M. Glucksmann a été désigné triomphalement par les deux tiers de 120.000 votants comme candidat des socialistes et assimilés aux prochaines élections présidentielles. C’est un beau résultat pour un stagiaire, pour reprendre le grade que lui avait accordé Ségolène Royal, l’Euménide¹ qui tire plus vite que son nombril. Toutes mes félicitations !
Il n’est pas antipathique, le stagiaire, d’autant plus, on m’en a assuré, que pendant la campagne des primaires, il a été ferme sur la question de l’alliance éventuelle avec LFI : il semble que ce serait NON. Bon, moi je veux bien mais d’une part, je crois me souvenir que R.G. avait en son temps apporté son soutien à la NUPES qui incluait, ça j’en suis certain, La France Insoumise. D’autre part, et en cela il n’est pas différent des autres hommes de gauche, il est toujours pour l’abrogation de la mini-réforme de 2023 et pour le retour à une retraite à 62 ans, quand toute l’Europe l’a fixée à 65 ans au plus tôt. Cette position est impardonnable, intenable et disqualifiante.
Enfin, peut-on encore se demander quelle sera sa position lors des prochaines législatives quand, faute d’alliance avec LFI, le PS risquera de perdre les quelques sièges qui lui restent ?
Les Sociaux-Démocrates, les Sociaux-Non-Démocrates et les Socio-pathes ne se résoudront jamais, même en cas d’urgence républicaine, à faciliter ou même permettre l’élection d’un centriste ou d’un modéré.
En cela, ils ressemblent aux Républicains. Dans les moments décisifs, ces gens-là s’allient toujours avec leurs extrêmes respectives et symétriques, l’extrême-gauche pour les uns, l’extrême-droite pour les autres. Non qu’ils partagent nécessairement leurs idées, mais leur détestation du centre est trop forte.
Et quand on entend les déclarations de soutien à R.G. de Faure et Royal, signataires de la charte de fair-play qui régissait la primaire, on peut être certain que les ponts avec LFI sont loins d’être soient rompus.
Ils nous préparent de bien beaux jours.
Mais ça valait quand même le coup, cette primaire ! Ne serait-ce que pour voir la tête d’Olivier Faure ! (Je n’ai pas de photo de Ségolène Royal dans ma collection. Dommage…)

Note 1
Euménides : pseudonyme des Erinyes, connues dans le monde romain sous le nom de Furies et appelées par dérision (à moins que ce ne soit par crainte) les Bienveillantes.
ET DEMAIN…
MON CINÉMA
(…) D’ailleurs, lorsque je lui ai dit que je vous avais rencontrée, je dois dire que cela lui a fichu un petit coup d’émotion dont je ne le croyais pas capable, lui d’ordinaire si sévère, si rigide ! C’est à se demander si… Non, non ! Ne répondez pas ! Je ne veux rien savoir ! Cela ne me regarde en aucune manière…
Couleur Café n°30
Ce qu’il faut lire ? Mais je vais vous le dire, moi… quoique ce ne soit pas toujours facile quand il faut faire une sélection, car on ne peut pas tout lire, pas vrai ? Que lire, donc ? Du Coutheillas, bien sûr, oui, mais lequel ?
(…)
(…) Le docteur Cottard ne savait jamais d’une façon certaine de quel ton il devait répondre à quelqu’un, si son interlocuteur voulait rire ou était sérieux. Et à tout hasard il ajoutait à toutes ses expressions de physionomie l’offre d’un sourire conditionnel et provisoire dont la finesse expectante le disculperait du reproche de naïveté, si le propos qu’on lui avait tenu se trouvait avoir été facétieux. Mais comme pour faire face à l’hypothèse opposée il n’osait pas laisser ce sourire s’affirmer nettement sur son visage, on y voyait flotter perpétuellement une incertitude où se lisait la question qu’il n’osait pas poser : «Dites-vous cela pour de bon?» Il n’était pas plus assuré de la façon dont il devait se comporter dans la rue, et même en général dans la vie, que dans un salon, et on le voyait opposer aux passants, aux voitures, aux événements un malicieux sourire qui ôtait d’avance à son attitude toute impropriété puisqu’il prouvait, si elle n’était pas de mise, qu’il le savait bien et que s’il avait adopté celle-là, c’était par plaisanterie.