Archives de catégorie : Thème imposé

« Je me souviens » ou « Conseils pour commencer à écrire »

Le Je me souviens est exercice d’écriture courant. Il consiste à dresser une suite de bribes de souvenirs dont chacune commence par les mots Je me souviens. Ces bribes reflètent des souvenirs personnels propres à leur auteur en même temps qu’elles évoquent une époque. C’est un exercice que je recommande chaudement à ceux que titille une vague envie d’écrire. Quitte à raconter quelque chose, autant commencer par ce qu’on croit connaitre : sa vie. Voici la méthode :

a) Choisir un après-midi grisâtre et une pièce où il fera doux, s’installer sans hâte et confortablement, faire le vide dans sa tête, mais pas trop longtemps car l’habitude s’en prend vite.

b) Choisir un lieu, une maison, un appartement, préférablement de son enfance, le parcourir des yeux et de la mémoire, s’arrêter à la première image un peu nette, et écrire son premier je me souviens, ensuite, et pour quelques instants, quelques instants seulement, ne pas résister à l’immense édifice du souvenir, écrire un deuxième puis un troisième souvenir.

c) S’arrêter obligatoirement avant le quatrième, car on n’écrit pas une autobiographie, n’est-ce pas ? Pas encore. Relire, raturer, remplacer, simplifier, épurer, réduire. Chasser les adverbes comme Continuer la lecture de « Je me souviens » ou « Conseils pour commencer à écrire »

¿ TAVUSSA ? (35) –  Impeachment, c’est pas demain la veille !

Je ne sais pas vous, mais moi, le Donald, il m’obsède. Savoir que le Président des Etats Unis d’Amérique est un agent infiltré de l’ennemi héréditaire de l’Amérique, la Russie, en même temps qu’un homme d’affaires sans scrupule, un menteur invétéré, un jouisseur infantile et un grabbeur compulsif, ça ne vous fait rien à vous ?  Moi, ça m’obsède. Manquerait plus qu’il soit vulgaire !

J’ai déjà publié ici-même plusieurs textes qui, me disent mes proches, pourraient bien me valoir un jour une interdiction d’entrée sur le territoire des Etats-Unis. Les mêmes m’adjurent de ne pas continuer dans cette voie. Bon, d’accord, j’arrête ; de toute façon, le mal est fait.

Mais, que ça ne m’empêche pas d’écrire un article purement technique sur un sujet qui, on se demande pourquoi, me tient à cœur : l’Impeachment.

L’IMPEACHMENT

D’abord, il faut le prononcer correctement :  /ɪmˈpiːtʃmənt/ ou Immpitchmainte, comme on veut.
Bon, ça, c’est fait.

Ensuite, impeachment, qu’est-ce que ça veut dire ?
Je pense que vous l’aurez traduit tout naturellement, j’allais dire tout bêtement, par empêchement, au sens dInterruption prématurée du mandat présidentiel (Larousse). Béatement satisfait de votre  Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (35) –  Impeachment, c’est pas demain la veille !

J’étais seul hier soir au Théâtre Français

J’étais seul hier soir au Théâtre Français.
L’auteur n’avait pas grand succès,
Ce n’était que Molière, et nous savons du reste
Que ce grand maladroit qui fit un jour Alceste …

Un salon du XVIIème (siècle).
Philinte entre à grands pas, portant un plateau sur lequel se trouvent une bouteille et deux coupes. Alceste le suit en protestant.

Alceste
Mais enfin, mon ami, puisque je n’en veux pas…

Philinte
Apprenez, cher Alceste, qu’avant tout bon repas
Le Champagne s’impose : c’est une obligation,
Surtout quand il s’agit de notre réveillon.
Un peu d’effervescence vous disposerait mieux
Envers les autres hommes, les jeunes et les vieux.
Et il se pourrait bien que ce vin vous amène
A oublier un temps la dure Célimène.

Alceste
Laissez là Célimène, Philinte, je vous prie,
Quant aux hommes, je ne veux en faire mes amis.
Et je ne bois jamais !

