Archives de catégorie : Thème imposé

Petits arrangements

Le nombre A(k,n) d’arrangements d’un ensemble E
comprenant n éléments pris k à la fois
est donné par la formule :
A(k,n)=n ! (n−k) !
dans  laquelle
n ! = factorielle (n) = n(n-1)(n-2)…(3)(2)(1)
avec 0 ! = 1
Si n=k=4, le nombre d’arrangements est égal à
A4 = 4 ! = 24
Vérifions, voulez-vous ? 

Par un beau dimanche d’été, Samuel Johnson avait écrit :

Tout progrès intellectuel est un produit du loisir

Mais le vieux Samuel avait beaucoup hésité avant de diffuser la version finale de son aphorisme. Un chercheur du Massachussetts  Institute of Technology a retrouvé ses brouillons. Les voici :

tout progrès intellectuel est un loisir produit
tout progrès intellectuel est un produit du loisir Continuer la lecture de Petits arrangements

Mourir pour les Sudètes ? Encore ?

Il y a deux ans exactement aujourd’hui, le 25 janvier 2022, voici ce que j’écrivais après avoir vu le film « L’Étau de Munich« . Depuis deux ans, il s’est passé bien des choses, dont le 24 février 2022, l’attaque russe sur l’Ukraine, un mois exactement après cet article.

Je viens de voir un film sur Netflix, L’Étau de Munich, dont le cadre se situe pendant la crise des Sudètes en 1938. La crise des Sudètes, c’est cette période où Hitler, après avoir annexé l’Autriche, et souhaitant continuer à augmenter l’espace vital allemand comme il l’avait promis au peuple, masse ses troupes à la frontière avec la Tchécoslovaquie dont il exige qu’elle lui cède la région des Sudètes. La Tchécoslovaquie refuse. La tension monte, car si la France et l’Angleterre veulent défendre la Tchécoslovaquie, ce sera la guerre avec l’Allemagne. Les Français pas plus que les Britanniques ne veulent mourir pour les Sudètes. Hitler les convainc facilement que s’ils lui laissent les mains libres pour annexer la région des Sudètes, c’en sera fini des revendications territoriales de l’Allemagne nazie, ce sera « la paix pour mille ans ». Les célèbres et désastreux accords de Munich sont signés en ce sens en septembre 1938. On connait la suite. Daladier à Paris, et Chamberlain à Londres sont accueillis Continuer la lecture de Mourir pour les Sudètes ? Encore ?

Aurore

Quelques alexandrins dans l’eau froide de ce monde de brutes ne vous feront pas de mal, même si vous les avez déjà lus le jour où ils ont parus pour la première fois, il y aura bientôt 10 ans. Place à la poésie matitudinale…

Le soleil s’est levé derrière le toit qui fume
Les oiseaux ont chanté, les nuages ont blanchi.
J’ai enfoncé mes yeux dans l’oreiller de plume
Et mes poings ont battu l’édredon avachi.

« Vos gueules! », ai-je crié aux Continuer la lecture de Aurore

Rendez-vous à cinq heures avec le passé

la page de 16h47 est ouverte…

LE SILENCE DES PARENTS 

Mon cher Philippe,

Bien que le passé ne t’intéresse pas et que le présent ait des raisons de te préoccuper, j’aimerais que tu soumettes un jour aux lecteurs de ton blog cette question que je me pose tous les jours. Leurs réponses me seraient utiles.

Je suis né en 1950 et, bien qu’on n’en parlât jamais, la guerre terminée depuis quatre ans était encore omniprésente à notre insu. Par crainte de je ne sais quelle restriction, on ne mangeait jamais de pain frais, on finissait d’abord le pain rassis de la veille. C’était une des obsessions de ma mère héritées des années de privation dont je ne pouvais pas comprendre pas la raison. Nous étions heureux, ou plutôt nous n’étions pas malheureux, même si nous, les enfants, ne le savions pas.

