Puis-je vous présenter un jeune auteur : Winston Leonard Spencer-Churchill ?
Que le fait qu’il ait été pas mal soldat, fréquemment ministre et énormément chef de gouvernement ne vous trompe pas sur ses qualités d’écrivain.
Que le fait qu’il ait été prix Nobel de littérature ne vous dissuade pas d’en entreprendre la lecture.
Tous ses écrits – discours, articles, essais, mémoires – se lisent comme des romans (sauf son unique roman qui se lit comme un pensum).
Quand j’ai pris ma retraite il y dix-sept ans (dix-sept ans !), je me suis lancé dans la lecture de ses Mémoires de Guerre. Je ne les ai lâchées qu’à la toute fin, pour passer aux Mémoires de Guerre de De Gaulle. Évidemment, Charles, c’est bien, c’est même très bien. Mais vouloir le comparer sur le plan littéraire à Winston, c’est comparer Jules César à Homère ou Corneille à Shakespeare.
Je suis vite revenu à W.C. L’ouvrage suivant sur lequel je suis tombé était « Mes jeunes années« . Et ça, c’est extraordinaire. « Mes jeunes années », c’est Tintin à la Guerre des Boers, c’est Spirou en Indes du Nord…
J’avais d’abord pensé conclure ce petit mot par une ou deux. citations du bonhomme, car il en a faites énormément (et on lui en attribue encore bien davantage), mais, après tout, allez donc les chercher vous-mêmes dans les textes originaux.
Allez ! Au boulot !…
(…) Nous avons regardé Cottard partir vers sa cantine d’un pas lent et raide, le regard fixe et le visage crispé. Il devait se demander comment il allait se sortir de ce traquenard. Assez plaisant, le spectacle !
Ceci est la suite de l’article » Mon Antigone » publié hier
chargé — j’ai une mémoire photographique presque absolue — de trois demis pression, un verre de Morgon, un autre de bourgogne aligoté, deux cafés dont un allongé, un croque-monsieur, une tarte du jour et deux tickets de caisse, je pousse légèrement du pied la chaise en osier inoccupée qui se trouve devant moi. Le siège se déplace de trois centimètres environ, ce qui demeure caché aux yeux de la serveuse par le plateau de service qu’elle porte devant elle d’une main encore sûre. Le pied de la chaise se trouve à présent sur le trajet de sa Ranger gauche. La pointe de la chaussure ne heurte que légèrement le barreau d’osier bigarré mais, en retardant d’un tiers de seconde le mouvement 