Archives de catégorie : Critiques

¿ TAVUSSA ? (91) : La gym et BFM

temps de lecture : 4 minutes et  demi 

Moi, j’avais arrêté la gym avec le premier confinement ; ça fait des années maintenant ; et puis, à la fin des restrictions, je n’avais pas repris, et puis même, à un moment, j’ai réalisé qu’à l’âge que j’étais inéluctablement en train d’atteindre, l’appartenance à un club de gym, même situé boulevard St Germain, c’était démodé, sinon anachronique ; alors j’ai résilié mon abonnement et abandonné la gym et vice versa.

BFM, je l’avais arrêtée bien avant la gym, des années avant, un peu plus de deux pour être exact. Pourtant, avant ça, BFM, je la pratiquais notablement plus que la gym. En fait de télévision, je ne regardais plus que BFM et NETFLIX.
Mais un beau matin, j’ai perçu sur ma chaîne d’information habituelle une excitation particulière. On parlait de rond-points, de gilets jaunes, de blocages, de mouvement populaire et massif. Le présentateur vedette du matin, à l’époque Christophe Delay, que jusqu’alors on n’avait jamais vu que bien au chaud sur un plateau, portant cravate bleue sur costume assorti, avait revêtu sa plus belle parka de chez Armor-Lux, et tout excité sans doute par le grand air, parcourait les rond-points en Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (91) : La gym et BFM

The Fabelmans – Critique aisée n°255

temps de lecture : 5 minutes 

Critique aisée n°255

The Fabelmans
Steven Spielberg -2022
Gabriel LaBelle, Michelle Williams, Paul Dano

Avant de se lancer dans une critique aisée du dernier film de Spielberg, avant de faire la fine bouche sur The Fabelmans, il faut se rappeler ce que ce petit bonhomme de réalisateur, l’un des plus grands que le cinéma américain ait jamais porté, nous a donné depuis cinquante ans, dans l’ordre : Duel, Sugarland express, Les dents de la mer, Rencontres du troisième type, 1941, Les aventuriers de l’arche perdue, E.T., Indiana Jones et le Temple maudit, La Couleur pourpre, L’Empire du soleil, Indiana Jones et la Dernière Croisade, Always, Hook, Jurassic Park, La liste de Schindler, Le Monde perdu : Jurassic Park, Amistad, Il faut sauver le soldat Ryan, A.I., Minority report, Arrête-moi si tu peux, Le Terminal, La Guerre des Continuer la lecture de The Fabelmans – Critique aisée n°255

2-En un mot comme en cent : Le mage du Kremlin

temps de lecture : 1 minute

critique express (2)

Ce n’est vraiment pas la peine que je fasse une Critique aisée de ce bouquin. Dans la presse, les critiques sont unanimes et regrettent même pour la plupart qu’il n’ait pas obtenu le Goncourt à la place de cette nouvelle auto-fiction, ce nouveau non-roman, Vivre vite. Tout le monde a déjà lu « Le Mage… » et tout le monde l’a aimé. Même vous, j’en suis sûr. Alors, juste un mot pour confirmer que, même s’il n’y avait pas la guerre en Ukraine en ce moment, même si ce livre, dont l’écriture a été achevée un an avant qu’elle ne commence, n’éclairait pas de façon éclatante les raisons de cette guerre, vous devriez lire ce roman historique : la fantastique Continuer la lecture de 2-En un mot comme en cent : Le mage du Kremlin

Nouvelles complètes de Joseph Conrad – Critique aisée n°254

temps de lecture : 4 minutes

critique aisée n°254

Nouvelles complètes
Joseph Conrad
Quarto Gallimard – 1504 pages

La langue maternelle de Joseph Conrad (1857-1924) était le polonais. Pourtant, toutes ses oeuvres ont été écrites en anglais. Un sujet lettré de Sa Majesté, et donc admirateur de Conrad, vous dira peut-être que son anglais était entaché de certaines tournures qui, si elles n’étaient pas parfaitement britanniques, donnait à ses écrits une puissance indéniable dans les descriptions des paysages et de l’action. Je ne suis pas assez anglophone pour vous le confirmer, mais on dit que la langue anglaise présente une certaine souplesse qui lui permet de se prêter aux influences étrangères, tant qu’elles demeurent raisonnables et décentes. C’est pourquoi Conrad avait choisi pour écrire l’anglais et non Continuer la lecture de Nouvelles complètes de Joseph Conrad – Critique aisée n°254

