Archives de catégorie : Textes

Le Cujas, c’est fini, mais…

Le Cujas, c’est fini depuis plus de cinq mois.

Ça se terminait comme ça, vous vous souvenez ?

« (…) Et elle était là, seule, dans la première salle, près de l’entrée, sous le bouquet de fleurs qui chaque jour accueille les clients, penchée sur une liasse de feuillets, studieuse, ravissante, merveilleuse.

— Mon Dieu, qu’elle est belle !

C’est ce que Dashiell n’avait pu s’empêcher de murmurer en poussant la porte vitrée et qu’elle n’avait pas entendu. Elle a levé les yeux vers lui, et elle lui a adressé un sourire joyeux en lui disant :

— Tiens ! Dashiell ! Je pensais justement à vous !

Dashiell s’est senti léger, confiant, heureux. Jamais, jamais il n’avouerait….

— Vous prenez un café avec moi ? Je pensais à vous parce que Continuer la lecture de Le Cujas, c’est fini, mais…

Rendez-vous à cinq heures : Fausses critiques

La page de 16h47 est ouverte…

Fausses critiques

Vu l’autre soir sur FR3 

La Bonne année
Claude Lelouch (1973)
Contrairement aux habitudes de C.L. , un film très classique dans sa construction de polar, et conformément aux habitudes de C.L. des dialogues si naturels qu’on les croirait improvisés, de merveilleuses scènes d’amitié entre Lino Ventura et Charles Gérard, une paisible scène de séduction entre Ventura et Françoise Fabian dans un restaurant. 

Une de mes scènes favorites se situe vers la fin du film : Le 1er janvier au matin, après six années de prison, Ventura vient de s’annoncer au téléphone à Fabian alors qu’elle est au lit avec son amant du moment. Après l’avoir délicatement chassé, elle entreprend de ranger son appartement pour accueillir l’homme de sa vie.  Voir Françoise Fabian en peignoir, courir en tous sens, passant du Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures : Fausses critiques

West Side Story – Critique aisée n°222

Critique aisée n°222

West Side Story
Steven Spielberg – 2021
Rachel Zegler, David Alvarez, Ariana DeBose, Mike Faist

Peut-on ressentir les mêmes émotions deux fois ? C’est la question qui se pose quand on parle du remake d’un film qu’on a aimé ?
Et ce film, celui de 1961, (photo ci-contre) celui avec Nathalie Wood, Georges Chakiris, Rita Moreno, Russ Tamblin, celui-là, je l’avais aimé. Vu à New-York en 1962. Epoustouflé par la mise en scène et les cadrages de Robert Wise, renversé par la musique de Leonard Bernstein, enthousiasmé par la chorégraphie de Jerome Robbins, soixante ans plus tard, je garde encore un grand souvenir de cette gigantesque salle de cinéma, de cet immense écran, et de cette extraordinaire séance de vrai cinéma. Je n’avais pas vingt ans.
Alors, peut-on revivre les mêmes émotions à tant d’années de distance ? C’est avec cette question en tête, mais tout prêt à Continuer la lecture de West Side Story – Critique aisée n°222

AVENTURE EN AFRIQUE (8)

Le climat

Le Niger se trouve dans l’une des régions les plus chaudes du globe. Le régime des pluies permet d’y distinguer deux grands types de climats dans le pays : le climat désertique au nord et le climat tropicale au sud.

Le Niger comprend essentiellement trois saisons :

  • la saison des pluies de juin-juillet à septembre,
  • la saison sèche et froide du 15 novembre au 15 février (cela explique l’arrivée des VSNA au mois de novembre !),
  • la saison chaude de mars à juin.
Moyenne des températures à Niamey Avril Juillet Novembre
Min 26° 24° 19°
Max 41° 34° 36°

Chantal faisait un relevé quotidien des températures minimum-maximum et le reportait mois par mois sur Continuer la lecture de AVENTURE EN AFRIQUE (8)

Don’t look up ! Critique aisée n°221

Critique aisée n°221

Don’t look up
Adam McKay – 2021
Leonardo di Caprio, Jennifer Lawrence, Merryl Streep, Cate Blanchett, Timothée Chalamet

C’est la derrière grosse production de NETFLIX.
Sur le thème à présent ultra-classique d’une fin du monde annoncée pour demain (en fait pour dans 6 mois : une comète de 10km de diamètre se dirige tout droit sur le terre), Don’t look up nous présente une farce, critique des réactions des politiques, des businessmen et des médias devant cette catastrophe inéluctable. Le titre Don’t look up est extrêmement bien choisi et résume en trois mots ces réactions : « Ne regardez pas en l’air », c’est le message que ces trois groupes sociaux vont délivrer au quatrième, les petits, les sans grade, les moyens, les gradés. Le titre français, Déni cosmique, est tellement nul que j’en ai honte pour la langue française.

