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Go West ! (115)

(…) Quand je suis revenu dans la chambre, Patricia dormait sur le lit, toute habillée. J’ai éteint la lampe de chevet, je me suis couché sans bruit à côté d’elle et, épuisé, je me suis endormi. Plus tard, j’ai senti une caresse dans mon dos. J’ai ouvert les yeux. Au-dessus des grands rideaux, une raie de jour disait que l’aurore était là. Je me suis retourné. Étendue à côté de moi, en chemise de nuit, Patricia avait interrompu sa caresse et, sa main posée sur mon bras, elle me regardait sans sourire, profondément. Je l’ai embrassée et lentement, nous avons fait l’amour, tendrement.

Au matin, je l’avais compris : elle avait raison, c’était fini. Elle ici, moi là-bas, notre histoire n’avait pas d’avenir. Peut-être, si j’avais eu comme elle un projet radical, quitter ma famille, mon pays, peut-être cela aurait-il pu marcher. Mais pour cela, il aurait fallu aussi qu’elle le veuille, et ça, je n’en étais pas du tout certain.
Patricia était dans la salle de bain. À travers la porte, j’entendais les petits bruits tranquilles d’une femme à sa toilette. Clapotis : elle s’étend dans son bain ; cataracte : elle ajoute de l’eau brulante ; ressac : elle se dresse dans la baignoire ; petit choc sourd, elle a posé son pied nu sur le carrelage ; silence : elle essuie lentement chaque partie de son corps ; long souffle mécanique : elle sèche ses cheveux ; chanson douce murmurée, chocs légers contre la faïence, elle s’observe dans le miroir, elle se coiffe, elle se maquille…
Elle est sûrement soulagée de m’avoir tout dit et, elle en est persuadée, de m’avoir convaincu. Elle n’a plus qu’à penser aux quatre jours qui nous restent et à ce que sa nouvelle vie sera dès que je serai parti. Elle est détendue. Tout à l’heure, elle m’emmènera au Guggenheim et nous descendrons la galerie en hélice la main dans la main en regardant des Picasso et des Fernand Léger. Ensuite nous passerons prendre son dossier à l’Institute of Fine Arts, et ce soir, elle téléphonera à Frances. Elle a tout prévu. Elle est heureuse.

Et moi ? Moi, depuis que j’écoute Patricia vivre déjà sans moi dans la salle de bain, j’ai une petite pensée qui commence à remuer dans ma tête. Lentement, elle grandit, grandit, elle s’installe dans mon esprit, et bientôt, la voilà, qui étouffe toutes les autres pensées et devient évidence : au fond, tout ça m’était égal.
Tout ça m’était égal parce que je venais de réaliser qu’au fond de moi, même au plus fort de mes élans amoureux, que je sois en France ou en Amérique, je n’avais jamais envisagé quoi que ce soit d’un quelconque avenir pour moi avec Patricia. Je ne pensais pas l’avoir pas refusé consciemment, cet avenir. Je ne m’étais pas dit : « Tu vas aller en Amérique, tu vas retrouver la fille qui t’a amené dans son lit à Paris, tu vas vivre là-bas quelques jours avec elle et quand ce sera fini, eh bien tant pis, ce sera fini ; tu rentreras chez toi et tu passeras à autre chose !» J’étais amoureux, je le croyais sincèrement et une pensée cynique de cette sorte n’avait pu m’effleurer. Mais, de fait et sans que je l’aie décidé ni même seulement voulu, mon esprit s’était toujours refusé à imaginer le jour pourtant inéluctable de notre séparation ; de même pour le jour suivant, et pour le jour d’après. Ces jours-là, je les avais occultés. Peut-être était-ce par peur de souffrir… « Je l’aime, nous nous aimons, nous allons être séparés, c’est horrible, n’y pensons surtout pas » ?

