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Trois cafés (de 1 à 12)

Si ça vous agace de devoir lire cette longue et lente digression par épisodes, je vous propose de lire d’un seul coup les douze épisodes déjà parus sans interruption publicitaire. Et hop ! C’est parti !
Attention ! 7000 mots, quand même ! Une petite
demie heure !

Ah ! ben oui ! 

C’était un jour qu’était pas fait comme les autres.

Vraiment !

J’ajoute « Vraiment ! » parce que « C’était un jour qu’était pas fait comme les autres », c’est devenu chez moi un tic de langage, un peu comme le « en fait » que disent beaucoup les enfants aujourd’hui, quoique moins maintenant, mais quand même, et comme le « du coup » que dit tout le monde tout le temps. C’est agaçant ! En tout cas, moi, ça m’agace. Parce que, c’est vrai, vous avez vu, les gens disent « du coup » à tout bout de champ. Alors que non, faudrait pas ! Par exemple, ils disent « Y avait plus de métro, du coup je suis rentré à pied » Ben non, non et non ! On peut dire « du coup » quand ça vaut le coup, mais pas là ! Il fallait dire « La RATP était en grève, donc je suis rentré en taxi. » On vous l’a dit et répété, cent fois, à la radio, à la télévision, partout ! Mais les gens n’écoutent pas. Ils lisent pas non plus, faut dire. Du coup, ils disent n’importe quoi, des tas de trucs agaçants, genre « en fait » ou « du coup ». Ah ben, oui, tiens ! Dans le genre agaçant, « genre » c’est pas mal non plus. Par exemple, les gens disent « C’est un mec genre faux-cul de première » Ben non, non et non ! On peut pas dire ça ! Il faut dire « C’est une personne du genre hypocrite invétéré».

En fait, « du coup », je le dis très peu. Moi, ce que je dis souvent, ce serait plutôt « C’était un jour qu’était pas fait comme les autres ». Vous me direz que c’est pas le même usage. « Du coup », surtout quand c’est mal utilisé, ça permet de rebondir, ça donne à ce qu’on dit un semblant d’apparence logique, un peu comme si on disait « donc », en fait. Tandis que « C’était un jour qu’était pas fait comme les autres », ça, c’est plutôt fait pour commencer une histoire ; ça vous pose Continuer la lecture de Trois cafés (de 1 à 12)

Mais que faut-il lire en cette rentrée ? (1)

Je vais vous le dire, moi, ce qu’il faut lire en cette rentrée.

Il faut lire « Trois cafés », le rigoureux procès verbal de cette incroyable confrontation (ils sont six à se faire face) qui paraît en feuilleton dans Le Journal des Coutheillas depuis quelques semaines. Interminable et bavard, ce récit dont, pas plus que l’auteur, on ne voit la fin et dont on appréhende qu’il n’en ait pas, se situe entre le « Théorème » de Pasolini, « La Traversée de Paris » de Marcel Aymé et « Le Tartuffe » de je ne sais plus qui.

« Trois cafés » vous enchantera par son action molle, ses rebondissements prévisibles, ses digressions poétiques, ses incises emphatiques et ses pédantes parenthèses, sans parler de son style novateur, heureux mélange d’un fond de Proust, d’un émincé de Modiano, avec un zeste de Houellebecq, deux grains de Céline et trois kilos de Coutheillas.

Ne sous-estimez surtout pas « Trois cafés ». Cette nouvelle tout à fait « d’aujourd’hui » en train de devenir le roman « de demain ».
Alors, dès demain, vous pourrez lire les 12 premiers épisodes déjà parus d’un seul coup d’un seul !

Vous ne voudriez pas rater ça !

Trois cafés (12)

(…) C’était clair comme le jour qu’il voulait surtout pas rencontrer la Maire ! Mais Trois-cafés insistait. On aurait dit qu’il se rendait compte de rien.
— Bon, écoute, Jules. J’ai l’intention de repasser ici demain à peu près à la même heure. Si tu pouvais y être aussi avec ton agenda, on pourrait s’organiser. D’accord, Jules ?
— D’accord, Stanislas.
— Stanislav, s’il te plaît. Stanislav !
Cottard était sauvé. Il suffisait que le lendemain, il vienne pas chez Georges . Mais c’était trop dur, il est venu. Quel con, ce Cottard !

