Dans le monde de l’édition (21)

Les dernières corrections, la mise en page et le découpage de ma dernière nouvelle, dont le titre toujours provisoire reste pour le moment “Fais chier, Gisèle“, m’a détourné pendant plusieurs jours de mes préoccupations d’éditeur et c’est pourquoi vous n’avez pu lire ces derniers temps aucun reproche, aucune jérémiade ni promesse de sanction de ma part.

Omnibus completis(1), comme disait César avant de rentrer à Rome en diligence, j’ai examiné à nouveau les chiffres de vente de mes trois livres amazoniens Blind dinner, La Mitro et Histoire de Dashiell Stiller. Bien qu’ils n’aient pas bougé d’un point depuis le 6 aout dernier, je vous les redonne quand même :

Blind dinner : 41
La Mitro : 14
Histoire de Dashiell Stiller : 10
Total  65

Devant ces performances lamentables, je Continuer la lecture de Dans le monde de l’édition (21)

Aventure en Afrique (45)

Pour nous, après une nuit à Arlit, c’est le départ l’Aïr : Chantal écrit dans son carnet : “16 décembre, levé 7h, départ à 10h30“Les hommes avec les hommes, les femmes avec les femmes, chacun dans son camion. Nous devons être au total une quarantaine, et une dizaine de militaires actifs. Dans notre camion nous découvrons des visages inconnus. Après présentations il s’avère que ce sont des enseignants coopérants militaires comme nous : nous ne nous sommes jamais croisés auparavant. Chez les coopérants techniques nous nous connaissons tous grâce entre autre au repas du dimanche soir au mess des officiers mais n’y avons jamais rencontré d’enseignants. Ils vivent dans leur collège, leur lycée, leur fac et n’en sortaient que peu. Leur épouse ou compagne sont également toutes dans l’enseignement. Ces coopérants sont engagés pour deux années scolaires. Nos chemins ne se sont croisés que lors de ce voyage : cela est dommage et regrettable car nous avons découvert en fin de notre séjour des gens passionnants.
Nous roulons sur une vaste plaine pierreuse, direction nord-est avec le massif de l’Aïr qui se détache au loin. Nous soulevons une énorme poussière. En tête du convoi le commande-car ouvre la route. Aux environs de midi nous pouvons observer avec surprise des mirages et avons l’impression de rouler dans de l’eau.
Les camions Willem ont à l’arrière un Continuer la lecture de Aventure en Afrique (45)

Rendez-vous à cinq heures avec Alain-Fournier

la page de 16h47 est ouverte…

Ma chère Yvonne

Lorenzo nous fait aujourd’hui le plaisir de partager une lettre qu’il a retrouvée avant-hier entre deux pages d’un vieux livre. Il s’agit d’une lettre écrite par d’Alain-Fournier à Yvonne de Galais, lettre de poilu,  lettre d’outre-tombe, lettre émouvante, lettre précieuse, jamais publiée. Cette lettre fait naitre deux questions essentielles :
Doit-on en conclure que la chère Yvonne a existé ?
— Doit-on en conclure que Les Corneilles du septième ciel avaient été éditées une première fois avant leur parution dans le Journal de Coutheillas.
Lisez et vous jugerez.

Ma chère Yvonne,

Excusez l’audace, chère illusion de ma jeunesse, qui m’a fait prendre la plume pour vous écrire ces quelques mots d’un adorateur désespéré. Pas la moindre nouvelle de vous depuis 15 ans ! Je me morfonds, seul dans la tombe par la force des choses et des bombes allemandes. Qu’à cela ne tienne, je suis tellement désireux de recevoir un jour de vos nouvelles ! Les miennes à Saint Agathe n’ont guère d’intérêt. Je voudrais tout de même vous Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures avec Alain-Fournier

À propos de rien

Les dictionnaires de citations ont ceci d’utile qu’ils permettent parfois, quand on a une sentence qui tourne dans la tête comme une chanson d’autrefois, d’en retrouver l’auteur. Utile, oui, sans doute, mais il est possible de s’en passer : quand l’aphorisme est drôle, on peut toujours l’attribuer à Winston Churchill, quand il est méchant, au Duc de Saint-Simon, et quand il est obscur, à Lao Tseu. Utiles, donc, les dictionnaires de citations, parfois, un peu, mais énervants et même insupportables quand ils ne servent qu’à gonfler un arsenal de pensées toutes faites qui serviront éventuellement à justifier a posteriori une position ou une décision déjà prise.
Dans ce Journal, j’ai souvent publié de ces citations, mais j’aimerais que l’on me croie quand je dis que jamais je ne les ai trouvées dans l’un de ces dictionnaires. Alors où ?

