J’écris des mots

J’écris des mots. Ça fait maintenant dix-sept ans que j’écris des mots, régulièrement, tout le temps, partout, le matin dans les cafés, l’après-midi dans les jardins, le soir chez moi… J’écris des petites chroniques d’humeur, des critiques de cinéma, de théâtre et de littérature ; j’écris des histoires courtes, quelques pages, des nouvelles, un peu plus longues, et même des romans, trois courts et deux de bonne longueur. J’ai même deux longs inachevés dans mes tiroirs. Depuis treize ans, je fais paraître tous ces écrits sous forme de feuilleton dans ce blog, Le Journal des Coutheillas.  Ensuite, ils paraissent en livre broché et en format Kindle chez Amazon. Pour y accéder, tapez seulement « Philippe Coutheillas » dans la case « recherche » d’Amazon.fr

Blind dinner
Un « Blind dinner », c’est un dîner un peu particulier dans lequel les invités ne se connaissent pas. Dans les beaux quartiers, c’est très à la mode. Renée, la maitresse de maison, trouve cela très chic et parfois follement drôle.  Mais ce soir là, quand on a commencé à parler d’un mystérieux virus venant de Chine, le diner a vite tourné au vinaigre.

LA MITRO et autres drôles d’histoires
C’est un recueil de nouvelles qui porte le titre de la première d’entre elles. Assez inspirée par Marcel Pagnol, il faut la lire avec l’accent. Les autres nouvelles revisitent aussi bien l’assassinat de Jules César que les jeux télévisés, les petits meurtres sans importance, l’effet papillon ou la manière d’accéder au Paradis.

 

Le Cujas (Histoire de Dashiell Stiller)
Paris 1935. Dashiell, jeune touriste Américain, prend une photographie de la terrasse d’un café du Boulevard St-Michel, le Cujas. Treize années plus tard, il est de retour à Paris pour rencontrer les huit personnages qui se trouvaient sur la photo. Il les fait parler sur leur vie, sur la façon dont ils ont vécu cette période troublée de la guerre, l’Occupation, la Résistance, la Collaboration, les Camps, la Libération… Mais pourquoi fait-il cela ? Pour écrire un roman ? Pour retrouver quelqu’un ? Pour expier un crime ? Pour retrouver sa propre histoire, l’histoire de Dashiell Stiller ?

Bonjour, Philippines (et autres rencontres)
Petit livre sans importance, recueil de récits de rencontres et d’aventures, graves ou anodines, que j’ai vécues un peu partout à travers le monde, à Manille et à Cagayan de Oro, à Téhéran et à Athènes, à Ouagadougou et Bobo-Diouasso, à Douala et à Bamako, au Brésil et en Ukraine, à Sumatra et dans la Vallée de la Mort. La plupart du temps, leur narration est véridique, mais parfois, j’avoue que je me suis laissé aller à les romancer un peu. Après tout, je ne serai pas le premier.

 

Histoire de Noël (et autres contes cruels)
Ce petit bouquin n’est pas destiné à être mis entre toutes les mains.

En effet, et contrairement à ce que pourrait laisser croire une interprétation trop rapide de son titre, il ne s’agit pas du tout, mais alors pas du tout, d’un recueil de belles histoires de Noël, dégoulinantes de bonté, de morale et de confiture.
Connaissez-vous la légende de la Mort à Samarcande ? Non ? C’est un beau et terrible poème persan du XIIème siècle dans lequel un Vizir qui vient de croiser la Mort dans une rue de Bagdad croit lui échapper en s’enfuyant à Samarcande alors que c’est justement là que, sans le savoir, il a rendez-vous ce soir avec elle.
Eh bien, pour la plupart, les nouvelles qui composent Histoire de Noël s’inspirent de cette fatalité ironique : c’est en croyant fuir son destin que l’homme s’y précipite.

