Archives par mot-clé : Philippe

Une mésaventure de Ratinet

Le texte que vous allez lire est extrait de « Bonjour, Philippines ! », récit d’une mission de quelques mois que j’ai effectuée dans cet archipel au début des années 70. André Ratinet, l’ingénieur routier de la mission, n’était pas un imbécile heureux. Il était plutôt du genre imbécile râleur, craintif et casanier. Il n’avait jamais envie d’être là où il était.  Il faut dire qu’il avait des raisons de penser de cette manière : il ne lui arrivait que des malheurs.
Ce type attirait la foudre. Une preuve parmi d’autres :

Chapitre 6 – Retour à Manille

Où l’on constate que contrairement à la foudre, la malédiction a encore frappé au même endroit et où l’on découvre les sports en vogue le dimanche à Manille

*

— Nous venons d’atterrir à l’aéroport international de Manille. Il est 21 heures 15 et la température extérieure est de 90° Fahrenheit. Nous vous rappelons que votre ceinture doit rester attachée jusqu’à l’arrêt complet de l’appareil…

Je ne prête même plus attention à la partie de l’annonce qui porte sur les armes. Lorsque nous sortons de l’aéroport, il est près de dix heures, et je ne pense qu’à ma chambre au huitième étage du Hilton.

Quelques heures auparavant, pendant le voyage en voiture entre Iligan et l’aéroport de Cagayan Continuer la lecture de Une mésaventure de Ratinet →

Montaigne, Spinoza, Nietzsche et moi

L’autre jour, dans le journal, j’ai vu les sujets de philo du bac :

  • Dissertation 1:   Avons-nous la maîtrise de nos paroles ?
  • Dissertation 2:   Peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ?
  • Commentaire de texte:   Un extrait de « Humain, trop humain » de Friedrich Nietzsche

Moi, la philo, ça n’a jamais été mon truc. Prenez Montaigne, par exemple. Au début, je ne comprenais pas sa façon de parler le Français et, quand il m’arrivait de le comprendre, je trouvais qu’il faisait bien des histoires pour enfoncer des portes ouvertes. Par la suite, je me suis aperçu que c’était aussi le cas pour les autres philosophes : je ne comprenais pas ce qu’ils disaient et ils enfonçaient des portes ouvertes.

Bien plus tard, une fois que j’eus avalé le Scio me nihil scire du père Socrate, je compris mes torts passés, je refermai les portes ouvertes et me lançai à la redécouverte de la philosophie et pour cela, je choisis Spinoza. Autant commencer par le gratin. Ce fut une erreur. Après avoir lu quatre fois, et très attentivement je vous prie, les quatre premières pages de L’Éthique sans que j’y comprenne la moindre définition ni même le moindre assemblage de mots, j’abandonnai sans remords Spinoza et ses semblables en me disant « Au moins, j’aurai essayé et puis, comme disait mon ami Hamlet, « There are more things in heaven and earth, Spinoza, than are dreamt of in your philosophy »

C’est la raison pour laquelle ne vais pas vous Continuer la lecture de Montaigne, Spinoza, Nietzsche et moi →

En remontant le fleuve

Ce qui suit est la suite de l’article « En descendant au fleuve »,  paru le 7/06/26.

Vous ne vous rappelez surement pas qu’il y a quelques jours, un jour qu’était pas fait comme les autres, le troisième jour de canicule printanière à l’aurore duquel je m’étais levé avant l’aube, celle-ci comme chacun sait précédant celle-là, j’étais parti à la recherche d’un petit-déjeuner en terrasse et au frais.

Vous ne vous rappelez pas davantage que, tous les cafés demeurant fermés jusqu’à 7 heures — mais où sont passées les nuits folles de Paris avec leurs aubes au champagne et leurs aurores à la soupe à l’oignon ? — le manque de caféine équitable et de protéines au gluten étreignait mon plexus lombaire qui commençait à m’envoyer des signes de panique.

Alors vous ne pouvez pas vous rappeler que l’observation d’un attroupement et de son objet avait distrait mon attention au point que, pour quelques instants, j’en avais oublié ma quête initiale. Continuer la lecture de En remontant le fleuve →

Carnet d’écriture (25) – Jimini Cricket et Moi

Go West !
Ah ! Go West ! Intéressant, Go West !, probablement le plus personnel de mes écrits. Bien sûr, avant Go West !, j’avais raconté quelques souvenirs personnels, mais c’était seulement dans des textes courts qui recherchaient plutôt l’anecdotique et l’humour que le récit narratif. Bien sûr, dans des textes plus longs, il m’est arrivé de plus ou moins m’investir dans des personnages de fiction. Chacun sait en effet, et surtout depuis que Proust l’a dit, que dans tout personnage de fiction, il y a un peu de son auteur, comme dans Emma Bovary pour Flaubert, ou beaucoup, comme dans le Narrateur de la Recherche pour le petit Marcel. Mais, en ce qui me concerne, je crois plutôt que si, jusqu’à présent, j’avais mis un peu ou beaucoup de moi dans un personnage, c’était à la fois involontaire et inévitable, parce qu’on écrit avec son histoire et avec son âme, mais sans désir conscient de s’exposer, en quelque sorte à l’insu de son plein gré.
Pour Go West !, c’est petit à petit que je me suis investi dans le personnage.

