Tous les articles par Philippe

Le Cujas (60)

Chapitre 9 – Mattias Engen
Septième partie

C’est beau, non ? Il n’y a jamais personne, ici. Ça tourne pratiquement sans surveillance. Je me suis fait faire une clé. J’y viens de temps en temps pour me changer les idées. Je reste là à réfléchir. Cette impression de puissance que dégagent ces roues qui tournent sans arrêt, jour et nuit, toute l’année, moi, ça me fascine. Et vous, Monsieur Stiller, qu’est-ce que ça vous fait ?

Bon, dites-moi, vous avez réfléchi depuis tout à l’heure ? Vous voulez bien me les prêter, vos notes ? Parce que moi, hein, je vous l’ai quand même passé, le Journal de Sammy. Je suis même prêt à vous en laisser une copie. Et puis, je sais pas si ça vous a intéressé, mais je vous ai aussi pas mal raconté ma vie, quand même. Alors, ça serait chic de votre part de me laisser lire ce que vous avez écrit, non ? D’accord ?

Ah, bravo Stiller ! Vous avez fait la bonne réponse. J’aime mieux ça. C’est le genre de truc qui permet de se sentir en confiance, pas vrai ?  Mais, ça sera pas la peine de me les prêter, vos petits papiers. Je les ai déjà, je les ai depuis hier soir.

Vous ne souvenez pas ? Quand on est arrivé ici, j’ai passé un coup de fil. C’était pour dire à un de mes bonshommes que la voie était libre et qu’il pouvait aller fouiller tranquillement votre chambre d’hôtel pour me trouver vos notes. C’est ce qu’il a fait. Il a bien failli ne pas Continuer la lecture de Le Cujas (60)

Vrac

Avertissement :
ne cherchez pas trop longtemps le lien logique qui unit ces citations.
Il n’y en a pas.

Nous étouffons parmi des gens qui croient avoir absolument raison.
Albert Camus

… une vie froide comme un grenier dont la lucarne est au nord…
Gustave Flaubert – Madame Bovary

La conversation de Charles était plate comme un trottoir de rue, et les idées de tout le monde y défilaient dans leur costume ordinaire, sans exciter d’émotion, de rire ou de rêverie.
Gustave Flaubert – Madame Bovary Continuer la lecture de Vrac

Le Cujas (59)

Chapitre 9 – Mattias Engen
Sixième partie

Bon, c’est pas tout, mais vous devez avoir faim, non ? On fera pas le tour du parc, alors ! De toute façon, avec cette neige… Tenez, en passant, jetez quand même un œil sur le jardin de derrière : c’est joli, cette pelouse couverte de neige, vous ne trouvez pas ?  Là, c’est le trou que je fais faire pour la piscine, et derrière là-bas, ce sera le tennis. Tout ça devrait être fini avant le printemps, mais avec les ouvriers, vous savez, on n’est jamais sûr… Bon, allez, à table.

*

Vous aimez les vins français, Monsieur Stiller ? Il parait que c’est ce qu’on fait de mieux. Celui-ci, c’est un Saint-Estèphe 1939. On dit que c’est une très bonne année. Moi, je n’en sais rien, je n’aime pas le vin. Je préfère la bière et les alcools forts, le cognac, le scotch et l’aquavit par exemple. Mais j’ai une cave remplie de grands crus pour les invités. Alors, comment vous le trouvez ?

Ah oui, c’est vrai ! On en était resté à Copenhague au début de la guerre, en août 14. Pour nous, pendant quatre ans, ça a été une sacrée époque. Presque toute l’Europe était en guerre sauf le Nord : la Suède, la Norvège, le Danemark et même les Pays-Bas étaient neutres. Alors, vous pensez si le commerce marchait bien, et quand Continuer la lecture de Le Cujas (59)

Un bien triste anniversaire

J’en suis malade, parfaitement malade, comme quand ma mère sortait le soir…
J’en suis malade… malade d’avoir raté d’un jour l’anniversaire de la mort de Shakespeare. 
Chaque année, ça me fiche un coup de constater ainsi comme le temps passe vite : 405 ans  déjà !

Pour la peine, je pourrais bien vous re-publier un de ces jours la célèbre série « Les nouvelles aventures de William Shakespeare. »
Mais avant, laissez-moi Continuer la lecture de Un bien triste anniversaire