Archives de catégorie : Récit

Testé pour vous…

Vous en avez rêvé, vous y avez pensé… mais vous avez eu la flemme de vous lancer.
Alors, moi, maintenant que j’ai un peu de temps, je l’ai fait, je l’ai testé.
Je l’ai testé pour vous, pour pouvoir vous dire que ça ne fait pas mal, que c’est facile, rapide, à la portée de tout le monde, et que le résultat est étonnant.
Alors là, maintenant, vous vous demandez ce que j’ai bien pu faire : ce bougre a-t-il testé la nouvelle piste cyclable que la cinglée de l’Hôtel de Ville vient d’installer au milieu de la Place de l’Étoile et en sens inverse de la circulation ? A-t-il lu le dernier bouquin de Coutheillas ? A-t-il essayé la Vodka sans alcool de San Pellegrino ou la dernière croisière Costa à moins de 100€ par jour (payé par Costa à chaque passager volontaire) ?
Je n’ai rien fait de tout cela, mais quelque chose de beaucoup plus utile, quelque chose à laquelle vous viendrez tous, et plus vite que ça, mon zami !
J’ai testé pour vous … l’Intelligence Artificielle, l’I.A. en français , l’A.I. en langage universel.

Voici les conditions du test : j’ai fourni à ChatGPT le début d’une de mes histoires et je lui ai poliment demandé de bien vouloir la terminer pour moi.
Vous lirez ci-dessous :
1- En caractères droits, le debut de l’histoire (Les dames de Vichy) écrite par moi il y a quelques années.
2- En italiques, la fin que lui a donnée ChatGPT en quelques secondes
3- En caractères droits à nouveau la fin que je lui avais donnée à l’origine Continuer la lecture de Testé pour vous…

Go West ! (1)

Il était une fois l’Amérique.  Et la même fois, il était aussi un jeune homme que l’Amérique faisait rêver. Le jeune homme et l’Amérique vécurent ensemble presque tout un été, l’été 62.
Dans cette nouvelle série par épisodes, c’est l’histoire de ces quelques semaines de découverte, d’aventure, d’amour, de violence, de déception et d’enthousiasme que je vais vous raconter.
Comme  souvent, j’ai écrit cette histoire à l’avancement, sans point de vue ni horizon préconçus, choisissant des faits, en éliminant d’autres, en transformant certains, en inventant quelques fois, ne gardant comme guide que la ligne floue et pointillée de la réalité vécue.
Et comme souvent, je commence à vous la raconter alors que son écriture n’est pas achevée.
Je n’ai pas l’intention de tout dire et pas davantage celle de ne dire que la vérité. Mais aujourd’hui, qui se soucie de la vérité ?
Ce que vous allez lire n’est donc ni un journal de voyage ni l’amorce d’une future autobiographie. Certains diront que c’est une exploration sans envergure, une aventure au petit pied. D’autres, bien informés, diront que c’est un tissu de mensonges, une confession narcissique.
Moi, je dirai plutôt que c’est un récit choisi, une autofiction.
Go West !

Je m’arrange avec mes souvenirs en trichant comme il faut.
Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit
 Tout en parlant, il inventait force mensonges semblables à la vérité.
Homère, Odyssée
Go West, young man and grow up with the country !
Horace Greeley, Hints towards reforms

 

Cette année-là, les accords d’Évian avaient été signés en Mars, Kennedy était entré dans sa deuxième année de mandat, Marylin Monroe avait encore quelques semaines à vivre et je n’avais pas encore vingt ans.  J’avais échappé à la guerre d’Algérie, le nouveau président des États-Unis me fascinait, et j’étais amoureux de Marylin.

Au départ, nous étions trois, trois de la même Continuer la lecture de Go West ! (1)

Au petit fer à cheval

Ce texte, ainsi que sa suite qui paraitra demain, ont déjà été publiés en juin 2017. 

