
Le Vieux Chapitre , Palais épiscopal, Meaux
ET DEMAIN :
Jean-Pierre et Gisèle, le retour (8)

Le Vieux Chapitre , Palais épiscopal, Meaux
ET DEMAIN :
Jean-Pierre et Gisèle, le retour (8)
C’est à John Clipperton (1671-1768) que l’on doit la disparition définitive de l’esperluette. Cet évènement regrettable et historique s’est produit au tout début du XVIIIème siècle sur une ile perdue à plus de six-cents milles marins au Sud-Ouest du Mexique. John Clipperton est, on le sait, l’un des plus fameux pirates qui aient jamais sillonné les mers. Après avoir écumé la Mer des Caraïbes et le Golfe du Mexique et considérant que la concurrence régionale y devenait trop importante, Clipperton décida de se délocaliser dans le Pacifique. Il fit donc route vers le Panama qu’il traversa à pied avec armes et bagages mais sans sa frégate The Despicable, qu’il fit reconstruire à l’identique de l’autre côté de l’isthme par les indigènes du coin. En quelques années, Clipperton accumula un trésor que, dans son ouvrage « A new guide for treasure islands and other fiscal paradises », Sir Alfred Fink-Nottle (1884—1977) n’hésita pas à qualifier de « joliment colossal ». La place à bord venant à manquer, il accosta la première île venue pour y cacher son trésor. Elle ne figurait sur aucune carte et elle était déserte. Il n’hésita donc pas à lui donner son nom et à en prendre possession. Une fois la cérémonie achevée, il prit avec lui trois vieux loups de mer et s’enfonça dans la jungle, à la recherche d’un endroit propice à son dessein. Il le trouva au point culminant de l’ile (1,97m au-dessus du niveau de la mer). Sous l’œil impassible et le regard stupide d’un oiseau qui couvait son nid, un trou Continuer la lecture de La disparition de l’Esperluette
C’est l’autre jour à Champ de Faye que j’ai revu « Les Vacances de Monsieur Hulot ». Dehors, il faisait bien 38°, mais grâce à une savante stratégie de gestion des volets soigneusement préparée à l’avance, nous avions réussi à maintenir au salon l’incroyable température de 21°. Vautré sur le canapé, vêtu d’un short, de chaussettes de tennis et, pour lutter à armes égales contre le froid émanant du sol, d’un très joli cardigan, je surfais sur la télévision, zappant de documentaire écolo sur la pêche en eaux troubles en aventures de super-héros MAGA, de tournoi de paddle (y a-t-il plus ennuyeux que ces parties de ping-pong où les joueurs jouent sur la table ? ) en débat sur les dangers des crèmes solaires, lorsque sur un écran subliminal, une étrange mais célèbre silhouette est apparue, figeant d’un coup mon index sur la télécommande. Je reconnus aussitôt les premières images des Vacances de Monsieur Hulot et ne bougeai plus pour les 80 minutes suivantes. Littéralement, j’éclatai de rire au moins quatre fois, et ça, c’est pas tous les jours ! Alors voici à nouveau ma critique de ce film qui aura bientôt trois quarts de siècle.
Critique aisée n°252
Les vacances de Monsieur Hulot
Jacques Tati – 1953
C’est notre mini débat autour de ma photo du Bar L’Océan du Guilvinec, publiée le 27 novembre dernier, qui m’a remis en mémoire Les Vacances de Monsieur Hulot. La première fois que j’ai vu ce film, je devais avoir 11 ou 12 ans, et la dernière, c’était il y a quatre ans, et s’il devait repasser demain à la télévision, je le reverrais à coup sûr.
L’œuvre cinématographique de Jacques Tati est peu abondante, six longs métrages en tout et pour tout, dont je n’ai manqué que le dernier, Parade.
Pourquoi si peu de films en 35 ans de carrière ? Je ne suis ni historien Continuer la lecture de Vive les vacances…
(…) Les larmes aux yeux, qu’il avait, le Georges. Et c’est là que Trois-cafés nous a estomaqués, quand il s’est penché vers Georges comme pour lui faire une confidence et qu’il a dit plus doucement :
— Ah ! Encore un mot, Georges. Je préfèrerais que tu ne me m’appelles pas Mon Prince. Je n’ai pas droit au titre. Pas encore…
Il avait beau avoir parlé doucement, on avait très bien entendu : il n’avait pas encore droit au titre de Prince. Qu’est-ce que ça voulait dire, ça ? Que c’était un aristo ? Que bientôt, il deviendrait Prince ? Ou qu’il se foutait carrément de notre gueule ?
Mais pour Georges, c’était du sûr, du sérieux : Trois-cafés avait de la branche, mais en plus, dans son arbre, il était en train de grimper ! A présent, totalement ébahi, incapable de prononcer un mot, notre bistrotier considérait le futur prince avec admiration et respect, chose que je ne l’avais jamais vu faire pour rien ni pour personne à part pour le dictionnaire Larousse, Jean Gabin et Zinedine Continuer la lecture de Trois cafés (6)
London Borough of Hammersmith and Fulham, May 14th, 2026
Au frais, les pieds dans l’eau, cliquez sur la marée montante :
Ce texte a été publié une première fois ici le 28 novembre 2015. Comme vous avez eu largement le temps de l’oublier, le voici à nouveau. Lisez-le comme un témoignage de ce que Rome fut il n’y a pas encore si longtemps.
Témoignage d’une Rome disparue, car on dit que les choses ont bien changé, là-bas. Surtourisme, bien sûr…
Si vous me demandiez de vous dire un lieu d’adoption, un lieu que j’aimerais particulièrement à cause des souvenirs qui s’y attacheraient, un lieu dont j’aurais tant reçu que je lui en serais éternellement reconnaissant, un lieu qui…, un lieu que…, alors, je vous dirais : ça, c’est Paris !
Paris, j’y ai vécu la plus grande partie de ma vie, je l’ai quittée un temps, c’est vrai, mais j’ai fait beaucoup pour y revenir, y compris changer de vie.
Mais Paris, j’y suis né. C’est ma ville mère, pas ma ville d’adoption.
Alors s’il fallait quitter ma ville, quitter ma mère, en trouver une nouvelle, alors ce serait Rome.
Pourtant, quand j’y suis arrivé Continuer la lecture de Rome unique objet
(…) Ça ! Quand il tient quelque chose, Georges, il lâche pas facilement le morceau ! Mais l’autre fait semblant de pas comprendre, ou alors il comprend pas, parce qu’il répond tranquille comme Baptiste :
— Dans trois tasses et au bar, et sans sucre, je te prie.
Georges s’est activé un moment sur sa machine, puis il a posé les trois tasses sur le zinc en disant :
— Et voilà, trois cafés. Ça fera 3,90, mon Prince, sans le pourboire.
Carrément agressif, le Georges. Je vous l’avais dit, il lâche jamais rien.
Trois-cafés — c’est comme ça qu’à partir de là j’ai décidé de l’appeler— Trois-cafés, donc, a fait comme si de rien n’était. Il a humé la première tasse en fermant les yeux, il en a bu une petite gorgée et l’a reposée délicatement sur le comptoir. Et puis il a ouvert les yeux et dans un grand soupir de satisfaction, il a dit :
— Excellent, le café. Remarquable même …
— Vous aimez ? a demandé Continuer la lecture de Trois cafés (5)

©Lorenzo dell’Acqua