Philinte
.                                          Eh bien, vous devriez !
Avec modération, mais régularité.
Acceptez de goûter avec moi ce breuvage
Et je vous aimerai le reste de votre âge.
Ça ! Vous ne dites rien ! C’est que vous consentez !
Ah ! J’en suis fort heureux. Maintenant, observez :
A la jolie bouteille, comme pour une maitresse,
Je lui défait sa coiffe avec délicatesse.
Puis je saisis le fil qui lui sert de ceinture,
Le dénoue lentement, car c’est dans ma nature.
A présent, elle est nue, il faut être énergique
Et saisir le bouchon, qui résiste, c’est logique,
Le tourner en tous sens, jusqu’à ce qu’il faiblisse
Et saute du flacon jusque dans les coulisses.
Regardez maintenant, j’incline la bouteille
Et répand dans nos verres le produit de la treille.

Alceste
Merci, cela suffit, vraiment, et juste un doigt
Car vous savez fort bien que jamais je ne bois

Philinte
Cher Alceste, à présent qu’est versé ce champagne,
Laissez-moi vous guider dans sa dégustation.
Ce merveilleux breuvage ne nous vient pas d’Espagne
Mais d’un moine français nommé dom Pérignon.
Admirez tout d’abord cette limpidité,
Ce soleil matinal dans le vin enfermé.
Observez maintenant ces si petites bulles
Qui jaillissent du fond hors de leur ergastule.
Oyez comme elles chantent en parvenant à l’air,
Formant à la surface une mousse légère.
Laissez s’évanouir cette écume céleste.
Il faut attendre encore un peu, mon cher Alceste.
Approchez votre nez, mais gardez la distance,
Ce n’est pas du Bourgogne ! Sentez la différence.
Et puis enfin, goûtez ! Donnez-m’en des nouvelles.
Dissertez, il est temps, et baillez-m’en de belles.
Est-ce un brut, mélange de deux ou trois cépages
Ou un millésimé de cinq ou six ans d’âge ?
Nous vient-il d’Epernay ou alors de Bergère-
Sous-Montmirail ? Et puis, le paieriez-vous très cher ?
La finesse des bulles est-elle à votre goût ?
Et la température, comment la trouvez-vous ?
Décidément, mon cher, vous n’êtes pas bavard
Et vous gardez pour vous vos rares commentaires,
Car la dégustation est vraiment tout un art
Qui bien mieux s’exerce en parfait solitaire.
Mais afin de gouter mon plaisir en entier
Et pour récompenser tant d’années d’amitié
Portée par moi vers vous qui êtes si bougon,
Dites-moi quelque chose…

Alceste
.                                                       Je l’admets, il est bon.
Cela étant acquis, il n’est pas nécessaire
D’en dire davantage.

Philinte
.                                             Ah ! Mon ami sincère !
D’aucuns diraient que c’est assurément trop court
Mais ces trois mots de vous valent tout un discours,
Et sachant qu’aujourd’hui le Champagne vous plait,
En ce beau jour de l’an, mon plaisir est complet.

Rideau !

 

¿ TAVUSSA ? (34) – Brexit-Dreyfus, même combat

Comme le temps passe, comme les choses changent !

Je me rappelle vaguement que David Cameron avait engagé son référendum sur le maintien ou non de l’UK dans l’UE pour faire taire la fraction anti-européenne de son propre parti.

Je crois me souvenir de Theresa May défendant le REMAIN pendant la campagne.

Je pense l’avoir vue avaler son chapeau pour pouvoir prendre le poste de Premier Ministre chargée de rendre effectif le résultat du scrutin, c’est-à-dire le BREXIT.

Je suis pratiquement sûr de l’avoir entendue dire qu’un Hard Brexit serait sa ligne de conduite et que jamais l’UK n’aurait à payer les 50 milliards réclamés par l’UE pour commencer à négocier.

J’ai encore dans l’oreille l’écho de la semaine dernière qui disait que Theresa May, toutes couleuvres avalées, considérait qu’une somme de 40-45 milliards d’€ était finalement « equitable » et qu’un accord sur la frontière Irlande du Nord-République d’Irlande et sur les droits des expatriés avait été trouvé.

