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Je dirai malgré tout que cette vie fut belle – Critique aisée n°157

Critique aisée n°157
Cette critique et cette  photographie prise à Ré qui l’accompagne sont de Lorenzo dell’Acqua

Je dirai malgré tout que cette vie fut belle
Jean d’Ormesson – 2016

 A défaut d’écrire enfin un roman ou une nouvelle, à défaut de devenir écrivain pour de bon, je te propose d’écrire sur ce que nous lisons. Une critique littéraire à deux mains pour notre journal virtuel. Nous en serons les seuls rédacteurs et il n’y aura qu’une rubrique dans cet hebdomadaire. Voilà un sujet imparable pour toi qui es boulimique et incitatif pour moi qui suis anorexique. On parlera du livre et de nous, puisque c’est notre dernier joker.

Quand on ne joue ni aux cartes ni au scrabble, le mauvais temps à la mer oblige à se rabattre sur des activités solitaires. Cette semaine, je vais parler de Jean d’Ormesson ou de l’Eloge de la Futilité. Contrairement à ce qu’il dit avec une fausse modestie dont il est coutumier, ce livre ou plutôt cette autobiographie, Je dirai malgré tout que cette vie fut belle, est de loin son meilleur roman. Même si vulgairement parlant il crache dans la soupe, il faut bien reconnaître que Continuer la lecture de Je dirai malgré tout que cette vie fut belle – Critique aisée n°157 

Les missions de Lorenzo (3)

Musée Picasso
par Lorenzo dell’Acqua

Ce jour-là, j’ai fait 1290 photos. Seul le numérique le permet. Qu’aurais-je fait hier ? Deux ou trois pellicules argentiques et à quel prix ! Je suis parti tôt avec Anne. Une facture du BHV donnait droit à un coupe-file pour le musée Picasso où j’avais décidé d’aller ce matin-là. J’en profiterai pour acheter deux vitres de cadre 50×50. Et c’est tout. Pas de chance, la proposition de billet coupe-file se terminait fin octobre ! Je suis donc venu pour rien. Comme il y a une justice immanente, je ne ferai aucune queue à l’entrée du musée Picasso. Curieuse impression. On nous prévient que c’est l’exposition d’un génie (ce que l’on savait) mais il n’y a rien de nouveau. J’ai même l’impression que ce n’est Continuer la lecture de Les missions de Lorenzo (3) 

La fin de l’écriture

La fin de l’écriture suivie de La fin de la lecture
par Lorenzo dell’Acqua

Cher ami,

         Avez-vous su que pour sa centième édition, la NRF a demandé à Marcel Proust de lui transmettre son œuvre avec la dictée vocale de son iPhone ? Grâce à la nouvelle fonction lecture orale, ses admirateurs pourront désormais entendre la voix de l’auteur lisant lui-même son texte. L’idée est a priori excellente et je ne saurais trop vous inciter à y réfléchir. Votre blog lu de votre voix enrouée, cela devrait faire un tabac dans les manufactures.

         J’ai donc déjeuné avec mon ami Marcel Proust qui ne parvenait pas à écrire son premier chapitre en utilisant la dictée vocale. Chaque fois, l’appareil inscrivait : « Longtemps, je me suis couché de bonheur »1. J’avais beau lui dire que ce n’était pas si mal, il ne voulait rien savoir. J’ai tenté de l’amadouer en lui expliquant que certains de ses collègues étaient Continuer la lecture de La fin de l’écriture 

Les pastiches de Lorenzo – 2

Les  magrikeruhles  élémentaires
pour  Uhlbec

Ce livre est avant tout l’histoire d’un groupe limité d’hommes et de femmes (appelés les magrikeruhles élémentaires) qui vécurent la plus grande partie de leur vie en Europe occidentale, durant la seconde moitié du XX ème siècle. Généralement ensemble, ils furent de moins en moins souvent en relation avec d’autres hommes et femmes. Ils vécurent en des temps malheureux et troublés où la CARMF, l’URSSAF et tous les impôts augmentaient frénétiquement. Le pays qui leur avait donné naissance basculait lentement, mais inéluctablement, dans la zone économique des pays moyen-pauvres ; fréquemment guettés par la misère, les hommes de leur génération passèrent en outre leur vie dans la solitude et l’amertume. Les sentiments d’amour, de tendresse et de fraternité humaine subsistaient pourtant dans le petit groupe des Magrikeruhles élémentaires qui faisaient preuve de plus en plus souvent dans leurs rapports avec leurs contemporains d’indifférence, voire de cruauté. Ce livre est l’histoire de Continuer la lecture de Les pastiches de Lorenzo – 2 

Les pastiches de Lorenzo – 1

Entre deux missions photographiques, Lorenzo dell’ Acqua fait des pastiches. Le pastiche est un art difficile. Il nécessite une bonne connaissance de l’auteur pastiché bien sûr, mais aussi le talent de dénicher les tics, les tournures, les points de vue favoris qui font son style. Il requiert enfin une admiration pour l’écrivain pastiché. Le pastiche est un hommage, pas une caricature. Ne pas confondre avec la parodie.
Si vous ne reconnaissez pas l’auteur pris ici pour modèle et pour cible, écrivez au journal qui transmettra à Lorenzo.

La dernière bouteille de rouge

et autres plaisirs majuscules

Peu de gens la connaissent, la dernière bouteille de rouge. Il y a deux raisons à cela. La plupart ne sont plus en état de reconnaître une bouteille de rouge ou toute autre chose à cette heure avancée de la nuit où seuls quelques rêveurs saoûlés d’alcool et d’amitié se distribuent les rôles dans leur Continuer la lecture de Les pastiches de Lorenzo – 1 

Les missions de Lorenzo (2)

Dans la journée, Lorenzo dell’ Acqua se promène souvent. Il se donne des missions : parcourir tel quartier, déambuler dans tel musée, faire tant de kilomètres. Il en tire des photographies accompagnées souvent de commentaires, parfois de brèves histoire. Il appelle ça ses « Écrits illustrés de Paris ». Moi je les range sous le titre générique « Les missions de Lorenzo ». Voici la deuxième:

Mardi 9 janvier  : 11,3 km

Metro ligne 6 jusqu’à la station Bir-Hakeim. La Seine est en crue et j’espère trouver des vues inhabituelles de ces quais que je connais par cœur au propre comme au figuré. Le ciel est gris, les nuages bas et la lumière blafarde. La pluie n’est pas loin et je reçois quelques gouttes près de la Tour Eiffel.

un chapelet de péniches semble abandonné au beau milieu de la Seine

Ailleurs, c’est un spectacle inconnu et dévasté qui s’offre à moi

En approchant de la place de la Concorde le paysage s’organise soudain pour le photographe. La Grande Roue bientôt démontée répond aux graffitis colorés sur l’ancienne voie express. A priori tout cela est très laid mais je vais tenter quand même quelques photos. Impossible de prévoir si Continuer la lecture de Les missions de Lorenzo (2)