Plaidoyer pour Amazon

Oui, oui, je sais, je sais…

Beaucoup des lecteurs du Journal des Coutheillas répugnent à aller acheter mes bouquins sur Amazon, parce qu’Amazon est un géant peu sympathique, qu’il fait de la concurrence déloyale aux libraires, et patati et patata… Ils répugnent, mes lecteurs, au point qu’ils n’y achètent jamais de livres. Peut-être, par pure commodité, ou parce qu’ils n’ont pas le temps de procéder autrement, ou parce que les centre-villes ne sont plus accessibles à cause des stupides travaux de voirie, ou parce que les commerces ferment parce que les centre-villes ne sont plus accessibles à cause des stupides travaux de voirie, ou peut-être pour toutes ces raisons à la fois consentent-ils à faire appel à Amazon pour recevoir la paire de chaussons, le chargeur de smartphone ou le sac ado dont ils rêvent depuis trois minutes et trente secondes, mais pour acheter un livre ? Jamais ! 

Et puis, ils ne veulent pas qu’Amazon acquiert par analyse de leurs achats une trop grande connaissance de leurs habitudes, de leurs goûts et même de leurs pensées, vous comprenez… C’est très grave, ça ! Big brother et tout le toutim !
Mais, ça ne les empêche quand même pas d’utiliser Google, ChatGPT, YouTube et autres grands méchants loups qui font exactement la même chose et quelques fois bien pire, mais comment s’en passer de nos jours ? Faut dire que c’est quand  même pratique, et souvent rigolo. Pareil pour TikTok ! Comment interdire à ses enfants de se servir de cet outil, de manipulation des cerveaux, certes, mais tellement amusant ? C’est déjà difficile de les empêcher de regarder les films interdits aux moins de 16 ans ! Alors TokTok, non ! On peut pas. Et puis on surveille, on est vigilant, soyez-en sûr ! 

Donc pas de concurrence déloyale, pas d’Amazon ! 

Mais moi je dis que la concurrence déloyale n’est pas là où on le prétend. Enfin… pas que. Moi, je dis que ce sont les libraires qui font de la concurrence déloyale à Philippe  Coutheillas en lui interdisant leurs vitrines et leurs rayonnages. Bon, c’est peut-être aussi un peu les éditeurs qui font ça, mais les uns dépendant des autres, ils ont forcément partie liée. D’ailleurs, personne n’a jamais pu prouver que tout ce beau monde ne complotait pas à empêcher Coutheillas d’être présent chez les libraires. Cette absence de preuve est bien la preuve de l’existence d’un complot, non ?

Moi, en principe, et contrairement à eux, je n’ai rien contre les libraires ni contre les éditeurs. Et je le prouve : devant vous tous ici assemblés, je m’engage solennellement à cesser mes relations d’auteur à éditeur avec Amazon et à vendre mes œuvres par le truchement du réseau traditionnel des libraires le jour où les éditeurs, ou même un seul d’entre eux, sous la pression des libraires, m’offrira les mêmes conditions qu’Amazon, à savoir :
— Prise en considération de tout manuscrit
— Acceptation systématique, sous les seules réserves que l’œuvre  respecte la propriété intellectuelle ainsi qu’un minimum de décence et d’orthographe.
— Édition et mise en rayons de l’œuvre
…le tout sans que cela coûte à l’auteur, en l’occurrence moi, autre chose que la peine de l’écriture, la vérification et la composition typographique du livre. 

Alors là ! Oui ! Je laisserai tomber Amazon comme une première chemise !
Mais, en attendant… 

4 réflexions sur « Plaidoyer pour Amazon »

  1. Il est vrai que je n’aime pas commander sur Amazon mais moi c’est pour une autre raison, j’avais un collègue de travail dont la fille a travaillé dans un entrepôt et me disait les conditions de travail de cette société.
    Mais il est vrai qu’il y a des exceptions tes livres puisqu’on ne peut les trouver en librairies, des liens que l’on m’envoie quand je demande quel cadeau voudrait le petit à Noël, se sont les exceptions qui confirment la règle !

  2. Notez bien que je ne demande pas que vous achetiez Carrere, Cusset, Nothomb, Murat et Proust sur Amazon.
    Coutheillas, juste Coutheillas !

  3. Amazon n’est pas un problème, c’est un circuit de distribution pratique, adapté aux demandes du monde d’aujourd’hui et donc utile, donc légitime, qui n’est pas un circuit monopolistique ni sélectif puisqu’on peut s’y procurer toutes les marques qui acceptent de figurer sur son catalogue d’offre, sauf pour des articles que le consommateur n’a pas le choix de pouvoir se les procurer ailleurs, comme par exemple les livres qu’il édite à son compte. Utile, ça c’est le mot à retenir.

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