Archives de catégorie : Critiques

Le Masque, c’est fini

Je ne dirai pas que Le Masque et la Plume a formé mon goût du cinéma. ( À propos, faut-il écrire « a formé » ou « ont formé » ? On s’en fout ? Ah bon ! ) Je ne le dirai pas car ce goût était né dès ma douzième ou treizième année. Le Masque, car c’est comme cela que je vais le désigner dans la suite pour nous gagner du temps à tous, Le Masque, donc, a été créé en 1955, mais je ne l’ai découvert qu’un ou deux ans plus tard. J’ai déjà raconté, je crois, les circonstances dans lesquelles je l’écoutais à ses débuts. Je dis « je crois », mais je suis loin d’en être certain, ma mémoire me faisant défaut de plus en plus comme j’ai eu l’occasion de vous le dire, et cela plusieurs fois, j’en suis sûr. Mais si je dis « je crois », c’est aussi pour m’excuser par avance Continuer la lecture de Le Masque, c’est fini

Vive les vacances…

C’est l’autre jour à Champ de Faye que j’ai revu « Les Vacances de Monsieur Hulot ». Dehors, il faisait bien 38°, mais grâce à une savante stratégie de gestion des volets soigneusement préparée à l’avance, nous avions réussi à maintenir au salon l’incroyable température de 21°. Vautré sur le canapé, vêtu d’un short, de chaussettes de tennis et, pour lutter à armes égales contre le froid émanant du sol, d’un très joli cardigan, je surfais sur la télévision, zappant de documentaire écolo sur la pêche en eaux troubles en aventures de super-héros MAGA, de tournoi de paddle (y a-t-il plus ennuyeux que ces parties de ping-pong où les joueurs jouent sur la table ? ) en débat sur les dangers des crèmes solaires, lorsque sur un écran subliminal, une étrange mais célèbre silhouette est apparue, figeant d’un coup mon index sur la télécommande. Je reconnus aussitôt les premières images des Vacances de Monsieur Hulot et ne bougeai plus pour les 80 minutes suivantes. Littéralement, j’éclatai de rire au moins quatre fois, et ça, c’est pas tous les jours ! Alors voici à nouveau ma critique de ce film qui aura bientôt trois quarts de siècle.

Critique aisée n°252

Les vacances de Monsieur Hulot
Jacques Tati – 1953

C’est notre mini débat autour de ma photo du Bar L’Océan du Guilvinec, publiée le 27 novembre dernier, qui m’a remis en mémoire Les Vacances de Monsieur Hulot. La première fois que j’ai vu ce film, je devais avoir 11 ou 12 ans, et la dernière, c’était il y a quatre ans, et s’il devait repasser demain à la télévision, je le reverrais à coup sûr.

L’œuvre cinématographique de Jacques Tati est peu abondante, six longs métrages en tout et pour tout, dont je n’ai manqué que le dernier, Parade.
Pourquoi si peu de films en 35 ans de carrière ? Je ne suis ni historien Continuer la lecture de Vive les vacances…

Les Saisons

C’est sans aucun doute le livre qui m’a le plus bousculé depuis une dizaine d’années. Je considère comme un devoir de publier à nouveau la critique que j’en avais faite car, par ces temps de canicule, sa lecture est recommandée. 

Critique aisée n°166

Les Saisons
Maurice Pons – 1965
Christian Bourgois – 214 pages
 

Il faut avouer que j’ai bien failli abandonner. J’ai tellement patiné dans la gadoue froide et visqueuse des vingt premières pages, je me suis tellement senti mal à l’aise à entrer dans ce village en ruine sous cette pluie désespérante, j’ai tellement été rebuté par les premières rencontres avec ses habitants que j’ai bien failli abandonner et ranger le bouquin avec son billet de train composté coincé entre les pages vingt et vingt et un — car on ne sait jamais…

Il n’y avait pas que le climat de ce bled pourri qu’on me décrivait qui me dissuadait d’avancer, pas que la peinture à la Bidochon des premiers exemplaires de sa population qui me prenait à rebrousse-poil, et pas que la noirceur cauchemardesque de l’atmosphère qui me faisait craindre le pire. Ce qui me freinait le plus, c’était la richesse et la désuétude du vocabulaire qui m’annonçaient une indigestion rapide.

