(…) Moi, je voyais bien que la pauvre Françoise nageait complètement, qu’elle n’avait jamais entendu parler du Grand Chancelier et encore moins de Robert de Colmont. Mais l’autre, là, Trois-cafés, non, il voyait pas. Alors, il insistait :
— Un grand garçon, brun, dégingandé, un peu comme moi…, mais l’air peu aimable, je dois dire…
Madame Françoise, c’est un peu le Pic de la Mirandole ou, si vous savez pas qui c’est, le Maitre Capello de notre petit groupe. Forcément, à force de vendre des journaux et des magazines, elle avait fini par en lire quelques-uns et par apprendre des trucs. Par exemple, un jour, elle m’avait sorti que Louis 18 était pas le fils de Louis 17, mais que c’était son oncle. J’étais pas bouleversé d’apprendre ça, mais j’étais content quand même parce que, pour moi, le décompte des Louis s’était arrêté à 16. Ça n’empêchait pas que je me demandais à quoi ça pourrait bien me servir, vu que j’avais rien demandé. Parait que c’est ça la culture, savoir des trucs qui servent à rien ni à personne mais qui impressionnent les gens. Mais à force de culture, Madame Françoise, elle était devenue un peu snob, forcément, alors maintenant, en face d’un presque-prince, elle voulait pas passer pour une ploucque. Et surtout que la conversation continue. Il fallait qu’elle trouve quelque chose, n’importe quoi. Alors, au hasard, elle a dit :
— Il portait pas la moustache, par hasard ?
— Mais si, bien sûr, a répondu Trois-cafés, enthousiaste.
Un vrai coup de pot quand même, non ? Et le voilà tout content en train de préciser :

C’est notre mini débat autour de ma photo du Bar L’Océan du Guilvinec, publiée le 27 novembre dernier, qui m’a remis en mémoire Les Vacances de Monsieur Hulot. La première fois que j’ai vu ce film, je devais avoir 11 ou 12 ans, et la dernière, c’était il y a quatre ans, et s’il devait repasser demain à la télévision, je le reverrais à coup sûr.