(…) Alors, vous pensez ! Un type qu’arrive dans le bistrot de Georges à l’improviste et en Prince de Galles, et qui balance comme ça, sans prévenir, un « Mesdames et Messieurs, bonjour ! » alors que personne le connait, ça peut surprendre, non ? Alors on est restée bouche bée. C’est pour ça.
Mais c’était pas fini, vous allez voir. Deux pas de plus et il était au zinc et, en détachant bien chaque mot, chaque syllabe, il a dit doucement et poliment à Georges : « Trois cafés s’il te plait. »
Comme ça, le type ! Trois cafés s’il te plait, qu’il demande ! Direct ! Gonflé quand même, non ? D’ailleurs Georges a pas tardé a réagir :
— Je vous les sers tout de suite, mon Prince, ou on attend que vos amis arrivent ? qu’il a dit, Georges, en insistant bien sur le Vous tout en nous faisant un clin d’œil bien appuyé.
Là je fais une parenthèse : un peu plus tard, quand on a pu reparler tranquillement de tout ça, j’ai demandé à Georges si c’était à cause du costume qu’il l’avait appelé « mon Prince ».
— Non, qu’il a dit Georges. Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il avait, le costume ? C’est juste Continuer la lecture de Trois cafés (4)




Par Lorenzo dell’Acqua