Rendez-vous à cinq heures à la Belle époque

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Voici l’avis de Lorenzo dell’Acqua sur le film de Nicolas Bedos “La Belle Époque”. Les lecteurs du JdC le remercient pour cette critique et ne manqueront pas de donner leur propre avis sur ce film ou sur tout autre qu’ils auraient pu voir au cours de ces soixante dernières années. 

LA BELLE EPOQUE
Nicolas Bedos

A priori, je n’aurais pas du aimer ce film pour au moins deux raisons : c’est une fiction dans une fiction, donc une double fiction, et je suis devenu insensible aux fictions, actuelles et passées. Eh bien, pas du tout, je l’ai bien apprécié et je l’ai même trouvé très intéressant. Passons sur un casting discutable avec une héroïne qui, bien qu’excellente comédienne, n’est pas le personnage (et pas du tout à mon goût) ce qui rend peu crédible le coup du foudre du héros (et impossible toute projection personnelle). Dans ce récit inventé d’une fiction inventée, on a le beurre et l’argent du beurre ; aucun risque d’être pris au sérieux ! Eh bien, si, justement, et c’est là où je suis plus qu’interpellé. Comme en algèbre, moins par moins égale plus.

Je suis convaincu que pour être efficace une histoire doit contenir un élément vrai, juste, universel auquel tout le monde est sensible. Sinon, ça ne peut pas marcher et encore moins chez moi. Alors, quel est ici ce truc qui nous concerne tous ? C’est la possibilité de revenir en arrière sur un des événements de notre passé auxquels nous restons attachés au-delà du temps. Et ça, je me demande bien qui n’en aurait pas envie. Revivre sa première rencontre avec l’Amour de sa vie est doublement désirable : par pur plaisir, d’abord, et, ensuite, parce que, ne sachant pas alors son importance, on ne pouvait pas l’apprécier à sa juste valeur ; une deuxième fois serait donc la bienvenue !

14 réflexions sur « Rendez-vous à cinq heures à la Belle époque »

  1. Le lyrisme de Lorenzo est décapant. Je rajouterai, pour faire bonne mesure, “ceinture et bretelles”, ou, comme on dit en Corse, plus exotique que “le beurre et l’argent du beurre”, “sa femme saoule et sa gourde pleine”.

  2. Je ne suis ni d’accord, ni Télérama. Prenons Une Journée Particulière d’Ettore Scola. Ce film est pour moi un chef d’œuvre. Mais ne le juger que sur la forme en ignorant le fond serait un contresens.
    Comme l’aurait dit notre cher François, il faut les deux : le fond et le forme, la poitrine et le fessier, le beurre et l’argent du beurre, etc.

  3. Le problème avec les critiques, disait Truffaut (cette ordure, selon un de mes amis), c’est qu’ils ne jugent pas du film mais des intentions du film.
    Je ne travaille pas pour Télérama, et je ne juge pas des intentions de traiter de la métempsycose, mais je donne mon avis sur le film.
    Comme je dis souvent, avec Chandler, l’histoire, on s’en fout, c’est le style qui compte. L’intention on s’en fout, c’est la façon dont elle est rendue qui compte.
    On peut avoir l’intention honorable de traiter de la religion, de la guerre, de la mort ou de la situation dramatique des fabricants de mouchoirs à Cholet, et rater son film. La noblesse ou la profondeur de l’intention ne sont pas une garantie de réussite (sauf pour Télérama).
    Ceci dit, je rappelle que ma critique de la Belle Époque était plutôt bonne avec une réserve sur les dialogues et la construction.

  4. Cela dit et sans vouloir être lourd, je me permettrai de te rappeler qu’un film a pour seul intérêt de nous distraire des calamités quotidiennes de Madame Hidalgo. Peu importe l’auteur. En l’occurrence, dans La Belle Epoque, tu considères que l’intérêt majeur du film réside dans la poitrine et le fessier de ton égérie. Moi, pas. Le film traite d’un problème philosophique et religieux qui est celui de la métempsycose. Il m’aurait agréé que nous en parlâmes un peu.

  5. Désolé, Philippe, mais le nom commun féminin “critique” n’a pas forcément une signification péjorative ou négative. Ci-joint quelques extraits glanés en chemin ce matin sur le net ensoleillé :
    Critique, nom féminin
    • Sens 1 …. (sans intérêt)
    • Sens 2 …. (sans intérêt)
    • Sens 3 : Jugement, appréciation. Exemple : Ce livre a reçu de très bonnes critiques. Traduction anglais : critic, (pour un film, un livre…) review
    • Sens 4 : Art de juger, d’analyser des œuvres littéraires ou artistiques.

    Louis Aragon (Paris 1897-Paris 1982)
    La critique devrait, en matière de littérature (et de film et de vin, NDLR), être une sorte de pédagogie de l’enthousiasme.

    Critique (Nom commun)
    [kʁi.tik] / Féminin
    • Art de juger les œuvres de l’esprit.
    • (Journalisme) Article donnant les appréciations de son auteur sur un livre, un film, etc (ou le vin, NDLR).
    • (Philosophie) Détermination des limites d’un concept ou d’une faculté.
    • Examen raisonné et objectif qui s’attache à relever les qualités et les défauts d’actes et donne lieu à un jugement de valeur positif ou négatif.

  6. Des critiques du vin ? Pourquoi vouloir critiquer le vin ? Il n’y a rien de critiquable dans le vin. Et pourquoi pas l’alcool pendant qu’on y est ?

  7. Malgré tes excès provocateurs, ça n’a rien rien provoqué du tout …..!
    Essayons plutôt les critiques de vins, ça marchera peut-être mieux.

  8. Je n’ai pas vu La Belle Époque et n’ai pas l’intention de le voir car je suis allergique à Nicolas Bedos. Il y a d’autres films à voir en priorité.

  9. Extrait de ma critique : Dans ce film, il y a deux couples. Le premier approche la septantaine : Lui, Victor (Daniel Auteuil), mal dans son époque, a raté sa carrière de dessinateur de bandes dessinées et, bien que dépressif, il aime toujours sa femme. Elle, Marianne (Fanny Ardant), médecin psychiatre à succès sur Internet, ne supporte plus son mari au point qu’elle le met à la porte. Leur fils a monté une société qui, pour beaucoup d’argent et à grand renfort de décors, de costumes et d’acteurs, fait revivre à ses clients n’importe quel évènement qu’ils choisissent dans la peau du personnage de leur choix. Il fait cadeau à son père d’un ticket valable pour être qui il voudra le jour qu’il voudra. Victor choisit d’être lui-même le jour de sa rencontre avec sa femme, le 16 mai 1974.

    Le second couple est formé de celui qui met en scène les évènements ci-dessus et d’une de ses comédiennes. Lui, Antoine, c’est Guillaume Canet et elle, Margot, Doria Tillier. Démiurge boiteux, exigeant et colérique Antoine s’est rendu insupportable auprès de Margot, qui lui échappe. Pour la ramener à lui, il lui donne le rôle de la femme de Victor en 1974. Dans l’entreprise de spectacle montée au profit de Victor, les réussites, les ratages, les anachronismes, les quiproquos et les mises en abyme vont mener à la résolution heureuse et attendue de la réunification des couples.

  10. Comme souvent, je suis en désaccord filmistique avec Lorenzo, et sur le film en général et sur l’actrice. Je n’ai pas le temps de développer parce qu’il y a Roland Garros, mais vous pouvez toujours aller relire cette critique en cliquant sur son lien :

    http://www.leblogdescoutheillas.com/?p=20386

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