Le film commence de façon très classique et très premier degré avec la découverte de cette comète et de sa trajectoire certaine et meurtrière par Continuer la lecture de Don’t look up ! Critique aisée n°221

AVENTURE EN AFRIQUE (7)

Tamba Kamano et nos fournisseurs

Il nous avait été conseillé à l’ambassade de France de prendre un boy. Cela permettait de faire vivre une famille et de s’intégrer un peu plus dans le monde africain. Nous avions embauché un nouveau boy car Issoufou ne connaissait rien à notre cuisine… il m’avait même mis une boîte de conserves de sardines au four pour la réchauffer. J’avais pu faire rentrer Issoufou comme aide à la Section Topographique et embauche Tamba.

Notre boy était d’origine guinéenne. Il avait un certain âge, avec quelques rides sur le visage, mais de l’expérience : il avait servi chez des Français et parlait bien notre langue. Il était marié, avec plusieurs enfants et habitait dans un quartier en rive droite. Il avait Continuer la lecture de AVENTURE EN AFRIQUE (7)

Photos souvenirs – 10

Une amie d’Anne portait ce nom de jeune fille effronté qui lui avait valu dans les années 60 un diminutif flatteur : Catherine Pop’. Sa sœur avait épousé Yves de la Poëze, un noble breton très sympathique et ami d’enfance de Jacques de Bascher. Son nom recomposé de femme mariée, Populaire de la Poëze, m’a toujours semblé provocateur mais je n’ai jamais su dans quel sens.

Signification et origine du nom : Populaire est un nom artois, représentant la forme francisée du nom flamand popeler, désignant le peuplier, arbre caractéristique de la propriétaire.

*

J’ai découvert tardivement le jazz après que Continuer la lecture de Photos souvenirs – 10

Petite note à l’usage de mes biographes (7)

7 -Le tanneur de Saint-Amand

Il faut savoir qu’à cette époque lointaine, j’exerçais le métier d’expert pour le compte des Compagnies d’assurances. En termes simples, pour que vous compreniez bien, cela consistait pour moi, quand se produisait quelque part un incendie, une explosion, un dégât des eaux, le bris d’une machine ou toute cette sorte de choses qu’on appelle un sinistre, à évaluer les dommages causés par ledit sinistre et, si possible, à en déterminer les causes. Enfin, c’est ce que je me rappelle de ce métier.
Il faut que vous sachiez aussi que je n’exerçais mes talents que dans le domaine industriel.
Il faut que vous sachiez enfin que le sinistre dont je vais dire à présent quelques mots était l’une des toutes premières grosses affaires que j’eus à traiter. Voici : Continuer la lecture de Petite note à l’usage de mes biographes (7)

« Je me souviens » ou « Faut jamais rien raconter à personne »

Il est très possible que parmi les nombreuses résolutions que vous avez prises hier soir dans la confusion mentale et les vapeurs de l’alcool figure celle d’écrire. 
Ne vous inquiétez pas, c’est normal. La plupart du temps, si ça ne se dissipe pas avec les brumes matinales, ça passe en fin de journée. Ou le lendemain.
Si cela devait persister, ne vous inquiétez pas davantage, car il n’est jamais trop tard — regardez moi — ni trop tôt — regardez Sagan — pour commencer à le faire. Mais ne croyez surtout pas cette sentence imbécile à la Paolo Coelho selon laquelle  tout homme est capable d’écrire un roman : celui de sa vie ! Le moindre péquin est capable de chanter sous sa douche, mais mettez le seulement sur une scène ! 

Ecrire n’est pas facile en général, surtout quand on est équipé d’un peu de sens critique, car, la plupart du temps, il vous conseillera de passer votre production au broyeur. Mais le plus souvent, c’est une méthode qui manque au débutant et la lecture de ce qui suit pourrait lui faire gagner un peu de temps. Celle que je préconise est celle du « Je me souviens« , éprouvée dès 1970 par Joe Brainard dans son recueil « I remember« , puis par Georges Perec en 1978 avec son « Je me souviens ».  Voici ce que j’en disais il y a quatre ans : Continuer la lecture de « Je me souviens » ou « Faut jamais rien raconter à personne »

Sacrée soirée (Blind dinner) – Texte intégral

Ce soir, c’est la fête. Vous êtes invités chez des amis, ou alors vous les attendez chez vous. 
On va boire, on va manger, on va parler de tas de choses intéressantes. 
En plus, à minuit, on va mettre bas les masques et  on va s’embrasser. 

Ça va être une sacrée soirée !

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Ça fait longtemps que je trouve très agaçante cette manie de Renée d’avoir régulièrement chez elle à diner des gens qui ne se connaissent pas. Pourtant, même après toutes ces années, Anne et moi, on n’arrive pas à refuser ses invitations et, deux ou trois fois par an, voilà qu’on se retrouve vers huit heures et demi du soir dans son appartement de la Place des Vosges en compagnie de parfaits inconnus.

Toute la journée, la perspective du diner de ce soir m’avait mis de mauvaise humeur. Quant à Anne, depuis quelques jours, je l’avais trouvée plus maussade que d’habitude sans arriver à en trouver la raison. Y en avait-il seulement une, de raison ? Continuer la lecture de Sacrée soirée (Blind dinner) – Texte intégral