Archives de catégorie : Textes

Aventure en Afrique (34)

temps de lecture : 5 minutes 

Les hommes Peuls


L’homme Bororo est grand et svelte et a de longues jambes. Les traits de son visage sont fins, lui aussi a été  victime de la sélection naturelle, qui ne garde que les beaux sujets.
Il est sobrement vêtu, généralement d’une jupe faite de bandes verticales de cuir et surtout du célèbre chapeau peul.
L’anthropologue Olivier Kyburz décrit également la démarche et le regard des hommes Peul «   Les hommes l’inverse des femmes, les hommes Peul (nomades) marchent vite en effectuant de grands pas. La rythmicité de la démarche masculine se réalise grâce à un certain espacement des pieds et des jambes durant la marche, ce qui leur permet d’acquérir de la rapidité. Ce rythme rapide s’explique selon les Peuls par les distances parcourues par les hommes dans le cadre de leurs activi­tés. Ces dernières les conduisent la journée à l’extérieur du village, qu’ils regagnent seulement vers les 5 heures de l’après-midi. En marchant, les hommes conservent le dos droit et la tête redressée. Ils ne mettent en mouvement ni leurs hanches ni leur fessier. Les hommes opèrent en revanche un balancement d’avant en arrière de leurs bras. Le mouvement de leurs bras apparaît plus rapide que celui des femmes. Les bras demeurent également parallèles au corps, ils ne le frôlent pas comme pour les femmes. Dans la posture érigée, les hommes  ont la tête redressée, qui fait face à celle de leur interlocuteur. D’après nos observations, un homme regarde ainsi les autres personnes dans les yeux lorsqu’ils conversent. Si la manière de regarder des femmes induit une distance d’ordre proxémique, les hommes établissent une distance plus réduite en regardant leurs interlocuteurs dans les yeux ».
L’homme ne possède pas de case et Continuer la lecture de Aventure en Afrique (34)

Acharnés – Critique aisée n°260

temps de lecture : 3 minutes

critique aisée 260

Acharnés
Série tv NETFLIX
Première saison : dix épisodes de 30 minutes
Lee Sung Jin – 2022
Steven Yeun, Ali Wong

Bien étrange cette série US, plutôt communautaire asiatique. Ça commence par une scène banale entre automobilistes énervés sur un parking de supermarché. Ça continue un peu comme ce sketch des Nouveaux sauvages, film argentin de Damian Szifron de 2014 dans lequel deux automobilistes se portent mutuellement des coups de plus en plus violents pour une vétille initiale. Dans « Acharnés », on sent vite que ça pourrait tourner comme dans ce premier film de Spielberg dans lequel un chauffeur de camion invisible et un représentant de commerce dépassé se livrent à un combat à mort par véhicules interposés.

Au long d’une dizaine d’épisodes, Danny Cho, petit patron de petite entreprise, et Amy Lau, styliste en vogue et fortunée, vont tenter de se détruire mutuellement leur vie. Pourquoi ? Pour rien. Ils ne se connaissent Continuer la lecture de Acharnés – Critique aisée n°260

Aventure en Afrique (33)

temps de lecture : 8 minutes 

Les Peuls

Présentation
Parmi les ethnies du Niger que nous avons côtoyé, nous nous arrêtons sur les Peuls: peuplade nomade  discrète et mystérieuse qui représente 8,3% de la population (en 2014).On pouvait croiser sur les marchés leurs très belles femmes. Lors de mon séjour dans L’Ader Douchi Maggia nous étions proches. Le premier contact a été la charge des taureaux dans la retenue de Guidanmagagi, puis ma visite aux puits, leur invitation au Charo, plus tard le Geerewol.
Nous allons nous intéresser à un sous-groupe nomade les Wodaabes plus couramment appelés au Niger “les Bororos” qui font pâturer leur bétail dans la zone sahélienne. Il existe plusieurs groupes de peuls sédentaire. Ce qui m’a attiré chez eux est leur Continuer la lecture de Aventure en Afrique (33)

NOUVELLES DU FRONT (32) – 15/05/2023

temps de lecture : 3 minutes 

LA BÊTISE AU FRONT DE TAUREAU

Nous avons, pour plaire à la brute,
Digne vassale des Démons,
Insulté ce que nous aimons
Et flatté ce qui nous rebute ;
Contristé, servile bourreau,
Le faible qu’à tort on méprise ;
Salué l’énorme bêtise,
La Bêtise au front de taureau.

