Archives de catégorie : Critiques

Rendez-vous à cinq heures : Un barrage contre l’Atlantique

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Un barrage contre l’Atlantique
par Lorenzo

J’ai lu le dernier roman de Frédéric Beigbeder :
Frédéric Beigbeder a réussi à écrire un roman avec une succession de phrases indépendantes, imagées et poétiques, sans rapport chronologique ou logique entre elles. J’admire cette forme nouvelle d’écriture un peu comme celle d’Hemingway. Je ne l’ai pas trouvée fastidieuse contrairement à celle d’Eric Neuhoff dont le style aussi épuré, un sujet, un verbe, un complément, est lassant Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures : Un barrage contre l’Atlantique

Rendez-vous à cinq heures : Fausses critiques

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Fausses critiques

Vu l’autre soir sur FR3 

La Bonne année
Claude Lelouch (1973)
Contrairement aux habitudes de C.L. , un film très classique dans sa construction de polar, et conformément aux habitudes de C.L. des dialogues si naturels qu’on les croirait improvisés, de merveilleuses scènes d’amitié entre Lino Ventura et Charles Gérard, une paisible scène de séduction entre Ventura et Françoise Fabian dans un restaurant. 

Une de mes scènes favorites se situe vers la fin du film : Le 1er janvier au matin, après six années de prison, Ventura vient de s’annoncer au téléphone à Fabian alors qu’elle est au lit avec son amant du moment. Après l’avoir délicatement chassé, elle entreprend de ranger son appartement pour accueillir l’homme de sa vie.  Voir Françoise Fabian en peignoir, courir en tous sens, passant du Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures : Fausses critiques

West Side Story – Critique aisée n°222

Critique aisée n°222

West Side Story
Steven Spielberg – 2021
Rachel Zegler, David Alvarez, Ariana DeBose, Mike Faist

Peut-on ressentir les mêmes émotions deux fois ? C’est la question qui se pose quand on parle du remake d’un film qu’on a aimé ?
Et ce film, celui de 1961, (photo ci-contre) celui avec Nathalie Wood, Georges Chakiris, Rita Moreno, Russ Tamblin, celui-là, je l’avais aimé. Vu à New-York en 1962. Epoustouflé par la mise en scène et les cadrages de Robert Wise, renversé par la musique de Leonard Bernstein, enthousiasmé par la chorégraphie de Jerome Robbins, soixante ans plus tard, je garde encore un grand souvenir de cette gigantesque salle de cinéma, de cet immense écran, et de cette extraordinaire séance de vrai cinéma. Je n’avais pas vingt ans.
Alors, peut-on revivre les mêmes émotions à tant d’années de distance ? C’est avec cette question en tête, mais tout prêt à Continuer la lecture de West Side Story – Critique aisée n°222

Don’t look up ! Critique aisée n°221

Critique aisée n°221

Don’t look up
Adam McKay – 2021
Leonardo di Caprio, Jennifer Lawrence, Merryl Streep, Cate Blanchett, Timothée Chalamet

C’est la derrière grosse production de NETFLIX.
Sur le thème à présent ultra-classique d’une fin du monde annoncée pour demain (en fait pour dans 6 mois : une comète de 10km de diamètre se dirige tout droit sur le terre), Don’t look up nous présente une farce, critique des réactions des politiques, des businessmen et des médias devant cette catastrophe inéluctable. Le titre Don’t look up est extrêmement bien choisi et résume en trois mots ces réactions : « Ne regardez pas en l’air », c’est le message que ces trois groupes sociaux vont délivrer au quatrième, les petits, les sans grade, les moyens, les gradés. Le titre français, Déni cosmique, est tellement nul que j’en ai honte pour la langue française.

Le film commence de façon très classique et très premier degré avec la découverte de cette comète et de sa trajectoire certaine et meurtrière par Continuer la lecture de Don’t look up ! Critique aisée n°221

C’était à Mégara, faubourg de Carthage

Cet texte est ma Critique aisée n°63 que j’avais déjà publiée le 26 novembre 2015.Je lui ai juste ajouté un petit codicille (en bleu et en bas). 

C’était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar.

Avec le « Longtemps, je me suis couché de bonne heure » du petit Marcel, « C’était à Mégara… » est probablement l’incipit le plus connu de la littérature française. C’est celui du roman Salammbô de Gustave Flaubert.

Je ne vais pas disserter sur cette œuvre puissante et surtout pas tenter de la comparer à la Recherche du temps perdu. D’abord parce que ces deux romans sont incomparables, y compris entre eux. Ensuite parce que je ne suis carrément pas au niveau et, dans ces cas là, j’aime bien dire que je n’ai pas les outils.

Je voudrais simplement faire remarquer les différences qui existent pour moi entre ces deux magnifiques phrases d’entrée qui ne font d’ailleurs que refléter les différences fondamentales de nature entre les deux œuvres.