 

Les disparus de la rue de Rennes
C’est la panique à la Mairie de Paris : alors qu’il procédait à un contrôle de routine, Roger Ratinet, agent municipal affecté à la vérification de la conformité des plaques de rue à la parité homme/femme a découvert que toute une section de la rue de Rennes avait disparu. Eh oui ! Disparu ! Comme ça, en plein Paris, sans qu’on puisse savoir ni quand, ni pourquoi, ni comment. Trois cents mètres de rue, une quarantaine d’immeubles ! Rien que ça ! Introuvables ! Ça fait désordre, non ? Bien sûr, il a fallu en informer Madame Hidalgo. « Comment ! Comment ! a explosé la Maire en furie. Plus de trois cents mètres de rue disparaissent en plein milieu de Saint Germain des Prés et personne n’est fichu de me dire où ils sont passés ! »
L’affaire est encore secrète, mais le scandale couve et, bientôt, la presse s’en mêle, et aussi Cottard, le chef de bureau jaloux de Roger Ratinet, et puis Yvonne, l’épouse de Roger Ratinet. Comme d’habitude, le Dir.Cab de la Maire, Hubert Lubherlu est dépassé.
Heureusement, Anne Hidalgo est solide ; en matière de scandale, elle en a vu d’autres. Mais survivra-t-elle à celui-ci ? Rien n’est moins sûr.

Les trois premières fois (et autres nouvelles optimistes)
Un soir dans un port, trois hommes attendent le départ de leur bateau. Pour passer le temps, ils racontent chacun une « première fois ». Un autre jour, un autre homme explique comment il faut se tenir dans la rue quand on porte un bouquet de fleurs. Un autre soir, un incident à la frontière syrienne va-t-il transformer en drame un beau week-end de tourisme. En fin d’après-midi, un homme écrit à coté de son chien qui dort. Un beau matin, un groupe d’enfants qui se rend au jardin du Luxembourg passe devant la terrasse d’un café ; des clients attablés les regardent passer ; leurs points de vue diffèrent. La peur de l’avion, ça se soigne.
Quatorze nouvelles, drôles ou émouvantes, quatorze textes ironiques ou sensibles, quatorze façons, réalistes ou poétiques, d’être optimiste.

Go West !
Il était une fois l’Amérique. Et la même fois, il était un jeune homme que l’Amérique faisait rêver. Le jeune homme et l’Amérique vécurent ensemble tout un été, l’été 62. Cette année-là, les accords d’Évian avaient mis fin à la guerre d’Algérie, Kennedy était entré dans sa deuxième année de Présidence des États-Unis et Marilyn Monroe avait encore quelques semaines à vivre. Moi, j’avais échappé à la guerre d’Algérie, John Fitzgerald Kennedy me fascinait et j’étais amoureux de Marilyn, et aussi de Patricia. Je n’avais pas encore vingt ans.

Pour trouver l’un de ces livres sur Amazon, il vous suffit de cliquer sur la photo de la couverture correspondante.

ET DEMAIN :
Le Masque, c’est fini !

Trois cafés (7)

(…) Moi, je voyais bien que la pauvre Françoise nageait complètement, qu’elle n’avait jamais entendu parler du Grand Chancelier et encore moins de Robert de Colmont. Mais l’autre, là, Trois-cafés, non, il voyait pas. Alors, il insistait :
— Un grand garçon, brun, dégingandé, un peu comme moi…, mais l’air peu aimable, je dois dire…

Madame Françoise, c’est un peu le Pic de la Mirandole ou, si vous savez pas qui c’est, le Maitre Capello de notre petit groupe. Forcément, à force de vendre des journaux et des magazines, elle avait fini par en lire quelques-uns et par apprendre des trucs. Par exemple, un jour, elle m’avait sorti que Louis 18 était pas le fils de Louis 17, mais que c’était son oncle. J’étais pas bouleversé d’apprendre ça, mais j’étais content quand même parce que, pour moi, le décompte des Louis s’était arrêté à 16. Ça n’empêchait pas que je me demandais à quoi ça pourrait bien me servir, vu que j’avais rien demandé. Parait que c’est ça la culture, savoir des trucs qui servent à rien ni à personne mais qui impressionnent les gens. Mais à force de culture, Madame Françoise, elle était devenue un peu snob, forcément, alors maintenant, en face d’un presque-prince, elle voulait pas passer pour une ploucque. Et surtout que la conversation continue. Il fallait qu’elle trouve quelque chose, n’importe quoi. Alors, au hasard, elle a dit :

— Il portait pas la moustache, par hasard ?

— Mais si, bien sûr, a répondu Trois-cafés, enthousiaste.

