Archives de catégorie : Textes

Aventure en Afrique (36)

temps de lecture (sans l’examen des photos) : 2 minutes 

Extraction du sel par les femmes.

     Nous sommes allés à Bengou en week-end mi-février 1973 et y sommes retournés au mois d’août. Bengou se situe à environ 300 km au sud-est de Niamey, non loin de la frontière avec le Bénin.
A Bengou, il y a une grande exploitation, véritable oasis,   gérée par le consul d’Italie, patron de Nicole Simler. Il y avait un campement bien aménagé dans lequel nous avons passés  quelques nuits.
Cette propriété était alimentée par un puits artésien. L’eau ferrugineuse avait une forte odeur d’œuf pourri. Difficile de prendre une douche ! Pour boire notre  jerrican était là ! Nous avons noté la présence, de cultures importantes : de coton, de maïs, de papaye, de bananes-légumes ainsi que celle d’un attelage de zébus (le seul vu au Niger). Continuer la lecture de Aventure en Afrique (36)

Les corneilles du septième ciel (23)

temps de lecture : 3 minutes 

Chapitre XXIII

Lors de ses conversations avec Lorenzo, Françoise évoqua un jour la petite madeleine de Proust dont ses collègues spécialistes de la mémoire discutaient sans fin. Était-elle un réel souvenir ou une invention d’écrivain comme l’affirmait une théorie scientifique récente ? A l’appui de cette hypothèse, elle avait lu dans un ouvrage très sérieux que la madeleine de Proust était en réalité une biscotte.

Lorenzo lui confia l’histoire douce-amère de sa madeleine à lui bien qu’elle n’eût aucune relation avec la littérature et la neurologie. Il ne savait ni pourquoi ni d’où lui était venue sa passion pour elle. Sûrement pas de ses relations sentimentales supposées avec Jésus-Christ dont il n’était pas jaloux. Non, Marie-Madeleine le fascinait parce qu’elle avait été la seule vraie femme de chair dans la vie de Jésus. Troublante, n’est-ce pas, cette singularité Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (23)

Aventure en Afrique (35)

temps de lecture : 5 minutes 

Puisage de l’eau

L’eau source de vie.
Le fleuve Niger traversé par le pays éponyme. De nombreux villages s’égrènent le long ses berges. Il est aussi une voie de communication fluviale avec ses ports et  lieux de pêche. Il alimente en eau potable la capitale et les villages riverains. A Niamey nous filtrions l’eau trouble du robinet pour la consommer. Le débit du fleuve est très irrégulier suivant les saisons et les années. Il peut varier de 5 m³ à la seconde (janvier 1985) à 2716 m3 à la seconde (aout 2020). Soit un écart d’environ 500 fois.

A Niamey il y a un secteur port et un autre blanchisserie.

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En un mot comme en cent : Les deux Alfred 

temps de lecture : une minute trente 

Les deux Alfred
Bruno Podalydes – 2020
Bruno et Denis Podalydes, Sandrine Kiberlain
sur Arte en replay

Pas toujours parfaitement accomplis, les films de Bruno Podalydes sont toujours plein de charme et c’est le cas de celui-ci, Les deux Alfred, qui passe actuellement en replay sur Arte jusqu’au 8 juin prochain.
Vous n’avez plus que quelques jours pour voir ce petit film drôle, optimiste et touchant.  Alexandre, petit homme timide au chômage, doit prouver à sa femme qu’il peut trouver du travail et s’occuper de ses enfants pendant son absence. C’est Denis Podalydes. Arcimboldo est un gentil débrouillard, poète et serviable dont l’activité uberisée consiste Continuer la lecture de En un mot comme en cent : Les deux Alfred 

Le capitaine Volkonogov s’est échappé – Critique aisée n°261

Temps de lecture : 3 minutes 

Critique aisée n°261

Le capitaine Volkonogov s’est échappé
Natalia Merkoulova et Alexeï Tchoupov – 2021
Youri Borissov

Leningrad-1938. Une partie de la ville est composée des palais de l’ancien régime transformés en bâtiments administratifs aux parquets poussiéreux et sonores, remplis de fonctionnaires résignés et de rayonnages surchargés de dossiers.

Dans l’autre partie, ce ne sont qu’immeubles d’habitation vétustes aux façades décrépies, aux fenêtres aléatoires, aux escaliers incertains et aux toitures fuyardes. Les rues y sont sans trottoir, sans chaussée, constellées de flaques de boue et de tas d’ordure. Ses habitants sont des zombies faméliques en guenilles, sans espoir. Paradis stalinien…

Parfois, dans une référence aux films de science-fiction, tel un vaisseau venu d’une autre planète, énorme et silencieux, un Zeppelin passe lentement au ras des toitures, annonçant le pacte germano-soviétique qui, un an plus tard, scellera la complicité de Staline et Hitler dans l’agression à venir de Continuer la lecture de Le capitaine Volkonogov s’est échappé – Critique aisée n°261

Réflexions à travers les âges

temps de lecture : 5 minutes 

« Le matin, je me lève en chantant

Et le soir, je me couche en dansant !