Avec le temps, le silence de mes parents est devenu pour moi une énigme à laquelle je ne trouvais aucune réponse. Eux n’avaient jamais rien fait de mal, j’en suis convaincu, ce qui exclut déjà cette explication à leur attitude. Alors pourquoi ne nous ont-ils jamais parlé de la guerre et de leur vie pendant la guerre ? Cette interrogation Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures avec le passé

Rendez-vous à cinq heures au Small Horse Shoe

la page de 16h47 est ouverte…

Retour au Petit Fer à Cheval
par James Redwood
traduction de Jim

Mon véritable nom est James Redwood. Je suis scénariste à la BBC mais l’histoire que je vais vous raconter aujourd’hui en 1957 n’est pas une fiction mais une histoire bien réelle. Elle débute en 1942 à Paris où je me trouve sans autres papiers d’identité que mon passeport anglais car nous les sujets aujourd’hui de sa Majesté la Reine Elisabeth – tout comme en 1942 lorsque j’étais sujet de sa Majesté le Roi George VI – n’avons pas de carte d’identité comme vous autres les français. J’aurais sacrément voulu en avoir une, française, le 16 Mai 1942 comme celle détenue par Dieter Wiegenfeld, mais pourquoi donc après tout puisque à l’époque je ne parlais pas plus de trois mots en français. Vous vous questionnez, hein? comment se fait-il que je sache que Dieter Wigengeld en détenait une ? Voilà l’histoire.

Le 16 Mai 1942, j’étais assis à la terrasse Au Petit Fer à Cheval dans le coin Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures au Small Horse Shoe

Rendez-vous à cinq heures pour la revanche

la page de 16h47 est ouverte…

À CHARGE DE REVANCHE !
par Patrick

Il n’y a pas de rubriques sportives dans le JDC qui se veut être depuis sa création il y a 10 ans un journal culturel. Il était temps que cette anomalie soit corrigée une fois au moins alors que la finale  du championnat du monde de rugby à XV vient de consacré à Paris son vainqueur: C’est l’Afrique de Sud et c’est pas la France, tant espérée. De profundis!
J’aime le rugby à XV, en spectateur je précise, dont on dit que c’est un sport de voyous joué par des gentlemen avec un ballon oval, inventé en Angleterre à Rugby. Deux équipes de 15 joueurs se disputent ce ballon oval dans un jeu brutal. Les règles du jeu sont strictes, ce qui nécessite la participation d’un trente-et-unième joueur sur le terrain, dit l’arbitre, pour faire respecter les règles de façon loyale et infaillible. Loyale? Infaillible? Pas sûr! C’est ce que je vais tenter d’illustrer dans l’histoire qui a pour titre :

À CHARGE DE REVANCHE !

Comme tous les français, amateurs de rugby ou non, j’espérais que le match final du championnat du monde 2023 organisé en France opposerait l’équipe de France, « les Bleus », à l’équipe Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures pour la revanche

Hommage à Antoine Blondin

J’ai publié ce texte le 31 octobre 2014 sous le titre « Je suis un pilier de bistrot ». Je l’avais écrit quelques jours avant au Sorbon, café sans charme de la rue des Écoles, face au cinéma Champollion et à la brasserie Balzar. C’était l’époque où je commençais à découvrir que, pour moi, l’endroit le plus propice à l’écriture, c’était le bistrot. Et ça m’a tout de suite fait penser à l’un de mes écrivains favoris, un styliste parfait, un humoriste désabusé, un humaniste doux, un type du genre de Jacques Perret ou d’Alexandre Vialatte. Ça m’a fait penser à Antoine Blondin.  Alors j’ai écrit ça : 

Je suis un pilier de bistrot. Oh, pas du genre Antoine Blondin, malheureusement. Ce cher Antoine! Non que je l’aie connu. Mais j’aurais bien aimé écrire comme lui, ne serait-ce qu’un peu, un tout petit peu. Je sais qu’il fréquentait beaucoup un café de la rue du Bac, le Bar Bac, près du domicile qu’il partageait avec sa mère. Il disait : « La littérature, c’est des litres et des ratures». J’ignore s’il écrivait dans ce bistrot ou s’il travaillait ailleurs. Je le vois plutôt chez lui, par exemple sous les lambris de ce grand appartement, au coin d’une fenêtre donnant probablement sur la Seine, tapant à la machine, une cigarette au coin de la bouche, un œil à demi fermé sous la piqure de la fumée, juste après une nuit de Continuer la lecture de Hommage à Antoine Blondin

Les comportements de Lorenzo

Dans la droite ligne de son remarqué article « Pourquoi le roman ? », Lorenzo remet le couvert avec cette :

Ebauche sur les comportements

Il existe à mon sens trois théories pour expliquer les comportements humains :

— les théories psychologiques, dominées par la psychanalyse qui n’est pas la seule,

— les neurosciences, qui n’en sont qu’à leur début,

 — et, paradoxalement, le roman.

