Archives de catégorie : Textes

Le mardi, c’est Mythologie (4)

Œdipe, c’est complexe

Laios est roi de Thèbes
Et Jocaste met au monde son enfant
Mais la Pythie dit
« Il tuera son père et épousera sa mère »
Alors le roi  ordonne qu’on emmène l’enfant dans la montagne et qu’on le tue

Mais en fait il est remis à Polybe et Mérope
Qui sont roi et reine de Corinthe
Ils adoptent l’enfant et le prénomment Œdipe
Œdipe grandit en se croyant le fils naturel de Polybe et Mérope
Alors que pas du tout

Pourtant il a des doutes Continuer la lecture de Le mardi, c’est Mythologie (4)

Photos-souvenir – 13

 Par Lorenzo dell’Acqua

Bien que son expatriation précoce les privât de leurs petits enfants, les M.  n’eurent qu’à se réjouir de la réussite familiale et professionnelle de leur fils aîné. Il n’en fut pas de même avec leur fille cadette qui ne manifesta aucune appétence pour les études secondaires et en encore moins pour le calcul (comme son Papa). Malgré les conseils avisés de ce dernier  » Tout le monde a eu le bac dans la famille, ça ouvre toutes les portes mais ça ne sert à rien« , C. fut collée une première puis une deuxième fois au Baccalauréat. Ses parents bienveillants l’inscrivirent dans une Ecole de Commerce privée où elle ne resta que peu de temps. Elle leur annonça que désormais elle gagnerait sa vie comme standardiste chez Mc Donald. Elle se lassa de ce métier prometteur mais les rassura à nouveau sur son avenir : elle n’aurait pas besoin de s’inscrire au chômage parce qu’elle avait trouvé un boulot de représentante pour une marque de revêtements de sol. Par la suite, elle changea plusieurs fois d’activité sans jamais s’inscrire au chômage, ce qui rassurait son papa. Un jour où elle déjeunait chez ses parents, elle leur tendit un papier qu’ils lurent avec étonnement : c’était son diplôme du Baccalauréat. « J’ai suivi des cours du soir pour passer cet examen auquel vous teniez tant et je l’ai eu« . Son papa, mon ami M., en eut larmes aux yeux.

La vie de monsieur Gentil était un modèle du genre. A la tête d’une fabrique de jouets, lui et son associé s’étaient organisés pour ne travailler que six mois par an à tour de rôle. Pendant une période de crise économique, et pour un prix dérisoire selon lui, il s’était offert un bateau de croisière de 17 mètres ce qui est très gros d’après les spécialistes. Amarré à Ajaccio, son bateau lui servait de résidence secondaire. Il finit néanmoins par acheter un petit appartement sur le port.

Je confonds Chypre, où je ne suis jamais allé, avec Rhodes qui est la cité médiévale la mieux conservée au monde. Sa Grande Rue en pente bordée de nobles demeures est splendide. Les maisons ont une architecture inhabituelle  avec des niveaux différents. Ce ne sont pas des étages mais un entrelacement de paliers donnant accès aux pièces d’habitation. Cet étrange agencement m’avait rappelé celui de la maison des Liard à Chartres où, par la fenêtre du salon, on voyait au dessus de nous l’allée par laquelle nous étions arrivés. Plus tard, je réalisai que notre maison à La Flotte avait la même originalité.

Mes cousins, Philippe et sa femme Nicole, m’ont fait un des plus beaux cadeaux de ma vie. Un soir où je dînais chez eux, ils avaient quelque chose à me demander mais comme c’était difficile à dire ils préféraient le faire par écrit. Je dépliai le petit papier blanc où l’écriture régulière de Philippe me demandait si j’accepterais d’être le parrain de leur premier enfant. A l’époque de mes quatorze ans, je ne pleurais plus, mais aujourd’hui en écrivant ces lignes et en repensant à mon émotion de ce soir-là, les larmes coulent sur mes joues.

La Commune, la Fronde et la Terreur sont trois tâches que l’Histoire de France a recouvertes d’un voile pudique. La tendance actuelle, mue par des sentiments d’auto culpabilité rétrospective et injustifiée, glorifie les communards. Pourtant, leur idéal libertaire est assez flou et leur comportement criminel ne le mérite guère. Admettons que la Commune, au même titre que la Révolution Française, ait sa place dans les hauts faits à la gloire de l’Homme et de la Liberté. Mais alors, la Terreur et la Fronde devraient s’y trouver aussi. Je ne supporte pas l’injustice de ce – deux poids, deux mesures – et cette discrimination arbitraire.

