(…) C’est pourquoi nos retrouvailles furent plus douces que je ne craignais. Il m’a engueulé brièvement, annoncé que, ce soir, nous irions diner chez Lipp et il est retourné à son bureau. J’ai pris un bain en écoutant la radio. Les informations de 5 heures annonçaient que des missiles russes d’une portée de 2000 kilomètres approchaient de Cuba et je me suis endormi.
Voilà, c’est tout. C’est comme ça que se termine l’histoire de mon été 62. Il n’y a pas de chute parce que dans la vraie vie, il n’y en a pas non plus ; des hasards, des coïncidences, mais pas de chute, pas de dénouement, pas de retournement, pas de morale ; un conte, sans signification, raconté par idiot ; c’est ça la vie.
Fin
Épilogue
On pourra trouver décevant qu’un récit aussi picaresque s’achève ainsi, par le mièvre tableau d’une famille enfin réunie dans un appartement du 14ème arrondissement de Paris. Après tant d’aventures et de rebondissements romanesques diront certains, on pouvait s’attendre à quelque chose de plus sensationnel que le tableau émouvant de quatre personnes s’embrassant autour d’une table de salle manger. À ceux-là, je rappellerai que la vie n’est pas un roman et que la platitude de la fin de mon récit est une preuve de plus de sa véracité.
Bien sûr, j’aurais pu inventer Continuer la lecture de Go West ! (120)