Pourquoi le roman ? Parce qu’il est la description, l’analyse et l’interprétation des comportements humains selon des critères ni scientifiques, ni psychologiques qui n’appartiennent qu’à lui, ou plutôt, qui sont à chaque fois proposés par l’auteur comme des possibilités. Paradoxalement, dans un roman, Continuer la lecture de Les comportements de Lorenzo

Lettre à Louise Colet du 23 juillet 2023

Ma chère Louise,

Les difficultés croissantes que je rencontre à écrire et les brusques et brefs emballements de mon stylo m’ont fait réaliser que, de plus en plus, je suis poussé par le texte. Je dis bien ‘’poussé“, pas mené ni conduit, poussé. Je veux dire par là que c’est la dernière phrase que j’ai écrite qui pousse la suivante ; elle la prescrit au point de presque la déterminer. À son tour, la suivante viendra pousser sa suivante. Et ainsi de suite. 

Bien sûr, parfois, j’ai une idée générale de ce que je voudrais écrire, par exemple, raconter un évènement, drame ou comédie, uniquement par le moyen d’articles de presse, ou bien écrire une parodie de notice biographique ou un pastiche d’une chronique de Vialatte, mais jamais, presque jamais, je n’ai d’idée sur l’histoire que je vais raconter, sur le fond du texte que je voudrais écrire. En fait je suis motivé, guidé, conduit, tiré par la forme et, en toute logique, ce qui déclenche vraiment l’écriture, c’est une première phrase. Et c’est parti ! Ce n’est qu’ensuite que j’irai au fond.

Prends cette phrase par exemple : Continuer la lecture de Lettre à Louise Colet du 23 juillet 2023

Plaidoyer pour les Cons et pour les Corneilles

première diffusion : 16 avril 2016

Comme pour une vulgaire épreuve de Philo au baccalauréat, le Journal des Coutheillas vous offre le corrigé de l’épreuve d’avant-hier, qui était, rappelons-le : rédiger un texte pour la défense d’une cause quelconque en respectant scrupuleusement la structure et les débuts de paragraphes d’un texte en 19 points. (Les mots en caractères gras étaient les mots imposés)
Pour ce corrigé, le JdC a choisi une cause que tout le monde connait bien : la connerie.

Plaidoyer pour les cons 

 1-Il y a de cela de nombreux siècles, les hommes vivaient sans la connerie.

2-Certes, ils pratiquaient allègrement la bêtise, la stupidité et l’ignorance, mais ils ignoraient la connerie. Cela ne dura pas.

3-En dépit des efforts constants des prêtres et des précepteurs, des professeurs et des instituteurs, des philosophes et des écrivains, des journalistes et des chroniqueurs, ou peut-être à cause de leurs efforts constants, la bêtise, la stupidité et l’ignorance allaient sans cesse en croissant, et cela ne dérangeait personne.

4- Cependant, de plus en plus fréquemment, depuis quelques dizaines d’années, il arrive que la bêtise, la stupidité et l’ignorance, ensemble ou séparément, rencontrent la méchanceté. Il suffit alors d’une étincelle ou d’une goutte d’alcool pour que se produise un étrange phénomène de symbiose qui donne naissance à la connerie.

5-Certains vont même jusqu’à prétendre que le même phénomène peut se produire quand la jalousie ou l’envie sont mises en présence d’une dose suffisante de méchanceté. Je n’irai pas jusque là, mais j’étudie la question et je constate Continuer la lecture de Plaidoyer pour les Cons et pour les Corneilles