Archives de catégorie : Critiques

¿ TAVUSSA ? (87) : Les bouteillons

temps de lecture : 3 minutes

Bouteillon :
1- marmite métallique en usage dans l’armée depuis la Première Guerre Mondiale. 
2- rumeur propagée au front par les porteurs de soupe venus de l’arrière
3- fake news

Malgré tous les efforts que je fais pour éviter ça — absence de réponse, classement en indésirable, bloquage de l’expéditeur… — il m’arrive encore de recevoir des messages complotistes. 

Ils me prouvent qu’Hillary Clinton est une pédophile sataniste, que c’est l’Ukraine qui a commencé la guerre contre la Russie, que le réchauffement climatique est une invention des bobos, que la vaccination est destinée à nous faire voter Macron, que les éoliennes tournent grâce à l’électricité qu’on leur envoie, que Jean-Luc Mélenchon est un démocrate sincère… Je vous assure, on m’a dit tout ça, et Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (87) : Les bouteillons

Rendez-vous à cinq heures avec Renoir

La page de 16h47 est ouverte…

Jean Renoir présente La Règle du jeu

Maintenant que, grâce à mes récentes explications, vous avez enfin compris pourquoi La Règle du jeu est le plus grand film jamais tourné, vous êtes enfin aptes à écouter son réalisateur. Pendant 6 minutes, de sa voix chaude et joyeuse, Jean Renoir vous parle très simplement de celui de ses films qui a connu le plus gros “insuccès”. 

Je n’ai connu aucun de mes grands-pères. J’aurais aimé qu’ils soient un peu comme lui.
Maintenant, cliquez sur l’image : 

 

 

La Règle du jeu – Critique aisée n°235 (intégral)

temps de lecture : 20 minutes

Et pour ceux qui ont vingt minutes à perdre ou qui préfère lire tout d’un coup, voici la version intégrale, in extenso, de la totalité du texte en son entièreté et sans coupure.

Critique aisée n°234

La Règle du jeu
Jean Renoir – 1939
Marcel Dalio, Nora Grégor, Jean Renoir, Roland Toutain, Paulette Dubost, Julien Carette, Gaston Modot…

La première fois
La première fois que j’ai vu La Règle du jeu, c’était au Champollion. Pas à l’Actua-Champo, non, dans la grande salle, au Champo.
La grande salle du Champollion ! Cent places ? Cent cinquante ? Légèrement en pente, elle était si petite que, pour pouvoir projeter sur un écran de taille acceptable, le propriétaire avait fait installer un système très particulier : par le truchement d’un périscope, le film était projeté sur le mur du fond de la salle où un miroir renvoyait les images sur l’écran. L’Actua-Champo, dont la salle était encore plus petite, ne bénéficiait pas, je crois, de ce système ; c’est dire la taille de l’écran.
Mais la première fois que j’ai vu La Règle du jeu, c’était bien au Champollion, dans la grande salle.
Je devais avoir 17, 18, 19 ans tout au plus. C’était l’été, les vacances… le mois d’août plus précisément. Il faisait chaud, sûrement. J’étais seul. À ce moment-là, je n’avais pas de petite amie, ou alors elle n’était pas là, je ne sais plus. Il devait être Continuer la lecture de La Règle du jeu – Critique aisée n°235 (intégral)

La Règle du Jeu – Critique aisée n°235 – (3/3)

(…) ils ont tous leurs défauts, leurs faiblesses, leurs snobismes, mais aucun n’est traité avec mépris ni méchanceté, ni même avec condescendance, car comme Octave dit à Jurieux : « Tu vois, mon vieux, dans la vie, le problème, c’est que tout le monde a ses raisons ». Autrement dit, il ne faut pas juger les gens car ils ont tous leurs raisons… Tolérance, humanisme, c’est toujours le point de vue de Renoir.

C’est à cause des acteurs !
Ah oui ! Les acteurs !
D’abord Marcel Dalio, à contre-emploi, habitué aux rôles de juif ou de personnage trouble, se voit ici confier celui d’un aristocrate, léger, faible mais foncièrement généreux. il trouve ici peut-être son meilleur rôle au cinéma. La scène muette où, ravi aux anges comme seul un enfant peut l’être,  il présente à ses amis l’orgue de barbarie qu’il vient d’acquérir est un monument d’émotion.
Ensuite, Jean Renoir lui-même. Il est absolument Continuer la lecture de La Règle du Jeu – Critique aisée n°235 – (3/3)

La Règle du Jeu – Critique aisée n°235 – (2/3)

temps de lecture : 8 minutes

(…) mais jamais encore je n’avais été et jamais plus je ne serai pris à ce point dans un film, enveloppé, transporté par lui, du début jusqu’à la fin. Tous mes visionnages ultérieurs de La Règle du jeu ont confirmé, et même parfois, grâce à une meilleure connaissance du cinéma, renforcé cette première impression.