Mais je raconte trop vite, là ! Faut que je fasse attention, je raconte toujours trop vite. Pour le moment, si on était pas encore demain, il commençait à être midi moins juste d’aujourd’hui. Ça serait bientôt l’heure de passer à table. Parce que tous les jours ou presque, Dumoulot, Madame Françoise et moi, on déjeune chez Georges. Pas ensemble, hein ! Dumoulot et moi à la même table et Madame Françoise, à la sienne, sous la photo du Puy de Dôme. C’est pas qu’on veuille pas d’une femme avec nous quand on mange. Non, on a même essayé, tous les trois, un temps, au début. Mais un jour, Continuer la lecture de Trois cafés (12)

Trois cafés (11)

(…)  En dix minutes il est chez Georges pour s’installer à sa table habituelle — quand il me prend pas la mienne — et regarder TMC ou BFM-TV en continu. Il dit qu’il TV-travaille. En général, vers trois heures, il retourne à l’Hôtel de Ville parce que c’est souvent à cette heure-là qu’il y a un pot de départ ou d’arrivée. Ensuite, il rentre directement chez lui et on ne le revoie chez Georges que le lendemain même heure.
Valait le coup, la parenthèse, pas vrai ? Vous saviez pas ça, hein !

On en était où, déjà ? Ah oui :

— Fichtre ! Contrôleur Général ! Ça n’est pas rien, ça !

— Ça, vous pouvez le dire, Monsieur Stanislav.

— J’en suis tout à fait conscient. Juste une remarque en passant, mon ami : Monsieur tout seul ou Stanislav tout seul iront très bien. Parce que je trouve que Monsieur Stanislav ça fait un peu interlope. Mais à propos, comment t’appelles-tu donc, que je puisse Continuer la lecture de Trois cafés (11)

Trois cafés (10)

(…) — Des affaires… des affaires de toutes sortes, mais essentiellement des affaires confidentielles. Tu comprendras certainement sûrement que je ne puisse en dire davantage. Mais assez parlé de moi. Parlons de toi à présent si tu veux bien. Que fais-tu dans la vie, mon ami ?
Je vois Cottard qui se rengorge immédiatement et déclare, faussement modeste
— Je suis Contrôleur Général Adjoint des Poids et Mesures à la Mairie de Paris.
— Fichtre ! dit Trois-cafés d’un ton admiratif. Contrôleur Général ! Ça n’est pas rien, ça !

Là, faut encore que j’ouvre une parenthèse. Il en a plein la bouche, Cottard, de son « Contrôleur Général adjoint des Poids et Mesures ». C’est vrai que ça ronfle bien comme titre. Mais moi, je sais ce qu’il y a derrière. Et derrière, y a rien ! Rien, je vous dis ! Je le sais, parce qu’un jour qu’il avait un peu bu, Cottard m’en avait raconté pas mal et ça m’avait mis la puce à l’oreille, vous comprenez. Alors après, j’avais cherché sur internet et puis aussi, j’avais pu discuter avec Toussaint, le petit-neveu à Madame Françoise, qui m’en avait appris encore un peu plus. Parce que Toussaint, il travaille dans la même maison que Cottard : il est responsable de l’abri à vélo de la Marie, alors il sait des choses ; c’est pour ça. Il est marrant Toussaint, il dit tout le temps qu’il faudrait… Bon, c’est pas important. On s’en fiche. Mais après ça, je savais tout sur le boulot de Cottard ! J’explique : c’est vrai que Cottard est Continuer la lecture de Trois cafés (10)

Trois cafés (9)

(...) Peut-être que le mot « connard » le définirait mieux, mais j’ai pris l’habitude de dire « con », alors « connard », ça me vient pas. Par contre, il est pas bête. Je veux dire qu’il observe les choses, qu’il analyse les gens et que finalement il sait des tas de trucs. Ça l’empêche pas d’agir comme un con, et parfois même, ça l’aide, mais il est pas bête. La preuve, c’est qu’à ce moment, j’avais la nette impression que lui et moi, sur Trois-cafés, on pensait pareil : on savait pas franchement à quoi s’en tenir.

Alors Cottard, tout con qu’il est et sans se lever de sa banquette, il s’est adressé haut et fort à Trois-cafés :

— Alors comme ça, Monsieur serait de la noblesse ? Pas prince, non, mais de la haute quand même. Moi, ça m’intéresserait de savoir à quelle hauteur il est ? Comte, Vicomte, Marquis ? Dites un peu pour voir.

— A quoi cela te servirait-il de le savoir, mon ami, a répondu Trois-cafés très à l’aise. Les titres de noblesse ne peuvent intéresser que ceux qui en portent. En conséquence, je doute fort que les miens puissent te passionner.