Et voilà que j’apprends que le Parlement vient Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (34) – Brexit-Dreyfus, même combat

Les nouvelles aventures de William Shakespeare (9)

Avertissement : les faits relatés ci-dessous sont terribles ! Ils ont été découverts avant-hier grâce à la restauration de la main-courante du commissariat du 1er arrondissement de Paris (quartier Louvre) qui avait été endommagée, irrémédiablement croyait-on, lors de la crue catastrophique de la Seine en 1910. A cette heure, seuls les milieux bien informés sont au courant, mais ça, c’est pas vous. Le Quai d’Orsay tergiverse à rendre publique la nouvelle, le Président est rentré précipitamment de vacances, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen lui reprochent de ne pas avoir déjà fermé le tunnel sous la Manche tandis que François Hollande danse d’un pied sur l’autre en pesant le pour et le contre et que l’ambassade du Royaume Uni bredouille un lamentable démenti. C’est terrible ! Alors, veuillez considérer tout cela comme strictement confidentiel. Voici :

William Shakespeare était en retard. Il avait raté le bateau du matin pour Calais et avait dû attendre jusqu’au soir pour prendre place dans le suivant. Arrivé au Royaume de France, il avait eu beaucoup de mal à franchir la douane, les soldats du Roi le prenant pour un espion espagnol. La médiocre qualité de son français et cette manière si particulière qu’il avait de s’exprimer, presque uniquement en pentamètres iambiques, avaient rendu confuses ses explications. Il avait beau jurer qu’il était l’envoyé de la Reine Elisabeth 1ère d’Angleterre auprès d’Henri IV, les gardes-chiourme du port ne voulaient rien savoir.

—Mais listen, you morons, disait Shakespeare, je souis l’envouayé de Elisabeth, the Queen, mon Queen, vous savez, le Virgin Queen ! Comment vous dites déjà ? Ah oui, le Reine Vierge…

A ces mots, les gardes-frontière s’étaient esclaffés grassement et avaient fini par laisser passer William avec de grandes claques dans le dos.

Le reste du voyage jusqu’à Paris se passa sans encombre, ce qui n’empêcha pas le visiteur d’être très en retard quand il se présenta aux guichets du Louvre. Mais Shakespeare avait appris sa leçon : aux gardes royaux qui lui barraient le passage, il déclara tout net :

­—Je dois voir le Roi tout de souite, je souis retard. Je souis l’envouayé de Reine Vierge !

Les gardes le laissèrent passer en riant encore plus fort que leurs collègues du Nord. L’esprit parisien sans doute.

C’est accompagné par une garde royale bruyante et rigolarde qu’il parvint jusque devant Henri IV.

—Que se passe-t-il ? demanda le Roi au lieutenant. Continuer la lecture de Les nouvelles aventures de William Shakespeare (9)

L’Univers, ses lois ses principes et autres âneries (4)

Le principe de Peter

Tout le monde connait ou a entendu parler du principe d’Archimède. Semblable à l’éléphant de Vialatte, il est irréfutable.

Mais d’abord, qu’est-ce qu’un principe ?

—Eh bien, cela peut être une proposition fondamentale, une hypothèse de base sur laquelle reposera toute une organisation, scientifique, sociétale ou philosophique, ou bien une règle définissant une manière d’agir, ou bien un élément constitutif de quelque chose, ou encore…

—Faudrait s’entendre alors ! C’est quoi, finalement ?

—Pour Archimède, c’était la règle scientifique selon laquelle quand on plonge un corps dans l’eau, il reçoit une poussée verticale dirigée de bas en haut égale au poids du volume d’eau déplacé. Peu compréhensible et sans application pratique, on le voit bien. Pour Pierre Desproges, Continuer la lecture de L’Univers, ses lois ses principes et autres âneries (4)

L’Univers, ses lois, ses principes et autres âneries (3)

temps de lecture : deux minutes 

Je sais, je sais : cet article a déjà été publié le 14 octobre dernier. C’était une erreur. Comme quoi, le Journal des Coutheillas est soumis, comme le reste de l’Univers, à la Loi de Murphy.

Désolé, mais pour cette troisième leçon, il n’y aura aucune autre création littéraire que l’accumulation de formulations diverses de cette loi universelle, plus pesante que la loi  de la gravitation, plus puissante que la loi du plus fort, plus couteuse que la loi du marché, plus dangereuse que la loi de la jungle et plus hasardeuse que la loi des grands nombres, je veux parler de la loi de Murphy, loi selon laquelle toute entreprise humaine est vouée au mieux au ratage, au pire à la catastrophe.  

