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Il y a pyramide et pyramide

Selon l’article d’hier de Lorenzo dell’Acqua, (Arches et pyramides), la pyramide de Pei est une copie de celle de monsieur Gizeh. Il est vrai que la ressemblance et, par conséquent, le plagiat sont frappants : les deux ont une forme pyramidale ! Coïncidence ? Allons voyons ! Personne n’est dupe ! Pei est un copieur.
Dans le même esprit, le Cube du Danois de la Défense ne serait qu’un démarquage d’une table basse de Franck Gehry.
Quant à la pyramide du Périphérique, on ne peut que conclure à une extrapolation d’une tablette de Toblerone, avec cette nuance que la barre crénelée de chocolat suisse n’est pas une œuvre d’art.

Après ce court instant de détente, redevenons sérieux et tentons d’examiner ce que les pyramides de Gizeh, du Louvre et du Periph’ ont en commun et ce qui les distingue.

1— Il faut d’abord réaliser Continuer la lecture de Il y a pyramide et pyramide

Arches et Pyramides

C’est vraisemblablement pour répondre aux deux articles intitulés  L’Inconnu de la Grande Arche (https://www.leblogdescoutheillas.com/?p=57366) et Détruire le ciel de Paris serait impardonnable (https://www.leblogdescoutheillas.com/?p=57007) et aux commentaires qu’ils ont suscités que Lorenzo a produit le texte ci-dessous. Le sujet de « L’Inconnu… » était bien sûr le funèbre monument funéraire qui trône en haut de la Défense tandis que celui de « Détruire… » était le gros furoncle en bordure du Périphérique sud de Paris.
En me confiant son texte, Lorenzo m’a recommandé d’en faire ce que je voulais. Alors voilà : je le publie. 

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Pourquoi aimer l’une et pas l’autre pyramide ? Les goûts de NRCB sont impénétrables en tout cas pour moi. Je considère que la Pyramide de Peï n’est que la copie des Pyramides d’Egypte même si le matériau est différent. La forme elle-même n’est pas une création. Or, en art, seul compte selon moi ce qui est original. Imaginez aujourd’hui un peintre contemporain faisant des tableaux impressionnistes à la perfection. Personne ne les remarquerait. Il n’en est pas de même pour la Pyramide de Peï parce que le lieu choisi oblige tout le monde à la voir, autochtones et touristes. Je trouve que c’est un abus de pouvoir. Par contre, Continuer la lecture de Arches et Pyramides

Cinq bonnes raisons de ne plus être amis

Je vais reproduire ci-dessous le texte d’un récent commentaire de Lorenzo, que sa position en bas d’un article sur la Caverne du Pont-Neuf ne mettait pas particulièrement en lumière. Le voici en intégralité : « Après les discussions passionnantes sur les qualités esthétiques respectives des cavernes et des échafaudages, serait-il possible d’élever le débat et de soumettre aux lecteurs avachis par la canicule un autre sujet de réflexion qui me tarabuste tous les matins vers cinq heures ?L’amitié peut-elle durer toute la vie ?
« Parce que c’était lui, parce que c’était moi » ne reflète pas Continuer la lecture de Cinq bonnes raisons de ne plus être amis

Y a un drôle de type qui me suit dans les musées …

par Lorenzo dell’Acqua

Avertissement  à l’usage de ceux qui ne le sauraient pas encore :
Lorenzo a pour habitude de trainer dans les musées. À l’occasion, il prend des photographies de dames de dos en train de regarder des tableaux. Ensuite, il rentre chez lui et, tel le Dr Caligari, il s’enferme dans son laboratoire pour plonger ses pellicules dans de diaboliques mixtures afin d’en tirer des photographies qu’il publiera avec des textes de Daniel Pennac.
(…à moins qu’il ne travaille en numérique.) 

Dans les musées, je suis très méfiant et je m’assure toujours, avant et après avoir pris la photo, que mes jolies modèles ne sont pas accompagnées d’un mari jaloux. Je crains plus sa colère justifiée que celle des gardiens indifférents à ce qui se passe dans la salle tant que les visiteurs n’essaient pas de détériorer les œuvres. N’ayant pas ce genre de projet, je ne redoute donc que les accompagnants de ma proie photographiée de dos.

Ces précautions n’empêchèrent pas l’agressivité de l’amoureux d’une jeune femme pourtant d’une laideur inimaginable. La conversation prenant un tour peu amène, je préférai, non pas m’enfuir, ce n’est pas mon genre, mais Continuer la lecture de Y a un drôle de type qui me suit dans les musées …

La belle écriture

Dans la seconde partie de son article du 16 décembre dernier, celui dont la première traitait de la photographie en noir et blanc et en couleur, Lorenzo abordait de façon critique — au sens neutre du terme, cette précision étant donnée pour éviter de froisser une éventuelle susceptibilité — le sujet de l’écriture et, plus précisément, la question du « bien écrit ». Cette partie de son texte commençait d’ailleurs par ces mots : « C’est bien écrit. » Les lignes qui suivaient montrait bien tout le mal que pense Lorenzo de cette expression, si courante dans les conversations entre amis, mais régulièrement absentes des débats littéraires. 

