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PRÉFACE (2): ANDROMAQUE DE CYRÉNAÏQUE

ANDROMAQUE DE CYRÉNAÏQUE
et
RETOUR SUR ANDROMAQUE(1)     

Il y a longtemps que j’ai choisi mes trois plus grands hommes de l’Histoire et Jules César en fait partie.

Plusieurs fois, j’ai introduit cet immense personnage dans mes petites nouvelles : si, malgré tous mes efforts d’imagination, je n’ai pas réussi à lui faire croiser Churchill, je l’ai quand même rencontré personnellement dans un cinéma du quartier (latin forcément),  je lui ai fait mettre de l’ordre dans l’administration de Pergame, je lui ai fait convaincre Continuer la lecture de PRÉFACE (2): ANDROMAQUE DE CYRÉNAÏQUE

PRÉFACE (1) : LA MITRO

LA MITRO(1)

Un jour, l’envie m’a pris d’écrire une histoire provençale. Je revenais sans doute du Midi car j’avais en tête une petite ville entre Aix et Saint Maximin, à la limite des Bouches du Rhône et du Var, Trets. Une place de la Mairie à l’ombre de platanes centenaires, un café-tabac-PMU, des parties de boules…vous connaissez ça aussi bien que moi. J’ai donc écrit une première phrase, à la première personne, avec l’accent. Il y était question de la douceur du temps sous les platanes de la place Honoré Panisse à l’heure de l’apéritif, quand les parties de boules vont commencer… A ce moment-là, je n’avais aucune idée de ce qu’il allait advenir de ce parfait cliché. Juste pour voir, j’ai fait débouler sur la place le petit Félix, messager affolé d’une catastrophe imminente : « Il a de la Mitro ! » Bien sûr, moi, je savais que le mot que Félix déformait, c’était nitro, pour nitroglycérine. Mais ce que je ne savais pas encore, c’était qui pouvait bien avoir de la dynamite, ni ce qu’il voulait en faire et pourquoi. Pourtant la suite est venue simplement ; elle s’est construite sous mes yeux, naturellement, presque automatiquement.

Dans cette histoire, on ne pourra pas ne pas voir l’influence des romans et du cinéma de Pagnol dont je suis imbibé depuis que j’ai arrêté de lire Hans Christian Andersen. Continuer la lecture de PRÉFACE (1) : LA MITRO

PRÉFACES À LA MITRO

Devant la faiblesse déconcertante des ventes de La Mitro et l’absence quasi totale d’avis sur Amazon, dont je rappelle que le nombre est la seule chose qui puisse amener un lecteur à un auteur inconnu, je suis contraint de lancer une campagne non pas de publicité cette fois, mais d’information. Et pour cela, je suis contraint, au désespoir, mais contraint quand même, de reculer de deux jours le Nième épisode des Corneilles. J’espère, je compte bien, je sais qu’on ne m’en voudra pas. Alors voici :

Isaac Asimov (1920-1992) fait partie de mes écrivains préférés et, en matière de science fiction, il est mon écrivain préféré. Ceux qui ont lu les histoires de robots d’Asimov ou n’importe lequel des sept volumes de la saga Fondation comprendront pourquoi.
Dans les rééditions de ses innombrables nouvelles, Asimov aimait ajouter à chacune d’entre elles une brève introduction. En quelques lignes, souvent pleine d’humour, il expliquait pourquoi il avait écrit celle-ci, ce qui avait inspiré celle-là, combien de fois elle avait été refusée par son éditeur et parfois même combien de dollars elle lui avait été payée.
Eh bien, moi, pour faire comme Asimov, pour faciliter le travail de ceux qui prépareront dans quelques années une anthologie de mes œuvres et pour amener le lecteur courant à une meilleure compréhension de chaque nouvelle du recueil La Mitro,  je vais faire la même chose, et j’appellerai ça « Préfaces ». Ça commencera demain 17 juin à 16h47 et se répétera une quinzaine de fois avec une parution tous les deux jours à la même heure.

A suivre (avec interêt)

Madame Bovary m’épuise

temps de lecture : 2 minutes 

morceau choisi

On le sait, Gustave Flaubert était un travailleur acharné. Il polissait et repolissait ses phrases que cent fois il remettait sur le métier, biffant, raturant, changeant les mots, les verbes et le style. Il lisait ses textes à voix haute et considérait qu’une phrase était à éliminer si elle ne sonnait pas parfaitement. Au contraire de sa correspondance dont l’abondance et la prolixité montre une extraordinaire aisance, ses manuscrits prouvent à l’évidence que l’écriture ne lui était pas facile, ou du moins que la recherche de la perfection exigeait de lui un travail colossal.
Flaubert commença l’écriture de Madame Bovary en 1851 et l’acheva en 1856. Ses lettres à Louise Colet pendant cette période permettent de suivre la construction de l’œuvre. Le roman compte 35 chapitres. En janvier 1853, alors que son manuscrit n’en est qu’au chapitre 4, il écrit à Louise Colet et lui fait part de ses difficultés. Ses paragraphes, lui dit-il, sont bien « tournés », mais ils ne « dévalent » pas les uns sur les autres. Après deux ans de travail, il va falloir tout reprendre, peut-être même changer de style
.

