Ça y est ! C’est fait ! « Histoire de Dashiell Stiller » n’existe plus ! Disparue, l’Histoire ! Introuvable ! Passée au rang de collector, l’édition de 2023… Vous voyez que vous aviez bien fait de l’acheter !
Mais ça aussi, ça y est ! Ça aussi, c’est fait ! Une nouvelle édition de ce roman épique et cosmopolite vient de paraître. C’est l’édition 2026, corrigée, augmentée, reformatée et rebaptisée que vous pouvez acheter dès à présent sur Amazon. Sa couverture, la fameuse photographie, n’a pas changé, mais son titre, oui. Son nouveau titre, Le Cujas, c’est le titre mystérieux (pour ceux qui n’ont jamais mis les pieds au Quartier Latin), le titre à l’étrange sonorité, ce mot qui commence drôlement et qui finit grassement, qui ne laisse rien présager de la nature du livre… Le Cujas, c’est aussi le titre d’origine, celui de la publication en un feuilleton de 87 épisodes dans le Journal des Coutheillas, le titre qu’un auteur inexpérimenté et influencé par la mode a décidé au dernier moment de changer en « Histoire de Dashiell Stiller », titre banal et transparent.
Le Cujas, c’est le café où j’allais jouer au flipper pendant les cours de philo que François Châtelet dispensait aux prépas du lycée Saint-Louis en 1960. C’est le café que j’ai embelli en le faisant descendre d’un numéro dans la rue Cujas pour le placer à l’angle du Boulevard Saint Michel et le gratifier d’une terrasse à l’ombre des marronniers, le rendant ainsi digne de devenir l’épicentre de mon histoire.
Le Cujas, c’est le lieu unique où, à la veille de la guerre et pour un bref instant, mes héros se retrouveront tous réunis : un artisan bourru de la rue Monsieur le Prince, une Auvergnate pur jus patronne de bistrot, un jeune garçon de café, naïf et vigoureux, une prostituée joyeuse et dévouée, un jeune voyou de Pigalle, souteneur et ambitieux, un autre voyou, son ami à la vie à la mort, un fils de bonne famille hésitant entre Collaboration et Résistance, un jeune aristocrate, sensible et rigoureux et enfin, un photographe, amateur et américain, futur héros déchu.
Leur rencontre éphémère au Cujas, c’est le big bang à partir duquel ils s’éloigneront les uns des autres dans un univers en explosion, pour parfois se retrouver, s’entrechoquer, s’aimer ou se détruire.
Le Cujas, c’est l’histoire de l’amitié de Georges et Antoine, le fils d’industriel arriviste et l’aristocrate hors du temps, de leurs amours avec la belle Isabelle, de l’enfance à l’âge adulte, de l’adolescence à la guerre, de la défaite à la Libération.
C’est aussi celle de la survie d’une veuve de la Grande Guerre à travers les années d’Occupation, de l’ascension, du calvaire et de la rédemption d’un petit maquereau qui avait oublié qu’il était juif.
Le Cujas, c’est enfin l’histoire de Dashiell Stiller, ce fils de famille fortunée, adolescent indécis, photographe sans talent, écrivain velléitaire, héros de guerre honteux à la recherche du pardon.
Note de l’auteur :
Pour effectuer les corrections indispensables à cette nouvelle édition, j’ai dû relire entièrement et attentivement les quatre cents pages du Cujas… et je dois dire que ça m’a bien plu.
Le Cujas
chez Amazon pour 12 euros en édition brochée

Des platanes, bien sûr ! Je me souviens même d’en avoir vu tomber un devant le lycée St Louis par un beau soir de mai.
Je souhaite un bon vent à cette nouvelle édition du Cujas, un titre en effet plus intriguant que le précédent. La deuxième syllabe du titre Le Cujas, « jas », est aussi pour moi ancien navigateur passionné par tout ce qui touche à la marine, un élément essentiel d’une ancre traditionnelle, dite « ancre à jas », le jas étant la branche essentielle du haut perpendiculaire à l’axe de l’ancre et à sa partie principale destinée à accrocher le fond pour maintenir le bateau en place. J’aime cette connotation, et même si c’est tiré par les cheveux, ce symbole. Par ailleurs, je n’ai pas le souvenir de marronniers sur le boulevard Saint Michel, plutôt des platanes. C’est pas grave! l’auteur est pardonné car Le CUJAS est un très solide roman, bien ancré.