
La Chanson pour Lorenzo (2/2)
LA CHANSON
par
Lorenzo dell’Acqua
(suite)
(…) je n’ai jamais réussi à comprendre les paroles des « tub » de langue anglaise. J’imaginais donc des histoires qui n’avaient aucun rapport avec le sens réel de ces chansons mais qui étaient la traduction des rêves qu’elles me suggéraient. De très belles chansons en français m’ont elles aussi fait rêver bien au delà de leur signification littérale …. :
Ma môme de Jean Ferrat. Ce sont deux prolétaires chers à l’auteur. Ils n’ont pas un sou mais le bonheur les envahit. Le printemps et son soleil inondent la petite chambre de bonne sous les toits de Paris. Ils sont encore dans le lit aux draps défaits, engourdis de caresses profondes et d’ivresses interdites. Ils se sont éveillés au plaisir. C’est un amour naïf et vertigineux. Par la lucarne, on devine Paris qui renaît après les années noires de l’occupation.
Coconut grove des Loving Spoonful. C’est mon ami d’enfance, Jean-Paul, qui Continuer la lecture de La Chanson pour Lorenzo (2/2)
Il est temps de revoir La Nuit américaine
Ne serait-ce qu’en hommage à Nathalie Baye, cette actrice qui fut souvent excellente et cette femme qui fut surement aimable, il est temps de revoir La Nuit américaine.
La Nuit américaine, c’est la chronique de la fabrication d’un film depuis le début du tournage jusqu’au moment de la séparation de l’équipe. Tourné entièrement dans les studios de la Joliette à Nice, c’est le cinéma dans le cinéma, l’envers du décor, les secrets de fabrication, les trucages, les tromperies, les incidents, les crises, tout cela vu, arrangé et présenté par François Truffaut.
Les acteurs sont excellents : magnifique et désuet Jean-Pierre Aumont (dont on se souviendra toujours de la légèreté dans Drôle de Drame), Jacqueline Bisset, star hollywoodienne dépouillée, découverte dans Bullitt, Jean-Pierre Léaud, touchant de vérité dans son rôle de mauvais acteur, Jean-Paul Stévenin, assistant de Truffaut jouant son propre personnage dans le film, et Nathalie Baye, charmante, timide et efficace script et puis Truffaut, avec cette façon de jouer à plat, qu’il a inculquée si profondément à J-P.Léaud, cet passion fiévreuse, cette conception claire du scénario et de la mise en scène.
La vidéo que je vous propose ci-dessous Continuer la lecture de Il est temps de revoir La Nuit américaine
La Chanson pour Lorenzo (1/2)
LA CHANSON
par
Lorenzo dell’Acqua
(suite)
J’ai aimé la musique qui a été pour moi une forme de poésie et d’évasion. Pourtant, je ne connais même pas les notes ! Mon père, excellent musicien et violoniste, n’a pas jugé utile de nous faire apprendre le solfège ni à jouer d’un instrument. Probablement par égoïsme car il ne fallait surtout pas faire le moindre bruit dans l’appartement afin que ses analysés pensent qu’il n’y avait pas d’autre présence que la leur. J’étais donc condamné à n’être qu’un musicien passif … Cela ne m’a pas empêché d’avoir bien des émotions ! Et je suis même parvenu à déceler la différence entre deux interprétations de la sonate K 87 de Scarlatti : il y a celle, brillante, de Clara Haskil et celle, bouleversante, d’Ivo Pogorelich qui ne raconte pas du tout la même histoire. Virtuosité contre poésie ? Pourtant, il s’agit de la même partition ! Qu’avait donc voulu exprimer son compositeur ?
J’ai adoré la musique classique mais aussi le jazz qui est la vraie musique moderne et la chanson qui est la vraie poésie contemporaine. Alchimie incroyable qui parvient en trois minutes à nous émouvoir, à nous faire rêver et nous emmener ailleurs. Une mélodie, un texte, une voix et le miracle se produit. J’ai été sensible aux chansons qui étaient de vrais poèmes ainsi qu’à d’autres qui se confondaient Continuer la lecture de La Chanson pour Lorenzo (1/2)
PARIS Ier

Musée de l’Orangerie (fermé le mardi)
Buveurs très illustres et vous vérolés très précieux !
Rabelais ! …
À l’école, dans les années 50, je pense qu’on l’étudiait en classe de Troisième. Est-ce qu’on l’étudie encore aujourd’hui ? J’en doute . En tout cas on n’entend plus beaucoup parler de lui. Pour que ça change, il faudrait au moins que Disney en fasse un dessin animé, mais ce n’est pas demain la veille. Personnellement, ça ne me gêne pas beaucoup, parce que Gargantua, Pantagruel et compagnie, ça ne m’a jamais vraiment passionné.
Mais aujourd’hui, quand je lis ce qui va suivre, je m’aperçois que je suis passé complètement à côté.