« Mon sacré nom de Dieu de roman me donne des sueurs froides. En cinq mois, depuis la fin d’août, sais-tu combien j’en ai écrit ? Soixante-cinq pages dont trente-six depuis Mantes. J’ai relu tout cela avant-hier et j’étais effrayé du peu que Continuer la lecture de Madame Bovary m’épuise

La disparition de l’Esperluette

temps de lecture : 4 minutes 

C’est à John Clipperton (1671-1768) que l’on doit la disparition définitive de l’esperluette. Cet évènement regrettable et historique s’est produit au tout début du XVIIIème siècle sur une ile perdue à plus de six-cents milles marins au Sud-Ouest du Mexique. John Clipperton est, on le sait, l’un des plus fameux pirates qui aient jamais sillonné les mers. Après avoir écumé la Mer des Caraïbes et le Golfe du Mexique et considérant que la concurrence régionale y devenait trop importante, Clipperton décida de se délocaliser dans le Pacifique. Il fit donc route vers le Panama qu’il traversa à pied avec armes et bagages mais sans sa frégate The Despicable, qu’il fit reconstruire à l’identique de l’autre côté de l’isthme par les indigènes du coin. En quelques années, Clipperton accumula un trésor que, dans son ouvrage « A new guide for treasure islands and other fiscal paradises », Sir Alfred Fink-Nottle (1884—1977) n’hésita pas à qualifier de « joliment colossal ». La place à bord venant à manquer, il accosta la première île venue pour y cacher son trésor. Elle ne figurait sur Continuer la lecture de La disparition de l’Esperluette

To be or not to be – Critique aisée n°262

temps de lecture : 3 minutes

Critique aisée n°262

 To be or not to be
Ernst Lubitsch – 1942
Jack Benny, Carole Lombard

Désœuvré comme souvent et libre comme parfois et comme l’air, je passai l’autre jour devant ce qui, pour des générations d’étudiants, restera pour toujours le lieu intime où ils ont découvert l’art du cinéma, Le Champollion. J’ai déjà écrit sur cette salle et je ne vais pas vous refaire aujourd’hui le coup de la nostalgie, mais vous pouvez toujours retrouver l’article que je lui avais consacré en cliquant sur ce lien

https://www.leblogdescoutheillas.com/?p=9313

Donc, je passai devant le Champo. Il devait être 11h40, ou 45 à la rigueur, et la vitrine annonçait pour 12h10 To be or not to be ! Ça devait bien faire quelques années, au moins cinq ou six, que je n’avais pas revu To be or not to be. Alors, un petit tour devant la vitrine de La Compagnie pour passer le temps et hop, au Champollion !

Dans la salle, Continuer la lecture de To be or not to be – Critique aisée n°262

Juliette et le jardinier

Ce texte a déjà été diffusé le 2 avril 2019

temps de lecture : 4 minutes 

Elle, c’est Juliette. Elle est belle comme une rose du matin, comme une goutte d’eau de pluie, comme un frisson dans les feuilles de bouleau, comme un parfum de cerise. Elle chante comme un rouge-gorge, elle parle comme l’eau de la fontaine, elle bouge comme l’ombre d’un roseau. Je l’aime depuis toujours ; depuis que je l’ai vue pour la première fois sortir de Santa Anastasia auprès de sa mère, je l’aime ; depuis que je guette à sa fenêtre le plus léger mouvement de rideau, Continuer la lecture de Juliette et le jardinier

Dans le monde de l’édition (16)

Au cours de la semaine écoulée, les commandes de mes livres ont fait un bond assez spectaculaire, puisque le nombre des ventes de La Mitro est passé de 10 à 11, tandis que celui des ventes de Blind dinner campait résolument sur sa position de 39.

Quant aux nombres des avis, ils sont tout aussi inébranlables : 9 pour Blind dinner et 1 pour La Mitro.

C’est sur cette note encourageante que je m’apprête à publier mon « Histoire de Dashiell Stiller » dont je relis actuellement les épreuves. Continuer la lecture de Dans le monde de l’édition (16)