Entre temps je fais la sieste…« 

Voilà ce que chantait Guy Béart, Ingénieur Civil et Dévoyé des Ponts et des Chaussées. Je l’ai beaucoup chanté, moi aussi, cet hymne épicurien, du temps de ma jeunesse où rien, rien n’était jamais sérieux ni définitif. Plus tard, j’ai continué à le fredonner, mais plutôt par dérision de ma réalité. A présent, je ne me souviens plus que des trois premiers vers de cette ode à la paresse. Le reste est tombé dans l’oubli. Mais je suis quand même pratiquement sûr qu’avec le refrain revenait ce conseil de sagesse : « On ne se soigne jamais assez ».

Je dois reconnaitre que, depuis un certain temps, le matin, je ne fais plus du tout comme Guy Béart, plus du tout. Moi, le matin, je me lève en pensant : « Saperlipopette ! Continuer la lecture de Réflexions à travers les âges

Les corneilles du septième ciel (21&22)

temps de lecture : 6 minutes 

Chapitre XXI

L’Echo du Bas de l’Aisne

Mardi 2 novembre 1997.

Rebondissement heureux dans l’affaire de la disparition samedi soir d’une jeune femme qui se rendait chez des amis à Chants de Fées ! En réalité, celle-ci, d’un naturel fort distrait, avait raté la petite gare de Chants de Fées. Descendue à la station suivante, celle de Château-Thierry, elle n’avait pas trouvé de train pour la reconduire à sa destination initiale en raison de l’heure tardive. Elle fut donc contrainte de dormir à l’Hôtel des Voyageurs sans réussir à prévenir les Crandaret dont la ligne téléphonique était en dérangement suite aux travaux d’aménagement de l’autoroute A 89. Le lendemain à l’heure de l’apéritif, elle arriva chez ses hôtes mais la maison était close. La jeune femme ignorait qu’ils étaient retenus au commissariat de Police de Château-Thierry à cause de sa disparition. Fort dépitée, elle pensa s’être trompée de date ce qu’elle ne put vérifier auprès de leur voisin, monsieur Minette, toujours au courant de Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (21&22)

7- En un mot comme en cent : State of the Union

temps de lecture : 1 minute

State of the Union
Stephen Frears
Première saison : Rosamund Pike, Chris O’Dowd
Série TV sur Arte

Un couple marié, deux enfants, la quarantaine, se retrouve chaque semaine dans le pub qui fait face au cabinet de son conseiller matrimonial où il tente de régler son problème conjugal.
Elle, superbe beauté nordique et sophistiquée, intelligente, sincère, femme médecin, adultère…
Lui, sympathique, spirituel, doux, original, sincère, journaliste critique musical sans emploi, blessé…
Avant chaque séance et devant un verre de chardonnay pour elle et une pinte de bière pour lui, ils discutent pendant une dizaine de minutes de leur vie passée, de ce qui les amené où ils en sont, de ce qu’ils pourraient devenir. Ils se disputent, ils se rappellent, ils rient, ils d’émeuvent, ils hésitent, ils se frôlent…

Des dialogues rapides et Continuer la lecture de 7- En un mot comme en cent : State of the Union

Socrate enfin clair !

temps de lecture : 4 minutes parce que c’est un peu ardu par moments.

Le texte ci-dessous a été diffusé une première fois sous le titre « Scio me nihil scire » en août 2018. A la demande générale et pour l’éducation des jeunes qui à cette époque ne lisaient encore que Joël Dicker, je le rediffuse aujourd’hui sans rien y changer, car Socrate ne changera jamais, pas vrai ?

« Scio me nihilisme sire‘. Voilà ce que disait Socrate, du moins quand il acceptait de parler latin. C’est Platon qui nous le dit : « Je sais que je ne sais rien.« 

Adage sympathique, plein de modestie et parfois mal compris. Voyons cela :

Tout d’abord, il ne faut pas s’arrêter au caractère oxymorique — je ne suis pas certain que ce mot existe vraiment —  sinon, on tombe dans l’abyme : en effet, si je sais que je ne sais rien, c’est que je sais au moins une chose (à savoir : que je ne sais rien), donc je ne peux pas dire que je ne sais rien, car si je ne savais rien, je ne saurais même pas que je ne sais rien.

Une autre utilisation erronée, ou même frauduleuse, de cette sentence serait de s’en servir pour Continuer la lecture de Socrate enfin clair !

Rendez-vous à cinq heures au cinéma

La page de 16h47 est ouverte…

temps de lecture : 4 minutes 

LES CHOSES DE L’AVIS

ou

LES FILMS VIEILLISSENT-ILS MAL ?

par Lorenzo dell’Acqua

A propos d’une polémique d’une rare violence qui a déchiré il n’y a pas si longtemps les pages d’habitude bienveillantes du JdC, j’ai cherché quelles étaient les raisons de ma position non pour la justifier mais pour tenter de l’expliquer. Je rappelle que mon avis sur le film de Claude Sautet, César et Rosalie, m’avait valu une censure certes purement morale mais dont j’ai bien du mal à me remettre.

Dans les films, je vois trois cas de figure : Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures au cinéma