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Langage des signes
Voici la quatrième intervention de Bernard Schaefer dans le Journal des Coutheillas. Il nous y explique ce qu’a été pour lui l’auto-stop en tant qu’auto-stoppeur e§t d’auto-stoppé. Ensuite, vous pourrez découvrir une de ses expériences d’auto-stoppé.
L’autostop est aujourd’hui une pratique presqu’oubliée. Internet l’a remplacée presque totalement avec le recours à des sites de rapprochements qui permettent à des personnes de faire du covoiturage ou de l’autopartage. Ceux qui ont une voiture individuelle souhaitent généralement partager les frais d’un déplacement et/ou avoir de la compagnie pour un trajet plutôt long, prévisible à l’avance, parfois régulier.
Mais autrefois, l’autostop consistait à chercher à arrêter une voiture, pour se faire transporter gratuitement, le plus souvent par le geste du pouce levé, parfois en portant aussi une pancarte sur laquelle on avait écrit sa destination. Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures en auto-stop (4)

(…) Le connard, je l’ai vu dans le rétro, y s’est mis à chasser dans tous les sens que c’en était marrant. Il a dû finir dans le décor, le mec… »
La première question qui vient à l’esprit quand on s’interroge sur un roman tel que cette Histoire de Dashiell Stiller est celle-ci : où son auteur se cache-t-il, dans quel personnage ?


Un jour, l’envie m’a pris d’écrire une histoire provençale. Je revenais sans doute du Midi car j’avais en tête une petite ville entre Aix et Saint Maximin, à la limite des Bouches du Rhône et du Var, Trets. Une Place de la Mairie à l’ombre de platanes centenaires, un café-tabac-PMU, des parties de boules… vous connaissez ça aussi bien que moi. J’ai donc écrit une première phrase, à la première personne, avec l’accent. Il y était question de la douceur du temps sous les platanes de la Place Honoré Panisse à l’heure de l’apéritif, quand les parties de boules vont commencer… A ce moment-là, je n’avais aucune idée de ce qu’il allait advenir de ce parfait cliché. Juste pour voir, j’ai fait débouler sur la place le petit Félix, messager affolé d’une catastrophe imminente : « Il a de la Mitro ! criai-il.» Bien sûr, moi, je savais que le mot que Félix déformait, c’était nitro, pour nitroglycérine. Mais ce que je ne savais pas encore, c’était qui pouvait bien avoir de la dynamite, ni ce qu’il voulait en faire et pourquoi. Pourtant la suite est venue simplement ; elle s’est construite sous mes yeux, naturellement, presque automatiquement.