(…) Trois-cafés resserra son bandana, rajusta un bouton de sa veste, traversa la salle du bistrot en trois enjambées et ouvrit grand la porte. Dehors, la tempête s’était calmée sans que nous nous en soyons aperçus. Il faisait gris mais il ne pleuvait plus. Mais, au moment où la silhouette en Prince de Galles s’est dessinée dans l’encadrement de la porte, un grand éclat de soleil a illuminé la rue, traversé la vitrine du café, projetant l’ombre immense de notre visiteur sur le parquet illuminé.
Là, j’ai quand même trouvé qu’il en faisait beaucoup, Trois-cafés…
Une fois Trois-cafés parti, on s’est retrouvés à nous regarder en chiens de faïence, comme des cons, surtout après que Cottard nous ait rejoint après son déjeuner à la cantine. Pour le mettre à niveau, Madame Françoise lui a raconté en détail tout ce qu’il avait manqué. Quand elle en est arrivée à l’histoire de la Commission des Particules et Machins-Trucs, j’ai bien cru voir dans le regard de Cottard comme l’ombre d’un doute, ou alors peut-être comme une trace d’ironie ou encore comme une étincelle d’amusement. En fait, Cottard, il était comme moi : il savait pas trop à quoi s’en tenir. On se disait qu’on verrait bien demain… si jamais il revenait, Trois-cafés !
Eh ben, il est revenu. Quand il a poussé la porte du bistrot il était pas Continuer la lecture de Trois cafés (18)