En répondant ici à l’article de Lorenzo, mon intention n’est pas de débattre du bon ou du mauvais usage de « C’est bien écrit », mais de poser quelques questions quitte à apporter quelque contradiction à la thèse selon laquelle « pour qu’un livre, roman ou essai, soit réussi, il faut d’abord et avant tout qu’il soit « bien écrit » ».

Et d’abord qu’est-ce que le « bien écrit » ?

On assimile souvent Continuer la lecture de La belle écriture

La photographie selon Calvin

Cet article du Journal de Lorenzo (suite) qu’il nous a proposé hier aborde en trois parties deux sujets distincts, tous deux relatifs à l’art. Le premier concerne la photographie et le second la littérature, deux domaines de l’art dans lesquels Lorenzo exerce ses talents, parfois ici même.

Aujourd’hui, mon commentaire ne traitera que de la première partie de l’article, celle qui abordait la question de la photographie en « noir et blanc » et en couleur et, qu’après une première lecture, j’avais trouvée passionnante. Historique et paradoxale, elle avait de quoi attirer l’esprit ignorant mais curieux qui est le mien.

Ainsi donc, selon Lorenzo, ce que personne ne soupçonne c’est le fait que le noir et blanc des photographies de l’ancien temps résulte d’une part, et c’est logique,  des limites de la technique de l’époque, mais aussi, et c’est là que ça devient intéressant, d’un « choix arbitraire entre plusieurs possibilités, une infinité même, de transformer les couleurs en noir et blanc »

Et là, comme le faisait si bien Desproges, je me dis « Étonnant, non ? » Et puis, soudain, comme aurait dit le même, « le doute m’habite ». L’auteur (Lorenzo) a-t-il voulu dire Continuer la lecture de La photographie selon Calvin

LE GRAND MEAULNES (Critique)

LE GRAND MEAULNES
ALAIN-FOURNIER, 1913.

par Lorenzo dell’Acqua

Mon roman préféré pourrait avoir bien d’autres titres en raison des significations différentes qu’il a eues au cours de ma vie : Robin des Bois et la Belle au Bois Dormant en Sologne ou Les Trois Mousquetaires, Le Bon, la Brute et le Truand ou bien encore l’Idéaliste, l’Utopiste et le Passif, et enfin  Augustin, Frantz, Julien, moi et les autres pour faire plaisir aux inconditionnels de Claude Sautet.

Comme celle de la plupart des romans, la lecture du Grand Meaulnes n’est pas la même selon l’âge où on le découvre. Mais, ce qui me semble plus rare, sa vision en change chez un même lecteur avec le temps. Tel a été mon cas. En schématisant, je l’ai lu pour la première fois pendant la préadolescence, une seconde fois pendant l’adolescence et bien d’autres fois à l’âge adulte. Et chaque lecture fut pour moi celle d’un roman complètement différent comme le montrent ces titres imaginaires que je lui ai donnés.

Lors de ma découverte du Grand Meaulnes, je n’ai vu aucune différence avec les aventures d’Ivanhoë et surtout, forêt oblige, de Robin des Bois. Un héros idéal tombe amoureux d’une princesse Continuer la lecture de LE GRAND MEAULNES (Critique)

Errare ? Perseverare ? Hoc est quaestio

A propos des erreurs de mémoire …
par Lorenzo dell’Acqua

Je crois qu’il existe deux sortes d’erreurs de la mémoire :

l’erreur involontaire, conséquence directe des erreurs de transmission neuronales. C’est un mécanisme physico-chimique.

l’erreur inconsciemment volontaire qui nous arrange. C’est un mécanisme psychologique appelé refoulement par les psychanalystes

Selon la théorie que l’on privilégie, on peut éliminer une de ces deux causes d’erreur mais je ne sais pas sur quels arguments.

Dans les films qui sont des repères indiscutables car non modifiés par le temps, j’en ai trouvé deux qui illustrent ces deux types d’erreurs de la mémoire.

Dans « Que la bête meure » de Jean-Claude Chabrol, j’ai le souvenir que Jean Yanne meure poussé à la mer par Michel Duchaussoy. C’est faux et pourtant j’en étais absolument certain. Là, en raison de mes ressentiments envers mon père ou de ceux que j’ai ressentis bien après sa mort, on peut évoquer, je l’admets, une raison psychologique bien que Continuer la lecture de Errare ? Perseverare ? Hoc est quaestio

Rendez-vous à cinq heures à la pharmacie

la page de 16h47 est ouverte…

 

Numéro 048
par Lorenzo dell’Acqua

Canicule oblige, je portais alors une robe si légère qu’elle ne m’avait pas permis de garder mon soutien-gorge. A cinquante ans passés, l’indécence de cette frivolité ne risquait pas de provoquer un scandale. Jeune, j’avais été une Louise Brook blonde aux yeux verts fort courtisée qui conservait aujourd’hui de beaux restes arrondis par un léger embonpoint. Pharmacienne dans une station balnéaire agréable, je n’étais pas malheureuse mais, ce matin-là, ma tenue aguichante m’avait donné à la fois l’illusion d’être encore désirable et une nostalgie un peu volage.

Le chiffre qui s’affichait là-haut sur l’écran était identique à celui inscrit sur le petit papier blanc qu’il me tendait. C’était donc bien son tour.

— Numéro 048, merci de me montrer votre ordonnance Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures à la pharmacie