Ce matin à mon deuxième réveil, vers 9h30, je me suis senti très fatigué et je me suis recouché pour encore une heure. Auparavant, entre 7 heures et 9heures 30, j’avais somnolé en écoutant en continu quelques pages des Jeunes Filles en Fleurs, lues par Lambert Wilson, décidément moins bon que Dussolier.
Je me demande ce que peut penser une femme comme Marie, notre femme de ménage haïtienne, quand elle arrive chez nous à 9 heures très précises, après avoir traversé la moitié de l’Ile de France dans des trains bondés et en retard, et qu’elle trouve son employeur encore en peignoir, si ce n’est pas au lit. Quel que soit mon costume quand je l’accueille, elle reste toujours souriante, aimable et de bonne humeur. Oui, mais que pense-t-elle ?
Chaque début de mois, interrompant son ménage, elle vient me voir avec un grand sourire, et, avec son accent des iles, elle me remercie pour sa paie, me donnant ainsi l’impression que je lui ai fait un cadeau.
Ça me rappelle à l’inverse un des aphorismes favoris de mon premier collègue de bureau, Rajchman, petit juif intelligent et volontiers sarcastique. Il disait : « Le salaire est un dû. Tout travail effectif mérite rémunération supplémentaire ».
Camus? Ouais, c’est bien lui à qui je pensais, Paddy m’a épaté sur ce coup là.
celle qui ne ménage pas sa peine, c’est la femme de ménage haïtienne
Alors qui, si pas Ratinet ? Schweitzer, Einstein, Dupontel, de Monaco, Camus ?
Ce commentaire est digne d’Albert, non pas Ratinet (il doit bien exister un Albert Ratinet), non, l’autre.
Tout salaire est dû à celui ou celle qui ne ménage pas sa peine. Voilà!