
Archives par mot-clé : Philippe
Rendez-vous à cinq heures au bureau
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CANICULE
Pendant la canicule, le travail continue, mais dans des bureaux à air conditionné.

Rendez-vous à cinq heures avec la taxe
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+ 62,42%
Si vous êtes parisien, vous serez certainement heureux de constater que cette année, la ville de Paris a augmenté votre taxe foncière de 62,42 %. La mienne aussi.
62,42% !
Cette augmentation permettra-t-elle de combler le trou cyclopéen des finances de la Ville ? Et permettra-t-elle de combler celui qu’elle est en train de creuser pour financer les Jeux Olympiques de 2024 et qu’elle continuera à creuser longtemps après que le flambeau se soit éteint ? Certainement pas. Mais en attendant le crash, les travaux continuent. C’est la fiesta des entreprises de voirie. Enfin, ce sera la fiesta si elles sont payées.
Les folies pro-vélo puis pro-trottinettes et l’hystérie anti-auto de la municipalité ont conduit depuis maintenant des années à réaliser des travaux sans queue ni-tête, à défoncer les Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures avec la taxe
Lettre à Louise Colet du 23 juillet 2023
Ma chère Louise,
Les difficultés croissantes que je rencontre à écrire et les brusques et brefs emballements de mon stylo m’ont fait réaliser que, de plus en plus, je suis poussé par le texte. Je dis bien ‘’poussé“, pas mené ni conduit, poussé. Je veux dire par là que c’est la dernière phrase que j’ai écrite qui pousse la suivante ; elle la prescrit au point de presque la déterminer. À son tour, la suivante viendra pousser sa suivante. Et ainsi de suite.
Bien sûr, parfois, j’ai une idée générale de ce que je voudrais écrire, par exemple, raconter un évènement, drame ou comédie, uniquement par le moyen d’articles de presse, ou bien écrire une parodie de notice biographique ou un pastiche d’une chronique de Vialatte, mais jamais, presque jamais, je n’ai d’idée sur l’histoire que je vais raconter, sur le fond du texte que je voudrais écrire. En fait je suis motivé, guidé, conduit, tiré par la forme et, en toute logique, ce qui déclenche vraiment l’écriture, c’est une première phrase. Et c’est parti ! Ce n’est qu’ensuite que j’irai au fond.
Prends cette phrase par exemple : Continuer la lecture de Lettre à Louise Colet du 23 juillet 2023
Retour sur un jour qu’était pas fait comme les autres
Récemment, quelqu’un m’a demandé des nouvelles Steeve Ratinet. Steeve Ratinet… vous vous souvenez ? Non ? Enfin voyons ! Steeve Ratinet, célibataire, Coupeur de chevaux en quatre de profession, né le 29 février 1982 à Guéret dans la Creuse et décédé le 13 mai 2020 à 03:47 GMT en son domicile parisien, sis 15 rue Dacôté. (voir : C’était un jour qu’était pas fait comme les autres)
Ah ! Ça y est quand même ! Bon, je résume :
La Commission d’Admission au Paradis ayant classé Steeve dans la catégorie É-P-A-V-E (Égotiste-Primaire-Agressif-Vulgaire-Exacerbé), notre héros a été admis à entrer au Paradis (parce que, comme chacun sait, l’Enfer n’existe pas) moyennant un petit séjour préalable d’une cinquantaine d’année au CRAZY (Centre de Remise À Zéro(1)) suivi d’une période de Purgatoire d’une durée d’un à deux siècles. Cela fait maintenant deux ans qu’il est entré au CRAZY, et ma Foi, cela semble se passer plutôt bien. C’est du moins l’impression que j’ai pu retirer de la longue entrevue télé-angélique que j’ai pu obtenir par protection spéciale, compte tenu de mes bonnes relations avec l’au-delà. Voici ce qu’il m’a dit :
« Le CRAZY, c’est l’endroit le plus chouette que je connaisse pour oublier ses emmerdes. Bon, c’est pas qu’on rigole tous les jours, mais c’est toujours mieux que de faire Coupeur de chevaux en quatre ! Moi, je voulais pas faire Coupeur de chevaux en quatre. Je voulais être Modérateur de cantabile. Mais, vous savez ce que c’est… Continuer la lecture de Retour sur un jour qu’était pas fait comme les autres
Une balle dans le pied
Trente-neuf exemplaires de Blind dinner ont été vendus. On ne pouvait sans doute en espérer davantage. Une trentaine d’amis, ce n’est déjà pas mal. Mais quatorze La Mitro et dix Dashiell Stiller !
