Archives de catégorie : Critiques

Rendez-vous à cinq heures à nouveau dans le tunnel

temps de lecture : 3 minutes

la page de 16h47 est ouverte…

Art or not art ?
par Lorenzo

Ecrire, comme me le demande Ph., mon sentiment sur les œuvres présentes dans le tunnel des arts équivaut finalement à traiter d’un sujet beaucoup plus vaste qui est celui de la définition d’une œuvre d’art. La question posée est pourtant simple mais sa réponse est d’une complexité inversement proportionnelle. Théoriquement elle est constituée à partir de nos ascendances familiales, de nos origines géographiques et religieuses, de notre éducation et de notre expérience, de notre psychologie, de notre culture qui inclut l’art et son histoire, et sûrement de bien d’autres choses que j’ignore.

De façon provocatrice mais sincère, je trouve artistique une œuvre que j’aimerais mettre sur le mur de mon salon. Toute forme de réflexion sur l’art m’est étrangère, c’est à dire que je ne me sens ni capable ni habilité ni assez cultivé pour oser m’y prêter. En ce qui concerne le tunnel des arts, tout ce que j’y ai vu me déplait, donc ce n’est pas de l’art.

Cette vision simpliste ou simplifiée de l’art, personnelle et non universelle comme elle se doit d’être, est évidemment contredite par Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures à nouveau dans le tunnel

Babylon – Critique aisée n°251

temps de lecture : 5 minutes 

Critique aisée n°251

Babylon
Damien Chazelle – 2023 – 188 minutes
Brad Pitt, Margot Robbie

De retour au Pathé Montparnasse dans l’une de ces nouvelles salles équipées de fauteuils de classe « Affaire » dont je vous ai déjà parlé à l’occasion d’Avatar 2… Même salle, plus petite, certes, mais équipée de la même manière, mêmes fauteuils, même écran, même son… le confort.

A côté de moi viennent s’asseoir les « Trois grasses » de Botero qui, une fois débarrassées des pelures d’oignon qui les recouvrent — il fait froid dehors — ont à peine maigri et qui s’empressent de sortir de leurs sacs des sandwiches préparés avec amour à la maison et de mordre dedans avec allégresse, ceci sans jeu de mot désobligeant de ma part. Je remarque que, comme dans les wagons de troisième classe de mon enfance, la plupart des spectateurs arrivent dans la salle avec de quoi manger et de quoi boire. C’est tout juste s’il n’apportent pas aussi oreillers et couvertures, comme ceux que l’on louait sur les quais le long de ces mêmes wagons quand ils étaient de nuit.  De mes voisines, je crains le pire, le bruit des papiers, celui de Continuer la lecture de Babylon – Critique aisée n°251

Sans filtre – Critique aisée n°250

temps de lecture : 2 minutes

critique aisée n°250

Sans filtre
(Triangle of sadness)
Ruben Ostlund- 2022 – 149 minutes
Palme d’or du Festival de Cannes 

Ce n’est pas parce que j’en suis à ma 250ème critique aisée que je suis devenu critique professionnel ; la preuve, c’est que je me refuse encore à juger un film sur ses intentions et que je persiste à le critiquer subjectivement – comment faire autrement ? – d’après le résultat perçu.

Ouais, Sans filtre est une critique acide de la société ultra-riche, de ses ultra-serviteurs et de ses parasites.
Ouais, Sans filtre est une étude sarcastique des quelques caractères, qu’autrefois vous et moi aurions considérés comme exagérément caricaturaux, mais qui, à en croire les magazines spécialisés, les réseaux sociaux et les émissions de télévision de M6, existent véritablement et mènent effectivement le monde : les oligarques russes et milliardaires, jouisseurs sans vergogne, les très vieux, très distingués et probablement un peu anoblis qui jouissent d’une douce et méritée retraite après avoir fait fortune dans les bombes, mines et grenades, les mannequins et mannequines, mesquins Continuer la lecture de Sans filtre – Critique aisée n°250