Cette phrase faillit bien emporter ma décision :

« (…) assise à califourchon sur les genoux de l’un des douaniers, — le douanier en second à ce qui devait apparaître bientôt — qui la maintenait contre lui en lui plaquant les deux mains ouvertes sur les fesses, elle lui pressait entre deux doigts les ailes du nez, et la séborrhée sale dont elles étaient gorgées jaillissait des pores en petits vermisseaux à têtes noires.« 

Mais avant de lâcher prise, avant de me mettre à relire Bonjour Tristesse ou l’Attrape-Cœurs, je suis allé Continuer la lecture de Les Saisons

Arches et Pyramides

C’est vraisemblablement pour répondre aux deux articles intitulés  L’Inconnu de la Grande Arche (https://www.leblogdescoutheillas.com/?p=57366) et Détruire le ciel de Paris serait impardonnable (https://www.leblogdescoutheillas.com/?p=57007) et aux commentaires qu’ils ont suscités que Lorenzo a produit le texte ci-dessous. Le sujet de « L’Inconnu… » était bien sûr le funèbre monument funéraire qui trône en haut de la Défense tandis que celui de « Détruire… » était le gros furoncle en bordure du Périphérique sud de Paris.
En me confiant son texte, Lorenzo m’a recommandé d’en faire ce que je voulais. Alors voilà : je le publie. 

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Pourquoi aimer l’une et pas l’autre pyramide ? Les goûts de NRCB sont impénétrables en tout cas pour moi. Je considère que la Pyramide de Peï n’est que la copie des Pyramides d’Egypte même si le matériau est différent. La forme elle-même n’est pas une création. Or, en art, seul compte selon moi ce qui est original. Imaginez aujourd’hui un peintre contemporain faisant des tableaux impressionnistes à la perfection. Personne ne les remarquerait. Il n’en est pas de même pour la Pyramide de Peï parce que le lieu choisi oblige tout le monde à la voir, autochtones et touristes. Je trouve que c’est un abus de pouvoir. Par contre, Continuer la lecture de Arches et Pyramides

Carnet d’écriture (27) – Lâcher les freins

(…) Et c’est ainsi qu’un peu honteux, j’ai pris la décision de m’accorder sous ces conditions toutes ces libertés littéraires. Avec le plaisir d’écrire que je retrouvais grâce à cette licence, je ne tardai pas à découvrir que j’avais réinventé un genre dont j’ignorais le nom jusqu’alors, l’autofiction. Ce n’était plus du mensonge, c’était un genre littéraire. Je ne mentais plus, je faisais de l’autofiction. Ça me fit d’autant plus plaisir que je réalisai que Proust n’avait pratiquement fait que ça toute sa vie.

Je l’ai dit dans le carnet précédent : l’autofiction assumée me permit de retrouver un grand plaisir d’écrire. Ça n’est pas pour autant que l’écriture de la suite de Go West ! fut facile. Je n’avais pratiquement aucune expérience dans l’analyse psychologique des motivations des gens en général et des miennes en particulier. Je me souvenais que j’avais mis pas mal de moi-même dans le troisième conte des « Trois Premières fois », « La matinée de Sainte Firmine d’Amelia », mais, si j’avais placé la scène principale dans un lieu réel dont j’avais changé le nom, l’intrigue demeurait essentiellement fictive, en tout cas beaucoup Continuer la lecture de Carnet d’écriture (27) – Lâcher les freins

L’Inconnu de la Grande Arche

Ma dernière Critique Aisée, la 266ème, date d’il n’y a pas si longtemps : six mois. Elle portait sur le Roman des regards de Mallet et Pennac. Mais la précédente, celle du Joueur d’échecs remonte à plus de deux ans.

En réalité, à part pour les amis, je n’écris plus de critique. C’est difficile à faire, il faut être attentif, comprendre la construction, retenir des points d’écriture, des détails de mise en scène, des références et des tas de trucs de ce genre à placer éventuellement dans la critique à venir. Bref, c’est un vrai travail et l’idée d’avoir à le faire gâcherait plutôt le simple plaisir de la vision du film ou de la lecture du roman. Et comme je suis de plus en plus paresseux…

Mais, parfois, Continuer la lecture de L’Inconnu de la Grande Arche

Carnet d’écriture (26) – Proust et Moi

(…) Il avait un peu raison, Jimini Cricket, mon petit grillon intérieur, celui qui me dit souvent que je n’y arriverai pas, que je n’aurai pas le temps, pas le talent, pas le courage. Il a de bonnes analyses parfois, mais si je l’écoutais tout le temps, je ne ferais jamais rien. Alors, je me suis dit deux choses :

