Champ de Faye
Une première question se pose quand on écrit ce genre de journal, puisqu’il faut bien l’appeler comme ça : faut-il tout dire, sa moindre pensée, même divaguante, même honteuse ? Faut-il au contraire autocensurer, lisser, arranger, embellir, magnifier ?
Magnifier, certainement pas. Je ne suis pas à l’aise dans l’exagération. Plutôt que l’autocensure, mon genre, ou mieux, ce que j’aimerais être mon genre, ce serait l’euphémisme, la litote, pour tout dire et le dire comme les anglais, l’Understatement.
Une deuxième question se pose : faut-il écrire comme si jamais on ne devait être lu, ou faut-il le faire en pensant toujours qu’un jour, dans un mois, dans un an ou dans trente, quelqu’un lira un peu de ce que l’on aura écrit ?
Ecrire comme si jamais on ne devait être lu, quelle liberté ! Quelle garantie de sincérité !
Je n’aurai vraisemblablement pas ce courage.
A ce mot courage, sept cent quatre vingt quatre mots en heure, ce n’est pas mal et c’est assez pour aujourd’hui.
Ne pas oublier de se fixer la règle de ne jamais corriger la rédaction d’une journée, une fois cette journée passée.

C’était un jour qu’était pas fait comme les autres.


