Archives de catégorie : Thème imposé

Trois cafés (1)

C’était un jour qu’était pas fait comme les autres.
Vraiment !
J’ajoute « Vraiment ! » parce que « C’était un jour qu’était pas fait comme les autres », c’est devenu chez moi un tic de langage, un peu comme le « en fait » que disent beaucoup les enfants aujourd’hui, quoique moins maintenant, mais quand même, et comme le « du coup » que dit tout le monde tout le temps. C’est agaçant ! En tout cas, moi, ça m’agace. Parce que, c’est vrai, vous avez vu, les gens disent « du coup » à tout bout de champ. Alors que non, faudrait pas ! Par exemple, ils disent « Y avait plus de métro, du coup je suis rentré à pied » Ben non, non et non ! On peut dire « du coup » quand ça vaut le coup, mais pas là ! Il fallait dire « La RATP était en grève, donc je suis rentré en taxi. » On vous l’a dit et répété, cent fois, à la radio, à la télévision, partout ! Mais les gens n’écoutent pas. Ils lisent pas non plus, faut dire. Du coup, ils disent n’importe quoi, des tas de trucs agaçants, genre « en fait » ou « du coup ». Ah ben, oui, tiens ! Dans le genre agaçant, « genre » c’est pas mal non plus. Par exemple, les gens disent « C’est un mec genre faux-cul de première » Ben non, non et non ! On peut pas dire ça ! Il faut dire « C’est une personne du genre hypocrite invétéré».

En fait, « du coup », je le dis très peu. Moi, ce que je dis souvent, ce serait plutôt Continuer la lecture de Trois cafés (1)

Théorie mathématique de la bêtise

C’est la troisième fois que je publie cette théorie. Malgré cela, le fléau n’est toujours pas éradiqué. Alors, cent fois sur le métier…

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Georges Brassens a dit que le temps ne faisait rien à l’affaire et que quand on était con, on était con. Mais, sauf le respect que je dois au bonhomme et l’affection que je lui porte, je dois dire que Brassens se trompait car, en matière de connerie, le temps est un facteur important. Non pas que le con devienne plus con avec l’âge, mais le con d’aujourd’hui l’est davantage que le con d’hier. En effet, récemment, grâce au progrès, la connerie a avancé à pas de géant. Rappelons-nous que le Web est devenu d’usage public à partir des années 90 et que Facebook a été créée en 2004. L’ami Georges, mort en 1981, bien trop tôt, ne pouvait bien sûr pas tenir compte de ces extraordinaires facteurs de progrès.
Voyons ce que Milan Kundera disait du sujet. (Comme il parle de Flaubert, Kundera ne dit pas « connerie« . Il dit « bêtise« , mais c’est pareil.)

« Le 19ème  siècle à inventé la locomotive. Flaubert a découvert la bêtise. J’ose dire que c’est là la plus grande découverte d’un siècle si fier de sa Continuer la lecture de Théorie mathématique de la bêtise

Cinq bonnes raisons de ne plus être amis

Je vais reproduire ci-dessous le texte d’un récent commentaire de Lorenzo, que sa position en bas d’un article sur la Caverne du Pont-Neuf ne mettait pas particulièrement en lumière. Le voici en intégralité : « Après les discussions passionnantes sur les qualités esthétiques respectives des cavernes et des échafaudages, serait-il possible d’élever le débat et de soumettre aux lecteurs avachis par la canicule un autre sujet de réflexion qui me tarabuste tous les matins vers cinq heures ?L’amitié peut-elle durer toute la vie ?
« Parce que c’était lui, parce que c’était moi » ne reflète pas Continuer la lecture de Cinq bonnes raisons de ne plus être amis

Montaigne, Spinoza, Nietzsche et moi

L’autre jour, dans le journal, j’ai vu les sujets de philo du bac :

  • Dissertation 1:   Avons-nous la maîtrise de nos paroles ?
  • Dissertation 2:   Peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ?
  • Commentaire de texte:   Un extrait de « Humain, trop humain » de Friedrich Nietzsche

Moi, la philo, ça n’a jamais été mon truc. Prenez Montaigne, par exemple. Au début, je ne comprenais pas sa façon de parler le Français et, quand il m’arrivait de le comprendre, je trouvais qu’il faisait bien des histoires pour enfoncer des portes ouvertes. Par la suite, je me suis aperçu que c’était aussi le cas pour les autres philosophes : je ne comprenais pas ce qu’ils disaient et ils enfonçaient des portes ouvertes.