La première, c’est qu’on ne peut écrire qu’avec ce que l’on a, avec sa culture et sa mémoire, avec son histoire personnelle et les souvenirs qu’on en a gardés, et bien sûr avec son imagination et son talent (petit t, avec t variant de zéro à l’infini).
D’un joueur de tennis qui, surpris et grisé par un coup heureux réussi contre un adversaire nettement supérieur, se met à tenter avec succès des coups difficiles, des coups que même à l’entrainement il ne réussit que rarement, on dit qu’il surjoue. Il se met à jouer au-dessus de son niveau. Surjouer peut lui réussir pendant quelques coups, quelques jeux, un set… Ça enthousiasme le public — qui aime bien de temps en temps voir le petit poucet bouffer l’ogre — mais ça ne trompe pas le spectateur averti qui sait que le surjeu ne paie jamais longtemps.
En écriture, c’est pareil. Grisé par une jolie formule, une image intéressante ou une métaphore osée qu’il a trouvée presque fortuitement, il arrive qu’à ces mots, celui qui écrit ne se sente plus de joie et se mette en tête d’enchainer les belles phrases. Il arrive même que l’inspiration s’y mette et que le clavier soit en forme. Alors, il a l’impression d’être Oscar Peterson devant son piano et tout devient facile. On dit qu’il surécrit, qu’il force son talent. Mais jamais cela ne dure car il n’a ni le souffle, ni la culture, ni l’expérience ni le talent (petit t). Et s’il persiste, il tombe dans le discours du Maire de Champignac, l’amphigouri, le cliché, les fioritures, l’inutile, le ridicule.

La première chose que je m’étais dite, c’était donc que, quoi que je décide d’écrire, je devais Continuer la lecture de Carnet d’écriture (26) – Proust et Moi

Carnet d’écriture (25) – Jimini Cricket et Moi

Go West !
Ah ! Go West ! Intéressant, Go West !, probablement le plus personnel de mes écrits. Bien sûr, avant Go West !, j’avais raconté quelques souvenirs personnels, mais c’était seulement dans des textes courts qui recherchaient plutôt l’anecdotique et l’humour que le récit narratif. Bien sûr, dans des textes plus longs, il m’est arrivé de plus ou moins m’investir dans des personnages de fiction. Chacun sait en effet, et surtout depuis que Proust l’a dit, que dans tout personnage de fiction, il y a un peu de son auteur, comme dans Emma Bovary pour Flaubert, ou beaucoup, comme dans le Narrateur de la Recherche pour le petit Marcel. Mais, en ce qui me concerne, je crois plutôt que si, jusqu’à présent, j’avais mis un peu ou beaucoup de moi dans un personnage, c’était à la fois involontaire et inévitable, parce qu’on écrit avec son histoire et avec son âme, mais sans désir conscient de s’exposer, en quelque sorte à l’insu de son plein gré.
Pour Go West !, c’est petit à petit que je me suis investi dans le personnage.

<<>> Petit à petit ? Tu es sûr ? Moi, je crois que c’est d’un seul coup que tu t’y es mis ! Peut-être pas dès le début, mais d’un seul coup. Je suis persuadé qu’un Continuer la lecture de Carnet d’écriture (25) – Jimini Cricket et Moi

Détruire le ciel de Paris serait impardonnable ! (sic)

C’est ce qu’a déclaré Jacques Herzog au Figaro. Jacques Herzog, c’est l’architecte star de la Tour Triangle dont la construction s’achève sur le bord du Périphérique Sud de Paris dans le Parc des Expositions de la Porte des Versailles. `
Rassurez-vous, je ne vais pas revenir sur les conditions pour le moins anormales dans lesquelles Anne Hidalgo a imposé ce projet à un Conseil Municipal qui n’en voulait pas ni sur les conditions suspectes dans lesquelles le marché a été attribué à Unibail qui le voulait trop.
Aujourd’hui, je vais me contenter de réagir à cette déclaration que l’architecte de cette tour infernale a faite au Figaro : « Détruire le ciel de Paris serait impardonnable ! » Comme je ne suis pas abonné au Figaro, je n’ai pas pu prendre connaissance de la suite de l’interview. Peut-être Maitre Jacques a-t-il dit dans la suite : « L’autre jour, et pour la première fois, je me suis rendu sur le chantier de ma tour. J’ai tourné longtemps dans le quartier, dans les rues, sur le périphérique, je suis monté sur des terrasses d’immeubles et dans la Montgolfière du Parc André Citroen, j’ai pris un bateau-mouche, j’ai fait un tour d’hélicoptère, je suis monté au Sacré-Cœur, à la Tour Eiffel, sur les tours de Notre-Dame, sur le dôme du Panthéon, bref, et partout, j’ai essayé de trouver un point de vue, une perspective qui soit favorable à ma tour. Je n’ai Continuer la lecture de Détruire le ciel de Paris serait impardonnable ! (sic)

The Big Bang Theory

The Big bang Theory est une série télévisée américaine dont les 12 saisons (279 épisodes) ont été diffusées aux USA entre 2007 et 2019 puis en France avec un décalage de quelques années. Cela fait 8 ans que j’ai écrit sa critique et si je la publie à nouveau aujourd’hui, c’est parce que, depuis des mois, TBBT repasse en boucle sur RMC et que cela m’enchante. Un petit morceau de Big Bang chaque soir peut vous faire oublier des tas de choses ennuyeuses, contrariantes ou même inquiétantes.
Ces séries américaines aux incroyables succès, telles que Friends, Seinfeld ou The Big Bang Theory ont ceci en commun que Continuer la lecture de The Big Bang Theory