Archives de catégorie : Critiques

Un cœur en hiver – Critique aisée n°213

Critique aisée n°213

Un cœur en hiver
Claude Sautet – 1992
Emmanuelle Béart, Daniel Auteuil, André Dussolier

Il y a quelques temps, je vous avais donné mes impressions de César et Rosalie. Aujourd’hui, je voudrais vous parler un peu d’Un cœur en hiver et tout d’abord souligner les points communs et les différences qui me sont apparus entre ces deux films.

Les points communs
Premièrement, ils sont tous les deux de Claude Sautet. Deuxièmement, je les avais vus tous les deux à leur sortie. Troisièmement, je les ai tous les deux revus très récemment sur Netflix.

Les différences
Tout d’abord, ils sont sortis en salle à vingt ans de distance. Ensuite, on ne retrouve dans Un cœur… aucun des acteurs de César…. Enfin, les caractères des personnages, leurs professions, leurs milieux culturels sont différents. Dans Un cœur… , plus de capitaine d’industrie un peu ordinaire, plus de femme hésitante, plus de groupes de copains au Continuer la lecture de Un cœur en hiver – Critique aisée n°213

Rendez-vous à cinq heures : Eric Hazan

La page de 16h47 est ouverte…

L’Invention de Paris et Le Tumulte de Paris
d’Eric Hazan

Eric Hazan a publié plusieurs ouvrages sur Paris, une ville qu’il aime et dont il connaît tous les recoins. Il écrit bien et ses livres fourmillent d’informations passionnantes sur Paris. Dans Le Tumulte de Paris, il veut nous faire apprécier autant le Paris d’hier que celui d’aujourd’hui, voire de demain, dont l’architecture et la population ont changé. C’est un vœu respectable. Il n’y a rien de critiquable dans sa démarche sauf Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures : Eric Hazan

Rien ne va plus – Critique aisée n°212

Critique aisée 212

Rien ne va plus
Claude Chabrol – 1997
Michel Serrault -Isabelle Huppert

Depuis peu, Netflix propose plusieurs films de Claude Chabrol : La Cérémonie, L’Enfer, Merci pour le chocolat, Betty, Madame Bovary, Le Corps de mon ennemi, Rie ne va plus, etc…

Il paraît que chez Chabrol, un film sur deux est une couillonerie, terme dont il qualifiait lui-même certains d’entre eux. Si j’avais su cela, avant de voir Rien va plus, j’aurais vérifié quel film le précédait. Réalisant que c’était La Cérémonie, je me serais abstenu.

Chabrol était, disait-on, un bon vivant, épicurien et farceur. D’ailleurs, ça se voyait, il en avait l’apparence, tout rond, rubicond, et rigolard. Il me donnait l’impression d’un Tartarin qui aurait été intelligent. Sympathique, le Chabrol, plein d’humour. Tout l’opposé de Godard, par exemple.

Mais ça et le fait qu’il ait réalisé Le Beau Serge et Les Cousins ne sont pas des raisons suffisantes pour que je lui pardonne Rien ne va plus.

Dans une intrigue qu’on pourrait Continuer la lecture de Rien ne va plus – Critique aisée n°212

César et Rosalie – Critique aisée n°211

Critique aisée n°211

César et Rosalie
Claude Sautet – 1972
Romy Schneider, Yves Montand, Sami Frey

Bon ! Comme, je l’ai dit avant, je me réservais de revoir César et Rosalie pour mes encore plus vieux jours. Mais une récente discussion sur le film de Sautet et le désir de voir s’il pouvait me faire aujourd’hui le même effet qu’autrefois m’ont poussé à revoir César, Rosalie et David. Et voilà, c’est fait.

Durant le temps d’un générique aussi démodé que les voitures de mon père, je suis entré dans le film avec un plaisir anticipé, un peu comme on entre dans une pièce familière et accueillante pour s’installer dans un fauteuil confortable et usé dont on connaîtrait les creux, les bosses et les odeurs. Et pendant deux heures, j’ai retrouvé la beauté bouleversante de Rosalie, le charme discret et lucide de David, l’exubérante maladresse de César. J’ai retrouvé avec délectation cette ambiance des cafés enfumés des quartiers de Paris où se mélangeaient encore Continuer la lecture de César et Rosalie – Critique aisée n°211

Rendre à César… Critique aisée n° 210

Critique aisée n°210

Rendre à César…

Hier, Lorenzo dell’Acqua était tout chose. Il venait de revoir César et Rosalie et, pour tout dire, il n’avait pas aimé.