Mais la petite pensée devenue grande s’est mise à parler. D’une petite voix faussement incertaine, elle a instillé cette question : « Mais, ne crois-tu pas que, plus que la peur de souffrir, c’est la certitude de ne pas souffrir qui t’a animé ? » Elle a réfléchi un court instant puis, à sa propre question, elle a répondu de cette manière : « Tu es amoureux de Patricia, c’est vrai, mais tu es amoureux comme un lycéen, parce que Patricia est jolie, qu’elle est douce, et qu’elle est étrangère. Vous vous rencontrez, vous vous plaisez, vous couchez ensemble et aussitôt, vous êtes séparés. Joli scénario ! Romantique, et tout, et ce n’est pas de la fille que tu tombes amoureux, c’est du scénario. Flatté d’être de ce cliché, tu t’y investis à plein, tu joues ton rôle : tu es mélancolique, tu enfles tes sentiments, tu écris des lettres exaltées, chargées de tristes textes de Bécaud et de Baudelaire, tu dis que tu vas traverser les mers pour la retrouver, tu y crois de plus en plus, et dans les lettres qui te reviennent, tu ne veux pas voir toutes ces petites réticences car elles n’entrent pas dans le scénario. Tu ne comprends pas que ton prétendu amour vient de cette logique qui ne tient pas debout : elle m’aime, puisqu’elle a couché avec moi ; je l’aime parce qu’elle a couché avec moi. Mais Patricia ne t’aime pas puisqu’elle couche avec un autre. Et toi, tu n’aimes pas Patricia. Regarde ! Quand on réfléchit un peu aux quelques semaines que tu viens de passer en Amérique, c’est l’évidence : à chaque nouvelle fille rencontrée, la pensée de Patricia t’attendant à Washington t’a-t-elle freiné le moins du monde dans tes ardeurs ? Et, plus important que ces petites aventures, pas un seul instant tu n’as envisagé de changer ta vie pour rester avec elle, ne serait-ce que pour un temps. Tu ne l’aimes pas assez pour cela ; tu ne l’aimes pas tout court. En réalité, ce que tu voulais sans te l’avouer jamais, c’était passer du temps avec elle, revivre cette journée de Paris et, bien sûr, coucher avec elle. Eh bien, c’est fait ; ça a été bref et plutôt compliqué, mais c’est fait : tu as eu ce que tu voulais. Et tout cela, tu le savais : tu savais que ce n’était pas une histoire d’amour que tu vivais avec elle, que c’était un scénario, un simple scénario duquel il te serait facile de sortir indemne et sans souffrance. Et, ce qu’il y a de formidable, c’est que Patricia non plus ne souffrira pas. Elle te l’a expliqué elle-même et en détail : elle va changer sa vie de fond en comble. Ce sera un peu grâce à toi, mais ce sera sans toi. Regarde-la, elle respire le bonheur.
Alors, tout est pour le mieux, pas vrai ? Et la vie va continuer, sans drame, sans souffrance. C’est ce que tu voulais, non ? »

Elle avait raison, la petite voix ; c’était ça la vérité, un scénario, sans engagement personnel. Et je l’avais toujours su.

A SUIVRE 

La guerre à l’envers

Kurt Vonnegut est un drôle d’auteur. J’y reviendrai dans quelques jours dans mon Carnet d’Écriture n°12. Pour le moment, sachez seulement que Vonnegut est un écrivain américain du XXème siècle. Il a participé à la 2ème Guerre Mondiale dans les bombardiers, s’est fait abattre et a été emmené comme prisonnier en Allemagne, à Dresde. C’est là que du 13 au 15 Février 1945 il a survécu au plus grand bombardement qui ait jamais été réalisé (650.000 bombes, 50.000 morts). De cette expérience, il a tiré son roman le plus célèbre : « Abattoir 5 ou La croisade des enfants ».
Abattoir 5 est un roman très étrange que je n’essaierai pas de raconter ni d’analyser ici. C’est bien trop compliqué. Sachez quand même qu’il s’agit d’un roman de science fiction, qui n’a pas grand chose à voir avec la science fiction, qui défie la logique et la chronologie, qui est terrible et drôle et qui a été classé 18ème dans la liste des 100 meilleurs romans de langue anglaise du XXème siècle. Compte tenu de la production littéraire de cette époque, on peut dire que ce n’est pas rien.
Dans un roman qui n’a rien à voir avec Abattoir 5 et qui s’appelle Eureka Street, l’auteur, qui n’est pas Vonnegut mais Robert McLiam Wilson, décrivait à la manière d’un film au ralenti les actions très détaillées d’une bombe explosant dans un café de Belfast. L’effet de cet exercice littéraire était époustouflant.