Quelques unes, mais finalement peu : dénichées au cours d’une lecture de l’oeuvre même de l’auteur 

Plus souvent : reprises dans l’œuvre d’un auteur en citant un autre, par exemple Sagan mettant en exergue de l’un de ses romans quelques mots de Proust, 

Très souvent : entendues au cours d’une émission de radio ; Finkel-Kraut est un spécialiste de la chose, Lucchini aussi, quand il veut bien sortir de La Fontaine. 

En voici encore quelques unes : Continuer la lecture de À propos de rien

Aventure en Afrique (44)

Il était de tradition chaque année que le gouvernement du Niger offre aux VSNA, un voyage à travers le Sahara en camions militaires. Mais en 1973, la grande sécheresse a tout chamboulé ; les camions étaient affectés à la distribution de vivre dans les zones reculées. Nous allions donc être privés de ce périple : c’était sans compter sur l’acharnement de certains. Un de nos camarades était le fils d’un général de l’armée française et cette dernière était stationnée, entre autre, au Niger même après l’indépendance, comme encore aujourd’hui.
Les choses sont compliquées. Nous sommes bien militaires, mais il y a nos épouses ou compagnes qui ne le sont pas et qui pour la grande majorité ont un emploi.
Je passe sur les démarches et négociations auxquelles je n’ai pas participé :
–Faire partir trois camions Willem modèle 1950 de la base française de Niamey et un command-car (power), avec à leur bord la moitié des participants au voyage pour rejoindre Arlit via le Massif de l’Aïr.
–Une semaine plus tard faire décoller de la même base, un Nord-Atlas de l’armée Nigérienne, à son bord l’autre moitié de l’effectif des participants, pour atterrir à Arlit
–A Arlit, après la visite de la mine par tous, les premiers participants rentrent avec l’avion à Niamey, l’autre équipe prend les camions pour l’Aïr, puis Agadez et Niamey.
Conditions particulières :
–Assurer un des camions pour les femmes, qui ne sont pas militaires.
–Les participants ont en charge le cout du carburant pour l’avion et les  camions.
Tout ce projet est mis en place !
L’organisateur, fils du général, tombe malade dix jours avant le départ : hépatite.
L’opération chancèle, c’est lui le principal organisateur, il est Continuer la lecture de Aventure en Afrique (44)

Sans légende – 7

Avertissement : ceci est un jeu !

Cette photographie sans légende est destinée à vous faire réfléchir. Avec un peu d’imagination, vous devriez pouvoir à partir de l’image et de ce qu’elle peut évoquer pour vous quant à son instant, son avant ou son après, créer une brève histoire, quelques lignes bucoliques ou spirituelles, un souvenir, une bulle de dialogue, un aphorisme bovin, un proverbe cantalou ou simplement une légende. Regardez-là encore une fois, fermez les yeux et laissez-vous aller à la création… Qui sait ? Vous pourriez être publié dans la page du Rendez-vous à cinq heures…

Aventure en Afrique (43)

temps de lecture  : 5 minutes 

Voir la mer (4)

Nous passons la frontière du Bénin, sans encombre,  à Grand Popo. Nous traversons ensuite la ville de Ouidah sans se douter que celle-ci avait un passé très douloureux. Les mémoriaux n’existaient pas encore et en particulier la célèbre  “Porte du Non-Retour”.
J’ai découvert plus tard qu’Ouidah avait été la plaque tournante de l’Afrique de l’Ouest du commerce triangulaire du XVéme au XVIIIéme siècle et avait vu passer des millions d’esclaves à destination des Amériques. Une histoire sombre qui a duré pendant 400 ans. (Cf. TV5MONDE)
Puis nous obliquions vers le nord jusqu’au lac de Nokoué, sur lequel est bâti depuis le début du XVIIIéme siècle la cité lacustre de Ganvié.
Nous prenions une pirogue pilotée par le guide. « Le fondateur de Ganvié, fuyant les enlèvements esclavagistes, arrive au bord du lac Nokoué avec ses proches en 1717. Il usa de magie pour sonder l’étendue et trouva une portion de terre. Comme les siens ne possédaient pas les mêmes pouvoirs que lui, il se transforma en crocodile. Il put les amener sur la minuscule terre repérée et y fonda ce village dont la signification en langue fon est “la communauté sauvé”. Depuis lors, le Continuer la lecture de Aventure en Afrique (43)