Le temps qu’il fait

Dès le matin, la tête encore tournée contre le mur et avant d’avoir vu, au-dessus des grands rideaux de la fenêtre, de quelle nuance était la raie du jour, je savais déjà le temps qu’il faisait. Les premiers bruits de la rue me l’avaient appris, selon qu’ils me parvenaient amortis et déviés par l’humidité ou vibrants comme des flèches dans l’aire résonnante et vide d’un matin spacieux, glacial et pur ; dès le roulement du premier tramway, j’avais entendu s’il était morfondu dans la pluie ou en partance pour l’azur. Et peut-être ces bruits avaient-ils été devancés eux-mêmes par quelque émanation plus rapide et plus pénétrante qui, glissée au travers de mon sommeil, y répandait une tristesse annonciatrice de la neige, ou y faisait entonner, à certain petit personnage intermittent, de si nombreux cantiques à la gloire du soleil que ceux-ci finissaient par amener pour moi, qui encore endormi commençais à sourire et dont les paupières closes se préparaient à être éblouies, un étourdissant réveil en musique.

La Prisonnière – A la Recherche du temps perdu – Marcel Proust

5 réflexions sur « Le temps qu’il fait »

  1. J’alimente la machine, je nourris le Moloch. Peut-être m’en sera-t-il reconnaissant…
    Ceci dit, je ne suis pas tout seul.
    Et comme disent les flics américains quand ils arrêtent quelqu’un : « Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous. »

  2. On est bien d’accord, ?c’est du niveau classe préparatoire ce resume … pas à Normal sup , a l’école primaire…
    Quant au «  à la manière de «  c’est ça , un ersatz pas mal troussé, mais sans l’acuité de l’original … ceci étant c’est vertigineux , cette vitesse de restitution et en chatant , tu alimentes la machine…

  3. Et maintenant, le résumé :
    «Dès le matin, avant même d’ouvrir les yeux, l’auteur perçoit le temps qu’il fait grâce aux bruits de la rue. Ces bruits, modifiés par l’humidité ou la clarté, lui indiquent la présence de pluie, de neige ou de soleil.»

  4. J’ai soumis le texte ci-dessus à l’intelligence artificielle intégrée dans mon iPad en lui demandant de le réécrire de manière concise. Voici ce que cela a donné :
    «Avant même d’ouvrir les yeux, je savais le temps qu’il faisait. Les bruits de la rue me le disaient : étouffés par l’humidité ou clairs et vibrants par un matin glacial et pur. Le roulement du tramway me révélait s’il était trempé ou prêt à filer vers le ciel bleu. Parfois, une sensation plus rapide et plus intense traversait mon sommeil, annonçant la neige ou remplissant mes rêves de chants solaires. Ces rêves me réveillaient avec un sourire, les paupières prêtes à être éblouies par la lumière.»
    Ce qui est étonnant, c’est que ça n’est pas idiot du tout. et pourtant, ce n’est pas facile de résumer Proust.

  5. Et dire que d’aucun(s?)croient que l’IA peut tout régurgiter ,à l’identique…
    Il est vrai que le «  petit Marcel » sera bien oublié quand les algorythmes auront pris définitivement le contrôle de notre temps de cerveau disponible comme disait l’autre….

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