LE SENS DU RIDICULE

LE SENS DU RIDICULE

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Duel en Illinois
by Patrick
À propos de Spielberg et son premier film Duel qui m’a fasciné dès sa sortie il y a quelques 50 ans, j’ai conservé une véritable admiration doublée d’une certaine crainte parfois pour les vieux Mack Trucks US et leur calandre carrée, sans conteste les maîtres sur les routes US. Il y a une quarantaine d’années j’avais entrepris une collection de photos de ces monstres pour les mettre en album dont le titre était Truckologie. Jamais terminée bien sûr ! Cependant, en Octobre dernier, nous étions sur un « highway » pour un trajet d’une centaine de kilomètres depuis Chicago durant lesquels nous avons été constamment suivis par l’un de ces monstres qui manifestement s’amusait à accélérer jusqu’à notre pare-chocs puis à décélérer pour revenir à 2 mètres derrière nous, etc. Je l’ai laissé faire, un trucker a bien le droit – tous les droits – de s’amuser quand même ! Et puis j’ai pris cette photo dans le rétro, en souvenir car ces monstres sont en voie de disparition. 
temps de lecture : 3 minutes
(…) D’ailleurs, elle trouvait que plus personne dans ce café n’évoquait ce passé révolu. Au contraire, et à sa grande surprise, il y avait non loin de leur table cet écrivain jadis blond qui l’avait tant séduite à la terrasse du Surcouf deux mois auparavant. Quel hasard ! Françoise en profita pour enfoncer le clou. Elle confia innocemment à son amie que, pour preuve, ce consommateur-là ressemblait davantage aux séducteurs des films de Vittorio de Sica qu’à son épouvantable Sartre.
Chapitre VI
Lors de ses passages à Joigny, Françoise revoyait parfois Bernard, ce jeune garçon un peu fruste convaincu de l’avoir demandée en mariage dans la grange du Père Ménard. Le malheureux ne s’était jamais remis de son refus offusqué. Bien que bénéficiant d’un emploi de complaisance chez un oncle cultivateur, il accumula les absences injustifiées. On le trouva un jour, allongé au bord de la rivière, fumant les herbes qu’il avait ramassées autour de lui. Il ne s’agissait pas de plantes hallucinogènes mais il n’en délirait pas moins. Hospitalisé en psychiatrie au CHU de Poitiers, il fut suivi par Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (6)
temps de lecture : 5 minutes
Critique aisée n°255
The Fabelmans
Steven Spielberg -2022
Gabriel LaBelle, Michelle Williams, Paul Dano
Avant de se lancer dans une critique aisée du dernier film de Spielberg, avant de faire la fine bouche sur The Fabelmans, il faut se rappeler ce que ce petit bonhomme de réalisateur, l’un des plus grands que le cinéma américain ait jamais porté, nous a donné depuis cinquante ans, dans l’ordre : Duel, Sugarland express, Les dents de la mer, Rencontres du troisième type, 1941, Les aventuriers de l’arche perdue, E.T., Indiana Jones et le Temple maudit, La Couleur pourpre, L’Empire du soleil, Indiana Jones et la Dernière Croisade, Always, Hook, Jurassic Park, La liste de Schindler, Le Monde perdu : Jurassic Park, Amistad, Il faut sauver le soldat Ryan, A.I., Minority report, Arrête-moi si tu peux, Le Terminal, La Guerre des Continuer la lecture de The Fabelmans – Critique aisée n°255
(…) En réalité, Françoise n’allait plus se confesser ni à la messe parce qu’elle avait découvert le jogging qu’elle pratiquait intensément et justement le mercredi soir, jour des confessions, et le dimanche matin, jour de la messe.
Chapitre V
Deux sujets passionnaient nos deux amies et animaient leurs discussions sans fin : l’Amérique et Jean-Paul Sartre. Françoise avait répété plusieurs fois à son amie qu’elle préférait le passé provincial à l’avenir anglophone. Annick, de son côté, ne démordait pas de sa passion pour les chefs d’œuvre du cinéma américain qui commençaient à dater comme le lui faisait remarquer Françoise quand elle était à court d’arguments. Les westerns en particulier la laissaient indifférente, et pour cause ! Les tracteurs Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (5)
temps de lecture : une petite dizaine de minutes
Ce texte a été publié dans l’édition du 19 septembre 2015 du Journal des Coutheillas. Mais le sujet reste d’actualité.
Ça y est ! Il est mort. Depuis le temps qu’il s’y attendait, depuis le temps qu’il se le disait, ça devait bien finir (mal finir ?) comme ça ! « À force de dire des choses horribles, les choses horribles finissent par arriver ! » disait l’Edward Molyneux de Drôle de Drame. Eh bien, ça a fini par arriver : il est mort. Mais est-ce que c’est une chose horrible ? Trop tôt pour le dire.
Comment c’est arrivé ? Il n’en sait rien, il dormait.
D’abord, est-il vraiment mort ? Et puis, comment sait-il qu’il est mort ?