Je dois dire qu’après avoir examiné toutes ces formulations, c’est la dixième et dernière que je préfère.

La loi de Murphy (et quelques dérivées)
Edward A.Murphy ­—1918-1990— ingénieur en aérospatiale américain

Première formulation
S’il existe au moins deux façons de faire quelque chose et qu’au moins l’une de ces façons peut entraîner une catastrophe, il se trouvera forcément quelqu’un quelque part pour emprunter cette voie.

Deuxième formulation
Tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera nécessairement mal.

Troisième formulation
Le pire est toujours certain.

Quatrième formulation
S’il y a la moindre possibilité pour que ça rate, ça ratera ; s’il n’y en a aucune, ça ratera quand même. (1)

Cinquième formulation
Une tartine beurrée tombe toujours sur le côté beurré (2)

Sixième formulation
La perversité de l’univers tend vers un maximum (3)

Septième formulation
A la fin, tout tourne mal ; si ça semble s’arranger, c’est que ce n’est pas encore la fin.

Huitième formulation
D’abord les ennuis s’additionnent, ensuite ils se multiplient. (4)

Neuvième formulation
L’erreur est humaine, mais pour provoquer une vraie catastrophe, il faut un ordinateur. (5)

Dixième formulation
Murphy était un optimiste (6)

Et maintenant, essayez de passer une bonne journée !

Notes

  • 1—Loi de Finagle
  • 2—Loi de la tartine beurrée
  • 3—Corollaire de O’Tool
  • 4—Loi de Deniau
  • 5—Loi de Turnaucka
  • 6—Commentaire de O’Tool

Post it n°19 – Procrastination

Ranger, arranger, mettre à jour, rectifier, modifier, classer, relire un texte inachevé, ajouter une idée, retrancher un mot, le remettre, passer à autre chose, répondre longuement à un commentaire, piocher un aphorisme dans une rare lecture, wikipédier un point de détail, googeliser une orthographe, une date, un lieu, une anecdote, commencer un livre, l’abandonner, envisager d’allumer la télévision, de ranger le garage, faire une sauvegarde, remplir, emplir le temps, ouvrir un nouveau document, fixer longtemps le point d’insertion qui clignote, et puis écrire ces lignes, pas un journal, non, pas même un compte rendu, à peine une liste, attendre, attendre et puis relire, corriger, hésiter, raccourcir, rabattre l’écran, se lever, aller jusqu’à la fenêtre, se dire qu’il faudrait tondre ou alors dormir un peu, revenir, relever l’écran, relire, se rasseoir…
Et le téléphone sonne. Enfin.

 

ET DEMAIN, UN TABLEAU, LE CENT QUATRE-VINGT-DEUXIEME…

Ah ! Les belles boutiques – 16

Le Rostand
6 Place Edmond Rostand Paris 6ème

 

Le Rostand n’a pas toujours été comme vous le voyez là. Je crois me souvenir qu’il y a une dizaine d’années peut-être, malgré sa vue sur le Luxembourg par-dessus la rue de Médicis et au travers des grilles du jardin, c’était un encore un café très ordinaire, avec ses tables en formica et son décor banal des années cinquante. Je ne sais sous quelle merveilleuse inspiration, la direction de cet établissement, nouvelle ou ancienne, a décidé de refaire entièrement la décoration des lieux et d’en changer l’atmosphère. En se rappelant du dramaturge qui lui avait donné son nom (sacré Edmond, 1868-1918), le décorateur est remonté un peu dans le temps en choisissant pour thème, c’est du moins comme ça que je le vois, une époque heureuse (pas pour tout le monde diront les grincheux soucieux d’exactitude historique sociale), le milieu du XIX siècle, le second empire et le début de la III ème République. Je sais, tu sais, nous savons, ils savent que cette période a connu des guerres, des émeutes, des injustices, mais aujourd’hui, tous les gens qui ont fait ou qui ont subi ce demi-siècle sont morts. Alors qu’est-ce que ça change de ne se souvenir pour un instant — pour un instant seulement, car j’en ai une aussi, de conscience sociale — que des bons côtés de cette période, Pasteur, Offenbach, Haussmann, Paris, Proust, Rostand… Quand je vois Le Rostand d’aujourd’hui, avec ses chaises en rotin, ses palmiers en pots, ses mosaïques au sol, ses boiseries et ses garçons en tenue traditionnelle, je vois Nice, je vois une ville d’eau, je vois presque des crinolines, des fiacres.
Autrefois, Les Deux Magots s’intitulaient « Le rendez-vous de l’élite intellectuelle« . (Ce genre de déclaration me rappelle toujours la formule de Fernand Raynaud : « Mon beau-frère n’est pas un imbécile. La preuve, c’est qu’il le dit lui-même ! »)
Aujourd’hui, Le Rostand déclare qu’il est un « café littéraire« . A en juger par le nombre de personnes, dont moi, qui tapotent sur un clavier en buvant leur café, c’est peut-être vrai. La proximité des bureaux de plusieurs éditeurs rend tout à fait vraisemblable cette éventualité. C’est d’ailleurs là que j’y ai rencontré le mien, dans les circonstances que j’ai décrite dans un texte justement intitulé « Le Rostand« , que vous pourrez relire en cliquant ICI  
Bref, Le Rostand, c’est la plus belle terrasse de Paris.

