Archives de catégorie : Textes

The Great – Critique aisée n°238

temps de lecture : moins de 2 minutes 

Critique aisée n°238

The Great
Elle Fanning, Nicholas Hoult…
Série US – 2020 – 2 saisons de 10 épisodes.
Diffusée par MyCanal

The Great raconte l’histoire de l’arrivée à la cour de Russie puis de l’accession au pouvoir de Catherine, épouse de l’empereur Pierre III, qui deviendra Catherine II, Catherine la Grande, Catherine The Great !

Pour la Grande Histoire, on rappellera seulement que cette Catherine (1729-1796), qui renversa son mari et le fit plus tard étrangler dans sa prison (Mme de Staël, toujours d’actualité : « La Russie est un despotisme tempéré par la strangulation ») régna 34 ans Continuer la lecture de The Great – Critique aisée n°238

 Luxe, calme et volupté (Couleur café n°32)

temps de lecture : 1 minute, même pas 

Couleur café n°32

Luxe, calme et volupté

La Rose de France
24 Place Dauphine, Paris 1er

Aujourd’hui, ce matin, mon café, c’est La Rose de France. Joli nom.
Place Dauphine. Il est neuf heures et demi et le soleil vient de passer au-dessus du Palais de Justice. Il fait beau, il fait frais. Sur la place en triangle, on a ratissé le sable encore humide de la pluie de cette nuit. Au fond, deux gendarmes débonnaires et armés, jambes écartées, manches courtes, avant-bras croisés sur leur mitraillette, se détachent Continuer la lecture de  Luxe, calme et volupté (Couleur café n°32)

Rendez-vous à cinq heures avec la mémoire

Temps de lecture : 17 minutes

la page de 16h47 est ouverte…

 

mémoire

L’abondance des commentaires parus sur de sujet de la mémoire, leur longueur, et parfois même, leur qualité me poussent à les sortir du tiroir confidentiel où l’usage veut qu’ils soient stockés pour les mettre dans la pleine lumière du Rendez-vous à cinq heures d’aujourd’hui.
Voilà, c’est fait.
(Les commentaires sont publiés dans l’ordre chronologique de leur parution, du plus ancien au plus récent.) Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures avec la mémoire

Monsieur Minette (2/2)

temps de lecture : 5 minutes

(…) Nous n’avions rien à nous dire, mais nous le disions quand même, le temps, les chiens, les travaux des champs, Paris… Monsieur Minette parlait peu, Ena s’impatientait, alors nous nous séparions sur une nouvelle banalité, la rareté du gibier, le renard qu’on n’arrive pas à attraper, le temps qui passe, à un de ces jours, Monsieur Minette…

Monsieur Minette était petit et gros. On pourrait même dire qu’il était gonflé. Il remplissait tellement son bleu de travail qu’on avait l’impression que c’était le vêtement qui limitait l’expansion de son corps.

Monsieur Minette portait une montre qui me fascinait. C’était une montre ordinaire, bon marché, mais son petit cadran rectangulaire aux discrets chiffres romains aurait davantage convenu à une femme qu’à un pauvre fermier du bas de l’Aisne. Son bracelet, étroit, presque un cordon, était en cuir délavé. Mais ce qu’il y avait de particulier dans cette montre, ce n’était ni sa taille, ni son cadran ni son bracelet, c’était la façon dont il la portait. Le bracelet, incrusté dans la peau, creusait un profond sillon dans le poignet gauche. On aurait pu croire qu’il avait porté cette montre le jour de sa première communion et qu’il ne l’avait jamais ôtée depuis, ne serait-ce que pour adapter le bracelet au diamètre croissant de son avant-bras.

Monsieur Minette portait aussi des Continuer la lecture de Monsieur Minette (2/2)

Monsieur Minette (1/2)

temps de lecture : 6 minutes

A l’heureux temps du premier confinement, en ce beau début de l’année 2020, nous étions tous, plus ou moins, à chercher quelque chose à faire. Pour ce qui me concerne, j’ai tenu un journal dans mon journal, un Journal de Campagne dans le Journal des Coutheillas. Dans ce journal gigogne, j’ai relaté les petits faits du jour, la karcherisation d’une terrasse, le passage d’un avion dans le ciel vide, la constitution d’un tas de bois. Mais j’ai aussi relaté quelques souvenirs de ma campagne et je me suis aperçu que, de façon surprenante, un personnage y apparaissait souvent : Monsieur Minette. J’ai recherché tous les articles qui lui étaient consacrés et les voici enfin rassemblés pour la postérité, la mienne et celle de Monsieur Minette.

*

Il y a quelques jours, au milieu d’une balade, je suis passé devant la ferme de Monsieur Minette, un agriculteur que j’ai un peu connu. Monsieur Minette est mort il y a plusieurs années et je ne sais déjà plus combien. De son vivant, sa minuscule ferme avait nettement entamé la descente qui allait la conduire à l’effondrement. De son temps, le crépis n’était déjà plus qu’un souvenir presque oublié ; parmi les fenêtres, une seule avait encore ses carreaux et les volets des autres étaient toujours fermés ; le toit faisait des vagues, la porte de l’ancienne porcherie avait été remplacée par un bout de tôle ondulée et la petite cour ravinée était encombrée d’herbes folles et de vestiges de matériels agricoles. Maintenant, Monsieur Minette est mort et sa ferme est en ruines. Le tracteur de Monsieur Minette avait son âge, celui de Continuer la lecture de Monsieur Minette (1/2)

La Nuit du 12 – Critique aisée n°237

temps de lecture : 3 minutes

Critique aisée n°237

La nuit du 12
Dominik Moll – 2022 -114 minutes
Bastien Bouillon, Bouli Lanners, Anouk Grinberg, ….