Ce n’est pas moi qui irais constester le droit à bruler une idole que l’on a adoré autrefois, à trouver mauvais ou seulement médiocre un film que l’on a aimé dans sa jeunesse. L’année dernière à Marienbad, Tirez sur le pianiste, Les tricheurs, Docteur Jivago…

Donc, Lorenzo a trouvé que Montand surjouait un personnage peu crédible, que Schneider, instable, aurait dû se faire soigner, et que Frey était un peu plus ou un peu moins immature (un peu plus ou un peu moins ?) que ses deux partenaires. Leurs histoires d’amour étaient tordues et n’intéressaient plus personne, et en particulier les jeunes gens. La raison qui apparaissait de tout cela était que cette société Continuer la lecture de Rendre à César… Critique aisée n° 210

¿ TAVUSSA ? (74) – L’héritage Hidalgo

C’est presque évident : Anne Hidalgo sera candidate aux prochaines présidentielles. 

Quand, un jour,  vous aurez à voter, souvenez-vous bien de ce que Paris lui doit :

Quelques accessoires de douche en guise de fontaines au Rond-Point des Champs-Elysées:

Un bouquet de chamallows délavés Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (74) – L’héritage Hidalgo

Rendez-vous à cinq heures : César et Rosalie revisités

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Récemment, Lorenzo a revu César et Rosalie. Ça lui a fichu le bourdon. 

Pour parler d’un film du passé, comme César et Rosalie, il me semble qu’il faut, pour émettre un avis, avoir vécu à cette époque et dans le même monde pour justifier notre droit à dire que « ce ne sont pas les films qui vieillissent mal, mais nous ». Comment pourrions nous juger, cinquante ans plus tard et différemment d’alors, un film japonais qui se passe au Moyen-Âge ou un film de série B américaine du temps de la prohibition aux USA ? Je n’en vois aucune raison car du Moyen-Âge au Japon ou de la prohibition aux USA, je n’ai pas acquis de nouvelles notions depuis cinquante ans. Par contre, sur la vie Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures : César et Rosalie revisités

Rendez-vous à cinq heures : Naissance de la Vierge

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La Naissance de la Vierge

La Naissance de la Vierge, attribuée à Sasseta, puis au Maestro dell Osservanzia, et enfin depuis peu à Sano di Pietro, est ma peinture préférée. Cette merveille absolue qui chaque fois continue à me fasciner, je l’avais découverte dans le petit musée d’Asciano en Toscane. Classique, elle l’est par son thème religieux imposé au Quattrocento, classique, elle l’est aussi par sa facture qui utilise encore les coloris de la peinture byzantine et des icônes : le rouge, le noir et le doré. Rien d’autre. Trois couleurs, la règle de la perfection …

Ce qui m’émeut est Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures : Naissance de la Vierge

Rendez-vous à cinq heures avec Jim

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« Voir ! Voir ! c’est là l’aspiration du marin comme celle du reste d’une humanité aveugle. Que son chemin lui soit clairement tracé est ce que souhaite tout être humain dans notre existence obscurcie de nuages et traversée de tempêtes. »

Cette citation, n’est-elle pas en phase avec la situation du monde aujourd’hui ? Et pourtant, elle est issue d’un livre de Joseph Conrad paru en 1906. Je viens de terminer ce livre, c’est Le Miroir de la Mer. J’ai lu tous les principaux romans de Conrad et pour cause, j’aime la mer et la navigation, ma bibliothèque est remplie de livres maritimes en tous genres, romans et récits, pour la plupart Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures avec Jim

Croquis de mémoire – Critique aisée n°209

Critique aisée n°209  

Croquis de mémoire
Jean Cau – 1985 – La Table Ronde – 332 pages

Drôle de type que ce Jean Cau.
Il est de la génération qui a eu vingt ans à la Libération. Pas grand chose de commun avec la mienne, donc. Pendant toute ma jeunesse et une bonne partie de mon âge adulte (Jean Cau est mort en 1993), il était pour moi comme l’homme des piscines de Modiano, celui que l’on voit partout, sur toutes les photos, dans tous les salons, mais dont on ne sait pas très bien qui il est ni ce qu’il fait là. Je comprenais petit à petit Continuer la lecture de Croquis de mémoire – Critique aisée n°209