 Au petit fer à cheval
30 rue Vieille du Temple Paris 4°

Je ne suis jamais allé dans ce café, et rarement dans cette rue. Le 4ème, ce n’est pas mon quartier. Ce n’est pas que je ne l’aime pas ou que je le méprise ou même qu’autrefois, je l’aie trouvé trop décrépit et aujourd’hui trop bobo, trop « touriste », mais je ne le connais pas et, comme disait Boubouroche, je n’y ai pas mes habitudes.
Pourtant cette photo, prise 16 mai 2017 à onze heures quarante-trois, pourrait bien me donner envie d’en créer, des habitudes. Regardez-là attentivement. Agrandissez-là au besoin :

Remarquez d’abord les vélos : depuis que Continuer la lecture de Au petit fer à cheval

Rendez-vous à cinq heures à bicyclette

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GIANT
par Lorenzo dell’Acqua

Dans mes souvenirs d’enfance, la bicyclette n’était qu’un jouet. Mon premier vélo m’avait été offert pour l’anniversaire de mes sept ans et ce n’est pas ma chute avec une fracture du bras qui m’empêcha de continuer à en faire toute ma vie. Aujourd’hui encore, il me donne un plaisir infini et une incroyable sensation de liberté.

Chez ma tante à Dreux, j’eus par la suite un « routier » bleu, une sorte de vélo de course avec de gros pneus et des garde-boue, l’ancêtre des VTT, sur lequel je sillonnais sans plaisir cette sous-préfecture sans charme. A Tharon-Plage au bord de l’Atlantique où je passais les vacances d’été, un vélo de course récompensa mon succès au BEPC avant d’être remplacé par un solex. Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures à bicyclette

Un ptérodactyle sur fond d’azur

Le fameux récit des aventures de Philippe aux Philippines sortira bientôt en livre broché sur le site Amazon. Pour vous mettre ou vous remettre dans l’ambiance avant de lire ou relire cette oeuvre magistrale dans cette nouvelle édition de luxe, en voici le premier chapitre en deuxième diffusion. 

Bonjour, Philippines ! 

Chapitre 1 – Un ptérodactyle sur fond d’azur

La première scène se passe au Bureau Central d’Études pour les Équipements d’Outre-Mer, 15 Square Max Hymans à Paris. Philippe est seul dans la salle de réunion du quatrième étage, département des études économiques. Sur le grand planisphère offert par UTA qui est affiché au mur, ça ressemble à un gigantesque ptérodactyle volant lourdement sur fond d’azur. C’est Mindanao.

*

Mindanao. J’ai mis du temps à trouver cette île sur la carte, car au moment où j’ai appris qu’on voulait m’envoyer aux Philippines pour cinq ou six mois, je ne savais même pas dans quel océan se trouvait cet archipel. Maintenant, je sais : c’est loin. Cette multitude d’îles avec leurs formes étranges et entremêlées ne m’inspire pas une grande confiance. De plus, les circonstances ne sont pas très favorables : Cécile vient d’avoir six ans et Thomas six mois et il n’est pas question de les emmener dans un pays si éloigné et si différent de tout ce que nous connaissons. Cela signifie donc une longue séparation. Vaguement inquiet, je me dis cependant que, revenant d’une mission presque paradisiaque au Liban, il serait malvenu, si je veux progresser un peu dans cette société, de refuser celle-là. Je me dis aussi qu’il est peut-être temps de vivre des expériences un peu plus aventureuses qu’étudier l’intérêt économique du boulevard périphérique de Beyrouth. Je vais donc accepter la mission. Et c’est pourquoi en ce début décembre, je suis devant cette grande carte du monde en train d’évaluer la distance entre Paris et ce gros oiseau de mauvais augure. Continuer la lecture de Un ptérodactyle sur fond d’azur

Rendez-vous à cinq heures avec Laurent

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Mon prénom

Bien que je l’aie longtemps détesté, je suis aujourd’hui convaincu que le plus beau cadeau de mes parents, c’est lui.

