LA BÊTISE AU FRONT DE TAUREAU

Nous avons, pour plaire à la brute,
Digne vassale des Démons,
Insulté ce que nous aimons
Et flatté ce qui nous rebute ;
Contristé, servile bourreau,
Le faible qu’à tort on méprise ;
Salué l’énorme bêtise,
La Bêtise au front de taureau
13/11/2025
Nouvelles du Front
Je ne suis pas très fier de cet article : il est mal construit, pas très bien rédigé et surtout inutile. Mais il est le produit de la colère, produit entièrement naturel sans additif ni édulcorant. Alors je vous le livre tel quel, au cul du camion.
Ils l’ont fait, les vendeurs d’illusions. On savait qu’ils le feraient, mais on ne voulait pas y croire. On se disait que non, quand même… Mais ils l’ont fait. Ils ont suspendu la réforme. Ils l’ont fait, et à une forte majorité, en plus !
Les plus bêtes, et ils sont nombreux, l’ont fait parce qu’on leur a dit que leurs électeurs n’en voulaient pas de cette réforme et, comme ils se considèrent comme de simples courroies de transmission entre le peuple et l’État, ils l’ont fait. On ne leur a jamais dit que, pour l’honneur ou pour l’avenir, les législateurs, parfois, doivent aller contre la volonté, ou plutôt contre le manque de volonté du peuple et prendre des décisions impopulaires. D’ailleurs, leur aurait-on dit qu’ils ne l’auraient pas compris. Trop bêtes !
Les moins bêtes, mais assez quand même car il y a de la marge, l’ont fait en toute connaissance de cause, par intérêt de parti et/ou par intérêt personnel, parce qu’ils ont compris qu’à court terme, ne pas voter pour la suspension de la réforme, c’était perdre sa place. Ils l’ont fait tout en sachant pertinemment que suspendre la réforme c’est l’abroger et que l’abroger, c’est une catastrophe économique. Ils prétendent hypocritement que la réforme de la retraite sera le thème principal de la prochaine élection présidentielle et qu’à cette occasion les Français pourront dire clairement ce qu’ils veulent comme réforme.
Mais ces faux-culs savent très bien ce que veulent, les Français, et tout aussi bien ce qu’ils diront. Les Français diront ce qu’ils ont déjà dit et démontré en toute occasion, grève, protestation, émeutes : nous ne voulons pas travailler plus longtemps et ce quelles qu’en soient les conséquences pour l’ensemble du pays. Alors, en 2027, voyez vous vraiment un candidat inclure dans son programme une réforme des retraites quelle qu’elle soit ?
J’accuse Faure, Glucksmann, Hollande et ce qui reste du parti socialiste de mener sciemment le pays à sa ruine. A leur suite, sur le même acte d’accusation, j’inscris le nom du RN, du moins de ceux qui savent ce qu’ils font ( ça réduit pas mal le nombre d’accusés). Je ne ferai pas à LFI le plaisir de l’adjoindre à cette liste. De toute façon, elle n’a pas voté la suspension, mais pour d’autres raisons. Idem le P.C. qui, depuis que je suis né, m’a habitué à ses acrobaties intellectuelles. J’y ajouterai volontiers François Bayrou pour avoir de sa propre initiative remis le sujet sur le tapis. Je regrette que M. Lecornu se soit laissé prendre au piège du compromis pour gagner seulement quelques semaines (encore un instant, Monsieur le bourreau). Il tombera au prochain caprice fiscal d’Olivier Faure.
Évidement, pour un homme comme moi, modéré, (centriste mou comme disait mon ami Pasqualien), Fauriste tendance Edgar (comme on disait Marxiste tendance Groucho), n’ayant jamais mis les mains dans le cambouis de la politique, par paresse, par désintérêt ou par égoïsme, mépriser, ridiculiser, honnir ces hommes politiques, intéressés, veules et à courte vue, c’est facile. C’est même confortable.
Mais ce même électeur du marais (moi), il faut bien qu’il réfléchisse de temps en temps, et quand il le fait honnêtement, il se rend compte que ces hommes politiques ne sont que le reflet de la société, l’image de leurs électeurs, qui sont eux-mêmes intéressés, veules et à courte vue.
Les preuves en sont abondantes et les sondages révélateurs, ne serait-ce que celui-là : les deux personnalités politiques en tête de leurs faveurs sont Jordan Bardella et Dominique de Villepin ! Comment placer côte a côte, ou l’un derrière l’autre, deux hommes aussi différents que Villepin et Bardella ?
Le premier, avec sa belle gueule d’aristocrate, sa cuillère d’argent dans la bouche, ses belles phrases et ses jolis costumes, sa bonne éducation et son élégance naturelle sans doute ataviques, son artificielle intelligence et son discours demago-agité rempli de creux et de vent.
Le second, avec sa tête de vendeur de vérandas en PVC véritable, sa coiffure à la Chirac, son costume de la Belle Jardinière et son discours laborieux préfabriqué en laboratoire (dernière porte à l’extrême droite au fond du couloir).
Comment les Français peuvent-ils placer côte à côte ces deux archétypes opposés. Je ne leur vois qu’un point commun : la vacuité. Et c’est sans doute là la raison du choix des Français.
Finalement, tout cela est très contrariant.
Cela reflète exactement nos hommes politiques et maintenant le chef d’état Major des Armées qui nous met en garde sur une future guerre de Poutine en 2030 donc demain, la grande muette ne parle qu’avec l’accord du Président, autant les hommes politiques me désolent autant cette annonce me fait froid dans le dos !
La vacuité, c’est bien le mot qui convient aujourd’hui à la barre de la France. Mais où sont les neiges d’antan, celles de ces hommes ou femmes qui avaient la force et surtout la conscience pour prendre le taureau par les cornes quand les circonstances l’exigeaient? Aujourd’hui il s’agit de contrecarrer un désastre annoncé économique et social, et d’engager le pays vers un avenir sain de façon républicaine et non soumis à des officines mafieuses, autrement dit à des partis politiques sans foi ni loi. L’actualité, et pas qu’en France, me désespère. L’égoïsme à tous les niveaux prime sur la conscience.