Avec l’incipit du petit Marcel, vous entrez dans son roman (on dirait aujourd’hui dans son autofiction) par une petite porte, la fragile petite porte du fond du jardin de la maison de Combray, la délicate petite porte de la mémoire. La phrase est courte, simple et inattendue, surtout quand elle suit un titre aussi explicatif que « A la recherche Continuer la lecture de C’était à Mégara, faubourg de Carthage

The French Dispatch – Critique aisée n°220

Critique aisée n°220

The French Dispatch
Wes Anderson – 2021

Avertissement : Cette 220ème critique est publiée dans l’édition vespérale car  elle n’est pas une véritable « Critique aisée ». . Le texte en est bien trop court et dépourvu de nuances pour paraitre dans l’édition du matin. Et encore ! J’ai été tenté, un instant, de le réduire à son incipit : « Un film à la fois épuisant et ennuyeux » !

Un film à la fois épuisant et ennuyeux :

– une voix off incessante au débit précipité qui débite dans le style d’Amélie Poulain une incompréhensible histoire, ou peut-être trois, je ne suis pas certain.
– un manièrisme agaçant dans le jeu des personnages principaux, et pour les autres,
– un défilé de comédiens, fameux, grimés, entr’apercus, sans véritable rôle, sans autre fonction que celle de vous amener à tenter de les reconnaître Continuer la lecture de The French Dispatch – Critique aisée n°220

¿ TAVUSSA ? (81) : ODEON 84 00

L’autre  jour, visité Versailles.

Très beau, très chouette, je vous le recommande, surtout quand il y a peu de monde et qu’il fait beau comme ce jour-là.

Après avoir passé sans encombrement les diverses barrières et contrôles qui donnent accès au château royal, nous sommes entrés tout d’abord et comme il se doit dans la chapelle. Magnifique endroit plein de dorures.

Là, l’atmosphère est recueillie et un silence presque total règne parmi la petite foule des visiteurs. Au bout de quelques instants, on est troublé dans son recueillement et son admiration par une voix grave qui donne l’heure : « …sera exactement dix heures douze minutes et vingt secondes… dix heures douze minutes et quarante secondes… » Vous n’aviez pas entendu ça depuis Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (81) : ODEON 84 00

La Princesse, l’Ours et le Chasseur

Il y a un peu plus de huit ans, sous le prétexte de faire une critique cinématographique, j’avais entrepris de raconter ma rencontre avec Grace Kelly, alors princesse de Monaco. Cette rencontre a eu lieu en 1978. Aujourd’hui, je n’ai plus besoin de faire semblant de parler cinéma pour évoquer cette rencontre hors de l’ordinaire. C’est le cadeau que je me fais pour mon anniversaire.

*

Tout le monde, du moins je l’espère, tout le monde a déjà vu « Fenêtre sur cour« .

871-CINEMATOQUIZ 2

Ces derniers temps, la télévision spécialisée l’a repassé régulièrement en version « longue ». Cette appellation est ridicule car, de ce film, il ne peut y avoir  que des versions trop courtes.
Bien qu’il soit, avec La Prisonnière du Désert et La Règle du Jeu, celui que j’ai vu le plus grand nombre de fois, je l’ai regardé à nouveau, deux fois. J’ai beau Continuer la lecture de La Princesse, l’Ours et le Chasseur

J’habite ici – Critique aisée n°219

Critique aisée n°219 

J’habite ici

Jean-Michel Ribes – Théatre du Rond Point – 2021

L’autre soir, nous sommes allés au théâtre avec des amis.

Ç’aurait pu être une bonne soirée : nous avions échappé à la pluie, nous étions en avance, nos amis étaient à l’heure, la table était bien réservée au restaurant du théâtre, la salle était agréable, la serveuse était belle, aimable et efficace, le repas bon et la conversation brillante.

Ç’aurait pu être une bonne soirée, vraiment. Mais il y a eu la pièce…

« J’habite ici », la dernière pièce de Jean-Michel Ribes, ce schtroumpf suffisant et parfois drôle.

Cette pièce, je ne peux même pas en faire une « Critique aisée », car il n’y a absolument rien à en dire.

Si, deux choses : la salle est assez confortable et la pièce est plutôt courte, et pour tout cela Merci mon Dieu.

Et puis, si, quand même, allons-y : Continuer la lecture de J’habite ici – Critique aisée n°219

Chasseur blanc, cœur noir – Critique aisée n°218

Critique aisée 218

Chasseur blanc, cœur noir
Clint Eastwood – 1990

Je l’ai vu pour la première fois sur Arte, début septembre. A sa sortie en 1990, je l’avais royalement ignoré et depuis, j’avais  totalement oublié son existence. C’est en parlant des « Racines du ciel » qu’un ami l’a évoqué devant moi. Quand je l’ai vu programmé sur Arte, cette fois-ci, je ne l’ai pas manqué.

Je ne vous apprendrai rien en vous disant que Clint Eastwood a réalisé plusieurs dizaines de films, dont presque autant de dizaines ont connu un très grand succès populaire. Mais Chasseur blanc, Coeur noir, est, je crois, le film d’Eastwood qui a perdu le plus d’argent (budget 24 millions, recettes 2 millions). Bon, et alors ?

Depuis cette vision tardive, Chasseur blanc, Coeur noir est devenu pour moi l’un de ses trois ou quatre Continuer la lecture de Chasseur blanc, cœur noir – Critique aisée n°218