» Buveurs très illustres et vous vérolés très précieux, car à vous sont dédiés mes écrits, Alcibiade, louant son précepteur Socrate, sans controverse prince des philosophes, entre autres paroles le dit être semblable aux Silènes.
Silènes étaient jadis petites boîtes, telles que nous voyons à présent dans les boutiques des apothicaires, peintes au dessus de figures joyeuses et frivoles, comme des harpies, satyres, oisons bridés, lièvres cornus, canes bâtées, boucs volants, cerfs limoniers et autres telles peintures contrefaites à plaisir pour exciter le monde à rire, mais au dedans, l’on conservait les fines drogues comme baumes, ambre gris, amome, musc, civette, pierreries et autres choses précieuses. Continuer la lecture de Buveurs très illustres et vous vérolés très précieux !
Ah ! les belles boutiques (54)
Rue Gay-Lussac, il n’y a plus de Point du Jour
Quand je me suis installé dans ce quartier en 1993, il était déjà là. Il était probablement là avant et, au cours de mon enfance du Boulevard de Port-Royal puis de mes années d’étudiant pre-soixante-huitard, j’avais dû passer devant des dizaines de fois sans le remarquer, y compris un soir de mai 68 dans le brouillard des lacrymogènes. Et hier, de lui,
il ne restait Continuer la lecture de Ah ! les belles boutiques (54)
Carnet d’écriture (18) – Le puits d’Ernest
« (…) Ensuite, avec tout ce verbiage, on ne voit pas très bien où vous voulez en venir. Un peu de concision aurait fait gagner du temps à tout le monde sans rien enlever à la transmission au lecteur de ce plaisir anticipé du chasseur. « Il s’écoute parler » est une locution utilisée pour définir un certain type de discours. « Il se regarde écrire » pourrait être son pendant pour l’écriture, et nous avons bien l’impression que c’est ce que vous faites.»
Patience ! Vous allez comprendre.
Le puits d’Ernest
Il y a bien longtemps que j’ai abandonné la chasse. Cela s’est produit au moment où j’ai pris un chien, Ena. Les coups de feu lui faisaient peur. Pour un Labrador, c’est gênant. Pour son propriétaire, c’est ridicule. Alors, j’ai abandonné la chasse et ses préparatifs.
Mais bientôt, le besoin d’écriture est venu, l’écriture a suivi et les habitudes se sont empilées : départ le matin, mini iPad en poche vers le café du moment. (En ce moment : Le Comptoir du Panthéon, Le Petit Suisse ou Le Luco.)
Commande passée, toujours la même, déploiement de quelques activités procrastinatoires : nettoyage de l’iPhone des nouvelles de la nuit, consultation de l’agenda, de la météo, consultation des ventes, déploiement de l’iPad, recherche et relecture de ce qui a été écrit hier, relecture de ce qui a été écrit hier, relecture de ce… Pour moi, cette relecture répétée s’apparente, en moins fatigant, aux tentatives de démarrages d’une tondeuse à gazon à moteur thermique : il faut bien tirer quatre ou cinq fois sur la corde avant que la machine ne consente à démarrer. Pour l’écriture, c’est pareil.
Quand la serveuse arrive Continuer la lecture de Carnet d’écriture (18) – Le puits d’Ernest
Remerciements
Go West ! vient de sortir chez Amazon. Ce huitième livre est à la fois un récit d’aventures, une histoire d’amours et un roman d’apprentissage. Malgré la part de fiction qu’il contient, c’est sans aucun doute le plus personnel et le plus intime mes écrits. C’est aussi le plus chaud.
Cette première édition de Go West ! ne comporte pas de page réservée aux remerciements traditionnels : « à mon épouse, sans qui etc…» ou bien « à Jeff Bezos, créateur d’Amazon, qui a évité à Gallimard d’avoir à me publier » ou encore « à Charles Dickens pour ses précieux conseils ». C’est un oubli de ma part et je vais le réparer dès à présent. Donc, merci…
- à Patrick B., AKA Paddy, pour avoir accepté de figurer sur la couverture et m’en avoir procuré la photographie
- à J.L.B., alias JP, pour en avoir été le probable photographe
- à Hervé M. perdu de vue depuis soixante ans, pour m’avoir entraîné dans cette aventure
- à Bill B. pour sa sérénité, sa générosité et son hospitalité sans défaut.
- aux Flying Tiger Lines pour m’avoir transporté aux Amériques et retour sain et sauf malgré un déplorable indice de sureté
- à Cal, Tom, Ron, Julius et les autres, ces automobilistes et ces routiers qui, pour quelques heures ou quelques jours, m’ont offert hospitalité, sandwiches, cokes et plus si affinités
- à Carol, Tavia, Joy, Mansi et Patricia sans oublier Ms Sherman-Vance ni la cinglée du motel, ces américaines qui m’ont fait Continuer la lecture de Remerciements
PARIS XV

Insitut Imagine