1-En un mot comme en cent : Django

temps de lecture : 1 minute

Critique express (1)

Avertissement : Les critiques aisées que vous connaissez depuis longtemps — j’en ai à ce jour publié plus de 250 — me prennent trop de temps. Dans certains cas, et plus particulièrement les cas d’urgence, ceux où il est indispensable que vous connaissiez très vite mon avis, qu’il soit positif ou négatif, afin que vous puissiez vous faire le vôtre, je vais donc me permettre d’émettre des critiques express, jugeant en une centaine de mots seulement un film, un roman ou une pièce de théâtre. Voici donc ma première critique de ce genre : celle de Django. 

Malgré le titre racoleur, malgré le sale goût que m’avait laissé dans la bouche le film de Tarantino, Django unchained, j’ai tenté l’expérience de Django (tout court), la dernière série vedette de Canal+, dix épisodes annoncés pour la première saison. Eh bien, j’ai été surpris, eh oui ! Surpris de trouver le premier épisode encore plus désagréable à regarder que la totalité de l’autre Continuer la lecture de 1-En un mot comme en cent : Django

Le roi Lear – Critique aisée n°253

temps de lecture : 4 minutes

Critique aisée n°253

Le roi Lear
(d’après) William Shakespeare
Nouvelle traduction de Olivier Cadiot
Mise en scène de Thomas Ostermeier
Rôle-titre : Denis Podalydès
Comédie Française – Salle Richelieu
Pathé Cinéma – Les Fauvettes — 25€

Ô vous mes lecteurs dont les visites au JdC sont aussi fréquentes que les averses sur la noble ville de Londres, vous qui scrutez mes amicaux avis avant de vous risquer dans l’aventure théâtrale comme le Concarnois scrute la couleur du soleil couchant avant de larguer les amarres pour les bancs poissonneux des mers septentrionales, vous qui ne faites pas plus confiance aux avis de Télérama que le paysan aux conseils de la Chambre Syndicale, vous le savez maintenant, vous le savez que je hais le théâtre et que j’adore Shakespeare ! Oui, je l’adore, le Barde, au point de lui avoir inventé la meilleure partie de sa vie dans une série mémorable et oubliée (Les Nouvelles Aventures de William Shakespeare) et je hais le théâtre au point d’aller voir Le Roi Lear au cinéma ; parce qu’au cinéma, c’est confortable, enfin… plus qu’au théâtre, qu’au cinéma, c’est moins cher, beaucoup moins cher, et qu’on y voit et qu’on y entend mieux, vachement mieux.

L’autre soir, la première salle du cinéma Les Fauvettes de l’avenue Continuer la lecture de Le roi Lear – Critique aisée n°253

Les Vacances de Monsieur Hulot – Critique aisée n°252

temps de lecture : 4 minutes 

Critique aisée n°252

Les vacances de Monsieur Hulot
Jacques Tati – 1953

C’est notre mini débat autour de ma photo du Bar L’Océan du Guilvinec, publiée le 27 novembre dernier, qui m’a remis en mémoire Les Vacances de Monsieur Hulot. La première fois que j’ai vu ce film, je devais avoir 11 ou 12 ans, et la dernière, c’était il y a quatre ans, et s’il devait repasser demain à la télévision, je le reverrais à coup sûr.