Dans le passage d’Abattoir 5 que je reproduis ici, K.V. utilise un procédé différent mis du même ordre. Jamais encore je ne l’avais rencontré : la description détaillée,
mais à l’envers, d’une action violente, l’attaque de bombardiers par des chasseurs. Le montage à l’envers est un procédé cinématographique qui a été utilisé d’innombrables fois, particulièrement du temps du muet, où son effet comique était assuré. L’avoir appliqué à l’écriture est une formidable trouvaille. Cela demande au lecteur une attention particulière et un effort de compréhension et, sans effacer totalement l’effet comique, l’effet tragique en est terrifiant. Jugez vous-mêmes : 

(…) C’était un film sur les bombardiers américains de la Seconde Guerre mondiale et les héros qui les pilotaient. Entamée par la fin, l’histoire se déroulait ainsi, sous les yeux de Billy :
Des avions américains transpercés de toutes parts, pleins de blessés et de cadavres, décollent par l’arrière d’un aérodrome Continuer la lecture de La guerre à l’envers

Le livre de l’Éthiopien (3/5)

Première diffusion le 27/12/2018

De temps en temps, je parcours le Livre de l’Éthiopien. (Si vous ne savez plus ce que c’est que ce livre ni comment j’en suis devenu propriétaire, cliquez ICI. ) Hier, je suis tombé sur Clément Marot (1496-1584) et j’y suis resté une bonne heure. Je crois me souvenir que dans mes jeunes classes, Marot attirait pas mal de sympathie parmi les élèves, contrairement à du Bellay, je l’ai déjà dit, ou à Malherbe. Devait-il cette attirance à son style plein de charme, de légèreté et d’humour ou à sa bonne bouille ? À votre avis ? 

Je vous aurais bien recopié l’épitre où il raconte à François 1er comment il a été volé par son valet — je vous le recommande — mais c’était un peu long pour vos esprits zappeurs. Alors, voici quelque chose de différent,  de court et de nostalgique comme je les aime, que Marot adressa à un ami qui regrettait sa jeunesse. C’est tout à fait ce qu’il vous fallait ce matin.

Pourquoy voulez vous tant durer
Ou renaistre en fleurissant âge,
Pour pécher et pour endurer ?
Y trouvez-vous tant d’avantages ?
Certes, celuy n’est pas bien sage,
Qui quiert deux foys estre frappé,
Et veult repasser un passage
Dont il est à peine eschappé.

 

Les tribulations d’un muséomane en automne

 ou

Ma théorie du paratonnerre

par Lorenzo dell’Acqua

Hier, ce fut une journée paratonnerre. Paratonnerre est une expression de Max pour qualifier l’accumulation de pépins de santé chez une même victime qui évite à d’autres d’avoir ces mêmes pépins selon la théorie des vases communicants. Vous avez deviné que mon ami Max est plutôt un littéraire. La mienne, aussi discutable et farfelue que la sienne, concerne les emmerdements.
Nous sommes donc partis ce samedi matin ma femme et moi avec pour objectif l’exposition Condo au MAM. Ce peintre américain contemporain dont j’ignorais l’existence avent ma première visite est dans la mouvance Basquiat mais à mon avis plus intéressant car plus varié. Cela dit, même si j’en avais les moyens, je n’en mettrai pas dans mon salon… D’abord, arrivés dans la rue, il pleuvait et nous n’avions pas pris de parapluie (1). Avec l’âge, je ne supporte plus d’avoir la tête mouillée et surtout mon abondante chevelure. Le métro ligne 6 n’a pas posé de problèmes : il n’y avait pas grand monde et nous étions assis. Un peu de marche ne nous effrayant pas (trop), nous anticipons et descendons à Trocadéro pour rejoindre ensuite le musée à pied. La pluie a cessé. Passage obligatoire dans Continuer la lecture de Les tribulations d’un muséomane en automne

Monsieur Minette en majesté

Je viens de retrouver la photo de Monsieur Minette, un homme que les lecteurs du JdC connaissent bien par les quelques histoires que j’ai pu raconter à son propos. 

