Archives par mot-clé : Lorenzo dell’Acqua

Fort Alamo

Une critique de Lorenzo dell’Acqua

Fort Alamo est un roman de Fabrice Caro. Ce n’est pas le premier de cet auteur connu de bandes dessinées qui a en plus un talent rare chez un écrivain : l’humour.

Le thème est simple : toutes les personnes qui irritent le narrateur décèdent dans les minutes qui suivent : AVC brutal, arbre sur le bord de la Nationale où va s’encastrer la voiture qui vient de le doubler, mort subite en tous genres à la sortie du supermarché ou sur son lieu de travail. Qui n’a jamais eu envie de tuer l’automobiliste qui vous a fait une queue de poisson, ou le garçon du Cyrano qui s’obstine à vous ignorer alors que vous aviez prétendu à votre charmante et future conquête y être connu comme le loup blanc, ou cet arrogant qui vous prend pour le préposé du magasin alors que vous lui avez gentiment tenu le Continuer la lecture de Fort Alamo

Sologne du Grand Meaulnes

 Il arriva chez nous un dimanche de novembre 1974 …

La Sologne imaginaire du Grand Meaulnes est entrée dans ma vie un dimanche d’automne et ne m’a plus jamais quitté. Ce pays longtemps rêvé, je l’ai bien connu et j’ai maintes fois parcouru jusqu’au soir tombé les allées sombres de ma Sologne. J’ai vu les étangs gelés couverts de brume et l’envol bruyant des canards sauvages, j’ai attendu immobile le passage des grands gibiers et je fus souvent récompensé, j’ai entendu geindre les grands arbres aux tempêtes de la mauvaise saison, je me suis perdu au plus profond des fourrés et j’ai enfoncé mes bottes, tel un gamin désobéissant, dans les chemins inondés de pluie. Je suis parti mille fois pour une aventure toujours différente où Continuer la lecture de Sologne du Grand Meaulnes

Merci pour le petit déjeuner à Paris

par Lorenzo dell’Acqua

Ce matin, vers cinq heures trente quand je me suis réveillé, il faisait mauvais temps, le ciel était d’un gris ni clair, ni foncé mais uniformément moyen sans le moindre espoir d’éclaircie. Pour un mois de mai, j’ai trouvé que c’était un peu dur. Il aurait pu pleuvoir, cela aurait rempli la nappe phréatique et arrosé les fleurs du jardin, mais non, la météo ne prévoyait pas le moindre risque d’averses pour la journée entière. Il allait donc falloir faire avec.

Vous avez dû remarquer comme moi que quand il fait mauvais temps, cela retentit sur le moral, en tout cas le mien. C’est très ennuyeux parce qu’à mon âge, ce moral n’est déjà pas fameux quand il fait beau. Rien que Continuer la lecture de Merci pour le petit déjeuner à Paris

La Chanson pour Lorenzo (2/2)

LA CHANSON

par
Lorenzo dell’Acqua
(suite)

(…) je n’ai jamais réussi à comprendre les paroles des « tub » de langue anglaise. J’imaginais donc des histoires qui n’avaient aucun rapport avec le sens réel de ces chansons mais qui étaient la traduction des rêves qu’elles me suggéraient. De très belles chansons en français m’ont elles aussi fait rêver bien au delà de leur signification littérale …. :

Ma môme de Jean Ferrat. Ce sont deux prolétaires chers à l’auteur. Ils n’ont pas un sou mais le bonheur les envahit. Le printemps et son soleil inondent la petite chambre de bonne sous les toits de Paris. Ils sont encore dans le lit aux draps défaits, engourdis de caresses profondes et d’ivresses interdites. Ils se sont éveillés au plaisir. C’est un amour naïf et vertigineux. Par la lucarne, on devine Paris qui renaît après les années noires de l’occupation.

Coconut grove des Loving Spoonful. C’est mon ami d’enfance, Jean-Paul, qui Continuer la lecture de La Chanson pour Lorenzo (2/2)

La Chanson pour Lorenzo (1/2)

LA CHANSON

par
Lorenzo dell’Acqua
(suite)

 J’ai aimé la musique qui a été pour moi une forme de poésie et d’évasion. Pourtant, je ne connais même pas les notes ! Mon père, excellent musicien et violoniste, n’a pas jugé utile de nous faire apprendre le solfège ni à jouer d’un instrument. Probablement par égoïsme car il ne fallait surtout pas faire le moindre bruit dans l’appartement afin que ses analysés pensent qu’il n’y avait pas d’autre présence que la leur. J’étais donc condamné à n’être qu’un musicien passif … Cela ne m’a pas empêché d’avoir bien des émotions ! Et je suis même parvenu à déceler la différence entre deux interprétations de la sonate K 87 de Scarlatti : il y a celle, brillante, de Clara Haskil et celle, bouleversante, d’Ivo Pogorelich qui ne raconte pas du tout la même histoire. Virtuosité contre poésie ? Pourtant, il s’agit de la même partition ! Qu’avait donc voulu exprimer son compositeur ?

