La lumière que vous apercevez au bout du tunnel n’est autre que le fanal du train qui vous fonce dessus
Vous connaissez sûrement cet aphorisme. Il nous avait été utilement rappelé par Jim ici même il y a quelques années. Ce n’est pas parce qu’elle est le reflet d’un fatalisme résigné qui engage à la paresse et même à l’inaction, considérant que toute action humaine visant à contrecarrer le destin, c’est-à-dire la volonté des dieux, est inutile que j’aime cette loi quasi murphienne. Je l’aime parce qu’elle est un ressort tragique plein de ressources. Elle ouvre un champ de possibilités très large et permet d’inventer des destins tragiques et surprenants à la fois, comme celui de ce grand vizir de Bagdad qui croyait échapper à la mort en galopant vers Samarcande.
C’est en pensant très fort à elle que j’ai imaginé Continuer la lecture de Carnet d’écriture (16) – La lumière au bout du tunnel

Cette année-là, alors que la température restait étrangement douce, la pluie avait commencé à tomber la veille de la Toussaint et, depuis ce jour, il n’avait pas cessé de pleuvoir. Les chemins s’étaient transformés en bourbiers, les ruisseaux en torrents et les torrents en rivière. On disait que si ça continuait comme ça, demain, la route qui menait de St-Géraud à La Claux serait coupée.