Chapitre 36
Comme à tous leurs collègues, la Mésopotamie posait un problème insoluble à Annick et Pierre. Avant même les destructions systématiques de Daech, les vestiges de cette civilisation avaient déjà en grande partie disparu. A l’époque de leurs fouilles amoureuses, il ne restait déjà pas grand-chose de cette civilisation qui rivalisait jadis avec sa voisine égyptienne. Chez les Mésopotamiens, tout reposait sur la terre cuite : l’habitat mais aussi l’écriture. Or la terre cuite ne résiste pas aux éléments et encore moins au temps. Aux archéologues de combler ces manques en faisant preuve d’imagination pour lui redonner une mémoire ! La plupart n’en avait pas beaucoup. Annick et son compagnon, Pierre Lepovre, en avaient à revendre. Malgré tout, ils se demandaient chaque matin s’ils parviendraient un jour à restituer l’extraordinaire culture de la Mésopotamie alors que celle de l’Egypte s’était transmise sans difficulté grâce à la pierre.
En détruisant bon nombre de sites archéologiques, Daech Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (36)
Georges est l’ami d’enfance d’Antoine et de sa future femme, Isabelle. Sur la photo, c’est le beau jeune homme au costume bleu. Les vacances communes de leur enfance, les années d’études passées ensemble à Paris, vont forger entre eux une très forte amitié. Mobilisé tous les deux en 1939, ils ne se reverront jamais. Antoine mourra en Allemagne tandis que Georges entrera tout d’abord au gouvernement de Vichy puis dans la Résistance. C’est du moins ce qu’il raconte au journal Combat venu l’interviewer :
Samuel Goldenberg, dit Sammy de Pantin, est un membre important et efficace de la bande du Suédois. Ses spécialités sont le racket et le proxénétisme. Lorsque de la défaite de la France en juin 1940, il ne tarde pas à saisir les opportunités qu’offre l’occupation de Paris par une armée victorieuse qui rêve de Paris depuis toujours. Avec Casquette et Simone, Sammy monte donc une maison de passe qui devient vite l’endroit de Paris où l’on rencontre tous les soirs les officiers de la Wermacht et de la Gestapo et les hauts fonctionnaires du gouvernement de Vichy quand ils passent à Paris. Mais un matin, Sammy est arrêté chez lui comme juif polonais et, malgré ses faux papiers et ses relations allemandes, il est emmené dans un train à bestiau vers l’est. C’était le matin du 17 juillet 1942, premier jour de la rafle du Vel d’Hiv. Sammy tient son journal dont voici un extrait :
Antoine Bompar de Colmont, sur la photo, c’est l’homme au chapeau de paille et au costume vert. Marié à Isabelle en 1939, prisonnier en 1940, évadé en 1943, engagé dans l’Armée de Lattre au moment du débarquement de Provence, il tué à 30 ans en Allemagne, à Berchtesgaden. C’est Isabelle qui son enfance puis son bref mariage avec Antoine. Après l’occupation qu’elle a vécu à Vauvenargues près d’Aix en Provence, elle rentre seule à Paris :
Robert est monté à Paris parce que la ferme du père ne pouvait plus le nourrir. Bien poli et courageux, il a trouvé un emploi de garçon de café au Cujas. Il n’a pas tardé à trouver sa place dans le lit de Madame Gazagnes, la patronne du café. De temps en temps, il écrit une longue lettre à sa mère :
Armelle Podeur trouve son nom vulgaire. Elle a une grande admiration pour une jeune actrice, Simone Renant. Alors, pour exercer son métier, elle se fait appeler Simone Renoir. Simone fait une petite carrière de prostituée, sous la protection affectueuse d’un jeune voyou entreprenant, Sammy de Pantin. Mais la crise arrive :