Hier, mercredi, j’ai emmené Lili au parc à jeux du Jardin du Luxembourg. L’endroit est pratiquement désert dans cette matinée un peu froide. Lili joue avec enthousiasme, sautant d’une attraction à une autre. Mais finalement, elle passe l’essentiel de son temps sur une « tyrolienne » trop grande pour elle. Pendant un long moment, il n’y a qu’elle et un garçon de deux ou trois ans de plus qu’elle à utiliser les perches. Sans se regarder ni se parler, on voit bien que chacun ne se démène que pour impressionner l’autre. Du fait de la petite taille de Lili, je joue le rôle du perchman en l’aidant à monter sur l’estrade et à saisir les perches. À chacun de ses passages, tandis que je regarde Lili s’éloigner le long du câble, debout à côté de moi pour attendre son tour, le petit garçon me raconte quelque chose :
— Je n’habite pas ici, moi. J’habite Nice.
— Ah oui ?
— C’est mon tonton qui habite ici. `
— Ah bon !
Au tour suivant :
— J’ai eu trois 20 en évaluation
— Ah ! Mais c’est très bien ça !
Encore un tour :
— Tout à l’heure, avec mon Tonton, je vais déjeuner au dernier étage de la Tour Eiffel !
— Tu en as de la chance !
— Hé ! C’est pas de la chance, j’ai eu trois 20 en évaluation !
Ben oui, quoi !
1) On n’a rien sans rien ;
2) J’y ai droit, j’y ai droit !