Madame Bovary m’épuise

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morceau choisi

On le sait, Gustave Flaubert était un travailleur acharné. Il polissait et repolissait ses phrases que cent fois il remettait sur le métier, biffant, raturant, changeant les mots, les verbes et le style. Il lisait ses textes à voix haute et considérait qu’une phrase était à éliminer si elle ne sonnait pas parfaitement. Au contraire de sa correspondance dont l’abondance et la prolixité montre une extraordinaire aisance, ses manuscrits prouvent à l’évidence que l’écriture ne lui était pas facile, ou du moins que la recherche de la perfection exigeait de lui un travail colossal.
Flaubert commença l’écriture de Madame Bovary en 1851 et l’acheva en 1856. Ses lettres à Louise Colet pendant cette période permettent de suivre la construction de l’œuvre. Le roman compte 35 chapitres. En janvier 1853, alors que son manuscrit n’en est qu’au chapitre 4, il écrit à Louise Colet et lui fait part de ses difficultés. Ses paragraphes, lui dit-il, sont bien « tournés », mais ils ne « dévalent » pas les uns sur les autres. Après deux ans de travail, il va falloir tout reprendre, peut-être même changer de style
.

« Mon sacré nom de Dieu de roman me donne des sueurs froides. En cinq mois, depuis la fin d’août, sais-tu combien j’en ai écrit ? Soixante-cinq pages dont trente-six depuis Mantes. J’ai relu tout cela avant-hier et j’étais effrayé du peu que Continuer la lecture de Madame Bovary m’épuise

La disparition de l’Esperluette

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C’est à John Clipperton (1671-1768) que l’on doit la disparition définitive de l’esperluette. Cet évènement regrettable et historique s’est produit au tout début du XVIIIème siècle sur une ile perdue à plus de six-cents milles marins au Sud-Ouest du Mexique. John Clipperton est, on le sait, l’un des plus fameux pirates qui aient jamais sillonné les mers. Après avoir écumé la Mer des Caraïbes et le Golfe du Mexique et considérant que la concurrence régionale y devenait trop importante, Clipperton décida de se délocaliser dans le Pacifique. Il fit donc route vers le Panama qu’il traversa à pied avec armes et bagages mais sans sa frégate The Despicable, qu’il fit reconstruire à l’identique de l’autre côté de l’isthme par les indigènes du coin. En quelques années, Clipperton accumula un trésor que, dans son ouvrage « A new guide for treasure islands and other fiscal paradises », Sir Alfred Fink-Nottle (1884—1977) n’hésita pas à qualifier de « joliment colossal ». La place à bord venant à manquer, il accosta la première île venue pour y cacher son trésor. Elle ne figurait sur Continuer la lecture de La disparition de l’Esperluette

Rendez-vous à cinq heures avec Sempé et son orchestre symphonique

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Dis Sempé, c’est quoi l’orchestration musicale ?

C’est Jim qui pose la question !

Moi aussi je suis depuis son premier album « Rien n’est simple », autant dire depuis longtemps, un fidèle amateur de Sempé. Ses dessins, sobres ou denses, sans Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures avec Sempé et son orchestre symphonique

To be or not to be – Critique aisée n°262

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Critique aisée n°262

 To be or not to be
Ernst Lubitsch – 1942
Jack Benny, Carole Lombard

Désœuvré comme souvent et libre comme parfois et comme l’air, je passai l’autre jour devant ce qui, pour des générations d’étudiants, restera pour toujours le lieu intime où ils ont découvert l’art du cinéma, Le Champollion. J’ai déjà écrit sur cette salle et je ne vais pas vous refaire aujourd’hui le coup de la nostalgie, mais vous pouvez toujours retrouver l’article que je lui avais consacré en cliquant sur ce lien

https://www.leblogdescoutheillas.com/?p=9313

Donc, je passai devant le Champo. Il devait être 11h40, ou 45 à la rigueur, et la vitrine annonçait pour 12h10 To be or not to be ! Ça devait bien faire quelques années, au moins cinq ou six, que je n’avais pas revu To be or not to be. Alors, un petit tour devant la vitrine de La Compagnie pour passer le temps et hop, au Champollion !

Dans la salle, Continuer la lecture de To be or not to be – Critique aisée n°262

Rendez-vous à cinq heures avec Agatha Christie

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Le flux et le reflux
Agatha Christie

par Lorenzo dell’Acqua

Dans Le Flux et le Reflux, un des innombrables polars d’Agatha Christie publiés aux Editions du Masque, entre les pages 41 et 47, il y a la plus belle déclaration d’amour que j’ai jamais lue. Et je ne m’y attendais pas.

J’ai un faible pour la saison I de la série télévisée Les Petits Meurtres d’A. C. avec Antoine Duléry et Marius Colucci, le fils Coluche. J’apprécie autant Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures avec Agatha Christie