Monsieur Minette était l’un de nos voisins à Champ de Faye. Il manque à l’appel aujourd’hui, et à nous aussi. Vous pouvez le retrouver en cliquant sur les liens ci-dessous :

Monsieur Minette (1/2)

https://www.leblogdescoutheillas.com/?p=38656

 

Go West ! (114)

(…) J’ai dit ça presque en criant, mais je ne le pensais pas, pas vraiment, pas complètement. C’était encore confus dans ma tête, mais dans tout ce qu’elle m’avait, je ne voyais rien qui puisse montrer qu’elle s’était moquée de moi. Seulement, j’étais malheureux et de façon surprenante, ça me faisait du bien de le dire. C’était peut-être pour lui faire un peu de mal en retour, pour qu’elle se sente un peu plus coupable, ou peut-être pour qu’elle m’affirme le contraire, pour qu’elle me dise qu’elle m’aimait… quand même…ou un peu… ou beaucoup… ou tout court ?

Patricia n’a rien dit de cela. Elle a éteint le plafonnier, allumé une lampe de chevet et s’est assise sur le bord du lit. Elle m’a dit de m’asseoir à côté d’elle et m’a demandé de ne plus crier. Elle allait m’expliquer, j’allais comprendre, surement, mais il ne fallait plus que je crie. Elle m’a dit qu’elle n’avait rien calculé, rien prévu de tout ce qui était arrivé, qu’elle ne s’était jamais moquée de moi, que je comptais beaucoup pour elle, que je l’avais aidée à se sortir d’une situation dont elle ne voulait plus, qu’elle avait eu de la chance de m’avoir rencontré, qu’elle me serait toujours reconnaissante d’être ce que j’étais, d’avoir fait ce que j’avais fait pour elle, qu’elle ne m’oublierait jamais. Moi, j’écoutais. Bientôt apaisé par sa voie calme et monotone, je me suis mis à me balancer doucement, d’avant en arrière, les bras croisés, comme si je berçais les suites d’un coup de poing à l’estomac. Je ne comprenais pas tout de ce qu’elle me disait. Ce que j’avais fait pour elle ? Être ce que j’étais ?

—Je te fais de la peine, Philippe. Je suis désolée. Je sais qu’il y a longtemps que j’aurais dû t’écrire qu’il ne fallait pas venir me voir, que j’avais Continuer la lecture de Go West ! (114)

Le livre de l’Éthiopien (2/5)

Première diffusion le 8/12/2018

Il n’y a pas si longtemps, je vous ai raconté comment le Livre de l’Éthiopien m’était tombé entre les mains. Si vous avez raté cet épisode essentiel de ma vie intellectuelle, vous pouvez toujours CLIQUER ICI pour le retrouver. A cette occasion je vous avais parlé de Rutebeuf, ce poète oublié de tous sauf de Léo Ferré. Aujourd’hui, j’aimerais vous parler de du Bellay.

A l’école, je n’aimais pas du Bellay. Je l’avais toujours considéré comme un raseur de première, alors que Ronsard, non. Pourtant, chez les célèbres duettistes Lagarde et Michard, Ronsard et du Bellay étaient toujours associés, comme Bouvard à Pécuchet et Roux à Combaluzier. Mais le « Mignonne, allons voir si la rose..; » de Ronsard avait, par son côté dragueur coquin, quelque chose de plaisant pour les adolescents rigolards et frustrés que nous étions, alors que le « Heureux qui comme Ulysse… «  qui commençait par deux références mythologiques brumeuses ne faisait rien pour m’attirer… Et puis, on n’avait pas idée de tirer une pareille tête d’enterrement en plus de s’appeler Joachim !

Un jour, en feuilletant le Livre de l’Éthiopien, Continuer la lecture de Le livre de l’Éthiopien (2/5)

Carnet d’Écriture (9) – Incipit ? Késsesséssa ?