Les banshees d’Inisherin -Critique aisée n°249

temps de lecture : 2 minutes et demi

Critique aisée n°249

Les banshees d’Inisherin
Martin McDonagh – 2022 – 109 minutes
Colin Farrell, Brendan Gleeson, Kerry Condon, Barry Keoghan

Les banshees sont des fées irlandaises dont le cri annonce la mort de quelqu’un et Inisherin, c’est là :

Ce qui frappe tout d’abord, c’est la lumière, la qualité de la lumière : l’air ne pourrait pas être plus pur, plus transparent, la profondeur de champ plus grande, la clarté des images plus nette. Les matinées ensoleillées sont glorieuses, les crépuscules interminables et les nuits pluvieuses.

Ensuite, c’est la beauté des paysages, avec ces maisons basses aux murs épais, ces minuscules pâtures entourées de murets de pierres sèches et grises  entre lesquels serpentent de rares chemins de terre qui mènent à ces formidables falaises rocheuses escarpées en surplomb d’un océan immense.

Enfin, ce sont les habitants, avec leurs Continuer la lecture de Les banshees d’Inisherin -Critique aisée n°249

Avatar, la voie de l’eau- Critique aisée n°248

temps de lecture : 8 minutes (oui, c’est long, mais le film fait 3 heures)

Critique aisée n°248

Avatar, la voie de l’eau
James Cameron – 2022

Le nouveau cinéma

Le nouveau cinéma est arrivé. Ce n’est pas une nouvelle Nouvelle Vague, ce n’est pas une nouvelle façon de faire du cinéma. C’est une nouvelle façon de voir un film, une nouvelle façon de le choisir, de payer, d’accéder, de s’asseoir, de regarder.
Ce nouveau cinéma, c’est le cinéma Pathé de la rue d’Odessa à Paris qui vient de rouvrir ses portes après des mois de travaux. D’abord, mais ce n’est pas l’essentiel, un hall d’entrée vaste, bleu sombre et froid, sans guichet. Si vous n’avez pas réservé en ligne, il va falloir vous colleter avec un robot convivial pour choisir votre film, votre heure, votre siège, votre réduction, votre coca-pop-corn, votre abonnement, votre moyen de paiement, et c’est fait ! Vous n’avez plus qu’à scanner votre téléphone à l’entrée d’un portillon de verre, prendre l’escalier mécanique et pousser la porte de la salle. Et là, le paradis Continuer la lecture de Avatar, la voie de l’eau- Critique aisée n°248

Rendez-vous à cinq heures : cinéma et littérature

temps de lecture : 2 minutes, et encore…
la page de 16h47 est ouverte…

Aujourd’hui, Lorenzo se pose et nous pose une vaste question que, plutôt que de la paraphraser, je vous laisse découvrir dans ses propres termes. Si vous souhaiter apporter votre pierre dans ce jardin ou votre contribution à la résolution du problème, ne vous gênez pas. Sachez que si votre ami réponse est brève, disons moins de cent mots, elle restera en commentaire de cette page. Sinon, elle sera publiée à son tour dans un prochain Rendez-vous à cinq heures. 

 

Cinéma et Littérature
Lorenzo dell’Acqua

Le film est-il fidèle au roman ? En voilà une question absurde ! C’est comme vouloir comparer une peinture et une sculpture. Tout le monde sait que ce n’est pas pareil. Il est plus intéressant de se demander comment un chef d’œuvre littéraire mis en scène réussit à être aussi un chef d’œuvre dans un autre domaine, le cinéma.

La récente rediffusion du Guépard de Luchino Visconti (TTTT dans Télérama, autant que le Tigre du Bengale) d’après le chef d’œuvre littéraire de Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures : cinéma et littérature

Maigret et l’homme du banc – Critique aisée n°246

temps de lecture : 6 minutes 

Critique aisée n°246

Maigret et l’homme du banc
Simenon – 1952
Editions Rencontres – 166 pages

Bon !