L’œuvre cinématographique de Jacques Tati est peu abondante, six longs métrages en tout et pour tout, dont je n’ai manqué que le dernier, Parade.
Pourquoi si peu de films en 35 ans de carrière ? Je ne suis ni historien du cinéma ni biographe de Tati, mais je crois Continuer la lecture de Les Vacances de Monsieur Hulot – Critique aisée n°252

Rendez-vous à cinq heures à nouveau dans le tunnel

temps de lecture : 3 minutes

la page de 16h47 est ouverte…

Art or not art ?
par Lorenzo

Ecrire, comme me le demande Ph., mon sentiment sur les œuvres présentes dans le tunnel des arts équivaut finalement à traiter d’un sujet beaucoup plus vaste qui est celui de la définition d’une œuvre d’art. La question posée est pourtant simple mais sa réponse est d’une complexité inversement proportionnelle. Théoriquement elle est constituée à partir de nos ascendances familiales, de nos origines géographiques et religieuses, de notre éducation et de notre expérience, de notre psychologie, de notre culture qui inclut l’art et son histoire, et sûrement de bien d’autres choses que j’ignore.

De façon provocatrice mais sincère, je trouve artistique une œuvre que j’aimerais mettre sur le mur de mon salon. Toute forme de réflexion sur l’art m’est étrangère, c’est à dire que je ne me sens ni capable ni habilité ni assez cultivé pour oser m’y prêter. En ce qui concerne le tunnel des arts, tout ce que j’y ai vu me déplait, donc ce n’est pas de l’art.

Cette vision simpliste ou simplifiée de l’art, personnelle et non universelle comme elle se doit d’être, est évidemment contredite par Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures à nouveau dans le tunnel

Babylon – Critique aisée n°251

temps de lecture : 5 minutes 

Critique aisée n°251

Babylon
Damien Chazelle – 2023 – 188 minutes
Brad Pitt, Margot Robbie

De retour au Pathé Montparnasse dans l’une de ces nouvelles salles équipées de fauteuils de classe « Affaire » dont je vous ai déjà parlé à l’occasion d’Avatar 2… Même salle, plus petite, certes, mais équipée de la même manière, mêmes fauteuils, même écran, même son… le confort.

A côté de moi viennent s’asseoir les « Trois grasses » de Botero qui, une fois débarrassées des pelures d’oignon qui les recouvrent — il fait froid dehors — ont à peine maigri et qui s’empressent de sortir de leurs sacs des sandwiches préparés avec amour à la maison et de mordre dedans avec allégresse, ceci sans jeu de mot désobligeant de ma part. Je remarque que, comme dans les wagons de troisième classe de mon enfance, la plupart des spectateurs arrivent dans la salle avec de quoi manger et de quoi boire. C’est tout juste s’il n’apportent pas aussi oreillers et couvertures, comme ceux que l’on louait sur les quais le long de ces mêmes wagons quand ils étaient de nuit.  De mes voisines, je crains le pire, le bruit des papiers, celui de Continuer la lecture de Babylon – Critique aisée n°251

Sans filtre – Critique aisée n°250

temps de lecture : 2 minutes

critique aisée n°250

Sans filtre
(Triangle of sadness)
Ruben Ostlund- 2022 – 149 minutes
Palme d’or du Festival de Cannes 

Ce n’est pas parce que j’en suis à ma 250ème critique aisée que je suis devenu critique professionnel ; la preuve, c’est que je me refuse encore à juger un film sur ses intentions et que je persiste à le critiquer subjectivement – comment faire autrement ? – d’après le résultat perçu.

Ouais, Sans filtre est une critique acide de la société ultra-riche, de ses ultra-serviteurs et de ses parasites.
Ouais, Sans filtre est une étude sarcastique des quelques caractères, qu’autrefois vous et moi aurions considérés comme exagérément caricaturaux, mais qui, à en croire les magazines spécialisés, les réseaux sociaux et les émissions de télévision de M6, existent véritablement et mènent effectivement le monde : les oligarques russes et milliardaires, jouisseurs sans vergogne, les très vieux, très distingués et probablement un peu anoblis qui jouissent d’une douce et méritée retraite après avoir fait fortune dans les bombes, mines et grenades, les mannequins et mannequines, mesquins Continuer la lecture de Sans filtre – Critique aisée n°250