(…) je pris l’habitude de lui envoyer une à deux fois par semaine une carte postale, une carte postale de n’importe où, de n’importe quoi, avec juste un petit mot dessus, un petit mot de rien du tout, quelque chose comme « Meilleur souvenir de la Tour Eiffel » écrit au dos d’une vue de Notre-Dame. Je pensais que que ni le message ni la photographie n’étaient importants ; ce qui devait compter c’était de recevoir du courrier : « Nano, encore une carte postale pour vous ». C’est du moins ce que je croyais. J’espère ne pas m’être trompé car combien de vues de l’Arc de Triomphe sous toutes ses coutures, du Sacré-Coeur sous tous les angles, de l’Avenue de l’Opéra à toutes les époques Nano a-t-elle reçues ? Cette habitude a duré longtemps, deux ans, trois peut-être et puis je n’ai plus envoyé de cartes postales parce que Nano n’’était plus là pour les recevoir. C’est l’une de ces cartes postales qui a déclenché Le Cujas. Un de ces jours, je vous dirai comment et pourquoi.
Cette carte postale, c’est celle-ci :

Je la rencontrai à l’étal d’un marchand de souvenirs de la rue Soufflot. Au milieu des bérets basques multicolores, des Tour-Eiffel-Porte-clés et des parapluies d’urgence, au même prix que les chromos de l’Arc de Triomphe et de la Place du Tertre — trois cartes pour 1 euro — elle dénotait pourtant par la qualité de la photographie et l’originalité de la scène représentée. Au verso, sans fioritures, elle disait son titre : Continuer la lecture de Carnet d’écriture (20) – Qui est là ?
il ne restait
Commande passée, toujours la même, déploiement de quelques activités procrastinatoires : nettoyage de l’iPhone des nouvelles de la nuit, consultation de l’agenda, de la météo, consultation des ventes, déploiement de l’iPad, recherche et relecture de ce qui a été écrit hier, relecture de ce qui a été écrit hier, relecture de ce… Pour moi, cette relecture répétée s’apparente, en moins fatigant, aux tentatives de démarrages d’une tondeuse à gazon à moteur thermique : il faut bien tirer quatre ou cinq fois sur la corde avant que la machine ne consente à démarrer. Pour l’écriture, c’est pareil.
règne apaisé de Jules César. Au contraire, il veut confirmer que cette tragédie romaine est aussi une tragédie grecque, autrement dit que ce qui est écrit est écrit et que l’homme n’échappe pas plus à son destin que les fleuves ne remontent à leur source.