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Carnet d’écriture (25) – Jimini Cricket et Moi

Go West !
Ah ! Go West ! Intéressant, Go West !, probablement le plus personnel de mes écrits. Bien sûr, avant Go West !, j’avais raconté quelques souvenirs personnels, mais c’était seulement dans des textes courts qui recherchaient plutôt l’anecdotique et l’humour que le récit narratif. Bien sûr, dans des textes plus longs, il m’est arrivé de plus ou moins m’investir dans des personnages de fiction. Chacun sait en effet, et surtout depuis que Proust l’a dit, que dans tout personnage de fiction, il y a un peu de son auteur, comme dans Emma Bovary pour Flaubert, ou beaucoup, comme dans le Narrateur de la Recherche pour le petit Marcel. Mais, en ce qui me concerne, je crois plutôt que si, jusqu’à présent, j’avais mis un peu ou beaucoup de moi dans un personnage, c’était à la fois involontaire et inévitable, parce qu’on écrit avec son histoire et avec son âme, mais sans désir conscient de s’exposer, en quelque sorte à l’insu de son plein gré.
Pour Go West !, c’est petit à petit que je me suis investi dans le personnage.

<<>> Petit à petit ? Tu es sûr ? Moi, je crois que c’est d’un seul coup que tu t’y es mis ! Peut-être pas dès le début, mais d’un seul coup. Je suis persuadé qu’un Continuer la lecture de Carnet d’écriture (25) – Jimini Cricket et Moi

Marilyn aurait cent ans

Hier, Marylin Monroe aurait eu cent ans. C’est l’occasion pour les média de célébrer le monument hollywoodien que fût et qu’est encore cette jeune femme, à la fois joyeuse et névrosée, splendide et ravissante — c’est loin d’être la même chose.
Chacun y va, de façon sympathique ou racoleuse, d’un rappel de ses qualités sous-estimées de comédienne, de ses défauts d’enquiquineuse de plateau, de ses amours célèbres et de ses amitiés fidèles, et surtout, surtout, des circonstances de sa mort.
Malgré ses tendances parfois historiquement complotistes, j’aime bien et j’écoute régulièrement la demie heure quotidienne que Continuer la lecture de Marilyn aurait cent ans

A votre avis ? 

Depuis sa parution chez Amazon, le dernier livre de Coutheillas, Go West ! , s’est vendu à 20 exemplaires. C’est peu quand on fait la comparaison avec Blind Dinner (57 exemplaires) et pas si mal quand c’est avec Les Trois premières fois (18) qu’on le compare. Mais de toute façon, ce n’est pas assez. Pourtant, la critique est bonne et deux excellents avis ont été publiés sur Amazon. Si, si ! Vous pouvez vérifier ! Pour ne pas embarrasser leurs auteurs, je les reproduis ci-dessous non signés. 

B.N.
Palpitant
Un très beau roman, mâtiné d’autobiographie, de l’affrontement par un adolescent passant à l’âge adulte des réalités américaines des années 60 : la route, les voitures, les femmes, les hommes, les Kennedy, Marylin (des révélations d’actualité au moment où l’on célèbre ici sa mémoire), de l’alcool, de la drogue, des hippies, bref, un milieu et une culture qui lui sont parfaitement étrangères. Histoire aussi d’une rupture amoureuse mélancolique.
Une très belle écriture aussi, vive, acérée, qui vous porte de page en page et de chapitre en chapitre.
Sans doute la plus belle réussite du talentueux auteur de l’  « Histoire de Dashiell Stiller » et de « Blind Dinner » qui nous avaient tant marqués.

M.B.
Le rêve américain existera toujours
Go west roman passionnant qui se lit d’un seul trait, vécu par un étudiant français pour réaliser son rêve américain
Il nous plonge dans les années 62 avec la curiosité de sa jeunesse et l’expérience Continuer la lecture de A votre avis ? 

Remerciements 

Go West ! vient de sortir chez Amazon. Ce huitième livre est à la fois un récit d’aventures, une histoire d’amours et un roman d’apprentissage. Malgré la part de fiction qu’il contient, c’est sans aucun doute le plus personnel et le plus intime mes écrits. C’est aussi le plus chaud. 

Cette première édition de Go West ! ne comporte pas de page réservée aux remerciements traditionnels : « à mon épouse, sans qui etc…» ou bien « à Jeff Bezos, créateur d’Amazon, qui a évité à Gallimard d’avoir à me publier » ou encore « à Charles Dickens pour ses précieux conseils ». C’est un oubli de ma part et je vais le réparer dès à présent. Donc, merci…

  • à Patrick B., AKA Paddy, pour avoir accepté de figurer sur la couverture et m’en avoir procuré la photographie 
  • à J.L.B., alias JP, pour en avoir été le probable photographe
  • à Hervé M. perdu de vue depuis soixante  ans, pour m’avoir entraîné dans cette aventure
  • à Bill B. pour sa sérénité, sa générosité et son hospitalité sans défaut. 
  • aux Flying Tiger Lines pour m’avoir transporté aux Amériques et retour sain et sauf malgré un déplorable indice de sureté
  • à Cal, Tom, Ron, Julius et les autres, ces automobilistes et ces routiers qui, pour quelques heures ou quelques jours, m’ont offert hospitalité, sandwiches, cokes et plus si affinités 
  • à Carol, Tavia, Joy, Mansi et Patricia sans oublier Ms Sherman-Vance ni la cinglée du motel, ces américaines qui m’ont fait Continuer la lecture de Remerciements 

Vous l’avez lu, vous, Go West ! ?