Eh bien, d’abord, ce matin, il ne ressent ni cet énorme besoin de café ni cette légère douleur à la hanche droite, ni aucune autre de ces minuscules sensations qui, d’habitude, ouvrent la journée. Ensuite, tout est noir, ou plutôt marron foncé avec par-ci, par-là des nuances de jaune, de la couleur de l’intérieur des paupières fermées quand la lumière est allumée. Enfin, il est immobile, incapable d’un geste, mais en même temps sans aucun désir de bouger. Il est mort.
Peut-être n’est-il que fatigué?
Pas au point de ne pouvoir ouvrir les yeux, quand même !
Non, il est mort, c’est sûr.
Il est mort, mais il entend. Oh, pas grand-chose, mais il entend. D’abord un souffle dont Continuer la lecture de Il est mort
temps de lecture : 4 minutes
(…) Ils n’étaient que trois ou quatre étudiants à écouter dans des salles lugubres à la propreté douteuse un professeur résigné qui tentait de leur enseigner la hiérarchie complexe au sein de l’armée de Nabuchodonosor, alors qu’elle, ce qui la passionnait, c’étaient les amours incestueuses à la cour de Babylone. Allant à l’encontre des conventions universitaires de l’époque, elle entreprit une thèse sur ce sujet qui fit grand bruit par son audace et le rejet des tabous. L’homosexualité y était omniprésente et c’est peut-être pour cette raison qu’elle se retrouva plus tard dans les bras de Françoise.
Chapitre IV
D’abord pensionnaire au collège Sainte Cécile de Poitiers, Françoise bénéficia à son entrée en Faculté de Pharmacie d’une chambre dans un foyer pour étudiantes tenu par les Sœurs Augustines. Bien que le docteur Philippe C. ne prenait que rarement la parole, il la questionna souvent sur les comportements de ses camarades de dortoir. Françoise, qui n’en avait jamais parlé à personne, évoqua avec réticence ces souvenirs pénibles. Au début, il y avait eu les baisers sur la bouche, sans, puis avec la langue, pour apprendre à les faire le mieux possible avec Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (4)
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critique express (2)
Ce n’est vraiment pas la peine que je fasse une Critique aisée de ce bouquin. Dans la presse, les critiques sont unanimes et regrettent même pour la plupart qu’il n’ait pas obtenu le Goncourt à la place de cette nouvelle auto-fiction, ce nouveau non-roman, Vivre vite. Tout le monde a déjà lu « Le Mage… » et tout le monde l’a aimé. Même vous, j’en suis sûr. Alors, juste un mot pour confirmer que, même s’il n’y avait pas la guerre en Ukraine en ce moment, même si ce livre, dont l’écriture a été achevée un an avant qu’elle ne commence, n’éclairait pas de façon éclatante les raisons de cette guerre, vous devriez lire ce roman historique : la fantastique Continuer la lecture de 2-En un mot comme en cent : Le mage du Kremlin
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(…) Françoise, qui ignorait pourtant les projets littéraires du faux Blonde la concernant, se demandait comment le retrouver dans une ville comme Paris. S’il restait des matinées entières à la terrasse du Surcouf, ce qui était en effet le cas, elle pensa avoir une chance de l’y revoir lors de son prochain séjour. Ce fut sa motivation inavouée quand elle téléphona à Annick pour lui demander la date de leurs retrouvailles.
Chapitre III
Après le départ de son amie, Annick Cottard avait connu une période de grande tristesse dont le vieux monsieur à la terrasse du Surcouf n’était pas le responsable. D’ailleurs, elle ne l’avait même pas remarqué. La raison en était que les journées à Paris lui semblaient interminables. Or, Françoise ne reviendrait qu’aux prochaines vacances si elle n’était pas obligée de rendre visite à ses parents à Joigny. Souffrant d’une affection invalidante mais bénigne, la mère de son amie réclamait Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (3)
temps de lecture : 3 minutes devraient suffire
(…) En rentrant chez elle, Françoise passa s’agenouiller à l’église pour demander pardon au Seigneur de son involontaire mésaventure. Elle Lui demanda aussi pourquoi Il n’avait pas mieux fait son travail en affublant les garçons d’un instrument aussi laid.
Voilà ce que Françoise avait raconté à son psychanalyste lors des premières séances. Bien qu’il en ait vu d’autres et de pires, ce dernier préféra ne pas se prononcer sur le nombre de séances à prévoir pour sa guérison.
Chapitre II
A son retour de lune de miel, Françoise s’était précipitée sur le net. Celui qui lui avait tant plu à la terrasse du Surcouf ne pouvait pas être Didier Blonde : il était en effet beaucoup trop vieux. Comme le lui confirma Wikipédia, son écrivain favori n’avait pas encore dépassé la quarantaine. Elle ne cacha pas sa déception au docteur Philippe que ce drame laissa indifférent.
Après le départ des deux amies, l’écrivain déjà quinquagénaire, mais encore sensible aux charmes de la jeunesse, s’était informé auprès du garçon qu’il connaissait depuis plus de vingt ans. Ce dernier lui avait révélé sans la moindre difficulté Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (2)