Hôpital St Jouis, Chambre 3128.
Ça y est.Je suis installé dans cette chambre depuis une heure.C’est une belle chambre, à peu près triangulaire.Dans l’un des angles, deux fenêtres donnent sur l’entrée de l’hôpital, avec ses immeubles du début du siècle dernier, le vingtième, et sur les toits d’ardoise des vieux bâtiments de l’hôpital. Ceux-là doivent dater du dix-septième, seulement, comme disait Dufhilo. La vue est dégagée et le soleil brille.
Mon admission s’est déroulée comme l’arrivée dans un hôtel de bonne catégorie.
Des infirmières sont passées, en nombre, l’une après l’autre, pour me questionner, me prendre la tension, la température, pratiquer un électrocardiogramme, m’expliquer ce qui allait se passer, reprendre mon identité, me dire ce que je devais faire, ne pas faire ce soir.
Elles sont jeunes, de bonne humeur, jolies pour certaines. Je ne peux m’empêcher de faire le beau, le décontracté, l’aimable, le sympa.
Mais je frime car, peut-être, au fond de moi, je n’en suis pas encore certain, mais je ne dois pas être entièrement rassuré.
Demain matin, sur mon brancard, je partirai vers le bloc en pole position, à 8 heures.