Moi, je l’ai lu. En entier. Tout. J’ai tout lu. Deux fois. Et même trois pour certains passages.

C’était chouette ! Ça m’a rappelé des souvenirs ! Par moment, je m’y croyais.

Forcément, c’est moi qui l’avais vécu.

Ça m’a bien plu quand même !

Forcément, c’est moi qui l’ai écrit.

Alors maintenant, forcément, j’essaie de le vendre.

Sur Amazon !

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Go West ! C’est combien ?

Go West, c’est

1 prologue

26 chapitres

1 épilogue

145.885 mots

832.351 caractères

17.920 lignes

450 pages

(Ça parait beaucoup comme ça, mais en réalité ça ne fait que sept-cents minutes de lecture, une douzaine d’heures — toujours ça de pris sur les écrans — une petite semaine à temps partiel, autant dire rien du tout.)

Go West !, c’est aussi des milliers de miles en autostop à travers l’Amérique de Kennedy, des tonnes de poussière, des paysages somptueux, des hôtels, des motels, des piscines, des canyons, des déserts, des plages, des rencontres avec des hommes remarquables et avec des femmes étranges…

J’allais oublier : Go West !, c’est 12 euros sur Amazon.

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Go West ?

Un avion avec couchettes, une Ford jaune décapotée, un vieux camion plein de pastèques, un bus Greyhound en deux parties, une Hudson à 8,33 dollars, une Coccinelle à la chasse, un tout petit cabriolet, une Rolls-Royce, des pick-ups à foison, une Corvette pour une bouchée de pain, une voiture for official use only, une autre Coccinelle, une Cadillac rose bonbon, une Lincoln de président, une dernière Coccinelle…

Une veste en daim anachronique, un drapeau français, une pancarte en carton, une paire de menottes, un calibre 38, un grand trou dans la terre, un sapin sur la route, un cheval de Troie, un permis de conduire encombrant, cent dollars de malentendu, un joli petit dictaphone, un gros moteur à piston libre, un grand bain dans une petite baignoire, une grenouille en argent, des gouttes de mercure qui tombent vers le haut, un avion qui tombe vers le bas, un motel sous la pluie, une chambre à Manhattan…

Un Républicain sectaire, un Sudiste ouvert, un commandant de bord autoritaire, un Texas Ranger effrayé, un électricien indécis, un généreux géologue, un Mormon pompiste, un flic agent double, un fumeur de joint maladroit, un bon gros géant noir, un gamin jaloux, un guitariste chauve, un pilote suspendu, un douanier soupçonneux et un père pas très content…

Une hôtesse de l’air qui pose un lapin, une cinglée dans un motel, une fille nue dans un canyon, une étoile morte, une fan de Gregory Peck, une veuve à moitié indienne, une terreur du blackjack, une danseuse en modèle réduit, une grand-mère désespérée, une héritière de mauvais poil et une jeune fille de bonne famille…

Go West !, c’est tout ça ! Et un peu plus encore…

Et on le trouve sur Amazon !

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Sur la route

Quand soixante ans ont passé, que reste-t-il de quatre mille kilomètres parcourus en quatre jours à travers les États-Unis dans une vieille Cadillac rose ?

(…) Je me rends compte que de ce voyage avec Julius, je n’ai gardé que peu de souvenirs précis et je me demande aujourd’hui ce qui m’est resté de ces milliers de miles parcourus et de cette douzaine d’États traversés. Quelques images, peut-être… Images de déserts, gris dans la lumière des phares, roses dans celle de l’aurore ; d’ennuyeuses plaines, mollement onduleuses et couvertes d’herbes basses jaunies sous le soleil, ou désespérément plates et quadrillées de forêts de maïs ; des stations-services bigarrées, désertes, comme abandonnées, ou affairées comme des ruches ; des motels, des bars, des restaurants de bord de route disparaissant dans le rétroviseur ; d’immenses supermarchés glacés et de gigantesques parkings au bitume tremblant de fièvre ; un contrôle policé de la Highway Patrol ; des bourgs endormis aux enseignes inutiles, des banlieues frémissantes aux premières heures du matin, des villes apoplectiques sous la chaleur de midi ; un interminable nuage de hannetons traversé à grand bruit ; des stoppeurs par dizaines, abandonnés à leur sort ; un camion en flammes, la nuit, sur le pont d’Omaha ; la ligne crénelée de l’horizon à l’approche de Chicago ; un réveil cotonneux face au Continuer la lecture de Sur la route

Mélange des genres

Le texte ci-dessous est un extrait de Go West !, récit des aventures, petites et grandes, vécues au cours de l’été 62 par un autostoppeur français aux États Unis. A cette époque, le narrateur n’a pas encore vingt ans. Son périple est jalonné de rencontres féminines plus ou moins réussies. A Barstow, une femme l’accueille dans sa baignoire. Ce qui vient de s’y passer lui inspire quelques réflexions. 

(…) Nous nous étions mélangés sans paroles ni tendresse, mais dans une sorte de calme naturel, confiant, déterminé et, somme toute, plutôt gai. Tout cela était à mille lieues des approches hésitantes, prudentes, souvent habillées d’un romantisme affecté, que je pratiquais quand les choses pouvaient devenir sérieuses avec une gentille de passage. Comme elle le ferait souvent par la suite et, à y réfléchir, comme toutes celles que j’avais rencontrées depuis le début de ce voyage, Nancy avait pris toutes les initiatives. Et à présent, elle était assise, certes à demi nue, mais aussi impassible que Continuer la lecture de Mélange des genres