Et vlan pour le con de Cottard ! Mais l’autre a continué sur sa lancée :

— D’ailleurs, Prince, Duc, Marquis, quelle importance ? C’est l’homme qui compte, pas le titre. La vraie noblesse est dans le cœur, pas dans les armoiries. C’est ce que mon père, Dieu ait son âme, m’a appris. Je ne répondrai donc pas à ta question, que d’aucuns d’ailleurs pourraient trouver inconvenante.

— Hé là, hé là, doucement les basses ! Qu’est-ce que c’est que ces manières de traiter Continuer la lecture de Trois cafés (9)

Les jeux de l’été : Quizz 1

Quel est le nom du héros de l’Attrape-coeur ?

A-Rodrigo Tortilla
B-William Holden
C-Holden Caulfield

*

Quel est le prénom du Professeur Tournesol ?

A-Tryphon
B-Trirème
C-Pierre-Alexandre

*

Quel est le titre du dernier livre de Coutheillas ?

A-Go jump in the lake !
B-Go fuck yourself !
C-Go West !

*

Quel est le titre du journal qui emploie Spirou ? Continuer la lecture de Les jeux de l’été : Quizz 1

GO WEST ! Achetez le donc une fois pour toutes…

 …et qu’on n’en parle plus !

Si vous avez déjà lu Go West ! , vous n’avez rien d’autre à faire que d’en parler à vos amis et à vos ennemis, surtout s’ils sont plus nombreux. Vous pourrez également déposer sur le site d’Amazon un avis sincère mais élogieux.

Si vous n’avez pas encore lu Go West !, dépêchez-vous de le faire avant la rentrée, sinon vous ne serez pas en mesure de briller en société en répondant aux questions existentielles suivantes, ce qui serait quand même gênant : 

    • Existait-il des couchettes à la place des racks à bagages dans les avions de la Flying Tiger Line ? 
    • La fille du Cove Creek Motor Inn a-t-elle réellement frappé la première ? 
    • A-t-elle porté plainte, et si oui, qu’a fait la police ? 
    • Voyager aux USA à l’arrière d’un autocar Greyhound était-il passible d’une simple amende ou d’une peine de prison ? 
    • Le Grand Canyon est-il si grand que ça, ou est-ce une exagération de plus du Narrateur ? 
    • Pourquoi les conducteurs d’autocars en Amérique se déguisent-ils en commandants de Boeing 707 ?
    • Qu’est-ce que J. Edgar Hoover Continuer la lecture de GO WEST ! Achetez le donc une fois pour toutes…

Trois cafés (8)

(…) Maintenant, elle avait l’air de regretter amèrement de n’avoir pas connu Albane, Madame Françoise. Ça avait mis fin à une conversation qui commençait si bien ! Alors elle a tenté un « mais qu’est-ce qui lui est arrivé à cette pauvre demoiselle ? », mais ça n’a pas marché.
— Eh bien, voyez-vous…, a commencé Trois-cafés, ce qui a rempli d’espoir Madame Françoise en même temps que le reste de l’assistance. Mais il s’est ravisé aussitôt :
— Non, je ne peux pas… C’est trop douloureux…
Trois-cafés a avalé d’un coup son deuxième café et s’est plongé dans la contemplation de la Cimbali M-2000.

Pendant ce temps, Georges essuyait le zinc autour des trois tasses avec insistance, Madame Françoise qui s’était levée s’approchait de Trois-cafés avec hésitation, Dumoulot observait la scène d’un œil rond (on aurait dit une poule qu’aurait trouvé un couteau), ce con de Cottard regardait la télévision et moi, je regardais tout le monde. La tension était à son maximum. Qu’est-ce qu’il avait voulu dire avec son « elle a pas eu de chance dans la vie, Albane de Lavérendières » ? Comme c’était parti, moi j’étais persuadé qu’il allait nous sortir un truc genre « elle est tombée de cheval pendant une chasse à courre, du coup elle est restée paralysée » ou « elle a eu un enfant d’un vendeur de voitures à la sauvette, alors maintenant elle fait des ménages » ou « elle a péri dans l’incendie du château familial » ou « elle a rencontré un Argentin et depuis, elle fait le trottoir à Montevideo ? » Mais il disait rien, Trois-cafés, perdu dans ses pensées. Le silence était intenable, et c’est Georges qu’a craqué en premier : Continuer la lecture de Trois cafés (8)