L’ourcine est un petit restaurant dans la rue Broca où nous étions allés dîner avec Claude et Tanguy. Atteint de la maladie d’Alzheimer peu après avoir pris sa retraite, Tanguy décéda assez vite. De quoi vous décourager de la prendre. C’était un homme gentil et Claude avait eu bien de la chance de le rencontrer. Hélas, elle était déjà trop âgée pour avoir un enfant.

Cinquante ans après, le jour de mes noces demeure le plus beau jour de ma vie. Moi, ce dont je suis convaincu, c’est que si je n’avais pas eu la chance de rencontrer Anne, je ne serais rien. Certains de mes amis prétendent ne pas être  aussi redevables. Les vernissages sont des moments extraordinaires où, comme le jour de mes noces, se rassemblent ceux que j’aime et qui ne se connaissent pas. Des âmes bienveillantes à qui je signalais cette similitude me firent remarquer qu’il en serait de même le jour de mon enterrement.

Dans les années soixante, le Balzar était un des restaurants préférés des psychanalystes. Sa cuisine traditionnelle assez banale ne faisait pas oublier son inconfort. Les psychanalystes en raffolaient et j’étais trop jeune pour en discuter le bien fondé. J’y avais été invité par Francis Pasche, un ami de mon père un peu doctrinaire mais très bienveillant. Je me souviens lui avoir dit :  » Un traitement (la psychanalyse) qui ne guérit que les crédules n’est pas un vrai traitement « . Je me souviens aussi qu’il avait été (un peu) désarçonné …

Dans La Vraie Vie de d’Artagnan de Jean-Christian Petitfils, j’ai appris plein de choses passionnantes ; par exemple, que notre mousquetaire n’était pas béarnais mais gascon, ce qui ne change pas vraiment grand’chose en pratique. Bien qu’il ne se fonde que sur des références historiques rigoureuses, l’écriture de Petitfils est aussi fluide que celle du roman de Dumas. Pour en savoir un peu plus, je suis allé me renseigner sur Wikipédia. Non seulement Petitfils n’est pas historien mais banquier, ce qui m’a étonné, et il est académicien, ce qui m’a beaucoup moins étonné. Je découvris grâce à lui que la vie du vrai d’Artagnan avait été elle aussi un véritable roman.

La classe de Sean Connery m’a toujours fasciné. Un vrai gentleman écossais,  élégant et insensible aux flatteries. Dans sa jeunesse, il n’avait pourtant pas ce charme et il n’était même pas beau. Comme le bon vin, il n’a cessé de s’améliorer avec le temps ce qui n’est pas si fréquent. L’anecdote suivante prouve aussi son humour. Au début du mouvement féministe me-too, il voulut porter plainte pour avoir été harcelé toute sa vie par … les femmes !

Bien qu’elle n’ait pas le moindre rapport avec mon projet, je vous livre cette magnifique enseigne qui n’est pas celle d’un café mais qui pourrait être la première d’une nouvelle série !

Lorenzo dell’Acqua

 

 

 

 

Les années retrouvées de Marcel Proust – Critique aisée 229

Critique aisée n°229

Les années retrouvées de Marcel Proust
Essai de biographie
Jérôme Bastianelli – 2022
Sorbonne Université Presses – 8,90€

 C’est sur la recommandation expresse d’un ancien ambassadeur de France, François Bujon de l’Estang, que j’ai acheté ce livre. Je ne connais pas ce monsieur, mais je suis ses fréquentes interventions dans l’émission podcastée de Philippe Meyer, Le Nouvel Esprit Public. Elles révèlent une personnalité tellement réfléchie, modérée, intelligente et distinguée que j’ai suivi son conseil, me disant que moi si semblable à lui, je ne pourrai qu’aimer cette biographie du petit Marcel ouvertement inventée.

Je me suis donc retrouvé à la tête de ce petit bouquin d’un peu plus de deux cents pages, sans compter les annexes.

Vous vous souvenez certainement et très précisément que Marcel Proust est mort d’une bronchite le samedi 18 novembre 1922 dans son appartement du 44 de la rue de l’Amiral Hamelin à Paris. Vous vous rappelez peut-être aussi ce Conte de Noël écrit en 1843 par Charles Dickens et qui commence comme ça :
« Marley était mort, pour commencer. Là dessus, pas l’ombre d’un doute. Le registre mortuaire était Continuer la lecture de Les années retrouvées de Marcel Proust – Critique aisée 229

Le mardi, c’est Mythologie (3)

Sortie de boîte

La première femme fut créée par tous les dieux de l’Olympe réunis en congrès.  C’est pourquoi on lui donna le nom de Pandora. Ils l’envoyèrent sur terre pour punir les hommes pour leur manque de mesure.

