Ce qu’il faut lire ? Mais je vais vous le dire, moi… quoique ce ne soit pas toujours facile quand il faut faire une sélection, car on ne peut pas tout lire, pas vrai ? Que lire, donc ? Du Coutheillas, bien sûr, oui, mais lequel ?
— le Coutheillas de « Bonjour, Philippines!« , l’explorateur de civilisations aussi lointaines qu’antiques, le fin observateur de coutumes étranges, ancestrales et barbares, l’envoyé spécial sur le terrain des révoltes de clocher et des révolutions de palais ?
— le Coutheillas d’ »Histoire de Noël« , le passeur de contes fantastiques ou terrifiants, ou les deux à la fois, le chroniqueur des campagnes glauques et des tours jumelles, l’arpenteur des chemins creux qui ne vont nulle part et des tunnels routiers qui vont vers la liberté, le conteur des cantous enfumés et des palais byzantins, l’exorciste de permanence, le témoin de la fin du monde ?
— le Coutheillas boulevardier, celui de « La Mitro » avec ses trépidantes histoires de cocus, ses portes qui claquent et ses situations explosives, ses trafics de sucre en poudre, ses flics dépassés et ses jours pas faits comme les autres ?
— le Coutheillas journaliste enquêteur des « Disparus de la Rue de Rennes« , le whistle blower des scandales municipaux, le Savonarole des Continuer la lecture de Mais que faut-il lire en cette rentrée ? (3)
C’est notre mini débat autour de ma photo du Bar L’Océan du Guilvinec, publiée le 27 novembre dernier, qui m’a remis en mémoire Les Vacances de Monsieur Hulot. La première fois que j’ai vu ce film, je devais avoir 11 ou 12 ans, et la dernière, c’était il y a quatre ans, et s’il devait repasser demain à la télévision, je le reverrais à coup sûr.
Il faut avouer que j’ai bien failli abandonner. J’ai tellement patiné dans la gadoue froide et visqueuse des vingt premières pages, je me suis tellement senti mal à l’aise à entrer dans ce village en ruine sous cette pluie désespérante, j’ai tellement été rebuté par les premières rencontres avec ses habitants que j’ai bien failli abandonner et ranger le bouquin avec son billet de train composté coincé entre les pages vingt et vingt et un — car on ne sait jamais…
(…) Et c’est ainsi qu’un peu honteux, j’ai pris la décision de m’accorder sous ces conditions toutes ces libertés littéraires. Avec le plaisir d’écrire que je retrouvais grâce à cette licence, je ne tardai pas à découvrir que j’avais réinventé un genre dont j’ignorais le nom jusqu’alors, l’autofiction. Ce n’était plus du mensonge, c’était un genre littéraire. Je ne mentais plus, je faisais de l’autofiction. Ça me fit d’autant plus plaisir que je réalisai que Proust n’avait pratiquement fait que ça toute sa vie.
Ma dernière Critique Aisée, la 266ème, date d’il n’y a pas si longtemps : six mois. Elle portait sur le Roman des regards de Mallet et Pennac. Mais la précédente, celle du Joueur d’échecs remonte à plus de deux ans.