Oui, oui ! Je sais, je sais… Vous avez plein de choses à faire… la rentrée des classes, la guerre en Ukraine, le cours du bitcoin, l’inscription au cours de yoga…
C’est pourquoi vous n’avez pas eu le temps d’aller sur Amazon pour commander La Mitro ou l’Histoire de Dashiell Stiller. Je comprends, je comprends. Et puis Amazon, n’est-ce pas… Amazon enfin… Amazon, quoi ! Amazon, c’est l’Amérique, autant dire le Grand Satan. Laissons nos adolescents utiliser tik-tok et se confier ainsi au Nouveau Grand Timonier, mais apprenons-leur surtout à ne pas céder au Moloch. Amazon, oui, bien sûr… mais en tout cas soyez certains que le jour où Harlequin, Galligrasset ou Adolphe Lafont voudront bien m’éditer, vous me trouverez dans vos librairies chaleureuses, et que le jour Continuer la lecture de Une balle dans le pied
L’affaire Ratinet : Droit de réponse
Nous soussignés :
Ratinet André, ancien ingénieur routier aux Philippines
Ratinet Roger, employé municipal ayant constaté la disparition des disparus de la Rue de Rennes
Ratinet Gérard, photographe ayant découvert l’inclinaison de la Tour Eiffel
Ratinet Bernard, voyageur de commerce, actuellement perdu dans la neige
Ratinet Steeve, provisoirement décédé Continuer la lecture de L’affaire Ratinet : Droit de réponse
Octobre au Trastevere
Déjà diffusé en octobre 2015 !
Piazza Santa Maria In Trastevere, Rome
Soleil, ombre et fraîcheur. Calme.
La place est carrée, pas trop grande, et seulement quatre rues étroites y conduisent. Comme presque toutes les places de la ville, elle réunit les époques et les couleurs de Rome : une fontaine romaine, une église médiévale, un palais presque renaissance et deux ou trois immeubles XVII et XVIIIème.
L’endroit n’est pas très fréquenté par les groupes de touristes : pratiquement inaccessible aux autocars, il n’y a que deux restaurants, un café, un kiosque à journaux, et pas un seul commerce.
Pourtant, quelques touristes isolés croisent dans les parages, prennent une photo, entrent et sortent de l’église, s’installent pour un café ou un déjeuner. Une bande de jeunes gens, romains et étrangers, rient sur les marches de la fontaine. Une vielle femme arcboutée sur une poussette traverse rapidement la place et les pavés noirs font trembler les joues de l’enfant qu’elle ramène à la maison.
Un serveur de restaurant, debout les bras croisés devant sa terrasse, discute au soleil avec un homme en tablier gris. Un triporteur des services de nettoyage traverse bruyamment la place à vive allure, suivi d’une petite fumée bleue, et disparait dans l’ombre d’une ruelle.
Nouveau calme.
Deux femmes Roms sortent de l’ombre Continuer la lecture de Octobre au Trastevere
Les vieilles gloires oubliées
Jean Benguigui… Là, tout de suite, comme ça, son nom ne vous dit peut-être rien, mais si je vous montrais sa photo ou si je vous faisais entendre sa voix, vous le reconnaîtriez immanquablement. Il fait partie de ces comédiens de second ou de troisième rôle qui forment la base d’un cinéma national. Sans ce genre de comédien, il n’y aurait que des stars et quoi de plus ennuyeux que les films où ne figurent que des stars ?
Jean Benguigui, c’est notre Joe Pesci à nous, notre Danny DeVito, notre Walter Brennan. C’est le Noël Roquevert de notre époque, le Marthe Villalonga du sexe opposé.
Son physique et son accent (si vous ne l’avez plus en tête, sachez qu’il est petit, plutôt gros, juif et pied-noir), l’ont cantonné le plus souvent à jouer des personnages bien marqués, mais il les a incarnés de toutes les façons possibles, drôle, populaire, dramatique, méchante, vicieuse… Moins marqué par ses origines, peut-être aurait-il été Bernard Blier ?
Pourquoi vous parlé-je de Benguigui ? Parce que l’autre jour, lui et moi Continuer la lecture de Les vieilles gloires oubliées
Singing in the rain
Suite africaine n°3, déjà publiée il y aura bientôt 10 ans. La scène se passe en Haute-Volta (aujourd’hui Burkina Fasso) au début des années 70.
J’ai quitté Sabou, ses enfants et ses crocodiles et j’ai repris ma route vers Bobo-Dioulasso.
C’est la première fois que je conduis en brousse. On m’avait mis en garde, mais la surprise est quand même là. Les parties défoncées de la piste alternent avec la tôle ondulée sur laquelle tous ceux qui ont lu le Salaire de la Peur savent qu’il faut rouler vite sous peine de casser la suspension ou de se décrocher la mâchoire.
La moitié des véhicules que l’on croise sont des taxis-brousse, Renault Estafettes chargées jusqu’à la calandre de voyageurs, de bagages et de bicyclettes, et portant, peinte au-dessus du pare-brise, une devise supposée rassurer le client ou flatter son fatalisme : « C’est Dieu qui conduit ! » ou bien « S’en fout la mort ! ». Les autres véhicules sont pour la plupart des camions. Ils font la route Abidjan-Ouagadougou-Niamey. Ils ont à peu près le même comportement que les taxis-brousse, mais ils ne l’annoncent pas : ils ne portent pas de devise trompe-la-mort. Ils la sèment sans le dire. Tout ce qui roule sur cette piste tangue sur les parties défoncées et vole sur la tôle ondulée
Presque tous les camions sont bancals et surchargés de marchandises et de voyageurs. Ils penchent dangereusement dans Continuer la lecture de Singing in the rain