 « Chaque année, 800 homicides sont commis en France. Environ 20 % d’entre eux ne seront jamais élucidés. »

 C’est la phrase qui figure en exergue de La Nuit du 12, le dernier film de Dominik Moll.

Il y a un peu plus de vingt ans, Dominik Moll avait connu un premier grand succès avec Harry, un ami qui vous veut du bien. Dans un sombre décor de maison oubliée dans un coin perdu de l’Auvergne profonde, le film faisait très habilement monter l’angoisse avec la découverte progressive de la personnalité d’Harry, cet ami qui vous voulait tant de bien. Gros succès, flopée de récompenses.
Il serait juste qu’avec La Nuit du 12, ce réalisateur connaisse un succès au moins aussi grand. D’ailleurs, il semble qu’il en prenne le chemin.

Pourtant, La Nuit n’a rien à voir avec Harry. Paresseusement,  les journaux l’ont classé dans la catégorie « thriller » ou « polar », comme ils disent si élégamment. Mais La Nuit n’est ni l’un ni l’autre.
Ce n’est pas un film policier bien que le Continuer la lecture de La Nuit du 12 – Critique aisée n°237

Rendez-vous à cinq heures avec les souvenirs

temps de lecture : 5 minutes 

la page de 16h47 est ouverte…

 

Du souvenir des films et généralisation à la mémoire de l’homme
(et de la femme, bien sûr, de la femme)

Voici le texte que nous propose Lorenzo dell’ Acqua sur les déficiences de la mémoire humaine (c’est bien « humaine », ça évite d’avoir à dire « de l’homme et de la femme »). On trouvera à sa suite ce que j’ai trouvé à en dire. Vous pourrez si vous le souhaitez ajouter votre pierre à cet édifice qui promet d’atteindre des sommets. 

La page de 16h47 vous reste ouverte. Vous vous en souvenez de ça, hein ? 

La plupart des gens font une confiance absolue à leurs souvenirs, même si, à l’évidence, ils sont erronés. C’est pourtant devenu une certitude scientifique : notre mémoire se trompe en toute sincérité. Les preuves sont multiples et il suffit de regarder ses propres souvenirs pour s’en apercevoir, parfois avec stupeur. Le révélateur que j’ai trouvé le plus pertinent, ce sont les films et le souvenir qu’on en a gardé. Je parle des films importants que l’on n’a jamais « oublié » mais que l’on n’a pas revu depuis longtemps. Et pourtant, quand on revoit ces films, on peut s’apercevoir parfois, mais pas toujours, que notre mémoire à laquelle nous croyons dur comme fer, se trompe : il ne se passe pas Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures avec les souvenirs

Rendez-vous à cinq heures à la plage (7)

la page de 16h47 est ouverte…

Conversation sur le sable (2)

Saint-Brévin-l’Océan, 12 août 1948

 Voix off dont on aperçoit l’ombre dans l’angle inférieur droit de la photo,
J’ai bon caractère mais j’ai le glaive vengeur et le bras séculier. L’aigle va fondre sur la vieille buse.

Enfant au premier plan :
—C’est chouette ça, comme métaphore.

Voix off dont on aperçoit l’ombre dans l’angle inférieur droit de la photo, Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures à la plage (7)

La meilleure version de moi-même – Critique aisée n°236

temps de lecture : 3 minutes 

Critique aisée n°236

 La meilleure version de moi-même
Série en 9 épisodes de 28 minutes
Canal+Séries

Gonflée, Blanche !

Ceci n’est pas une critique aisée, ou alors si, mais toute petite alors, juste pour vous donner envie de faire ce que je viens de faire : la tester, la détester et peut-être, ensuite, l’aimer, en tout cas l’admirer.

Pourquoi ? Parce qu’elle est gonflée, Blanche !

C’est une série créée, écrite, réalisée et interprétée par Blanche Gardin.

J’aime beaucoup Blanche Gardin, je veux dire ses spectacles en solitaire, ses petites déclarations en interview, ses présentations de soirées mondaines de la bourgeoisie du show-biz. Avec ses airs de jeune femme bien élevée, son impeccable diction, sa syntaxe Continuer la lecture de La meilleure version de moi-même – Critique aisée n°236

Rendez-vous à cinq heures à la plage (6)

la page de 16h47 est ouverte…

Conversation sur le sable (6)

Saint-Brévin-l’Océan, 12 août 1948

 Voix off dont on aperçoit l’ombre dans l’angle inférieur droit de la photo, essuyant ses yeux :
— Faut reconnaître, c’est du brutal !

  Enfant au premier plan :
— Vous avez raison, il est curieux hein ?

  Enfant au deuxième plan :
— J’ai connu une polonaise qu’en prenait au petit déjeuner. Faut quand même admettre que c’est plutôt une boisson d’homme.

  Voix off dont on aperçoit l’ombre dans l’angle inférieur droit de la photo, les yeux dans le vague : Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures à la plage (6)