La série « Ah ! les belles boutiques »
L’objectif : rendre hommage aux commerçants qui réussissent à conserver l’aspect traditionnel de leur façade de magasin, et les encourager à persévérer.
Le contenu : une photo de la devanture d’un magasin, avec si possible l’adresse et, très éventuellement, un commentaire sur la boutique, ou son histoire, ou son contenu, ou sur l’idée que s’en fait le JdC.

ET DEMAIN, HHH, LA FIN

LE VENT SANS LES VOILES

Avertissement
Ce « Vent sans les voiles » est ma deuxième (et restera probablement ma seconde) expérience théâtrale. La première fut cette tragédie néo-grecque dont le titre n’est pas resté dans toutes les mémoires : « Homéotéleute et Polyptote ». Sans doute bien trop ambitieux et bien trop en avance sur son époque, mon Homéotéleute n’a pas été accepté par un public cramponné à ses habitudes culturelles qui le ramènent inexorablement aux vaudevilles, comédies de boulevard, duos comiques  et autres âneries non subventionnées. 
Il veut du théâtre de boulevard, le Public ? Eh bien, je vais lui en donner, moi, du théâtre de boulevard. Voici donc « Le vent sans les voiles« , comédie en cours d’écriture pour un nombre variable de comédiens en un nombre indéterminé d’actes, de coups de théâtre et de scènes de ménage.

Je déclare formellement ici que je ne me sens tenu par aucune contrainte relative à la logique, la vraisemblance, le respect des bonnes mœurs et de la syntaxe. Je tiens également à préciser que je ne garantis pas que cette œuvre aura une fin, ou même qu’elle ira au-delà de la première scène du premier acte.

Vous êtes prévenu : vous qui entrez ici, quittez tout esprit critique et éteignez vos smartphones. Merci d’avance.
Henri Ratinet

 LE VENT SANS LES VOILES

Comédie en gestation et quelques actes

par Henri Ratinet

Liste (provisoire) des personnages

-Henri, auteur dramatique

Acte I – Scène I

Un salon néo-bourgeois-bohème. Côté cour, une porte style western donne sur la cuisine. Au centre, une porte à deux battants ouvre sur une entrée et sans doute sur le reste de l’appartement. Côté jardin, une grande fenêtre. Au beau milieu de la scène, contre la rampe, faisant face aux coulisses, un bureau des années 50. Sur le bureau, un MacBook ouvert dont l’écran est allumé. Le reste du mobilier, canapé, table haute, table basse, fauteuil, chaise, bibliothèque, télévision sera de styles divers. Aux murs, un grand plan du métro de New-York dessiné au rouge à lèvres, et quelques autres œuvres contemporaines. Quand le rideau s’ouvre, c’est le petit matin. La scène est vide. A travers la porte fermée, on entend un homme qui parle fort. Il est en colère :

HENRI

—Eh bien pars, si tu veux, pars, qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Fiche le camp, retourne chez ta mère, tu lui donneras bien le bonjour de ma part à la Madone de Villetaneuse ! Ou mieux, va chez ton  Continuer la lecture de LE VENT SANS LES VOILES