(…)
— Allez ! Vas-y, génie ! Déballe-la, ton idée !
— OK Marietta. Lawford n’est pas clair. Il est très nerveux. Je pense que c’est lui qui l’a trouvé. Il était sur place bien avant moi et il a eu tout le temps de le planquer quelque part. C’est pas les endroits qui manquent.
— OK Victor. Retournez dans la maison et débrouillez-vous pour récupérer l’appareil.
— OK Marietta. Je peux le secouer un peu, l’acteur ?
— Faites ce qu’il faut !
— Hey ! C’est quand même le beau-frère du Président et de l’Attorney General ! Vous me couvrez s’il râle auprès des Kennedy ?
— Faites ce qu’il faut, on vous dit. Après, on verra. »
Après, on verra !
Tu parles, oui ! C’est sûr qu’en cas de bavure, je vais me retrouver à faire la circulation à Compton ! Il va falloir le bousculer un peu, le beau-frère, mais pas trop, en douceur ! Je sors de ma voiture et reviens vers la maison. Quand j’approche du portail, j’aperçois Lawford dans la pénombre. Appuyé d’une main sur la portière de la Rolls, il est accroupi entre les deux voitures. On dirait qu’il cherche quelque chose sous sa voiture. Comme il me tourne le dos, il ne m’a pas vu. D’un ton aimable, je lui demande :
« —Vous avez perdu quelque chose ? Je peux vous aider ?
— Merci, ce n’est pas la peine, me répond-il avec empressement. En sortant de voiture tout à l’heure, j’ai dû laisser tomber mes lunettes… Elles doivent être par là… »
Soudain, il se retourne vers moi en se redressant.
« — Les voilà ! me dit-il en brandissant la paire de lunette de soleil qu’il avait dans sa poche de chemise quelques minutes plus tôt quand je parlais avec lui dans la cuisine. »
Et puis très vite, il rejoint le porche et rentre dans la maison. Continuer la lecture de Go West ! (44)