Journal intime – 4 décembre 2012

Le Fumoir

Je suis entré là après presque deux heures passées sous la`pluie à  prendre des photos d’ambiance : Paris sous la pluie, lumières mouillées, touristes et parapluies, cour du Louvre déserte…

Le Fumoir, endroit probablement  branché, mais néanmoins agréable.

Musique de jazz presque inaudible, tant mieux, lumières basses, banquettes confortables, brouhaha supportable.

Lui, mon voisin de banquette, était là avant moi, buvant du thé en travaillant sur son Mac Pro. Très propre, assez joli garçon, pull à col en V, chemise à carreaux, il porte sûrement des mocassins que je ne peux pas voir. Il doit habiter le NAP, si cette expression a toujours un sens.

Elle est arrivée un peu après moi. Continuer la lecture de Journal intime – 4 décembre 2012

Théorie mathématique de la bêtise

C’est la troisième fois que je publie cette théorie. Malgré cela, le fléau n’est toujours pas éradiqué. Alors, cent fois sur le métier…

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Georges Brassens a dit que le temps ne faisait rien à l’affaire et que quand on était con, on était con. Mais, sauf le respect que je dois au bonhomme et l’affection que je lui porte, je dois dire que Brassens se trompait car, en matière de connerie, le temps est un facteur important. Non pas que le con devienne plus con avec l’âge, mais le con d’aujourd’hui l’est davantage que le con d’hier. En effet, récemment, grâce au progrès, la connerie a avancé à pas de géant. Rappelons-nous que le Web est devenu d’usage public à partir des années 90 et que Facebook a été créée en 2004. L’ami Georges, mort en 1981, bien trop tôt, ne pouvait bien sûr pas tenir compte de ces extraordinaires facteurs de progrès.
Voyons ce que Milan Kundera disait du sujet. (Comme il parle de Flaubert, Kundera ne dit pas « connerie« . Il dit « bêtise« , mais c’est pareil.)

« Le 19ème  siècle à inventé la locomotive. Flaubert a découvert la bêtise. J’ose dire que c’est là la plus grande découverte d’un siècle si fier de sa Continuer la lecture de Théorie mathématique de la bêtise

Les Saisons

C’est sans aucun doute le livre qui m’a le plus bousculé depuis une dizaine d’années. Je considère comme un devoir de publier à nouveau la critique que j’en avais faite car, par ces temps de canicule, sa lecture est recommandée. 

Critique aisée n°166

Les Saisons
Maurice Pons – 1965
Christian Bourgois – 214 pages
 

Il faut avouer que j’ai bien failli abandonner. J’ai tellement patiné dans la gadoue froide et visqueuse des vingt premières pages, je me suis tellement senti mal à l’aise à entrer dans ce village en ruine sous cette pluie désespérante, j’ai tellement été rebuté par les premières rencontres avec ses habitants que j’ai bien failli abandonner et ranger le bouquin avec son billet de train composté coincé entre les pages vingt et vingt et un — car on ne sait jamais…

Il n’y avait pas que le climat de ce bled pourri qu’on me décrivait qui me dissuadait d’avancer, pas que la peinture à la Bidochon des premiers exemplaires de sa population qui me prenait à rebrousse-poil, et pas que la noirceur cauchemardesque de l’atmosphère qui me faisait craindre le pire. Ce qui me freinait le plus, c’était la richesse et la désuétude du vocabulaire qui m’annonçaient une indigestion rapide.

Cette phrase faillit bien emporter ma décision :

« (…) assise à califourchon sur les genoux de l’un des douaniers, — le douanier en second à ce qui devait apparaître bientôt — qui la maintenait contre lui en lui plaquant les deux mains ouvertes sur les fesses, elle lui pressait entre deux doigts les ailes du nez, et la séborrhée sale dont elles étaient gorgées jaillissait des pores en petits vermisseaux à têtes noires.« 

Mais avant de lâcher prise, avant de me mettre à relire Bonjour Tristesse ou l’Attrape-Cœurs, je suis allé Continuer la lecture de Les Saisons

Il y a pyramide et pyramide

Selon l’article d’hier de Lorenzo dell’Acqua, (Arches et pyramides), la pyramide de Pei est une copie de celle de monsieur Gizeh. Il est vrai que la ressemblance et, par conséquent, le plagiat sont frappants : les deux ont une forme pyramidale ! Coïncidence ? Allons voyons ! Personne n’est dupe ! Pei est un copieur.
Dans le même esprit, le Cube du Danois de la Défense ne serait qu’un démarquage d’une table basse de Franck Gehry.
Quant à la pyramide du Périphérique, on ne peut que conclure à une extrapolation d’une tablette de Toblerone, avec cette nuance que la barre crénelée de chocolat suisse n’est pas une œuvre d’art.

Après ce court instant de détente, redevenons sérieux et tentons d’examiner ce que les pyramides de Gizeh, du Louvre et du Periph’ ont en commun et ce qui les distingue.

1— Il faut d’abord réaliser Continuer la lecture de Il y a pyramide et pyramide

Arches et Pyramides

C’est vraisemblablement pour répondre aux deux articles intitulés  L’Inconnu de la Grande Arche (https://www.leblogdescoutheillas.com/?p=57366) et Détruire le ciel de Paris serait impardonnable (https://www.leblogdescoutheillas.com/?p=57007) et aux commentaires qu’ils ont suscités que Lorenzo a produit le texte ci-dessous. Le sujet de « L’Inconnu… » était bien sûr le funèbre monument funéraire qui trône en haut de la Défense tandis que celui de « Détruire… » était le gros furoncle en bordure du Périphérique sud de Paris.
En me confiant son texte, Lorenzo m’a recommandé d’en faire ce que je voulais. Alors voilà : je le publie. 

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Pourquoi aimer l’une et pas l’autre pyramide ? Les goûts de NRCB sont impénétrables en tout cas pour moi. Je considère que la Pyramide de Peï n’est que la copie des Pyramides d’Egypte même si le matériau est différent. La forme elle-même n’est pas une création. Or, en art, seul compte selon moi ce qui est original. Imaginez aujourd’hui un peintre contemporain faisant des tableaux impressionnistes à la perfection. Personne ne les remarquerait. Il n’en est pas de même pour la Pyramide de Peï parce que le lieu choisi oblige tout le monde à la voir, autochtones et touristes. Je trouve que c’est un abus de pouvoir. Par contre, Continuer la lecture de Arches et Pyramides