Un vrai coup de pot quand même, non ? Et le voilà tout content en train de préciser :

Continuer la lecture de Trois cafés (7)

La disparition de l’Esperluette

C’est à John Clipperton (1671-1768) que l’on doit la disparition définitive de l’esperluette. Cet évènement regrettable et historique s’est produit au tout début du XVIIIème siècle sur une ile perdue à plus de six-cents milles marins au Sud-Ouest du Mexique. John Clipperton est, on le sait, l’un des plus fameux pirates qui aient jamais sillonné les mers. Après avoir écumé la Mer des Caraïbes et le Golfe du Mexique et considérant que la concurrence régionale y devenait trop importante, Clipperton décida de se délocaliser dans le Pacifique. Il fit donc route vers le Panama qu’il traversa à pied avec armes et bagages mais sans sa frégate The Despicable, qu’il fit reconstruire à l’identique de l’autre côté de l’isthme par les indigènes du coin. En quelques années, Clipperton accumula un trésor que, dans son ouvrage « A new guide for treasure islands and other fiscal paradises », Sir Alfred Fink-Nottle (1884—1977) n’hésita pas à qualifier de « joliment colossal ». La place à bord venant à manquer, il accosta la première île venue pour y cacher son trésor. Elle ne figurait sur aucune carte et elle était déserte. Il n’hésita donc pas à lui donner son nom et à en prendre possession. Une fois la cérémonie achevée, il prit avec lui trois vieux loups de mer et s’enfonça dans la jungle, à la recherche d’un endroit propice à son dessein. Il le trouva au point culminant de l’ile (1,97m au-dessus du niveau de la mer). Sous l’œil impassible et le regard stupide d’un oiseau qui couvait son nid, un trou Continuer la lecture de La disparition de l’Esperluette

Vive les vacances…

C’est l’autre jour à Champ de Faye que j’ai revu « Les Vacances de Monsieur Hulot ». Dehors, il faisait bien 38°, mais grâce à une savante stratégie de gestion des volets soigneusement préparée à l’avance, nous avions réussi à maintenir au salon l’incroyable température de 21°. Vautré sur le canapé, vêtu d’un short, de chaussettes de tennis et, pour lutter à armes égales contre le froid émanant du sol, d’un très joli cardigan, je surfais sur la télévision, zappant de documentaire écolo sur la pêche en eaux troubles en aventures de super-héros MAGA, de tournoi de paddle (y a-t-il plus ennuyeux que ces parties de ping-pong où les joueurs jouent sur la table ? ) en débat sur les dangers des crèmes solaires, lorsque sur un écran subliminal, une étrange mais célèbre silhouette est apparue, figeant d’un coup mon index sur la télécommande. Je reconnus aussitôt les premières images des Vacances de Monsieur Hulot et ne bougeai plus pour les 80 minutes suivantes. Littéralement, j’éclatai de rire au moins quatre fois, et ça, c’est pas tous les jours ! Alors voici à nouveau ma critique de ce film qui aura bientôt trois quarts de siècle.

Critique aisée n°252

Les vacances de Monsieur Hulot
Jacques Tati – 1953

C’est notre mini débat autour de ma photo du Bar L’Océan du Guilvinec, publiée le 27 novembre dernier, qui m’a remis en mémoire Les Vacances de Monsieur Hulot. La première fois que j’ai vu ce film, je devais avoir 11 ou 12 ans, et la dernière, c’était il y a quatre ans, et s’il devait repasser demain à la télévision, je le reverrais à coup sûr.

L’œuvre cinématographique de Jacques Tati est peu abondante, six longs métrages en tout et pour tout, dont je n’ai manqué que le dernier, Parade.
Pourquoi si peu de films en 35 ans de carrière ? Je ne suis ni historien Continuer la lecture de Vive les vacances…

Trois cafés (6)

(…) Les larmes aux yeux, qu’il avait, le Georges. Et c’est là que Trois-cafés nous a estomaqués, quand il s’est penché vers Georges comme pour lui faire une confidence et qu’il a dit plus doucement :
— Ah ! Encore un mot, Georges. Je préfèrerais que tu ne me m’appelles pas Mon Prince. Je n’ai pas droit au titre. Pas encore…

Il avait beau avoir parlé doucement, on avait très bien entendu : il n’avait pas encore droit au titre de Prince. Qu’est-ce que ça voulait dire, ça ? Que c’était un aristo ? Que bientôt, il deviendrait Prince ? Ou qu’il se foutait carrément de notre gueule ?

Mais pour Georges, c’était du sûr, du sérieux : Trois-cafés avait de la branche, mais en plus, dans son arbre, il était en train de grimper ! A présent, totalement ébahi, incapable de prononcer un mot, notre bistrotier considérait le futur prince avec admiration et respect, chose que je ne l’avais jamais vu faire pour rien ni pour personne à part pour le dictionnaire Larousse, Jean Gabin et Zinedine Continuer la lecture de Trois cafés (6)