C’est vraisemblablement pour répondre aux deux articles intitulés L’Inconnu de la Grande Arche (https://www.leblogdescoutheillas.com/?p=57366) et Détruire le ciel de Paris serait impardonnable (https://www.leblogdescoutheillas.com/?p=57007) et aux commentaires qu’ils ont suscités que Lorenzo a produit le texte ci-dessous. Le sujet de « L’Inconnu… » était bien sûr le funèbre monument funéraire qui trône en haut de la Défense tandis que celui de « Détruire… » était le gros furoncle en bordure du Périphérique sud de Paris.
En me confiant son texte, Lorenzo m’a recommandé d’en faire ce que je voulais. Alors voilà : je le publie.
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Pourquoi aimer l’une et pas l’autre pyramide ? Les goûts de NRCB sont impénétrables en tout cas pour moi. Je considère que la Pyramide de Peï n’est que la copie des Pyramides d’Egypte même si le matériau est différent. La forme elle-même n’est pas une création. Or, en art, seul compte selon moi ce qui est original. Imaginez aujourd’hui un peintre contemporain faisant des tableaux impressionnistes à la perfection. Personne ne les remarquerait. Il n’en est pas de même pour la Pyramide de Peï parce que le lieu choisi oblige tout le monde à la voir, autochtones et touristes. Je trouve que c’est un abus de pouvoir. Par contre, la Pyramide construite le long du Périphérique est située, certes en un lieu que tout automobiliste verra (bien qu’il y en ait de moins en moins grâce aux sévices de la Mère Hihi de Paris) mais moins provocateur. Autrement dit, sa localisation est plus honnête. Et je trouve que, pour un immeuble, c’est d’une formidable originalité puisque l’architecte n’a certes pas inventé sa forme mais il en a inventé une autre destination. C’est donc une œuvre d’art selon mes critères.
L’argument de justifier la Pyramide de Peï par son côté fonctionnel permettant un meilleur accès des visiteurs au Louvre ne tient pas la route : on aurait très bien pu mette à sa place une dalle de verre transparente aussi solide que le verre de la Pyramide. Le résultat fonctionnel aurait été le même et l’anachronisme aurait été épargné aux parisiens. Le Louvre aurait conservé ses qualités architecturales qui avaient été sa raison d’être construit de cette manière à cet emplacement et pas autour d’une Pyramide anachronique.
Cet anachronisme de la juxtaposition d’œuvres d’époques différentes me choque car elle dénature le passé même si nous ne nous apercevons pas que se côtoient dans le temple de Karnak en Egypte des édifices construits à plus de1000 ans de distance. C’est vrai mais, même si personne ne s’en apercevra dans 500 ans, la juxtaposition d’édifices d’époques différentes est une blessure infligée aux artistes du passé. Il n’est pas honnête de juxtaposer des œuvres effectuées à des époques différentes et cela ne se justifie aucunement. Exposer ensemble Claude Monnet et Joan Mitchell est une absurdité. C’est blessant pour Monet et contre-productif pour Mitchell car la seule chose qui compte pour un artiste est de faire quelque chose qui n’a encore jamais été fait. Lui dire qu’elle fait du Monet abstrait ne saurait faire plaisir à madame Mitchell. C’est à peu près la même chose que de juger avec nos critères d’aujourd’hui des événements politiques d’une époque passée où le contexte n’avait rien à voir. Je ne défends pas le colonialisme mais à cette époque c’était la course aux armements économiques comme aujourd’hui la course aux armements militaires. Il s’agissait aussi d’une question de survie pour une Nation. Rien de plus, rien de moins. Refaire l’Histoire a posteriori est une malhonnêteté intellectuelle (comme en Médecine) et la condamnation a posteriori est un crime moral.
Comment et par qui a été financé le projet et quelles étaient les raisons psychologiques du commanditaire ? On peut ne pas être d’accord mais on ne nous a pas demandé notre avis. C’est comme l’installation d’un sens interdit dans la rue où nous demeurons. Inutile de jouer les Don Quichotte, cela n’intéressera personne à notre époque. Quant à l’Arche de la Défense, elle me déplait car elle gâche les photos de la plus belle perspective du Monde. Quant aux motivations mégalomaniaques du commanditaire, s’il n’y avait eu que celle-là …