Archives par mot-clé : Philippe

En escrivant cette parole, à peu que le cœur ne me fend !

« CNews a été pour la première fois en tête des chaînes d’information en 2025, devant BFMTV. »
(La Presse, fin décembre 2025)

Encore un petit effort ! Encore un petit coup de pouce de Sarkozy, encore une exigence de Faure,  encore une naïve roublardise du Pingouin, une vacherie de Fillon, un lâché de de Villepin, une ânerie écolo et on y sera ! On y sera, au pays de la vraie droite, bien dure, bien bête. On y sera, au pays dont on ne revient pas.
On commencera par avoir pour Président un clone de délégué commercial de chez Arts et Fenêtres entièrement fabriqué par l’I.A. sur imprimante 3D. Mais bientôt, devant sa vacuité, ne tarderont pas à venir tirer sur ses fils depuis les coulisses tous les Garaud, les Juillet, les Frey, les Pasqua d’aujourd’hui, ceux qui consultent, conseillent et concoctent depuis des années.

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N.B. : Le titre est de François Villon (1431-1463)- Je plains le temps de ma jeunesse

Carnet d’écriture (15) – Philippe aux Philippines

Oui Je me souviens que mon père adorait les amandes vertes. Quand j’étais petit, à la maison, il y en avait très souvent. Moi aussi, j’aimais beaucoup les amandes vertes, mais c’était un calvaire de les dégager de leur coque. Qu’on utilise un couteau ou un casse-noix, l’opération était difficile et parfois dangereuse. Mais quand on y était parvenu sain et sauf, quel plaisir de sortir la graine (ou bien serait-ce le fruit ?) de sa coque et de la croquer avec ou sans sa fine peau marron !
Il arrivait parfois qu’à l’intérieur de la coque la graine (ou le fruit) soit double et c’est là que ça devenait intéressant. On disait alors qu’il y avait « Philippines« . Celui qui avait mis au jour les graines jumelles devait les partager avec une autre personne de la tablée. Le lendemain matin, celui des deux qui disait le premier à l’autre « Bonjour Philippines ! » avait gagné le droit de recevoir un baiser ou un cadeau de l’autre. Charmante coutume aujourd’hui tombée en désuétude comme la plus grande partie de la civilisation pré-internetienne que nous avons connue.

Il pourrait être intéressant de rechercher pourquoi Continuer la lecture de Carnet d’écriture (15) – Philippe aux Philippines

Carnet d’Écriture (14) – Excipit ou Comment s’en sortir

Tout le monde sait ce que c’est qu’un incipit. Ah ! Le fameux Longtemps, je me suis couché de bonne heure ! D’ailleurs j’en ai parlé dans le onzième numéro de ces Carnets d’Écriture. Vous vous rappelez peut-être qu’au joyeux temps du confinement, j’en avait fait un jeu littéraire, tentative oulipienne rapidement dévoyée par certains. Mais passons. Donc, un incipit, on sait ce que c’est. Mais un excipit ? 

Symétrique de l’incipit, on trouve l’excipit  à l’autre bout d’une œuvre littéraire. Le mot savant en désigne les dernières lignes. Ah ! Le moins fameux : Si du moins il m’était laissé assez de temps pour accomplir mon œuvre, je ne manquerais pas de la marquer au sceau de ce Temps dont l’idée s’imposait à moi avec tant de force aujourd’hui, et j’y décrirais les hommes, cela dût-il les faire ressembler à des êtres monstrueux, comme occupant dans le Temps une place autrement considérable que celle si restreinte qui leur est réservée dans l’espace, une place, au contraire, prolongée sans mesure, puisqu’ils touchent simultanément, comme des géants, plongés dans les années, à des époques vécues par eux, si distantes – entre lesquelles tant de jours sont venus se placer – dans le Temps.

Ne faites pas le malin et ne me dites pas que Continuer la lecture de Carnet d’Écriture (14) – Excipit ou Comment s’en sortir

Carnet d’Écriture (13) – Haro sur Hidalgo

(…) Voilà donc ce que m’avait dit mon père par cette belle matinée de printemps alors que nous attendions la sortie des classes devant le Cour Desir.
Bien que la connaissance de cette curiosité citadine ne m’ait jamais servi à rien, je l’ai conservée précieusement dans un coin de mon cerveau, comme on garde dans une vielle boite à cigare la montre LIP irrémédiablement figée à 9 heures 17 que vous a laissée votre oncle Archibald. Mais un jour…

Mais un jour… Un jour qu’était pas fait comme les autres, un jour que vous cherchez un sujet pour une belle histoire à raconter qui puisse étonner le lecteur blasé de Télérama, instruire les enfants abandonnés à leur ignorance par l’Éducation Nationale, et sortir de l’embarras le chauffeur de taxi malgache, un jour donc, les bulles de souvenir de cette incongruité urbanistique remontent à la surface de votre marais cérébral comme les feux follets dans un marécage poitevin , et vous vous dites in petto « Merci Papa ».