Dans mon enfance, j’étais complexé de m’appeler ainsi : mon prénom Laurent avait une consonance désagréable et je le trouvais excentrique. A ce handicap s’en ajoutait un autre et tous les deux s’associèrent dans mon ressentiment. Était-ce la nature ou ma mère, je ne le saurai jamais, qui m’affublèrent d’une coiffure déjà ridicule à cette époque : la brosse. A l’école communale de la rue Boulard, personne d’autre que moi bénéficiait de ces deux attributs dévalorisants. Et, n’en déplaise à certains, j’étais bien trop ignorant de l’actualité pour que mon prénom puisse m’évoquer à cette époque, et même dans mon inconscient, une ville d’Algérie tristement célèbre. Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures avec Laurent

Rendez-vous à cinq heures en auto-stop (4)

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Langage des signes 

Voici la quatrième intervention de Bernard Schaefer dans le Journal des Coutheillas. Il nous y explique ce qu’a été pour lui l’auto-stop en tant qu’auto-stoppeur e§t d’auto-stoppé. Ensuite, vous pourrez découvrir une de ses expériences d’auto-stoppé. 

 L’autostop est aujourd’hui une pratique presqu’oubliée. Internet l’a remplacée presque totalement avec le recours à des sites de rapprochements qui permettent à des personnes de faire du covoiturage ou de l’autopartage. Ceux qui ont une voiture individuelle souhaitent généralement partager les frais d’un déplacement et/ou avoir de la compagnie pour un trajet plutôt long, prévisible à l’avance, parfois régulier.
Mais autrefois, l’autostop consistait à chercher à arrêter une voiture, pour se faire transporter gratuitement, le plus souvent par le geste du pouce levé, parfois en portant aussi une pancarte sur laquelle on avait écrit sa destination. Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures en auto-stop (4)

Rendez-vous à cinq heures en auto-stop (3)

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Bernard Schaefer a beaucoup pratiqué l’auto-stop. Il nous fait part de quelques unes de ses expériences. En guise de troisième, voici la première :

27 janvier 1941

C’est très tôt que j’ai eu l’expérience de ce que l’on nomme aujourd’hui le covoiturage. A vrai dire, ce fut avant même ma naissance. En ce jour du 27 janvier 1941, il neigeait en Lorraine et plus particulièrement sur la ville de Metz. Aussi, les transports publics étaient-ils à l’arrêt : pas de bus ni de tramway avant que les chaussées soient déneigées ou sablées.

Or ma maman était sur le point de mettre au monde le bébé qui allait naître, à savoir moi. Il fallait l’emmener à la maternité de l’hôpital dès que possible. Mon futur papa n’avait pas encore Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures en auto-stop (3)

Rendez-vous à cinq heures en auto-stop (2)

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Bernard Schaefer a beaucoup pratiqué l’auto-stop. Il nous fait part de quelques unes de ses expériences. En voici une nouvelle entre Caen et Flers.

L’habit fait-il l’autostoppeur ?

La tenue de l’autostoppeur est constituée souvent de vêtements et de chaussures de marcheur, sans grande originalité, et d’un sac à dos ou d’une grosse musette ; l’autostoppeur tient parfois à la main un panneau indiquant sa destination, cela plutôt en période de vacances. La présente anecdote est celle d’un cas différent, celle de quelqu’un testant l’hypothèse de l’autostoppeur en costume-cravate avec un attaché-case, hors période de vacances. Comment en suis-je arrivé là ? Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures en auto-stop (2)

Aventure en Afrique (47)

Le 20 décembre, nous sommes sortis de la montagne et roulons, sur une grande plaine caillouteuse, poussiéreuse, sans végétation, en direction Agadez. J’ai évité de parler par pudeur, mais cela fait aussi partie de la vie : Faire ses besoins, en groupe dans le désert. Pendant la journée il y avait plusieurs “arrêt pipi”. Ici pas de sanitaires publics, pas d’arbre, pas de buisson, rien. Pour les hommes c’est assez simple : tourner le dos aux camions et faire attention à la direction du vent… Mais pour les femmes toutes en pantalon, c’est plus compliqué : Trois femmes côte à côte font face aux camions, pendant qu’une autre profite de cet écran… Pour les besoins plus importants, il fallait attendre la nuit, au campement, en s’éloignant un peu…

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