Archives de catégorie : Critiques

anéantir – critique aisée n°224

Critique aisée 224

Michel Houellebecq – 2022
Flammarion – 730 pages – 26 €

Je viens de finir le dernier Houellebecq

Moi, j’ai trouvé que, contrairement à ses livres précédents, anéantir était plutôt lourd, et j’ai trouvé aussi qu’il n’était pas facile à lire. La preuve, il m’est tombé des mains plusieurs fois. Par ailleurs, il comporte au moins deux défauts, et enfin, il confirme s’il en était encore besoin que Houellebecq et moi avons un sérieux point de désaccord.

En effet, le dernier Houellebecq est lourd : 850 grammes.(1)
Il n’est pas facile à lire parce qu’on ne peut pas le tenir d’une main,  tant il est pesant et anguleux avec son papier épais et sa couverture rigide et pointue. Cela fait que, quand il vous échappe, il vaut mieux qu’il ne vous tombe pas sur le pied.
De plus, le dernier Houellebecq comporte au moins deux défauts :
1) la page 407 est partiellement déchirée et repliée vers l’intérieur du livre.
2) page 553, une tache de colle obscurcit légèrement l’article du placé en fin de sixième ligne entre les mots heures et matin.
Enfin, le point de désaccord entre Michel et moi : un certain usage, ou plutôt un certain non-usage de la ponctuation.

Ceci dit, le dernier Houellebecq….

Disons tout de suite que le roman est très Continuer la lecture de anéantir – critique aisée n°224

Rendez-vous à cinq heures : fausses critiques

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Fausses critiques

Bravant le Covid et ses affluents je suis allé récemment au cinéma deux fois de suite. Choisissant mes salles et mes horaires, chapeauté, ganté, masqué, incognito, j’ai pu voir la, première fois Les Illusions perdues et, la deuxième, Licorice Pizza.
Étant plutôt occupé en ce moment à procrastiner la poursuite de la rédaction d’un nouveau roman qui pour l’instant n’est écrit la moitié, je n’ai pas le temps aujourd’hui d’écrire de véritable « Critique Aisée » sur ces deux films.
Je n’en dirai donc que quelques mots, destinés, comme toute critique qui se respecte, non pas à l’analyse de ces œuvres mais à vous faire savoir ce que j’en ai pensé, car c’est bien ça que vous êtes venu chercher ici , n’est-ce pas ?

Les Illusions perdues
Xavier Giannoli – 2021
Allons-y franchement : Ce film, d’un grand classicisme, est une vraie réussite. La reconstitution est parfaite de cette étrange époque de la Restauration ou les Libéraux, les Républicains et les Ultras s’opposent Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures : fausses critiques

Critique aisée 223 – Le Voyant d’Étampes

Critique aisée 223

Le Voyant d’Etampes
Abel Quentin-2021
Éditions de l’Observatoire – 380 pages – 20 €

Au début, on pense à Houellebecq ; un universitaire sur le retour, un peu alcoolique, solitaire, drôle, ironique, amer, lucide… Houellebecq. Après, on pense à Philippe Roth, victime de la pensée unique, de la racialisation et de la correctitude politique.

Jean Roscoff, le narrateur du Voyant d’Étampes, est un peu tout ça, prof, alcoolique, nostalgique d’une ex-femme pour laquelle il n’était pas fait, père attendri d’une fille aimante mais moutonnière, aigri par un échec littéraire de jeunesse, bientôt victime d’une de ces campagnes dont nos jeunes élites ont fait leur arme de destruction massive : l’antiracisme fureteur, la racialisation indéfrisable, le Wokisme intégral. (A la place d’  « intégral », mon correcteur d’orthographe automatique s’obstine à me proposer « intergalactique ». Il est en avance sur son temps, mon correcteur, mais de combien de mois ?)
Et ce qu’on lui reproche, à ce Roscoff-Houellebecq-Roth qui a écrit un ouvrage savant sur un poète ignoré, américain, communiste et disparu, c’est de n’avoir pas mis suffisamment en avant la négritude du bonhomme. Alors qu’en d’autres temps, Continuer la lecture de Critique aisée 223 – Le Voyant d’Étampes

Rendez-vous à cinq heures : Un barrage contre l’Atlantique

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Un barrage contre l’Atlantique
par Lorenzo

J’ai lu le dernier roman de Frédéric Beigbeder :
Frédéric Beigbeder a réussi à écrire un roman avec une succession de phrases indépendantes, imagées et poétiques, sans rapport chronologique ou logique entre elles. J’admire cette forme nouvelle d’écriture un peu comme celle d’Hemingway. Je ne l’ai pas trouvée fastidieuse contrairement à celle d’Eric Neuhoff dont le style aussi épuré, un sujet, un verbe, un complément, est lassant Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures : Un barrage contre l’Atlantique

Rendez-vous à cinq heures : Fausses critiques

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Fausses critiques

Vu l’autre soir sur FR3 

La Bonne année
Claude Lelouch (1973)
Contrairement aux habitudes de C.L. , un film très classique dans sa construction de polar, et conformément aux habitudes de C.L. des dialogues si naturels qu’on les croirait improvisés, de merveilleuses scènes d’amitié entre Lino Ventura et Charles Gérard, une paisible scène de séduction entre Ventura et Françoise Fabian dans un restaurant. 