(…) j’ai pensé que le meilleur moyen de faire entendre l’accent dans des phrases écrites, c’était tout d’abord de planter soigneusement le décor, un décor fait de tuiles romaines, de rues étroites, de places ombragées et de terrasses de cafés sous les platanes. Pour cela j’ai pris pour modèle la petite ville de Trets. Ensuite, je me suis dit qu’il faudrait adopter certaines formes de phrases et utiliser certains mots particuliers, mais sans exagération. En dernier lieu, il devrait suffire de broder à partir d’un archétype méridional, c’est à dire une intrigue pagnolesque, un cliché reconnu et assumé.

*

« Quand arrivent les premiers jours d’octobre et que les feuilles des platanes de la place Honoré Panisse commencent à brunir, il fait encore assez doux pour prendre le premier café du matin à la terrasse de chez Fernand. »

Tout est parti de cette phrase « Quand arrivent les premiers jours d’octobre et que les feuilles des platanes… » Je l’ai écrite tout de suite, en entier, tout d’un trait, facilement et, je le jure, sans avoir aucune idée de ce que pourrait être la suite de l’histoire que je venais de commencer. A tout bien considérer, il est normal qu’elle vienne facilement cette phrase, car c’est un sacré cliché. On la croirait tirée d’un article de Télérama sur le néo-bobo-tourisme en Provence profonde. Un sacré cliché, certes mais, après tout, que l’incipit d’une nouvelle-cliché soit lui-même un cliché, c’est plutôt un avantage : ça annonce la couleur : « … il fait encore assez doux pour prendre le premier café du matin à la terrasse de chez Fernand. »

Dans ce décor planté à la façon de Flaubert pour Continuer la lecture de Carnet d’Écriture (9) – Incipit ? Késsesséssa ?

Vialatte, au hasard des chroniques

Morceaux choisis

De temps en temps, j’ouvre un Vialatte et je navigue au hasard parmi ses chroniques. J’y trouve parfois quelque chose, quelque chose de drôle, ou d’émouvant ou de bien dit, mais la plupart du temps, c’est quelque chose de bien dit, de drôle et d’émouvant. La preuve :

La peinture de précision

Passons à la peinture. La poésie naît de la précision. Comme en toute chose. Non de la ressemblance. Le père de Max Ernst pensait pourtant que la ressemblance était enfant de la précision et tenait à elle sur toute chose. Un monsieur lui commanda le portrait de son jardin. Il le peignit de mémoire, puis la commande livrée, s’aperçut qu’il manquait un arbre. Il n’osa redemander la toile et passa une nuit dans l’angoisse. Le lendemain il prit une scie et coupa l’arbre. Après quoi il vécut en paix.

La liberté préférée des hommes

(…les gouvernements forts) sont ceux que préfèrent les hommes. Ils n’aiment la liberté que pour la réclamer. Quand ils l’ont ils ne savent qu’en faire. Ce sont des choses qu’il ne faut pas leur dire parce qu’ils ne Continuer la lecture de Vialatte, au hasard des chroniques

Carnet d’Écriture (8) – Écrire, avec ou sans accent ?

Autrefois, nous allions souvent à Aix en Provence et, de là, nous allions parfois à Peynier. Même, une année, nous y avions loué une maison pour le mois d’Aout.  Peynier, c’est un village situé à une vingtaine de kilomètres d’Aix, sur la route de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume. Quand vous habitez là, pour faire vos courses, vous roulez quatre kilomètres vers l’est et vous arrivez à Trets (prononcez Tretse).

Trets, dix mille habitants, sa Basilique Saint Maximin, son Château des Remparts, son Avenue Mirabeau et ses platanes, sa Place de la Mairie et ses platanes, son Cours Esquiros et ses platanes, ses platanes…

Si vous avez passé un tant soit peu de temps dans le Midi et si en cet instant vous êtes de bonne humeur, je vous défie de prononcer cette suite de mots sans finir, au bout du troisième, par prendre l’accent : Aix en Provence, Peynier, Saint Maximin, Sainte Baume, Esquiros, Platanes. Allez-y ! Essayez ! Moi, je n’y arrive pas.

Ah ! l’Accent ! L’Assan ! Longtemps, j’ai cru que l’assan était une invention de Marcel Pagnol destinée à donner Continuer la lecture de Carnet d’Écriture (8) – Écrire, avec ou sans accent ?