Après la Caverne de Platon, dans sa série « Comment briller en société sans forcément parler de la famille », le Journal des Coutheillas vous offre aujourd’hui: « Le Chaudron de Freud » en version abrégée, facile à retenir, que vous pourrez aisément étoffer afin de passer pour un brillant causeur. Allons-y :
A emprunte un chaudron de cuivre à B.
Une fois qu’il l’a rendu, B fait traduire A en justice en l’accusant d’être responsable du gros trou qui se trouve maintenant dans le chaudron, et qui rend l’ustensile inutilisable.
A présente sa défense en ces termes :
–Primo, je n’ai jamais emprunté de chaudron à B
–Secundo, le chaudron avait déjà un trou lorsque B me l’a donné
–Tertio, j’ai rendu le chaudron en parfait état.
(Tiré de ‘Le Mot d’esprit et sa relation à l’inconscient’ – Freud)
Voici maintenant la version originale, plus élaborée, forcément :
Ludwig emprunte ein Kupferkessel à Franz.
Une fois qu’il l’a rendu, Franz fait traduire Ludwig en justice en l’accusant d’être verantwortlich du große Loch qui se trouve maintenant dans le Kupferkessel, et qui rend l’ustensile unbrauchbar.
Ludwig présente sa Verteidigung en ces termes :
- Erstens, je n’ai Niemals emprunté de Kupferkessel à Franz
- Zweitens, le Kupferkessel avait déjà un Loch lorsque Franz me l’a donné
- Dritte, j’ai rendu le Kupferkessel einwandfreiem Zustand
(Ach ! Ludwig ! Du filou !)
Ça sonne mieux mais c’est moins clair, pas vrai ?
Hier, mercredi, j’ai emmené Lili au parc à jeux du Jardin du Luxembourg. L’endroit est pratiquement désert dans cette matinée un peu froide. Lili joue avec enthousiasme, sautant d’une attraction à une autre. Mais finalement, elle passe l’essentiel de son temps sur une « tyrolienne » trop grande pour elle. Pendant un long moment, il n’y a qu’elle et un garçon de deux ou trois ans de plus qu’elle à utiliser les perches. Sans se regarder ni se parler, on voit bien que chacun ne se démène que pour impressionner l’autre. Du fait de la petite taille de Lili, je joue le rôle du perchman en l’aidant à monter sur l’estrade et à saisir les perches. À chacun de ses passages, tandis que je regarde Lili s’éloigner le long du câble, debout à côté de moi pour attendre son tour, le petit garçon me raconte quelque
(…) C’est pourquoi nos retrouvailles furent plus douces que je ne craignais. Il m’a engueulé brièvement, annoncé que, ce soir, nous irions diner chez Lipp et il est retourné à son bureau. J’ai pris un bain en écoutant la radio. Les informations de 5 heures annonçaient que des missiles russes d’une portée de 2000 kilomètres approchaient de Cuba et je me suis endormi.