Archives par mot-clé : Lorenzo dell’Acqua

Les corneilles du septième ciel (30)

Chapitre 30

A l’Hôtel du Ragondin Bienveillant où il dormit à Fontenay, Ph. s’était levé de bonne heure et avait quitté les lieux avant même l’ouverture de la salle à manger pour le petit déjeuner, fait aussi surprenant qu’inhabituel chez lui. Malgré la saison, il faisait donc encore nuit quand il s’installa au volant de sa voiture. Aux alentours de six heures du matin et de la capitale du Marais, il s’arrêta pour prendre de l’essence et le pompiste, qui n’était pourtant pas un ancien camarade d’Ecole, l’identifia formellement lors de l’enquête ultérieure. A Coulon, un complice l’attendait à l’embarcadère de la Pigouille avec lequel il monta sur une petite barque qui disparut dans un canal latéral. Le responsable affirma que Ph. portait enroulé autour de son poignet droit le même fouet que celui d’Indiana Jones. Pourquoi s’enfonça-t-il dans le marais avec cette arme redoutable ? La perspicacité de nos trois enquêteurs aboutit assez vite à la conviction qu’il s’apprêtait à commettre un vilain forfait. Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (30)

Les corneilles du septième ciel (29)

Chapitre 29

Ce sont trois vieilles connaissances du JdC, les inspecteurs Jim Nastyck, Bruno Body et Edgar Kiné, enfin débarrassé de son nom à rallonge, ceux-là même qui avaient résolu jadis le mystère de l’assassinat de six innocents à Saint Brévin les Pins, que le Procureur de la République commit pour enquêter sur la disparition suspecte de Lorenzo dell’ Acqua, le délicat commentateur et l’intermittent photographe du JdC. A coup sûr, ce magistrat ignorait que nos trois limiers de la PJ rodés aux crimes les plus crapuleux avaient fait leurs études avec l’écrivain goncourtisé Ph. C., le principal suspect du drame survenu dans le Marais Poitevin. Comme lui, ils avaient été les lauréats du prestigieux concours de l’Ecole des Pompes et Chaussettes. Dépêchés sur les lieux du drame, ils y avaient retrouvé Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (29)

Rendez-vous à cinq heures avec Agatha Christie

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temps de lecture : 90 secondes

Le flux et le reflux
Agatha Christie

par Lorenzo dell’Acqua

Dans Le Flux et le Reflux, un des innombrables polars d’Agatha Christie publiés aux Editions du Masque, entre les pages 41 et 47, il y a la plus belle déclaration d’amour que j’ai jamais lue. Et je ne m’y attendais pas.

J’ai un faible pour la saison I de la série télévisée Les Petits Meurtres d’A. C. avec Antoine Duléry et Marius Colucci, le fils Coluche. J’apprécie autant Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures avec Agatha Christie

Un souper aveugle

temps de lecture : 1 minute 30

C’est R. qui parla la première. Elle n’avait guère de mérite car elle en avait déjà fait un livre, un livre sur son père qui avait déclenché la fureur de sa mère et de sa sœur avec lesquelles elle était désormais fâchée. Cependant les larmes lui vinrent et l’on sentit bien que ce n’était pas une affaire résolue. Elle nous demanda alors de parler à notre tour de la plus grande Continuer la lecture de Un souper aveugle

Les corneilles du septième ciel (23)

temps de lecture : 3 minutes 

Chapitre XXIII

Lors de ses conversations avec Lorenzo, Françoise évoqua un jour la petite madeleine de Proust dont ses collègues spécialistes de la mémoire discutaient sans fin. Était-elle un réel souvenir ou une invention d’écrivain comme l’affirmait une théorie scientifique récente ? A l’appui de cette hypothèse, elle avait lu dans un ouvrage très sérieux que la madeleine de Proust était en réalité une biscotte.

Lorenzo lui confia l’histoire douce-amère de sa madeleine à lui bien qu’elle n’eût aucune relation avec la littérature et la neurologie. Il ne savait ni pourquoi ni d’où lui était venue sa passion pour elle. Sûrement pas de ses relations sentimentales supposées avec Jésus-Christ dont il n’était pas jaloux. Non, Marie-Madeleine le fascinait parce qu’elle avait été la seule vraie femme de chair dans la vie de Jésus. Troublante, n’est-ce pas, cette singularité Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (23)

Rendez-vous à cinq heures au cinéma

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temps de lecture : 4 minutes 

LES CHOSES DE L’AVIS

ou

LES FILMS VIEILLISSENT-ILS MAL ?

par Lorenzo dell’Acqua

A propos d’une polémique d’une rare violence qui a déchiré il n’y a pas si longtemps les pages d’habitude bienveillantes du JdC, j’ai cherché quelles étaient les raisons de ma position non pour la justifier mais pour tenter de l’expliquer. Je rappelle que mon avis sur le film de Claude Sautet, César et Rosalie, m’avait valu une censure certes purement morale mais dont j’ai bien du mal à me remettre.