Pourquoi ?
Par la suite, j’ai souvent été tenté de faire partager ma passion pour La Règle du jeu à d’autres, parents, amis, tous plus ou moins cinéphiles, mais jamais je n’ai rencontré de véritable âme sœur sur ce sujet. J’obtenais surtout deux types de réactions à mon enthousiasme : d’abord celle que j’appellerai la réaction Proustienne, et ensuite l’autre, la réaction Alternative.
Le nom de la première vient de ce qu’elle ressemble à la position de beaucoup devant qui Continuer la lecture de La Règle du Jeu – Critique aisée n°235 – (2/3)

La Règle du Jeu – Critique aisée n°235 – (1/3)

temps de lecture : 8 minutes

Critique aisée n°235

La Règle du jeu
Jean Renoir – 1939
Marcel Dalio, Nora Grégor, Jean Renoir, Roland Toutain, Paulette Dubost, Julien Carette, Gaston Modot…

La première fois
La première fois que j’ai vu La Règle du jeu, c’était au Champollion. Pas à l’Actua-Champo, non, dans la grande salle, au Champo.
La grande salle du Champollion ! Cent places ? Cent cinquante ? Légèrement en pente, elle était si petite que, pour pouvoir projeter sur un écran de taille acceptable, le propriétaire avait fait installer un système très particulier : par le truchement d’un périscope, le film était projeté sur le mur du fond de la salle où un miroir renvoyait les images sur l’écran. L’Actua-Champo, dont la salle était encore plus petite, ne bénéficiait pas, je crois, de ce système ; c’est dire la taille de l’écran.
Mais la première fois que j’ai vu La Règle du jeu, c’était bien au Champollion, dans la grande salle.
Je devais avoir 17, 18, 19 ans tout au plus. C’était l’été, les vacances… le mois d’août plus précisément. Il faisait chaud, sûrement. J’étais seul. À ce moment-là, je n’avais pas de petite amie, ou alors elle n’était pas là, je ne sais plus. Il devait être 4 heures de l’après-midi et je passais Continuer la lecture de La Règle du Jeu – Critique aisée n°235 – (1/3)

Le Grand Jabadao – Critique aisée 234

6 minutes

Critique aisée n°234

Le Grand Jabadao
Jean-Luc Coatalem
Le dilettante – 188 pages – 17€

Ça fait bien longtemps que je n’ai pas lu de Série Noire, une dizaine d’années peut-être, peut-être vingt. En tout cas, ça fait au moins trente ans que je n’en ai pas achetée. Les bibliothèques de ma maison en sont pleines. À vue de nez, il y en a surement plus de deux cents, et contrairement aux autres collections qui trônent sur mes étagères, ceux-là, je suis sûr de les avoir lus. Si je les ai tous lus, je ne les ai pas tous achetés car une partie d’entre eux m’est venue Continuer la lecture de Le Grand Jabadao – Critique aisée 234

La Grande illusion – Critique aisée n°233

Critique aisée 233

La grande illusion
Jean Renoir – 1937
Gabin, Fresnay, Dalio, Von Stroheim, Carette

Il y a deux différences essentielles entre les deux films les plus célèbres de Jean Renoir, La Grand illusion (1937) et La Règle du jeu (1939) : la première est que La Grande illusion est un film d’un grand classicisme, tandis que La Règle du jeu est un film moderne, fantasque et foisonnant. La deuxième différence, c’est que le premier connut un grand succès commercial et critique, dont l’Oscar du film étranger en 1939, alors que le second fut un colossal échec critique et commercial. Ce n’est qu’avec l’apparition de la Nouvelle Vague qu’il fut reconnut progressivement par tous comme l’un des plus grand films de l’histoire du cinéma. 

Un de leurs points communs est que Continuer la lecture de La Grande illusion – Critique aisée n°233

Top gun : Maverick – Critique aisée n°232

temps de lecture : 4 minutes 

Critique aisée n°232

Top Gun : Maverick
Joseph Kosinski – 2022
Tom Cruise…

Quand on m’a dit que ‘Top Gun, Maverick’ sortait le même jour à Paris et à Cannes, j’étais comme un gamin. Il fallait absolument que je vois ça, ce jour-là, maintenant, tout de suite. Caprice d’adolescent, urgence absolue, rien ne devait pouvoir s’y opposer.

Quand j’avais vu le premier Top Gun, c’était au milieu des années 80. Je n’avais plus quinze ans depuis longtemps. Pourtant, j’aimais encore et j’aime toujours ces scènes de porte-avions…
…l’étrave du gigantesque navire déchire la mer dans la lumière orange du Continuer la lecture de Top gun : Maverick – Critique aisée n°232

L’Avare – Critique aisée n°231

Critique aisée n°231

L’Avare
Molière – 1668
Mise en scène : Lilo Baur
Harpagon : Laurent Stocker

Disons tout de suite que l’Avare n’est pas la pièce de Molière que je préfère. Vous me connaissez, moi, je serais plutôt du genre misanthrope, bourgeois gentilhomme, malade imaginaire ; ou alors femme savante, précieuse ridicule même, quelques fois, mais pas trop, tartuffe. Mais l’avare, non, pas vraiment.

Et puis, vous me connaissez aussi sur ce point : je trouve que le théâtre, c’est tard le soir, loin de chez moi, inconfortable, cher et souvent décevant. Alors… Par contre,  j’ai déjà eu l’occasion de vous dire tout le bien que je pense de ces classiques , filmés dans la salle de la Comédie Française un soir de spectacle et que l’on peut voir (une seule fois) en direct dans certaines salles de cinéma ou (en différé) certains jours Continuer la lecture de L’Avare – Critique aisée n°231