Maintenant que Paris, ses pavés et ses marbres
et sa brume et ses toits sont là autour de moi,
maintenant que j’ai laissé en plan Anticythère
et ce couple inachevé dans la Maison Marie,
maintenant que je n’écris plus de diatribe contre Vladimir Hidalgo, Donald Poutine ou Anne Trum,
maintenant que les seules choses que j’arrive à écrire, laborieusement, sont des Critiques aisées ou des commentaires de commentaires,
maintenant que le planning du JdC est rempli de vieux articles recyclés,
je vais enfin pouvoir me consacrer à la paresse, au cinéma, et, pourquoi pas, à la littérature et même peut-être à rien du tout.
Entendons-nous bien, quand je parle de me laisser aller à la littérature, je parle d’en lire, pas d’en faire, bien sûr.

Comme je ne vois quand même pas me mettre à lire la Recherche une troisième fois,
comme j’ai abandonné ma relecture du Continuer la lecture de Maigret et l’homme du banc – Critique aisée n°246

Rendez-vous à cinq heures avec la culture du navet

temps de lecture : 1 minute et des poussières (d’étoiles) 

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Le Tigre du Bengale
ou
Télérama et la culture du navet

Suite à l’évocation parodique et critique de Lorenzo et sur les vifs conseils de Télérama qui l’a noté TTTT, j’ai voulu voir Le Tigre du Bengale (Fritz Lang-1959). C’était possible sur Arte replay. Ça doit l’être encore.

Disons que j’en ai vu trois quarts d’heure et, pendant quarante-cinq minutes, doutant de mon propre jugement qui se formait petit à petit, j’ai regardé ce roman photo à moyen spectacle, avec son intrigue pour Journal de Lisette, avec ses beau éléphants et ses panoramiques saccadés, ses rares extérieurs et ses intérieurs en carton-pâtre1, ses costumes d’opérette et ses acteurs figés, ses dialogues convenus et ses répliques emphatico-poétiques, et au bout du compte, je me suis demandé si ce péplum oriental avait vraiment été réalisé en 1958 et pas une bonne vingtaine d’années plus tôt.

Comment à la fin des années 50 , Fritz Lang a-t-il pu filmer un tel navet tandis qu’ailleurs, Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures avec la culture du navet

Rendez-vous à cinq heures avec deux tigres

La page de 16h47 est ouverte…

Mémoire d’éléphant, Tigre du bengale et Tombeau Hindou


Quelqu’un m’a dit que Lorenzo ne croyait pas qu’hier, je n’avais pas fait le rapprochement entre sa parodie de critique de César et Rosalie au Bengale et Le Tigre du Bengale, le mélo à grand spectacle tourné par Fritz Lang en 1959. 

Non, comme je l’ai dit plus tôt, je ne l’avais pas fait,  ce rapprochement. En fait, je suis beaucoup moins intelligent (ou beaucoup plus bête) que je n’en ai l’air, Est-ce un inconvénient ou un avantage ? Ça dépend des circonstances. 

Par ailleurs, à quoi cela sert-il d’être cinéphile quand on perd la mémoire ? 

En tout cas, pour vous récompenser, je vous donne le lien ci-dessous qui vous permettra de voir une lascive Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures avec deux tigres

Rendez-vous à cinq heures avec le cinéma indien

temps de lecture : 4 minutes 

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CESAR ET ROSALIE AU BENGALE
(Fritz Lang, 1959)

par Lorenzo dell’Acqua

Je ne regarde jamais la télévision et je vais encore moins souvent au cinéma. De rares exceptions cependant, imprévisibles, comme hier soir sur ARTE, la chaîne des intellectuels et des ingénieurs, qui proposait un chef d’œuvre, « César et Rosalie au Bengale », de Fritz Lang. L’intrigue ne vous surprendra pas car j’ai appris en vous lisant sur le blog que les situations scabreuses réunissant deux hommes et une femme, ou l’inverse, faisaient partie (ou avaient fait partie) de votre quotidien. Le scénario est exactement le même que dans le remake de Claude Sautet sorti en 1972 : les deux personnages principaux aiment la même femme. Ce film m’avait attiré, non pas à cause du résumé de Télérama, mais parce qu’il se déroulait en Inde où mon père Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures avec le cinéma indien