<<>> Petit à petit ? Tu es sûr ? Moi, je crois que c’est d’un seul coup que tu t’y es mis ! Peut-être pas dès le début, mais d’un seul coup. Je suis persuadé qu’un Continuer la lecture de Carnet d’écriture (25) – Jimini Cricket et Moi →

Détruire le ciel de Paris serait impardonnable ! (sic)

C’est ce qu’a déclaré Jacques Herzog au Figaro. Jacques Herzog, c’est l’architecte star de la Tour Triangle dont la construction s’achève sur le bord du Périphérique Sud de Paris dans le Parc des Expositions de la Porte des Versailles. `
Rassurez-vous, je ne vais pas revenir sur les conditions pour le moins anormales dans lesquelles Anne Hidalgo a imposé ce projet à un Conseil Municipal qui n’en voulait pas ni sur les conditions suspectes dans lesquelles le marché a été attribué à Unibail qui le voulait trop.
Aujourd’hui, je vais me contenter de réagir à cette déclaration que l’architecte de cette tour infernale a faite au Figaro : « Détruire le ciel de Paris serait impardonnable ! » Comme je ne suis pas abonné au Figaro, je n’ai pas pu prendre connaissance de la suite de l’interview. Peut-être Maitre Jacques a-t-il dit dans la suite : « L’autre jour, et pour la première fois, je me suis rendu sur le chantier de ma tour. J’ai tourné longtemps dans le quartier, dans les rues, sur le périphérique, je suis monté sur des terrasses d’immeubles et dans la Montgolfière du Parc André Citroen, j’ai pris un bateau-mouche, j’ai fait un tour d’hélicoptère, je suis monté au Sacré-Cœur, à la Tour Eiffel, sur les tours de Notre-Dame, sur le dôme du Panthéon, bref, et partout, j’ai essayé de trouver un point de vue, une perspective qui soit favorable à ma tour. Je n’ai Continuer la lecture de Détruire le ciel de Paris serait impardonnable ! (sic) →

Le Cujas, enfin !

Ça y est ! C’est fait ! « Histoire de Dashiell Stiller » n’existe plus ! Disparue, l’Histoire ! Introuvable ! Passée au rang de collector, l’édition de 2023…  Vous voyez que vous aviez bien fait de l’acheter !

Mais ça aussi, ça y est ! Ça aussi, c’est fait ! Une nouvelle édition de ce roman épique et cosmopolite vient de paraître. C’est l’édition 2026, corrigée, augmentée, reformatée et rebaptisée  que vous pouvez acheter dès à présent sur Amazon. Sa couverture, la fameuse photographie, n’a pas changé, mais son titre, oui. Son nouveau titre, Le Cujas, c’est le titre mystérieux (pour ceux qui n’ont jamais mis les pieds au Quartier Latin), le titre à l’étrange sonorité, ce mot qui commence  drôlement et qui finit grassement, qui ne laisse rien présager de la nature du livre… Le Cujas, c’est aussi le titre d’origine, celui de la publication en un feuilleton de 87 épisodes dans le Journal des Coutheillas, le titre qu’un auteur inexpérimenté et influencé par la mode a décidé au dernier moment de changer en « Histoire de Dashiell Stiller », titre banal et transparent.

Le Cujas, c’est le café où j’allais jouer au flipper pendant les cours de philo que François Châtelet Continuer la lecture de Le Cujas, enfin ! →

En descendant au fleuve

Alors voilà.

C’était un jour qu’était pas fait comme les autres.  Encore un ! D’abord, c’était le troisième jour de la première canicule printanière. Vers quatre heures du matin, il ne faisait plus que 26° C dedans et 22 dehors. Le temps que je me sorte de ma torpeur humide, que je me fasse une tasse de café et que je réfléchisse à l’avenir de l’humanité — et conséquemment au mien — étrangement, la température était montée dehors à 23° et descendue dedans à 25.  Comme on annonçait 33 pour la journée à venir, cette tendance à l’égalisation n’annonçait rien de bon. Il était temps d’agir. Je sortis. Je voulais prendre mon petit-déjeuner à une terrasse, au frais, avant qu’il ne soit trop tard.

Dehors, il est un peu plus de cinq heures. Contrairement aux sornettes de Lanzmann et Dutronc, Paris ne s’est pas éveillé. Quand il fait jour, quand la rue Gay-Lussac est déserte et que le Boulevard Saint-Michel n’est parcouru que par des sacs plastique virevoltants pressés de se rendre au Chatelet, quand les feux de circulation s’obstinent à changer de couleur pour rien, c’est perturbant. On se demande ce qui se passe, on s’attend à tout, à n’importe quoi, la survenance d’un évènement historique tel que l’entrée Continuer la lecture de En descendant au fleuve →

The Big Bang Theory

The Big bang Theory est une série télévisée américaine dont les 12 saisons (279 épisodes) ont été diffusées aux USA entre 2007 et 2019 puis en France avec un décalage de quelques années. Cela fait 8 ans que j’ai écrit sa critique et si je la publie à nouveau aujourd’hui, c’est parce que, depuis des mois, TBBT repasse en boucle sur RMC et que cela m’enchante. Un petit morceau de Big Bang chaque soir peut vous faire oublier des tas de choses ennuyeuses, contrariantes ou même inquiétantes.
Ces séries américaines aux incroyables succès, telles que Friends, Seinfeld ou The Big Bang Theory ont ceci en commun que Continuer la lecture de The Big Bang Theory →