Archives par mot-clé : Luxembourg

La planche et les deux canards, fable luxembourgeoise

Rediffusion

Bonjour !

Il est 8h49 et, ce matin, mon bureau, c’est la Fontaine Médicis du Jardin du Luxembourg. C’est assez rare que je vienne m’installer en cet endroit, souvent humide et froid. Mais en cette matinée du 14 juin, à cette heure, la température est idéale pour écrire une fable. Vous allez voir.
J’aime bien cette eau en pente qui semble glisser vers Polyphème surprenant Galatée dans les bras d’Acis. Ce matin, l’eau de la fontaine est noire, un effet de l’éclairage sans doute, et mis à part les imperceptibles ondes concentriques qui entourent trois canards endormis, elle est sans ride. Et la fable ? J’y viens.

Contrairement aux canards de Sologne dont on sait qu’ils s’envolent à l’aube par-dessus les ajoncs dans le soleil levant, le canard parisien n’est pas matinal. Ils sont trois à flotter comme des épaves, comme ça, le bec sous l’aile. Ils dorment. Hésitante, une planche remonte lentement à la surface. D’où vient-elle ? Que faisait-elle au fond ? Pourquoi a-t-elle décidé Continuer la lecture de La planche et les deux canards, fable luxembourgeoise

La cour de Petra

Vous voyez ce petit coin de Luxembourg sur la photo ? Pendant quelques années, vers la fin des années 50, au début des 60, ce fut notre coin, à nous, notre territoire.

Ce n’est pas que personne d’autre n’avait le droit d’y venir.  Combien de fois n’y suis-je pas arrivé, déçu de voir que la place était occupée par des intrus, des gens de passage, des inconnus ? Mais, sans que nous n’y ayons jamais exercé notre droit de préemption, ce coin était à nous.

Nous, c’était Continuer la lecture de La cour de Petra

Du côté des tennis

Les tennis du Luxembourg sont fermés depuis le mois de mars 2023. Cinq mille adhérents sur le carreau, contraints de se rabattre sur la pétanque dans la partie humide du jardin, sur la boxe franco-thai du coté du Musée ou sur les échecs du coté de l’Orangerie, les régates de voiliers sur le bassin leur étant interdites pour dépassement de la limite d’âge. 

Et pourquoi cela, s’il vous plait ? Les courts ne seraient-ils plus en état ? Pas du tout. Le bruit des balles empêcheraient-il  les sénateurs de faire leur sieste. Plus depuis qu’on leur a mis du triple vitrage à cet effet. Les ahanements nadaliens de certains joueurs ou joueuses viendraient-ils troubler les âmes prudes  de passage ? Absolument pas, ces dernières ayant Continuer la lecture de Du côté des tennis

Quelques pas dans un jardin 

Juin…
Sur le Luxembourg, il n’a pas plu depuis un mois et le sol est poudreux.

Un orchestre s’installe sous le kiosque. Pour les musiciens, hommes et femmes confondus, c’est pantalon noir, chemise blanche et gilet vert pomme.  Tout autour, dans un grand raclement de chaises lourdes, les premiers badauds s’installent. Certains se reconnaissent et échangent de gentilles banalités. Une jeune fille distribue le programme musical :
— Désolé, mademoiselle, je ne reste pas, je n’ai pas le temps.
Pas le temps ? Un dimanche matin ? Mais pourquoi donc ? Qu’est-ce que je peux bien avoir d’autre à faire ?

Sur l’eau, de grands voiliers commandés en régate louvoient entre de petits bateaux sans capitaine. Sous l’eau claire, de gros poissons longent en bande Continuer la lecture de Quelques pas dans un jardin 

Le parc à jeux

Déjà publié en 2016, mais dans ce domaine, rien ne change jamais beaucoup.

A l’intérieur de l’enclos, il y a bien une centaine d’enfants et presque autant de parents, grands-parents, baby sitteuses et bonnes du quartier. Selon l’âge et le tempérament des gamins, on les trouve accrochés à des passerelles de bois, agrippés à des Tours Eiffel de cordes entrelacées ou suspendus à des

PARC A JEUXtyroliennes sécurisées. Ou alors, ils glissent dans des tubes inclinés, ils courent sur des cylindres brillants ou ils chevauchent des Continuer la lecture de Le parc à jeux

¿ TAVUSSA ? (75) – Les placards du Luxembourg (encore ?)

Les placards du Luxembourg
(encore ?)

En termes journalistiques on appelle ça un marronnier. Ça désigne un évènement qui revient chaque année, comme la floraison des arbres du même nom. 

Alors ça, pour être un marronnier, c’est un marronnier ! D’abord, ça se passe en limite du jardin du Luxembourg, célèbre notamment pour cette essence d’arbre si caractéristique de la capitale. Ensuite, ça se répète plusieurs fois chaque année. C’est un marronnier quatre saisons. 
Et cette année, les revoilà, les placards !

Les revoilà, ces photos, vilains chromos fignolés, aux sujets galvaudés, aux couleurs écoeurantes.

Les revoilà, ces photos dont on se demande par quelle Assemblée de Notables à Barbichettes et de Secrétaires de Mairie Hyper-Sensibles elles ont été choisies ! 

Mais, que voulez-vous ? Le badaud s’extasie, il Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (75) – Les placards du Luxembourg (encore ?)

Les petits bruits du matin calme

Eh bien, on peut dire que j’aurais commencé ce premier jour de l’année comme je l’ai fait pour beaucoup d’autres ces temps-ci : au Luxembourg, assis sur une chaise froide de la République, le dos tourné au Sénat, face au grand bassin, avec la coupole de l’Observatoire qui se découpe au loin sur le ciel aujourd’hui bleu léger et le soleil de trois -quarts qui me chauffe la joue et la cuisse gauches. Cette cuisse, je l’ai croisée sur la droite, ce qui me donne un air élégant dont la touche finale est apportée par l’iPad qui est installé dessus. Le gobelet en carton que j’ai posé sur la chaise voisine et qui contient encore un fond de café froid justifierait en cas de besoin aux yeux d’un gardien trop zélé le port anarchique du masque chirurgical sous le menton.

Comme chaque matin en m’installant ici, j’avais l’intention de produire quelques lignes, une dizaine, pour le Cujas, mais « Ah ouat ! » comme disait le Boubouroche de Courteline, j’ai bien le temps. Le chapitre 9 est Continuer la lecture de Les petits bruits du matin calme