Archives par mot-clé : Trump

Trois en un

Tibère : Un tyran renfermé, vindicatif et rancunier. Il encourage la dénonciation et récompense les délateurs avec des faveurs de toutes sortes. Les dernières années du gouvernement de Tibère sont des années noires où on pouvait être jugé pour avoir simplement parlé en mauvais termes de l’empereur.

Caligula: Un empereur fou, délaissant et assassinant tous ceux qui ont soutenu son ascension. Il hait le Sénat.  Pour l’humilier, il lui fait adorer son cheval. Il a un comportement instable, et un goût pour la démesure. Il promit qu’il traverserait la baie de Naples à cheval(2), mais en fait il traversa une toute petite baie au Nord-Ouest de Naples sur un pont de bateaux.

Néron : Un empereur paranoïaque, mégalomane, cruel et extravagant qui vise au pouvoir absolu. Il est persuadé qu’il est un génie de la poésie . Il organise des J.O. où il remporte toutes les médailles. Il tue sa mère (entre autres membres de la famille) et met le feu à Rome. Il se suicide pour ne pas subir un coup d’état. Agonisant, il prononce « Quel artiste périt avec moi ! »

Journal de Campagne (10)

Journal de Campagne (10)
Mercredi 25 mars 2020 – 16h47

En Amérique, il s’en passe des choses.

Le Donald trouve que le COVID-19, ça va bien comme ça, que quinze jours de pseudo-confinement, c’est mauvais pour la Bourse — et que si c’est mauvais pour la Bourse, ce n’est pas bon pour lui —  et que l’Amérique doit retourner au business as usual avant Pâques, le 12 avril prochain, et qu’avec un peu de Chloroquine, ça va bien se passer ;

Bien entendu, tous les experts scientifiques, les autorités sanitaires, et les expériences étrangères lui disent que ce serait une folie de lever ou même de ne pas renforcer les mesures de restriction. Les mêmes lui disent aussi que les essais sur la Nivaquine sont encore Continuer la lecture de Journal de Campagne (10)

Scio me nihil scire !

Voilà ce que disait Socrate, du moins quand il acceptait de parler latin. C’est Platon qui nous le dit : « Je sais que je ne sais rien.« 

Adage sympathique, plein de modestie et parfois mal compris. Voyons cela :

Tout d’abord, il ne faut pas s’arrêter au caractère oxymorique — je ne suis pas certain que ce mot existe vraiment —  sinon, on tombe dans l’abyme : en effet, si je sais que je ne sais rien, c’est que je sais au moins une chose (à savoir : que je ne sais rien), donc je ne peux pas dire que je ne sais rien, car si je ne savais rien, je ne saurais même pas que je ne sais rien.

Une autre utilisation erronée, ou même frauduleuse, de cette sentence serait de s’en servir pour se vanter de sa propre ignorance : Je suis comme Socrate : je ne sais rien. (sous entendu : et j’en suis fier !) Cette incommensurable idiotie a été proférée selon de multiples variations. Elle conduit tout droit à une croyance commune — notamment à toutes les formes de populisme, bien qu’elle n’en soit pas le seul chemin — sous-produit indésirable mais inévitable de l’esprit démocratique qui peut s’énoncer ainsi : « Mon ignorance est bien aussi bonne que votre savoir.« 

Non, Socrate ne pouvait pas penser de cette manière, ou alors Wikipedia ne lui aurait pas consacré autant de pages. D’ailleurs, on est Continuer la lecture de Scio me nihil scire !

Tactique contre l’intolérance

Morceau choisi

(…) C’est pourquoi on ne doit pas transiger avec l’injustice, ni se mettre en position d’attente devant le mensonge, ni faire des concessions à la violence ni sa part à l’intolérance. L’intolérance, par définition, ne compte pas sur des arguments, des « échanges d’idées » avec ses adversaires pour s’imposer, mais sur des positions de force, les seules sur lesquelles elle puisse s’appuyer et qu’elle puisse élargir. S’imaginer que si on évite de la brusquer elle va s’apaiser d’elle-même, c’est s’incliner devant un besoin d’expansion par définition insatiable puisque non fondé en droit ni en raison. Cette naïve tactique est un suicide : les préjugés ne sont jamais reconnaissants. 

J-F Revel.  Sur Proust – 1960

Edition spéciale

Voyage au bout de la nuit américaine
Drôle de réveil ce matin.
Une victoire annoncée, de justesse mais certaine, qui se transforme en une défaite cuisante et incontestable…
Malgré les magnifiques discours de Barack, Michelle, Bill…
Malgré la mobilisation de Broadway, d’Hollywood et de la plus grande partie de la presse…
Malgré la vulgarité, le mépris, l’ignorance, l’agressivité, les incohérences, les mensonges du candidat vainqueur…
Malgré les sondages, malgré les vœux de la plupart des autres pays…
Malgré, malgré, malgré…
Tout ça doit bien vouloir dire quelque chose. Mais quoi ?
Montée mondiale du populisme ? Sans doute, mais c’est plus compliqué que ça, comme disent les gens qui veulent faire les malins.
Nous aurons dans les heures qui viennent trente six mille analyses savantes qui nous expliqueront pourquoi il était prévisible que personne n’ait rien prévu.
A ces analyses, je n’ajouterai pas la mienne, du moins pas tout de suite.
Ce matin, je dirai seulement que j’espère que les USA n’entrent pas dans une nuit américaine de quatre années.
J’ajouterai que, après cette élection triomphale d’un candidat que nous prenions pour un clown, après le vote du Brexit mené par un autre clown, nous pour qui les élections approchent, nous devons nous méfier des sondages, et ne rien décider  en fonction de ces âneries scientifiques.
Je termine en souhaitant bon courage et bonne chance à mes amis américains.