Une de mes scènes favorites se situe vers la fin du film : Le 1er janvier au matin, après six années de prison, Ventura vient de s’annoncer au téléphone à Fabian alors qu’elle est au lit avec son amant du moment. Après l’avoir délicatement chassé, elle entreprend de ranger son appartement pour accueillir l’homme de sa vie.  Voir Françoise Fabian en peignoir, courir en tous sens, passant du Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures : Fausses critiques

West Side Story – Critique aisée n°222

Critique aisée n°222

West Side Story
Steven Spielberg – 2021
Rachel Zegler, David Alvarez, Ariana DeBose, Mike Faist

Peut-on ressentir les mêmes émotions deux fois ? C’est la question qui se pose quand on parle du remake d’un film qu’on a aimé ?
Et ce film, celui de 1961, (photo ci-contre) celui avec Nathalie Wood, Georges Chakiris, Rita Moreno, Russ Tamblin, celui-là, je l’avais aimé. Vu à New-York en 1962. Epoustouflé par la mise en scène et les cadrages de Robert Wise, renversé par la musique de Leonard Bernstein, enthousiasmé par la chorégraphie de Jerome Robbins, soixante ans plus tard, je garde encore un grand souvenir de cette gigantesque salle de cinéma, de cet immense écran, et de cette extraordinaire séance de vrai cinéma. Je n’avais pas vingt ans.
Alors, peut-on revivre les mêmes émotions à tant d’années de distance ? C’est avec cette question en tête, mais tout prêt à Continuer la lecture de West Side Story – Critique aisée n°222

Don’t look up ! Critique aisée n°221

Critique aisée n°221

Don’t look up
Adam McKay – 2021
Leonardo di Caprio, Jennifer Lawrence, Merryl Streep, Cate Blanchett, Timothée Chalamet

C’est la derrière grosse production de NETFLIX.
Sur le thème à présent ultra-classique d’une fin du monde annoncée pour demain (en fait pour dans 6 mois : une comète de 10km de diamètre se dirige tout droit sur le terre), Don’t look up nous présente une farce, critique des réactions des politiques, des businessmen et des médias devant cette catastrophe inéluctable. Le titre Don’t look up est extrêmement bien choisi et résume en trois mots ces réactions : « Ne regardez pas en l’air », c’est le message que ces trois groupes sociaux vont délivrer au quatrième, les petits, les sans grade, les moyens, les gradés. Le titre français, Déni cosmique, est tellement nul que j’en ai honte pour la langue française.

Le film commence de façon très classique et très premier degré avec la découverte de cette comète et de sa trajectoire certaine et meurtrière par Continuer la lecture de Don’t look up ! Critique aisée n°221

C’était à Mégara, faubourg de Carthage

Cet texte est ma Critique aisée n°63 que j’avais déjà publiée le 26 novembre 2015.Je lui ai juste ajouté un petit codicille (en bleu et en bas). 

C’était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar.

Avec le « Longtemps, je me suis couché de bonne heure » du petit Marcel, « C’était à Mégara… » est probablement l’incipit le plus connu de la littérature française. C’est celui du roman Salammbô de Gustave Flaubert.

Je ne vais pas disserter sur cette œuvre puissante et surtout pas tenter de la comparer à la Recherche du temps perdu. D’abord parce que ces deux romans sont incomparables, y compris entre eux. Ensuite parce que je ne suis carrément pas au niveau et, dans ces cas là, j’aime bien dire que je n’ai pas les outils.

Je voudrais simplement faire remarquer les différences qui existent pour moi entre ces deux magnifiques phrases d’entrée qui ne font d’ailleurs que refléter les différences fondamentales de nature entre les deux œuvres.

Avec l’incipit du petit Marcel, vous entrez dans son roman (on dirait aujourd’hui dans son autofiction) par une petite porte, la fragile petite porte du fond du jardin de la maison de Combray, la délicate petite porte de la mémoire. La phrase est courte, simple et inattendue, surtout quand elle suit un titre aussi explicatif que « A la recherche Continuer la lecture de C’était à Mégara, faubourg de Carthage

The French Dispatch – Critique aisée n°220

Critique aisée n°220

The French Dispatch
Wes Anderson – 2021

Avertissement : Cette 220ème critique est publiée dans l’édition vespérale car  elle n’est pas une véritable « Critique aisée ». . Le texte en est bien trop court et dépourvu de nuances pour paraitre dans l’édition du matin. Et encore ! J’ai été tenté, un instant, de le réduire à son incipit : « Un film à la fois épuisant et ennuyeux » !

Un film à la fois épuisant et ennuyeux :

– une voix off incessante au débit précipité qui débite dans le style d’Amélie Poulain une incompréhensible histoire, ou peut-être trois, je ne suis pas certain.
– un manièrisme agaçant dans le jeu des personnages principaux, et pour les autres,
– un défilé de comédiens, fameux, grimés, entr’apercus, sans véritable rôle, sans autre fonction que celle de vous amener à tenter de les reconnaître Continuer la lecture de The French Dispatch – Critique aisée n°220

¿ TAVUSSA ? (81) : ODEON 84 00

L’autre  jour, visité Versailles.

Très beau, très chouette, je vous le recommande, surtout quand il y a peu de monde et qu’il fait beau comme ce jour-là.

Après avoir passé sans encombrement les diverses barrières et contrôles qui donnent accès au château royal, nous sommes entrés tout d’abord et comme il se doit dans la chapelle. Magnifique endroit plein de dorures.

Là, l’atmosphère est recueillie et un silence presque total règne parmi la petite foule des visiteurs. Au bout de quelques instants, on est troublé dans son recueillement et son admiration par une voix grave qui donne l’heure : « …sera exactement dix heures douze minutes et vingt secondes… dix heures douze minutes et quarante secondes… » Vous n’aviez pas entendu ça depuis Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (81) : ODEON 84 00