Attention, ça va faire mal...
La démocratie est la dictature de l’ignorance.
On ne doit pas élever au rang de citoyens tous les individus dont l’État a cependant nécessairement besoin.
La dictature, c’est ferme ta gueule. La démocratie, c’est cause toujours.
A la nomination d’une petite minorité corrompue, la démocratie substitue l’élection par une masse incompétente.
Tout le rêve de la démocratie est d’élever le peuple prolétaire au niveau de la bêtise du bourgeois.
Une démocratie n’est rien de plus que la loi de la foule, suivant laquelle 51% des gens peuvent confisquer les droits des 49 autres.
Le meilleur argument contre la démocratie est un entretien de cinq minutes avec un électeur moyen.
La démocratie, c’est le pouvoir pour les poux de manger les lions.
La démocratie est le pire des régimes, à l’exception de tous les autres.
Vous serez peut-être surpris que je reproduise dans le JdC cette suite d’aphorismes négatifs sur la démocratie. Pourtant, ils ont tous été prononcés par des hommes honorables. Parmi eux, pas de Néron, pas de dictateur, pas d’autocrate, pas de ploutocrate ni même d’oligarque. À part les deux premiers, dont vous aurez certainement deviné de qui ils étaient (ben voyons !), et qui expriment sans détour la véritable pensée de leur auteur, les autres doivent être considérés comme des traits d’esprit, des boutades ou des critiques ironiques destinées de façon évidente à mettre en valeur la notion même de démocratie.
Ces jours-ci, on n’en fait plus grand cas, de la démocratie. Elle a disparu ou est en voie de disparition effective dans des pays qui, autrefois, en ont été les initiateurs, les adeptes et les prosélytes.
Chez nous, elle existe encore et c’est une des seules choses qui nous restent, après que la puissance et la santé économique aient disparus. Elle existe encore, mais son socle de supporters devient chaque jour plus étroit, en particulier, et c’est sans doute le plus grave, chez les personnes les plus jeunes. On en trouvera pour preuve tous les sondages que l’on veut, assortis de toutes les justifications du type « on a tout essayé sauf… », la « nécessité d’un bon coup de balai », le « désir d’homme fort » et autres rengaines populistes du type « y-a-qu’à – faut-qu’on ».
Il ne faut pas jouer avec la démocratie ni rigoler avec l’extrémisme, et surtout ne pas vouloir l’essayer, car si vous l’essayez, vous verrez, vous n’en reviendrez pas.
En attendant, si vous voulez savoir quels sont les auteurs des aphorismes ci-dessus, il va vous falloir ouvrir le commentaire ci-dessous.

(…) tu m’écrivais que tu viendrais chez moi, que nous serions ensemble… Là, j’aurais dû t’en dissuader ; j’aurais dû te dire non, tu ne peux pas venir parce que mes parents… parce que mon travail… parce que…, mais je n’ai pas eu ce courage. J’essayais vaguement de te le faire comprendre… j’étais moins tendre dans mes lettres, je les faisais plus brèves, je mettais plus de temps à répondre aux tiennes, et à chaque occasion, j’élevais de nouveaux obstacles à ta venue chez moi. Mais je ne te disais pas « Ne viens pas ! Tu vas te faire du mal, tu m’aimes trop et je ne t’aime pas assez, il faut que tu m’oublies, ne viens pas ! ». Et puis, en même temps, je pensais « Eh bien, qu’il vienne après tout, puisqu’il y tient tant ! On verra bien !»

Ce n’est pas que personne d’autre n’avait le droit d’y venir.
Serena Foster était née en 1888 dans la bonne société New-yorkaise. Après vingt ans d’une vie de luxe et de volupté, de plaisirs et de vanités, elle décida d’entrer dans les ordres. Elle avait alors 38 ans. Comme c’est l’usage, elle changea son prénom et choisit celui de Madeline en référence à ce qui la rapprochait, croyait-elle, de Sainte Marie-Madeleine, à savoir le péché et la rédemption. C’est ainsi qu’elle devint Sister Madeline. Une fois ses vœux prononcés, et après une courte formation d’infirmière sage-femme, Sister Madeline fut envoyé en Louisiane, à Chattawbannack, pour y diriger le petit dispensaire-orphelinat qu’un magnat du pétrole y avait fondé pour racheter son âme au diable et réduire ses impôts. L’ile de Chattawbannack est située sur la Sabine River qui marque la frontière entre Texas et Louisiane. C’est l’endroit le plus chaud, le plus humide, le plus isolé, le plus désolé des endroit chauds, humides, isolés et désolés de cet état qui en compte beaucoup plus que n’importe quel autre état des États Unis. A cette époque, aucun pont ne reliait l’ile à la terre ferme et le seul lien entre le dispensaire et la civilisation était un émetteur radio et un petit bateau à moteur qui descendait la Sabine une fois par mois jusqu’à Pine Bluff pour aller chercher le Docteur Onemore-Fortherode, un vieux médecin anglais, original et alcoolique qui s’était installé dans la région pour s’adonner à sa passion, sa collection d’alligators.