J’ai adoré la musique classique mais aussi le jazz qui est la vraie musique moderne et la chanson qui est la vraie poésie contemporaine. Alchimie incroyable qui parvient en trois minutes à nous émouvoir, à nous faire rêver et nous emmener ailleurs. Une mélodie, un texte, une voix et le miracle se produit. J’ai été sensible aux chansons qui étaient de vrais poèmes ainsi qu’à d’autres qui se confondaient Continuer la lecture de La Chanson pour Lorenzo (1/2)

Contribution à l’étude des comportements des visiteurs et surtout des visiteuses dans les musées

Courant mars dernier, le JdC avait publié une étude de Lorenzo dell’Acqua sur les étranges comportements des visiteurs et des visiteuses dans les musées. Son titre était « ETUDE DES COMPORTEMENTS DANS LES MUSÉES ». Lorenzo a repris son étude, il l’a corrigée, étoffée, améliorée et allongée. Malgré cela, il lui a donnée un titre plus modeste que celui de l’étude d’origine.  C’est cette version (finale ?) que le JdC vous présente aujourd’hui.

 

Contribution à l’étude des comportements des visiteurs
et surtout des visiteuses dans les musées

par le Docteur Lorenzo dell’Acqua

Chapitre I : Les visiteurs, étude individuelle

 Bien qu’interrompues par les confinements successifs et les séjours au bord de la mer en famille, mes campagnes d’exploration des musées parisiens se sont succédées à un rythme croissant au cours de ces dix dernières années et ont atteint le chiffre record de cent vingt cinq en 2024 (soit un jour sur trois). Cette fréquentation exponentielle était motivée par mon émerveillement devant ces analogies entre les visiteurs et les tableaux qui n’en finissaient pas de se renouveler et que j’étais peut-être le premier à voir.  Continuer la lecture de Contribution à l’étude des comportements des visiteurs et surtout des visiteuses dans les musées

Comment lutter contre l’insomnie ?

Les conseils du Père Coutheillas de Jardin

 Comment lutter contre l’insomnie ?

par Lorenzo dell’Acqua

Je ne sais pas si je dois le remercier ou non. Je lui avais raconté que je souffrais d’insomnie et que je trouvais cela très pénible. Après avoir comptabilisé sans le moindre résultat plus de deux cent cinquante mille ovins de passage sur mon balcon, j’avais essayé de lire La Recherche en allemand et à l’envers comme il me l’avait conseillé. Peine perdue ;  cette technique ne marchait pas non plus. Immuablement, je me réveillais à 3 ou 4 heures du matin quelle que fut l’heure à laquelle j’avais éteint ma lumière la veille, en général assez tôt en raison de ma fatigue due à mes dépenses physiques de la journée chiffrées sur mon smartphone à environ 7 ou 8 kilomètres à pied. Et à 4 heures du matin, je ne parvenais plus jamais à me rendormir. Pas la moindre Continuer la lecture de Comment lutter contre l’insomnie ?

Un pastiche, sinon rien !

Par Lorenzo dell’Acqua

« Le 51 ème pastiche de Lorenzo, ça s’arrose »
Il s’agit de la même scène mais vécue par Lorenzo, l’artiste et le poète si cher à NRCB.

 Longtemps je me suis levé de bonne heure et ça continue et c’est très pénible à mon âge parce que ça augmente la durée de mes journées que je dois occuper  avec des activités le moins futiles possible ce qui n’est pas chose facile même pour un génie multicarte comme ma tendre maman m’appelait quand j’étais encore ce charmant bambin de cinq kilos à la naissance qui en pesa d’autant plus par la suite selon une courbe asymptomatique établie jadis par un célèbre pédiatre tombé dans l’oubli ce qui n’était pas sans poser de graves soucis vestimentaires à ma génitrice dans les robes de laquelle je séjournais la plupart du temps perdu.

C’est pas mal mais c’est un peu court, jeune homme ….

Longtemps je me suis levé de bonheur quand j’étais enfant, émerveillé par la nouvelle journée qui s’ouvrait sur les bras affectueux de ma mère et sur les rayons d’un soleil éclatant faisant miroiter l’onde pure de la mer dans cette charmante maison de famille qu’un jour, hélas, pour des raisons qu’il serait fastidieux de Continuer la lecture de Un pastiche, sinon rien !

Les tribulations d’un muséomane en automne

 ou

Ma théorie du paratonnerre

par Lorenzo dell’Acqua

Hier, ce fut une journée paratonnerre. Paratonnerre est une expression de Max pour qualifier l’accumulation de pépins de santé chez une même victime qui évite à d’autres d’avoir ces mêmes pépins selon la théorie des vases communicants. Vous avez deviné que mon ami Max est plutôt un littéraire. La mienne, aussi discutable et farfelue que la sienne, concerne les emmerdements.
Nous sommes donc partis ce samedi matin ma femme et moi avec pour objectif l’exposition Condo au MAM. Ce peintre américain contemporain dont j’ignorais l’existence avent ma première visite est dans la mouvance Basquiat mais à mon avis plus intéressant car plus varié. Cela dit, même si j’en avais les moyens, je n’en mettrai pas dans mon salon… D’abord, arrivés dans la rue, il pleuvait et nous n’avions pas pris de parapluie (1). Avec l’âge, je ne supporte plus d’avoir la tête mouillée et surtout mon abondante chevelure. Le métro ligne 6 n’a pas posé de problèmes : il n’y avait pas grand monde et nous étions assis. Un peu de marche ne nous effrayant pas (trop), nous anticipons et descendons à Trocadéro pour rejoindre ensuite le musée à pied. La pluie a cessé. Passage obligatoire dans Continuer la lecture de Les tribulations d’un muséomane en automne