Dans les films, je vois trois cas de figure : Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures au cinéma

Rendez-vous à cinq heures pour une révolte

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Une révolte
de Lorenzo

Nous sommes plusieurs lecteurs du blog à avoir été contraints d’acheter à nos frais Blind Dinner de Philippe Coutheillas pourtant auréolé de son récent Prix Goncourt. « Better late than never », comme le dit fort à propos The Southiégeoise ! Est-ce l’acquisition de sa somptueuse demeure à Champ de Faye qui en est la cause ? Nous l’ignorons but he is in the red.

Acheter Blind Dinner, oui, le lire, non, and pigs can fly. D’abord, l’idée Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures pour une révolte

Les corneilles du septième ciel (20)

temps de lecture : 7 minutes 

(…) A l’évidence, Lorenzo ignorait la critique dithyrambique de ce film rédigée par Philippe pour la revue Télérama à laquelle il collaborait depuis ses derniers succès littéraires. La grande Fabienne Pascaud avait condescendu à lui octroyer un sourire plus ambigu qu’admiratif auquel il n’avait pas été insensible malgré tout le mal qu’il avait déversé sur elle et son journal. D’ailleurs, cet hebdomadaire à la mode, il le trouvait plus gauchiste que chrétien, ce qui ne constituait en rien une excuse.

Chapitre XX

A la terrasse ensoleillée du Cyrano, Françoise demanda à Lorenzo ce qu’était la photo. Sa réponse emprunta des chemins plus tortueux que convaincants dont lui-même doutait de la pertinence :

 « Longtemps je me suis réveillé de bonne heure avec une sacrée migraine, cette maladie vieille comme le monde, certes bénigne mais fort handicapante au quotidien, décrite Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (20)

Les corneilles du septième ciel (19)

temps de lecture : 4 minutes

(…) Ce qui comblait Annick chez son nouveau compagnon ne relevait pas de ses prouesses techniques : elle avait enfin rencontré un homme affectueux, bienveillant et généreux. Il s’agissait à son avis des meilleures qualités disponibles sur le marché. Lui revenait souvent cette citation d’Agatha Christie dont elle vérifiait chaque jour la justesse : « Ce qui est bien quand on vit avec un archéologue, c’est que plus on vieillit, plus on l’intéresse ».

Chapitre XIX

Au moins, en voilà un qui a encore des cheveux sur la tête, se dit Françoise. Heureusement pour lui, et pour elle, Lorenzo n’avait pas que ces vertus capillaires. Bien que n’étant ni psychanalyste, encore qu’être fils de était déjà la moitié du chemin parcouru, ni écrivain, quoi que, à l’occasion, il ne lui déplaisait pas de manier la plume, Lorenzo débordait de qualités séduisantes et pas Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (19)

Les corneilles du septième ciel (18)

temps de lecture : 2 minutes 

(…) Quand, pour la première fois, Françoise fit part de ses travaux à Philippe, ce dernier eut le tort de lui rire au nez en affirmant de façon péremptoire qu’elle était bien mal placée pour douter de l’efficacité de la psychanalyse. Cette assertion ne pouvait en aucun cas constituer une preuve et s’avéra en plus une erreur fatale : il n’avait pas perçu, alors que c’était pourtant son métier, que la personnalité de son ancienne patiente avait évolué. Elle le lui fit remarquer de la manière la plus cinglante qui soit :

– Philippe, vous n’êtes pas psychologue pour un sou mais psychanalyste pour beaucoup.

Chapitre XVIII

Annick avait rencontré sur un champ de fouilles entre le Tigre et l’Euphrate un drôle de spécimen que seule l’archéologie pouvait produire. Marié avec une femme qui l’ennuyait à mourir, ses enfants partis depuis longtemps, Pierre Lepovre n’avait pas longtemps résisté aux charmes d’Annick qui, il faut le reconnaître, ne sautaient pas aux yeux, surtout d’un myope. D’une naïveté qui en avait impressionné plus d’un, Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (18)