Le silence des agneaux

Richard Dreyfus est un acteur américain né en 1947. Au début de sa carrière, il était aussi prometteur que Dustin Hoffman l’avait été dix ans avant lui. Il faut se souvenir d’American Graffiti, de l’Apprentissage de Duddy Kravitz, des Dents de la mer, des Rencontres du 3ème type, d’Adieu, je reste (Oscar 78 du meilleur acteur). Vous ne l’avez probablement pas vu, mais je me souviens aussi d’un très bon « Les filous », passé inaperçu. Il n’a cependant pas eu la meme réussite que Dustin. Mais la question n’est pas là. Voici l’extrait d’un article de CNN paru le 9/05/2023 :

Les responsables (de l’Académie des Oscars) ont annoncé en 2020 qu’à partir de 2024, les films devront répondre à certains critères de représentation (des diversités) pour être éligibles à l’Oscar du meilleur film.
Les films doivent satisfaire à au moins deux Continuer la lecture de NOUVELLES DU FRONT (32) – 15/05/2023

Amélie sur le Pont au Change

temps de lecture  :  2 minutes + vidéo 40 secondes 

J’abordai l’autre jour le Pont au Change. C’était en mars dernier, il faisait beau, il y avait encore peu de circulation, presque pas de touristes et j’étais d’humeur badaude. C’est pas tous les jours…
Un air d’accordéon montait dans le matin calme. C’était une valse, bien interprétée, sans trop de ces fioritures qui font en même temps le charme et la vulgarité du musette. Je connaissais cet air, simple comme bonjour, mais je n’arrivais pas à retrouver son titre ni où je l’avais entendu pour la dernière fois.  En avançant sur le pont, j’avais l’impression de figurer dans un film avec cette valse comme musique de fond.
Un homme était assis sur un pliant. Adossé contre le garde-corps, il jouait d’un accordéon. A coté de lui, Continuer la lecture de Amélie sur le Pont au Change

L’affût

C’est la seconde publication de ce texte paru une première fois le 13 décembre 2015. Je n’y ai rien changé, sauf son titre. Il s’appelait « Incipit » et, si vous lisez la note de bas de page, vous saurez pourquoi. Il s’appelle aujourd’hui « L’affût », parce que, finalement, tout le monde, ne parle pas latin. 

temps de lecture : 4 minutes 

Il était étendu à plat ventre sur les aiguilles de pin, le menton sur ses bras croisés et, très haut au-dessus de sa tête, le vent soufflait sur la cime des arbres.(*)Comme la fumée d’un incendie, les nuages se précipitaient vers l’est, cachant la lune puis la révélant à nouveau. Alors, les quelques plaques de neige qui n’avaient pas encore fondu luisaient entre les arbres.

Gary n’avait pas froid. Ne sachant pas vraiment ce qui l’attendait, il avait revêtu sa grosse veste à col de fourrure, il avait mis ses gants fourrés, et enfoncé son bonnet de laine jusqu’aux oreilles. Il se sentait bien. S’il n’y avait pas eu l’excitation de cette première fois, il aurait même pu s’assoupir.