Plus simplement, un jour vous vous dites « Tiens, j’avais oublié : les quarante premiers numéros de la rue de Rennes n’existent pas ! C’est mon père qui m’avait dit ça.» Pour peu que vous soyez un peu à court de horions à lancer sur Anne Hidalgo, vous sentez confusément qu’il y a là une mine de possibilités pour la couvrir d’opprobre et de ridicule. Alors, vous vous Continuer la lecture de Carnet d’Écriture (13) – Haro sur Hidalgo

Go West ! (120)

(…) C’est pourquoi nos retrouvailles furent plus douces que je ne craignais. Il m’a engueulé brièvement, annoncé que, ce soir, nous irions diner chez Lipp et il est retourné à son bureau. J’ai pris un bain en écoutant la radio. Les informations de 5 heures annonçaient que des missiles russes d’une portée de 2000 kilomètres approchaient de Cuba et je me suis endormi.  

Voilà, c’est tout. C’est comme ça que se termine l’histoire de mon été 62. Il n’y a pas de chute parce que dans la vraie vie, il n’y en a pas non plus ; des hasards, des coïncidences, mais pas de chute, pas de dénouement, pas de retournement, pas de morale ; un conte, sans signification, raconté par idiot ; c’est ça la vie.

Fin

Épilogue

On pourra trouver décevant qu’un récit aussi picaresque s’achève ainsi, par le mièvre tableau d’une famille enfin réunie dans un appartement du 14ème arrondissement de Paris. Après tant d’aventures et de rebondissements romanesques diront certains, on pouvait s’attendre à quelque chose de plus sensationnel que le tableau émouvant de quatre personnes s’embrassant autour d’une table de salle manger. À ceux-là, je rappellerai que la vie n’est pas un roman et que la platitude de la fin de mon récit est une preuve de plus de sa véracité.

Bien sûr, j’aurais pu inventer Continuer la lecture de Go West ! (120)

On demande à voir…

DÉTECTIVE  
On demande à voir !

Depuis que l’on annonce la fin programmée de cet immense récit qu’est devenu Go West ! au fil des épisodes, on espère que le dénouement de cette aventure, ou tout au moins son épilogue ou alors, à défaut, une  note de bas de page apporteront les réponses aux questions que tout lecteur attentif de ce monument est en droit de se poser.

Car enfin : 

Go West ! (119)

(…)Quand je sors des toilettes, JP est à la porte. Il râle :
— T’en a mis un temps ! Qu’est-ce que t’as fichu ?
— Rien !
En même temps, je tire sur ma ceinture pour qu’il puisse voir le revolver plaqué contre mon bas-ventre. Ça le fait rigoler.
— Ben alors bonne chance, mon vieux ! Moi, je ne te connais pas !

L’avion s’est posé à 11 heures 30. A 11 heures 50, nous passions le contrôle de police et deux minutes plus tard, la douane. Je commence à transpirer. JP arrive devant le douanier juste avant moi. Le douanier lui fait signe d’avancer. C’est mon tour.
— Quelque chose à déclarer ?
— Euh, non. Rien.
Le parcours à pied que nous avons fait depuis la descente de l’avion jusqu’au guichet de la douane a déplacé le P. 38. Il ne me gêne pas vraiment mais ça lui permet de se rappeler à ma mémoire. Une sueur froide coule sous mes aisselles. En plus, avec mon pull et ma veste boutonnée, je commence à avoir vraiment chaud.
— C’est votre bagage ? Ouvrez-le s’il vous plait. Continuer la lecture de Go West ! (119)

Regrets éternels !

L’ECHO DES SAVANES
La fin programmée de Go West ?

Comme c’est dommage ! On commençait juste à s’y faire, à cette parution chaotique  des aventures décousues de ce narrateur post-adolescent. On commençait à bien l’aimer, ce personnage dont le prénom, bien qu’il soit le même que celui de l’auteur, en cache probablement un autre. Il nous était devenu presque sympathique ce jeune homme que sa nature casanière et hésitante avait lancé dans cette aventure transcontinentale, que sa timidité endémique encombrait dans ses rencontres inhabituelles, que sa naïveté puérile faisait trop  souvent prendre les vessies pour des lanternes et les lanternes  pour de l’amour. 

Et ne voilà-t-il pas qu’il va rentrer chez lui, notre Ulysse, sans toison ni couronne mais plein d’usage et raison vivre entre ses parents le reste de son âge !

Comme c’est dommage !