Pandora était absolument splendide et extrêmement séduisante, mais elle avait un caractère impossible, du genre femme fatale. Elle fut d’ailleurs fatale à l’Age d’Or quand les hommes durent se mettre à travailler pour satisfaire Continuer la lecture de Le mardi, c’est Mythologie (3)

AVENTURE EN AFRIQUE (14)

Boubon

Notre première sortie avec Chantal, en immersion dans la brousse, a été notre visite à Boubon chez Illiassou Ibrahima. Le village de Boubon est situé entre la RN1 et le fleuve Niger à une quarantaine de kilomètres en amont de Niamey, en pays Djerma. Nous avions stationné notre 2CV en bordure du village et sommes entrés à pied dans les ruelles à la recherche de la case d’Illiassou. Il était rare que des Blancs s’arrêtent à Boubon. Les enfants semblaient inquiets en nous apercevant. Peu de personnes parlaient le français à Boubon. Après quelques investigations, nous avons trouvé Illiassou à qui nous nous sommes présentés. Continuer la lecture de AVENTURE EN AFRIQUE (14)

AVENTURE EN AFRIQUE (13)

Chantier de Lossa (suite)

Un matin nous avons chargé la pirogue comme à l’habitude avec notre matériel et deux bornes de 80 kg. Au milieu du fleuve, une jointure entre deux planches, étanchées avec de la fibre végétale,  commença à fuir. Malgré nos efforts pour écoper sans relâche, la situation s’aggravait et nous n’arrivions plus à évacuer toute l’eau. Arrivés à grand mal sur la berge de l’ile, nous eûmes juste le temps d’évacuer l’embarcation avec une partie du matériel… et la pirogue sombra avec une borne dans 1,5m d’eau. Le piroguier faisait grise mine. Nous avons travaillé toute la journée en bordure du fleuve. Nous nous interrogions sur notre retour. De plus, il y avait une faune importante et de temps en temps nous dérangions un caïman qui se glissait dans le lit de la rivière, ce qui n’avait rien de rassurant. À la fin de la journée pas de pirogue en vue. Il nous fallait donc envisager à traverser  par nos propres moyens. Nous avons repéré un gué, par lequel Continuer la lecture de AVENTURE EN AFRIQUE (13)

Le mardi, c’est Mythologie (2)

La fin des haricots
ou
Tout le monde au boulot 

En ce temps-là, c’était l’Age d’Or. Les dieux et les humains vivaient chacun de leur coté en bonne intelligence. Le travail n’existait pas, les femmes non plus. La nature était généreuse, les animaux étaient amicaux et même soumis à l’homme. Bref, on s’ennuyait ferme. Prométhée aimait bien les humains, mais il aimait encore plus faire des blagues à Zeus. Il décida donc de Continuer la lecture de Le mardi, c’est Mythologie (2)

En corps – Critique aisée 228

Critique aisée n° 228

En corps
Cédric Klapisch -2022
Marion Barbeau, Denis Podalydes, François Civil, Pio Marmaï, Souhelia Yacoub…

Sur un scénario totalement prévisible, le sujet du dernier Klapisch, c’est la reconstruction d’une danseuse classique après un accident de scène. Autant le dire tout de suite, ça va marcher.
Pour une fois, dire que le scénario est prévisible pas à pas est loin d’être une critique négative. Ce qui serait un défaut dans un autre genre de film donne ici au spectateur une sécurité, une sérénité, pour tout dire un confort intellectuel et un réconfort moral tout à fait bien venu par les temps qui courent.

En corps est un de ces feel-good movies dans lesquels, dès qu’est passée la crise initiale justificative du film, on sait qu’à peu près tout va bien se passer : Dumbo va retrouver sa maman, Cendrillon va rencontrer son prince charmant et la star hollywoodienne va finir Continuer la lecture de En corps – Critique aisée 228

Le mardi, c’est Mythologie (1)

La bague à Prométhée 

Un jour, Prométhée le Titan vola le feu à Héphaïstos, l’illustre boiteux. Aussitôt, il en fit cadeau aux hommes et pour faire bonne mesure, il y ajouta les Arts. Dès lors, les humains se prirent pour les égaux des dieux. Ils en vinrent même à menacer l’équilibre du Cosmos.

Ceci déclencha la fureur de Zeus le Cronide.

Pour punir Prométhée, il le fit attacher à un rocher du Mont Caucase par de lourdes chaines, et jura sur le Styx qu’il ne l’en détacherait jamais.

Le premier matin, l’Aigle du Caucase fondit sur Prométhée, lui ouvrit le ventre avec ses serres et lui dévora le foie. Durant cette première Continuer la lecture de Le mardi, c’est Mythologie (1)