C’est Holden qui lui avait montré l’endroit en lui recommandant de ne pas bouger, ne pas fumer, ni manger, ni boire, sans quoi il risquait de faire rater toute la manoeuvre. Il lui avait expliqué que Jay serait à une vingtaine de mètres à sa droite et Peter à la même distance à sa gauche. De cette manière, à eux trois ils couvriraient toute la largeur du défilé. Continuer la lecture de L’affût

Incident sur la ligne M10

temps de lecture : 3 minutes 

Ce matin, par extraordinaire, j’ai pris le métro. J’ai descendu le Boulevard Saint Michel jusqu’à la station Cluny, j’ai rechargé mon pass Navigo – oui, je sais faire ça – et trois minutes plus tard, j’étais dans la rame. Il était à peu près 7 heures 30 et « Si ça continue comme ça, me dis-je in petto, je vais être très en avance à Sèvres-Lecourbe. » « Tant mieux, poursuivis-je sur le même ton, j’aurai le temps de petit-déjeuner avant. »

Sur mon strapontin — c’est surprenant comme à cette heure, les rames sont pleines de gens — je suis plongé dans la vérification de ma publication du matin qui sera mon dixième et dernier cours  de mythologie. La rame ralentit, je jette un œil par la fenêtre qui m’indique par retour que nous entrons dans la station Duroc. Quelques passagers descendent du wagon dans lequel je voyage, rejoignent sur le quai ceux des wagons qui nous précèdent et remontent la rame vers la sortie en queue de train. Tout va bien, moi je descendrai à la prochaine…

Et puis, tout d’un coup, tout va moins bien. Continuer la lecture de Incident sur la ligne M10

Pierre qui roule – Critique aisée n°259

temps de lecture : 4 minutes 

Critique aisée n°259

 Pierre qui roule
Donald Westlake -1970
Rivages/noir – 301 pages – 9,15€

Il n’y a pas si longtemps, pendant quelques jours, je me suis intéressé à la dernière livraison de Despentes, Cher connard. (1)

(1) note de milieu de page : Il parait que, dans le monde de l’édition, quand un nouveau livre sort, on parle de livraison ; à mon grand regret, je ne fais pas partie de ce monde, alors je ne suis pas certain de ce que je viens de dire ; pourtant, il me semble avoir entendu cette expression dans la bouche de Pivot ; ça fait loin maintenant, alors l’expression est probablement tombée en désuétude. Mais je ne déteste pas la désuétude, alors allons-y pour la dernière livraison de Despentes ! Continuer la lecture de Pierre qui roule – Critique aisée n°259

Ça fait trop longtemps que Shakespeare est mort

Aujourd’hui, 3 mai 2023, ça fait exactement quatre-cent-sept ans que Shakespeare est mort.
Ça fout un coup, pas vrai ?
Alors, pour commémorer cet anniversaire, laissez moi vous communiquer une anecdote à son sujet, anecdote que vous connaissez peut-être déjà, pour l’avoir lue ici-même le 24 juillet 2017.

Le 24 Juillet 1595, William Shakespeare rencontrait Christopher Marlowe pour la première fois. Cette rencontre historique, soigneusement organisée par le hasard (car il tenait à bien faire les choses), se tint à l’auberge du Cygne et de la Couronne (1) sur la rive gauche Continuer la lecture de Ça fait trop longtemps que Shakespeare est mort

Aventure en Afrique (32)

temps de lecture : 1 minute trente 

Eclipse de soleil

Au matin du 30 juin 1973, tout le pays était en attente d’un phénomène exceptionnel : l’éclipse totale du soleil.

Elle a été la plus longue du XXe siècle avec ses sept minutes. La prochaine, aussi longue, ne sera qu’au XXIIe siècle.

Ce jour-là je me trouvais dans la cour des Célibatoriums avec des plaques de verre fumés, en attente. Pendant ce temps-là Chantal était à la pharmacie. Peu à peu ciel s’est assombri. Une jeune fille touarègue passa ; je lui fis voir le début de l’éclipse : la lune qui mange le soleil. Puis une élégante jeune femme Djerma, heureuse d’avoir vu disparaître le soleil. Continuer la lecture de Aventure en Afrique (32)