de cinquante dollars partagée entre nous six. Flagstaff-Los Angeles, six cents miles à respirer l’odeur de poussière des sièges et les relents d’huile surchauffée du moteur ; six cents miles, y compris le petit détour pour voir le Grand Canyon au lever du soleil et Las Vegas au crépuscule ; six cents miles, dont une bonne partie de nuit, à surveiller le vrai défaut de cette voiture : l’extinction totale et imprévisible des phares à des intervalles tout à fait irréguliers. Pour survivre à cet inconvénient, nous nous étions organisés. La nuit, l’un après l’autre, nous prenions le quart pendant une heure à la place du passager avant, fenêtre ouverte, le nez dehors pour rester éveillé et le bras droit pendant à l’extérieur, la main serrée sur une lampe torche. Lorsque l’extinction des feux survenait, l’homme de quart devait allumer aussitôt sa lampe et éclairer quelques mètres de route vers l’avant tandis que le conducteur s’appliquait à arrêter la voiture sans sortir du béton.

Cela fait cinq heures que nous roulons après une longue soirée dans les casinos de Vegas. Le jour se lève. Nous sommes tous épuisés mais, avec le jour, cesse la garde à la fenêtre. L’expressway descend doucement vers la ville que l’on aperçoit à travers la brume qui passe du marron au jaune en s’éloignant du sol. Le temps est gris. La ville immense est encadrée par le pare-brise de la voiture, marqué d’insectes éclatés et d’arcs de cercles jaunâtres, sans rien d’autre pour accrocher le regard que le quadrillage infini des boulevards et un petit paquet de tours gris foncé vers le centre. L’ampleur du spectacle a quelque chose d’oppressant. Cette ville n’est pas à notre échelle, et dans la fatigue du petit matin, je me demande déjà comment nous allons survivre dans ce paysage hostile. Continuer la lecture de Ma nuit du 4 août

HISTOIRE DE DASHIELL STILLER – extrait du chapitre 5

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Extrait du chapitre 5 : Achir Soltani

  C’est à la prison de la Santé que Dashiell Stiller rend visite à Achir Soltani. Achir, dans le Milieu, tout le monde le connait sous le nom de Casquette. C’est Sammy de Pantin qui l’a fait rentrer comme second couteau dans la bande du Suédois. Casquette raconte comment il a rencontré Sammy un beau soir du côté de Pigalle.                                 

(…)
Bon, un soir avec trois copains, on décide de descendre en ville. La semaine d’avant, on avait trouvé un lot de batteries de voitures au cul d’un camion et on les avait pas mal vendues à un garagiste de Courbevoie. C’est pour ça qu’on était bien chargés en oseille. On faisait la java du côté de Blanche. Les copains étaient plutôt imbibés, mais pas moi, je bois jamais d’alcool. À un moment, j’ai jamais su pourquoi, y a Hafid qui s’empoigne avec une sœur en train de fumer sur le trottoir. Il lui file une grosse beigne et voilà la fille qui saigne du nez et qui gueule au charron. Deux mecs rappliquent, un gros costaud et un petit, enfin… de ma taille, quoi. Ils disent que la fille est une amie à eux et que c’est pas des manières ; on leur demande si eux aussi par hasard, ils veulent pas des baffes; bref le ton monte et de fil en aiguille, on commence à se bigorner. Nous, on est quatre et ils sont que deux, et pour eux, ça risque de devenir coton, mais au bout de deux minutes, Continuer la lecture de HISTOIRE DE DASHIELL STILLER – extrait du chapitre 5

Que faut-il penser d’ Histoire de Dashiell Stiller ? (3)

A peine sorti de presse, l’Histoire de Dashiell Stiller déclenche les polémiques auxquelles les ouvrages de Philippe Coutheillas nous ont habitués.
Histoire de Dashiell Stiller… Roman d’aventures, autofiction, roman historique, histoire d’amour, roman à l’eau de rose, roman de l’été, bide de l’année… tout à été dit.
Mais que peut-on en penser, que FAUT-il en penser ?


Des écrivains vous répondent…

La guerre est une bien belle chose.

Pratiquée avec obstination, fureur ou élégance depuis les origines de l’homme et même, selon certains coiffeurs,  bien avant, elle a apporté à travers les siècles aux membres de l’espèce humaine d’innombrables bienfaits.

Tout d’abord, sans la guerre, de quoi aurait-on couvert les murs des musées si les scènes héroïques de nos armées et les actes de barbarie de nos ennemis n’avaient été immortalisés sur la toile ? Sans la guerre, nos carrefours seraient-ils ornés de ces allégories monumentales que la patrie reconnaissante a offertes aux morts pour la France et que l’ennemi héréditaire nous envie ? Sans la guerre, jouirait-on aujourd’hui en toute tranquillité de la pénicilline, des lunettes de soleil Ray-Ban et de la bombe à fragmentation ? Et sans elle, nos ancêtres auraient-ils connu cette merveilleuse période d’insouciance de l’avant-guerre et, nos parents, Continuer la lecture de Que faut-il penser d’ Histoire de Dashiell Stiller ? (3)