Bien plus tard, une fois que j’eus avalé le Scio me nihil scire du père Socrate, je compris mes torts passés, je refermai les portes ouvertes et me lançai à la redécouverte de la philosophie et pour cela, je choisis Spinoza. Autant commencer par le gratin. Ce fut une erreur. Après avoir lu quatre fois, et très attentivement je vous prie, les quatre premières pages de L’Éthique sans que j’y comprenne la moindre définition ni même le moindre assemblage de mots, j’abandonnai sans remords Spinoza et ses semblables en me disant « Au moins, j’aurai essayé et puis, comme disait mon ami Hamlet, « There are more things in heaven and earth, Spinoza, than are dreamt of in your philosophy »

C’est la raison pour laquelle ne vais pas vous Continuer la lecture de Montaigne, Spinoza, Nietzsche et moi

Le chaudron de Freud

Après la Caverne de Platon, dans sa série « Comment briller en société sans forcément parler de la famille », le Journal des Coutheillas vous offre aujourd’hui: « Le Chaudron de Freud » en version abrégée, facile à retenir, que vous pourrez aisément étoffer afin de passer pour un brillant causeur. Allons-y : 

A emprunte un chaudron de cuivre à B.
Une fois qu’il l’a rendu, B fait traduire A en justice en l’accusant d’être responsable du gros trou qui se trouve maintenant dans le chaudron, et qui rend l’ustensile inutilisable.
A présente sa défense en ces termes :

Primo, je n’ai jamais emprunté de chaudron à B
Secundo, le chaudron avait déjà un trou lorsque B me l’a donné
Tertio, j’ai rendu le chaudron en parfait état.

(Tiré de ‘Le Mot d’esprit et sa relation à l’inconscient’ – Freud)

Voici maintenant la version originale, plus élaborée, forcément :

Ludwig emprunte ein Kupferkessel  à Franz.
Une fois qu’il l’a rendu, Franz fait traduire Ludwig en justice en l’accusant d’être verantwortlich du große Loch qui se trouve maintenant dans le Kupferkessel, et qui rend l’ustensile unbrauchbar.
Ludwig présente sa Verteidigung en ces termes :

  • Erstens, je n’ai Niemals emprunté de Kupferkessel à Franz
  • Zweitens, le Kupferkessel avait déjà un Loch lorsque Franz me l’a donné
  • Dritte, j’ai rendu le Kupferkessel einwandfreiem Zustand

(Ach ! Ludwig ! Du filou !) 

Ça sonne mieux mais c’est moins clair, pas vrai ?

 

Un pastiche, sinon rien !

Par Lorenzo dell’Acqua

« Le 51 ème pastiche de Lorenzo, ça s’arrose »
Il s’agit de la même scène mais vécue par Lorenzo, l’artiste et le poète si cher à NRCB.

 Longtemps je me suis levé de bonne heure et ça continue et c’est très pénible à mon âge parce que ça augmente la durée de mes journées que je dois occuper  avec des activités le moins futiles possible ce qui n’est pas chose facile même pour un génie multicarte comme ma tendre maman m’appelait quand j’étais encore ce charmant bambin de cinq kilos à la naissance qui en pesa d’autant plus par la suite selon une courbe asymptomatique établie jadis par un célèbre pédiatre tombé dans l’oubli ce qui n’était pas sans poser de graves soucis vestimentaires à ma génitrice dans les robes de laquelle je séjournais la plupart du temps perdu.

C’est pas mal mais c’est un peu court, jeune homme ….

Longtemps je me suis levé de bonheur quand j’étais enfant, émerveillé par la nouvelle journée qui s’ouvrait sur les bras affectueux de ma mère et sur les rayons d’un soleil éclatant faisant miroiter l’onde pure de la mer dans cette charmante maison de famille qu’un jour, hélas, pour des raisons qu’il serait fastidieux de Continuer la lecture de Un pastiche, sinon rien !