par Lorenzo dell’Acqua
Avertissement à l’usage de ceux qui ne le sauraient pas encore :
Lorenzo a pour habitude de trainer dans les musées. À l’occasion, il prend des photographies de dames de dos en train de regarder des tableaux. Ensuite, il rentre chez lui et, tel le Dr Caligari, il s’enferme dans son laboratoire pour plonger ses pellicules dans de diaboliques mixtures afin d’en tirer des photographies qu’il publiera avec des textes de Daniel Pennac.
(…à moins qu’il ne travaille en numérique.)
Dans les musées, je suis très méfiant et je m’assure toujours, avant et après avoir pris la photo, que mes jolies modèles ne sont pas accompagnées d’un mari jaloux. Je crains plus sa colère justifiée que celle des gardiens indifférents à ce qui se passe dans la salle tant que les visiteurs n’essaient pas de détériorer les œuvres. N’ayant pas ce genre de projet, je ne redoute donc que les accompagnants de ma proie photographiée de dos.
Ces précautions n’empêchèrent pas l’agressivité de l’amoureux d’une jeune femme pourtant d’une laideur inimaginable. La conversation prenant un tour peu amène, je préférai, non pas m’enfuir, ce n’est pas mon genre, mais Continuer la lecture de Y a un drôle de type qui me suit dans les musées …
Voilà donc ce que m’avait dit mon père par cette belle matinée de printemps alors que nous attendions la sortie des classes devant le Cour Desir.
(…) C’est pourquoi nos retrouvailles furent plus douces que je ne craignais. Il m’a engueulé brièvement, annoncé que, ce soir, nous irions diner chez Lipp et il est retourné à son bureau. J’ai pris un bain en écoutant la radio. Les informations de 5 heures annonçaient que des missiles russes d’une portée de 2000 kilomètres approchaient de Cuba et je me suis endormi.