La diction…
Primordial, au théâtre, la diction…
Bon, oui, d’accord, avant la diction, il y a le texte. Le texte, ce n’est pas que le respect de l’acteur envers l’auteur, c’est la première des politesses du comédien envers le spectateur.
Le texte, disait Louis Jouvet , d’abord le texte.
Dans « Entrée des artistes », ce film un peu artificiel et complaisant sur le théâtre mais tellement merveilleux grâce à la présence imposante de
Jouvet, ce dernier interprète un professeur d’art dramatique. Pour sermonner l’un de ses élèves qui ne sait pas parfaitement son texte, il lui dit :
« Il y a au théâtre comme dans l’épicerie une honnêteté professionnelle qui consiste à ne pas tromper le public. Il faut d’abord savoir son texte. Si tu voles ici une rime, ailleurs un alexandrin, le public finira par s’apercevoir qu’il n’y a pas le poids et tu perdras ta clientèle. » (Ça c’est du dialogue ! C’est de l’Henri Jeanson tout pur.)
Donc : le texte, d’abord le texte, d’accord.
Mais après le texte, la diction…
La diction, c’est ce qui permet au spectateur— et je veux dire chaque spectateur, qu’il soit au premier rang d’orchestre ou tout là-haut, au Paradis — de saisir le texte, chaque mot du texte. Quand la diction n’y est pas — et par diction il faut entendre l’articulation, l’intonation et, très important, le volume de la voix — c’est comme si Continuer la lecture de Le texte, Coco ! Le texte !
Je ne lis plus du tout. En la matière je ne fais plus qu’écouter les enregistrements de la Recherche. A ce propos, j’en ai fini avec ceux de Dussolier pour passer à ceux de Lambert Wilson. Grosse différence entre les deux. Avec A.D., la diction est simple, calme, presque plane, sauf dans les dialogues, très incarnés. Le sens des phrases, pourtant complexes dans leur forme, apparait évident. Avec L.W., c’est plus difficile. La diction est plus modulée, presque maniérée, la respiration est audible, probablement volontairement. Cette façon de prononcer les mots qui devraient selon moi se terminer par un e muet, (Gilberteu, Odetteu…) m’agace énormément. J’en viens à insulter Wilson à haute voix. De même m’agacent ces déformations de la syllabe « ai » qui, selon moi, doit sonner toute droite, sans modulation, alors qu’il la prononce comme ferait un anglais parlant français : par exemple « de travear » au lieu de « de travers. Pourvu qu’il ne me gâte pas l’ombre des jeunes filles en fleurs !